1910. Sibylle Grimbert par François Bégaudeau
Par general, mardi 5 juin 2012 :: #1910 :: rss
François Bégaudeau se livre depuis quelque temps à un exercice critique d'un genre nouveau : l'analyse d'une phrase prise plus ou moins au hasard dans ses lectures, qui lui sert de révélateur du style et de l'univers d'un écrivain.
Cela s'appelle le Blog-phrase et se trouve sur le site begaudeau.info. Le Blog-phrase n°5 est consacré à Sibylle Grimbert, pour une phrase tirée de La Conquête du monde (p. 238) :
Chose étrange, il avait un Bic dépassant de sa poche poitrine, or que faisait un Bic chez les morts, qui n'ont pas besoin d'écrire puisqu'ils sont omniscients ?
Si vous voulez savoir comment, à partir de là , Bégaudeau arrive à la conclusion suivante :
« La Conquête du monde est un roman kafkaïen. L’adjectif est si galvaudé qu’il faut insister. On dit bien : kafkaïen. Intimement, stylistiquement. Ni bureaucratie, ni homme-insecte, ni prescience du totalitarisme, ni Château, mais de la logique plaquée sur de l’absurde, du bon sens sur du biscornu »
ou encore à ceci :
« L’écrivain aime bien s’acoquiner avec les morts, prétendre que ce sont les morts qui tiennent la plume, mais il devra se résigner à l’idée que ce sont bien des vivants qui écrivent, que l’écriture est, dans son incomplétude, la marque de la vie »
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Commentaires
1. Le mardi 5 juin 2012 par Manuel
2. Le mardi 5 juin 2012 par Florent G.
3. Le mercredi 6 juin 2012 par Lulu
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