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Blog des ELS La Revue Littéraire



jeudi 16 août 2018

2482. Les "maîtres à penser" de Charles CONSIGNY, le nouveau chroniqueur de Laurent RUQUIER, face à Christine ANGOT, dévoilé par 20 Minutes

Charles Consigny, nouveau chroniqueur d’ONPC

Vous en avez marre des clash à la télé ? Dommage, car en remplaçant Yann Moix par Charles Consigny, Laurent Ruquier compte bien faire le buzz chaque samedi soir.

En effet, le jeune écrivain et ancien « ami homosexuel » de Christine Boutin cite Alain Finkielkraut, Richard Millet et Eric Zemmour comme maîtres à penser et est connu pour ses prises de position tranchées dans Les Grandes gueules sur RMC.

« Charles adore la télé, il postulait depuis longtemps, a confié récemment l'animateur. Je ne partage pas ses idées - on ne peut pas le qualifier comme étant de gauche, c’est certain ! - mais je sais qui il est. » Formera-t-il avec Christine Angot, le nouveau duo de l'enfer ?

20 minutes le 14.08.2018.

jeudi 9 août 2018

2481. À propos de Richard MILLET (La Confession négative) par KOSTOG

La Confession négative Folio. Gallimard. 2010

Un romanesque dans un monde désenchanté

– « Je comprends très bien ; c’est un romanesque ! » (le négociant et entomologiste Stein parlant de Jim dans le récit de Conrad).

1975 : âgé de vingt-deux ans, le double fictionnel de l'auteur, sorte d'alter ego romanesque, quitte la banlieue parisienne pour aller s'engager au Liban et combattre au sein des milices chrétiennes dans la guerre civile qui fait alors rage. Il nous plonge dans les combats de rue avec leurs accès de folie, leurs horreurs, mais aussi leur routine. Puis par touches insensibles, ses souvenirs d'enfance le ramènent à son Limousin natal, à une mère indifférente qu’il ne connaît vraiment que dans son adolescence, ne nous disant presque rien de son père qui est déjà mort. S'il part, ce n'est pas par conviction politique, même si c'est une évidence pour lui de se retrouver du côté maronite, mais pour se confronter au réel, pour acquérir l'expérience du monde qui lui manque. Sa seule conviction réside dans sa volonté de devenir écrivain.

Ces confessions sont déconcertantes : le personnage principal est tout à la fois timide, orgueilleux, misanthrope et si jeune, déjà un « homme de la désillusion ». Visiblement il ne tient à aucun moment à se présenter sous un jour aimable. Il est l'un des ces romantiques engoncés dans des rêves littéraires et guerriers, des rêves en accord avec une sentence de sa mère, selon laquelle « pour écrire il ne fallait pas être paresseux et surtout, avoir beaucoup vécu, et qu’on ne connaissait rien de la vie si on n’avait pas connu la guerre ».

Le statut d’écrivain est, au bout du compte, la seule chose qui compte pour lui réellement. Ainsi, La Confession négative ne parle que d’un homme qui est prêt à tout pour entrer en littérature, car c’est en devenant écrivain qu’il sortira de « l’insignifiance », de sa condition de « rien ». Le livre va développer la métaphore de la parenté entre la guerre et l'écriture, avec de nombreuses variations. Il reflète également l'obsession de Millet quant à la décadence de la langue française

La Confession négative est un livre d’amoureux de la langue française, d’un écrivain soucieux avant tout de la musicalité de la phrase. phrase souvent ardue mais rigoureuse. Sous cet angle, j'ai été ébahi par le savoir-faire, cette manière assez envoûtante de mêler adroitement au sein d’une même phrase des épisodes de combat à des souvenirs d’enfance ou à des apartés inactuels pour revenir impromptu dans le cours du récit. Admiration d’autant plus paradoxale que je n’aime pas ces styles « proustiens » constitués de phrases longues, complexes, remplies de subordonnées relatives et de compléments, qui évoquent dans une même phrase plusieurs temporalités différentes, et d’autres procédés stylistiques comme le rappel du sujet en milieu de phrase.

