Article de Jean-Marc Parisis dans le Figaro Magazine du 17 février sur La Séquence de l'énergumène de Gabriel Matzneff.

A lui, Cognacq-Jay!

En 1963, Henri Chapier confie une chronique télé à Gabriel Matzneff dans le quotidien Combat animé par Philippe Tesson. Ça tombe bien, Matzneff n'a ni argent ni télé, il la regardera chez des amis, qui ne s'engueuleront pas sur le programme, il n'y a qu'une chaîne. C'est l'époque des Averty, Zitrone, Lux. L'Elysée campe en noir et blanc rue Cognacq-Jay, on peut virer une speakerine pour un genou trop découvert, mais Godard passe dans Cinépanorama. Allumé, fin, cultivé, Matzneff déborde du petit écran. Il moque les cadors gaullistes et voit juste, notamment à l'assassinat de Kennedy: Sa mort est celle de notre confiance. La chronique s'achève en 1965, laissant à la télé un pouvoir totalitaire, hypnotique déjà pointé par Matzneff. De temps en temps, on s'exclame: Par les moustaches de Staline, ce que ça peut être idiot!, mais on n'éteint pas. Seul Staline s'est éteint.

Jean-Marc PARISIS