Lu un essai de Pascal Herlem, Les Chiens d'Echenoz ' afin d'en extraire un passage qui sera publié dans La Revue Littéraire de la rentrée ', où l'on découvre, amusé puis bientôt en joie, une forme d'intimité, secrète bien que par ailleurs soupçonnée, qui se noue entre un personnage (il y en a un grand choix à disposition), un chien (également au choix), un auteur (père de l'alliance des deux premiers), un second (celui dudit essai, instigateur de l'alliance de cette totalité). Se produit une circulation étrange, doublée en miroir, d'une part entre le creux (le vacant, ou le refoulé) d'un personnage et le fluide canin (un langage-chien en somme) qui vient le combler, d'autre part entre les trouées silencieuses de la prose d'un écrivain et les mots d'un autre qui viennent s'y loger. É travers ce mode psychanalytique, où l'homme révèle la bête, où, sans doute plus encore, la bête révèle l'homme, l'intimité est mouvante, n'existant que par et dans la relation, elle est à attraper en abscisses et non plus en ordonnées. Une bien belle idée que cet essai ! Et une bien difficile t?che que d'avoir à sélectionner. (Mais je crois que c'est fait.)