Les lecteurs suivant l’actualité littéraire poseront la question. Et les polémiques ? Et la morale dans tout ça ? Richard Millet est devenu ces dernières années l’une des bêtes noires des journalistes et des "intellectuels" médiatiques qui n'ont eu de cesse de le placer au ban de la société littéraire. La misanthropie développée dans le livre, voire l’absence de morale, apportent suffisamment d’eau aux moulins de tous les vertueux - un critique sur un blog s’étonnait même que des associations humanitaires n'aient pas encore « poursuivi en justice cet assassin » -, pour que l’on n’écarte pas le sujet au prétexte que la littérature n’a pas à être mesurée à d’autre aune qu’à celle de critères littéraires (ce qui est aussi vrai).

Le héros nous dit lui-même que « par bien des côtés, ce récit sera celui d'une chute ». Et c’est un univers dans lequel règne le silence du dieu chrétien, dans lequel le seul récif qui émerge encore est celui de la Littérature, les réminiscences du Limousin n’étant que le regret d’un monde définitivement enterré, pas plus vivant que ce Liban en train de sombrer. La déshumanisation qui en résulte et la misanthropie qui en est le parallèle ont pour avantage leur absence d'hypocrisie mais ne sont pas de mon goût. Je doute d'ailleurs que cette forteresse Littérature tienne plus longtemps que le reste. Aussi, cet appel au combat par égotisme littéraire me semble infiniment triste, presque autant qu’une tragédie grecque qu’aurait déserté le contrepoint sacré des dieux du paganisme.

Aux amateurs de tortures, de bûchers et de piloris à destination de cet ennemi des bienséances et des mondanités qu’est Millet, il serait facile de montrer à quel point ce récit n'est pas une simple autobiographie, que depuis les « idiolectes limousins » et ce qui ressort de la biographie de l'auteur montrent comme tout ceci est construit. Pour ma part, je ne vois pas de meilleur hommage à lui rendre que d’accorder que cette confession se place exactement dans l'idéal goethien de Poésie et Vérité quand l'héroïne principale affirme que « la guerre m'ayant au moins montré cela, en même temps qu'elle m'a permis d'être libre, heureux, plus vivant que je ne le serai jamais ». Millet reproche aux écrivains actuels de ne plus s’affronter au réel, de se contenter de réalité de substitution et, ainsi de ne fournir que de « la fausse monnaie littéraire ». Il montre par l'écrit et vraisemblablement par l'action que d’autres parcours sont possibles.

jeudi 5 juillet 2018

2480. "La Star et son complexe" de René Bonnell dans Bruxelles Culture

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Dans le nouveau numéro de Bruxelles Culture, à paraître le 15 juillet, La Star et son complexe de René Bonnell :

« René Bonnell connaît parfaitement le milieu artistique (...) il parle donc de ce qu'il maîtrise sans chercher à enjoliver quoi que ce soit et pose un regard impitoyable sur un milieu qui l'est tout autant. »

Pour lire l'article en entier cliquez-ici.

2479. "Ataraxia" d'Alizé Meurisse dans Bruxelles Culture

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Dans le nouveau numéro de Bruxelles Culture, à paraître le 15 juillet, Ataraxia d'Alizé Meurisse :

« L'auteure fait de chaque page un moment précieux, ciselant la langue, soignant les descriptions et peaufinant les détails. En ce sens, on peut affirmer que Ataraxia dégage une aura qui enthousiasme. »

Pour lire l'article en entier cliquez-ici.

mardi 3 juillet 2018

2478. "Déchristianisation de la Littérature" de Richard Millet, par Jacques Henric dans artpress

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Dans le numéro Juillet-Août 2018 d'Art Press, Jacques Henric consacre deux doubles pages à son entretien avec Richard Millet à l'occasion de la publication de son essai Déchristianisation de la littérature.

Lire la suite

vendredi 29 juin 2018

2477. "Conversion" de Romaric Sangars, dans Causeur.fr

Laurent Gayard présente sur Causeur.fr Conversion de Romaric Sangars comme « la confession d'un révolté contre le monde moderne ».

« Peu d’ouvrages donnent encore, à l’heure actuelle, une voix à cette génération nommée avec mépris par les médias la « génération X », intercalée entre l’interminable mai 68 et la chute du mur de Berlin, qui marque l’entrée dans l’adolescence des derniers-nés d’avant Internet en même temps que d’un monde débarrassé des derniers grands systèmes utopiques et des « idéologies carnivores ». Peu nombreux encore sont ceux qui l’évoquent, on pourrait citer Mathieu Jung avec, récemment, Le triomphe de Thomas Zins, publié chez Anne Carrière en 2017. Ouvrage autobiographique, Conversion trace aussi en filigrane le portrait de cette génération qui a grandi dans l’atmosphère stérile de la France des années SOS Racisme et du mitterrandisme finissant. La génération d’un monde d’avant dont il reste encore à écrire le roman, ce n’est pas la moindre des promesses de Conversion que d’en suggérer discrètement les premières lignes.»

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samedi 16 juin 2018

2476. Cahiers de Damas de Richard Millet par Jean-Laurent Glémin pour Parutions.com

Dans Parutions. com du 15.06.2018 :

Deux voyages en Syrie

Richard Millet (né en 1953) file trois thématiques qui composent son œuvre depuis une dizaine d’années : la solitude de l’écrivain, la mort de la civilisation occidentale et la guerre (notamment celle du Liban). Dans ce nouveau récit, celles-ci sont à nouveau intimement liées.

Invité par le régime syrien en novembre 2015, il part rencontrer Bachar el-Assad en compagnie de chercheurs et de politiques (dont Frédéric Pichon, Jean Lasalle et Thierry Mariani). Le voyage avait été quelque peu médiatisé (et critiqué) mais rien n’en était véritablement ressorti. Qu’on ne se méprenne pas, il n’en sortira en fait rien ou presque dans les cahiers de Millet. Ce n’est qu’un prétexte pour écrire sur la Syrie et le Liban où Millet a séjourné de nombreuses fois et dont il a tiré des œuvres importantes. Sa conférence à Damas deux ans plus tard, servira à nouveau d'occasion pour quitter Paris la décadente et rejoindre la ville funèbre.

On suit donc Millet, misanthrope, désabusé, peu enclin au dialogue excepté avec Pichon, s’émerveillant de la culture et des paysages syriens. Il se promène tout en nous expliquant l’actuel déchirement des civilisations, des religions et des systèmes politiques. Pas un cours de géopolitique mais la position ferme d'une pensée politiquement incorrecte et sans compromis. Millet se dit seul, exclu du monde littéraire (éditorial et médiatique) et ne peut s’exprimer que par son talent (suivi par une maison ou deux). Il déroule ses positions sur l’actualité récente, les attentats qui surviennent durant son séjour, et plus globalement sur la mort de la civilisation occidentale qui se prostitue au libéralisme le plus destructeur : «La radicalité islamiste est surtout une affaire de haine, laquelle est perdante par nature – la haine d’autrui étant une haine de soi plus que de l’Occident proprement dit, puisque l’Occident inclut l’islamiste dans la planétarisation de la Technique, donc du nihilisme. Slavoj Žižek rappelait que, malgré le discours des islamistes et celui des néoconservateurs, la guerre n’a pas lieu entre le jihad et les «valeurs» de l’Occident, mais entre McDjihad et l’Occident en tant que celui-ci n’existe plus que comme effet technocratique du capitalisme mondialisé : pétris dans un islam momifié, les jihadistes portent des Nike et des Adidas, se servent de Macintosh et d’internet, roulent en Toyota, mangent dans des fast-foods halal, prennent du Captagon… Ainsi le terroriste islamique et le petit bourgeois occidental, hostile à toute tradition, prouvent-ils, chacun à sa façon, que la globalisation est achevée». Comme souvent chez Millet, la digression (assez obsessionnelle concernant l’ère post-historique) est de mise, même lorsque, confronté au réel, il visite une école délabrée de Damas.

Ne soutenant pas Assad mais prouvant l’incapacité de nos pays à comprendre ce qu’est une guerre sans se vautrer dans l’ingérence impérialiste, il explique la désinformation à laquelle nous sommes assujettis depuis la première guerre du Golfe : «Il est non moins frappant de constater que, sauf certaines chaînes russes, les reportages sur l’Irak, la Syrie, la défaite de l’Etat islamique ne montrent rien, ne nous apprennent rien sur cette guerre dans laquelle l’archaïque et la technique dite de pointe rivalisent». Puis revient le refrain tragique de la disparition de toute dialectique : «On ne peut pas tout bouleverser ni détruire au nom de la tolérance, et le tout culturel n’est qu’un effet de l’idéologie – laquelle a évacué toute référence à la transcendance ?»

Ce nouveau récit, riche et profond, offre une plongée nostalgique dans un monde soumis à deux diktats à la fois similaires et antinomiques à la fois. Une guerre de religion et de civilisation qui a conduit la Syrie à compter ses 400 000 morts. Millet marche dans les décombres avec sa dégaine d'écrivain banni, présent là pour rendre compte de son époque. C’est à notre sens ici qu’il est réellement vertigineux, redéfinissant à chaque parution ce qu’est la littérature malgré la dégénérescence de celle-ci dans les petits salons parisiens qu’il a quittés depuis 20 ans (même si – déformation professionnelle – il semblerait qu’il ait peine à s’en détacher en continuant de fréquenter quelques confrères mondains). L'œuvre de Millet, toute en résistance politique et littéraire, continue de briller à raison de trois à quatre livres par an.

Ce voyage à Damas est un acte de résistance supplémentaire contre le mensonge médiatique qui tourne en boucle à la télévision, et contre les intérêts bassement économiques d'un Occident cynique et dénué de spiritualité. Tel est le rôle de l’écrivain. Partir (au front) pour dire des vérités sanglantes.

Jean-Laurent Glémin, le 15/06/2018 )

mercredi 30 mai 2018

2472. "Réprouvés, Bannis, Infréquentables" dans Eléments

Dans le numéro de juin, Eléments consacre une note à Réprouvés, Bannis, Infréquentables.

« force nous est de reconnaître que l'ensemble de ces petites monographies compose un tableau très complet de ce que l'on pourrait définir comme une alternative à de "parti intellectuel" que combattait déjà Péguy, relayé dans les années 1960-70 par Dominique de Roux »

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vendredi 25 mai 2018

2471. "Réprouvés, Bannis, Infréquentables" par Bruno Deniel-Laurent, dans La Revue des Deux Mondes

Dans le numéro de juin, La Revue des Deux Mondes consacre une note à Réprouvés, Bannis, Infréquentables.

« Le portrait qu'Olivier François fait du sinologue Simon Leys mérite probablement à lui seul l'achat de l'ouvrage; les lignes de force du parcours intellectuel de l'auteur des Habits neufs du président Mao y sont analysées avec minutie, nous rappelant que la lecture de certaines oeuvres n'est pas seulement une cure d'altitude mentale : elle réveille certaines vertus endormies par nos «dissociétés» contemporaines. »

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lundi 14 mai 2018

2470. "Cahiers de Damas" de Richard Millet, sur Le Salon littéraire de l'Intern@ute

Dans Le Salon Littéraire, François Xavier présente Cahiers de Damas qui paraît le 16 mai. À travers le récit de ses deux derniers voyages en Syrie, en novembre 2015 et 2017, Richard Millet nous donne à voir la situation syrienne pour ce qu'elle est vraiment.

« Richard Millet qui a grandi dans cette région, entre Syrie et Liban ; Richard Millet qui a réfléchi assez vite au sujet, publiant dès 2012 chez Fata Morgana, un Printemps syrien qui avait le mérite d’appeler un chat un chat. Lui que l’on peut aimer – ou pas – mais jamais à qui reprocher une itération déplacée dans l’analyse contemporaine… Ainsi le voilà parti à Damas, accompagnant une délégation qui veut comprendre et voir, sur place, ce qui se joue réellement en Syrie, et non admettre comme parole d’Evangile les résumés formatés diffusés par les médias, se référant un peu trop à des organes si peu crédibles, comme cet Office des droits de l’homme syrien qui est basé à… Londres et ne comprend qu’une seule personne. »

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2469. Le Cartel et La Revue Littéraire à la Nuit de la littérature

Le 26 mai prochain, à l'occasion de la Nuit de la littérature, est organisée à l'Institut culturel italien une lecture des textes du Cartel, parus dans La Revue Littéraire n° 65. Giuseppe Schillaci, Francesco Forlani, Andrea Inglese et Giacomo Sartori présentent, en quatre textes, « un projet commun qui affronte les thèmes de l’édition et de la production littéraire d’aujourd’hui, entre l’Italie et la France. »

vendredi 11 mai 2018

2468. "Réprouvés, Bannis, Infréquentables" par Jérôme Béglé, dans Le Point

Dans sa sélection de « livres originaux qui vous feront mieux comprendre notre monde » du Point, Jérôme Béglé propose la lecture de Réprouvés, Bannis, Infréquentables,.

« Ils sont pour la plupart condamnés au silence ou à la caricature médiatiques. Un livre leur rend leur couronne : celle de penseurs qui font bouger les lignes et qui ont permis à une société de penser contre elle-même, de tester ses résistances, de mesurer la profondeur de son politiquement correct. Réprouvés, Bannis, Infréquentables, (éditions Léo Scheer) réunit sous la direction de l'écrivain et biographe Angie David l'analyse de l'œuvre et des points de vue de 15 grands brûlés par le conformisme. On rouvre leur dossier, on plaide leur cause, mais en ne laissant la parole qu'à leur défense. Un bain de fraîcheur ! »

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lundi 23 avril 2018

2467. "Menus débordements au pays du matin calme" de Natashka Moreau, dans Le Jour et la Nuit

Dans Le Jour et la Nuit, Catherine Merveilleux présente avec fougue le dernier roman de Natashka Moreau, Menus débordements au pays du matin calme :

« Un roman apparemment léger, mais plus profond qu’il n’y paraît, plein d’humour, d’auto-dérision et d’exotisme qui nous fait voyager, mais qui est aussi une réflexion sur les relations dans le couple et avec autrui. Un voyage initiatique au pays de l’intime et de l’intersubjectivité, passionnant. »

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jeudi 19 avril 2018

2466. "Réprouvés, Bannis, Infréquentables" par Richard Blin, dans Le Matricule des anges

Dans le numéro d'Avril, le Matricule des anges consacre une page à Réprouvés, Bannis, Infréquentables. Richard Blin s'attarde sur les quinze figures d'intellectuels qu'il décrit comme des « insulaires de l'esprit », reprenant une formule de l'une d'entre eux Christina Campo.

« Quinze insulaires de l'esprit (...) qui savent qu'on ne peut rien contre le temps et que les civilisations meurent. Quinze dont le vrai malheur est d'être né pour se voir profiler le désastre. Quinze voix discordantes en lutte contre une forme de réel irréconciliable avec la littérature. »

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vendredi 6 avril 2018

2465. Richard Millet à propos de Pierre Assouline et du Pape François

L’Enfer n’existe pas

Deux récentes déclarations rendent sensible non pas la vérité sur notre monde mais le consensus par lequel l’inversion générale est devenue le principe de toute chose.

La première, qui émane du chef de l’Église catholique, suggère que l’Enfer n’existe pas.

Le Vatican, bien sûr, dément que le pape ait soutenu cela ; car si l’Enfer n’existait pas, Jésus ne serait, par exemple, pas descendu aux Enfers pour ressusciter le troisième jour, et le Credo ne serait plus qu’un mantra post-religieux. Le Mal n’existerait pas davantage et serait le fruit de la contingence ou d’un dérèglement psychologique – donc passible de la seule justice humaine, laquelle, en Europe, sans la peine de mort, se résume à la privation d’une liberté dont les ilotes consuméristes ne savent d’ailleurs que faire, la perpétuité, elle, n’étant qu’une hyperbole pénale.

Le Diable n’existerait pas, lui non plus, ni le Paradis, celui-ci étant possible hic et nunc, selon le prurit soixante-huitard qui se résume aujourd’hui au slogan sea, sex et cannabis, l’ensemble étant régi par les droits de la « personne humaine ». Peut-être Dieu Lui-même n’existe-t-il pas, ou bien n’est-il que l’ « horizon » fantasmatique où s’est réfugié le Père que le parti féministe et le parti homo (le même parti, en fin de compte) ont abattu pour le tolérer au plus bas de l’échelle sociale. Tel est le fond de la déclaration, réelle ou supposée, du pape dont la pensée va d’ailleurs plus au « migrants » qu’aux âmes tourmentées ou à la déchristianisation de l’Europe.

« Si Dieu n’existe pas, tout est permis ! » s’exclamait Ivan Karamazov. Formule dont l’actualisation se retrouve dans l’inculture contemporaine : si tout est permis, comme c’est le cas dans nos sociétés progressistes, éthiques et connectées, c’est en effet que Dieu n’existe pas. Reste à savoir comment on peut lire Les Frères Karamazov et la majeure partie de la littérature occidentale, aujourd’hui, les catholiques eux-mêmes, presque tous de gauche, ne rêvant que d’être débarrassés du surnaturel pour être connectés avec Dieu - à la demande.

L’autre déclaration provient d’un des chefs du Parti littéraire français, Pierre Assouline, qui, dans son blog, dit sa perplexité devant le livre publié par Angie David aux Éditions Léo Scheer : Réprouvés, bannis, infréquentable.

Assouline soutient que l’écrivain maudit n’existe pas – ou plus ; déclaration concomitante à celle du pape, et qu’on peut entendre de deux façons :

1/ S’il n’y a plus d’écrivain maudit, c’est que le Système médiatico-littéraire a dévalué la condition de maudit au profit de la seule inquisition politique, lorsque la rebellitude officielle ne récupère pas les bannis pour renforcer la dimension paradoxale ou oxymorique du simulacre et de l’imposture. L’ « enfer », lui, a disparu des bibliothèques pour devenir le nouveau paradis des librairies. Et si la Divine Comédie est surtout lue pour sa première partie, L’Enfer, c’est que le lecteur y trouve un exotisme qui l’amuse au lieu de la frapper. En fin de compte, l’Enfer serait presque un truc cool, un sport de l’extrême, et on est passé de la formule sartrienne « l’enfer, c’est les autres », au « goût des autres » – autre mantra de la sollicitude contemporaine qui nie l’existence même du Mal au profit de « déviances » dont l’arc-en-ciel est régi par un arsenal juridico-médiatique dont l’auteur de ces lignes et quelques autres savent la puissance…

Le Vatican met-il encore des livres à l’index ? Pas plus qu’il n’excommunie, sauf Mgr Lefèvre, il y a trente ans. Dans l’infinie tolérance contemporaine, si l’enfer n’existe plus, c’est qu’il a tout envahi sous la forme du nihilisme, de l’athéisme général, des superstitions psychanalytiques et politiques : ainsi l’athéiste forcené Stephen Hawking, pour qui Dieu, s’il existait, eût sans doute été une espèce de trou noir, vient-il d’être enterré dans Westminster Abbey. La boucle est bouclée.

2/ S’il n’y a plus d’écrivains maudits, c’est que ceux qui font professions d’écrire ignorent que l’Enfer, le Diable et le Mal existent. On est loin du canular de Nimier envoyant un télégramme à Mauriac, lors de la mort de Gide, en 1951 : « L’enfer n’existe pas. Tu peux te dissiper. Préviens Claudel ». La vérité est plus simple : s’il n’y a plus d’écrivains maudits, c’est qu’il n’existe plus d’écrivains, mais seulement des auteurs, c’est-à-dire des collabos de la grande falsification extrêmement surveillée et autocensurée qui persiste sous le nom de littérature.

Richard Millet, le 5 avril 2018, sur son site officiel, dans sa dernière chronique.

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