Hier, nous avons reçu aux éditions La vie à l'envers d'Alain Jessua qui sortira en librairie le 24 ao?t prochain. Ce livre est accompagné du dvd du film (sorti au cinéma en 1964). En rentrant chez moi, je me suis précipitée sur mon lecteur dvd. Depuis que nous travaillons sur ce projet, j'ai souvent discuté avec Alain Jessua de la façon dont ce film est né, de son rapport avec les acteurs (la timidité de Charles Denner, la gentillesse de Jean Yanne...), de la réception du film à sa sortie. Alain Jessua m'a raconté que lorsqu'il rencontrait des femmes qui avaient vu le film, elles lui sautaient au cou en racontant leur émotion et aussi les dépressions nerveuses qui ont souvent suivi le visionnage. Léo Scheer m'en a aussi beaucoup parlé : il se souvient d'y être allé dès sa sortie, c'est un film qu'il n'a jamais oublié. Pour lui, il tombait sous le sens qu'il était important de le rendre disponible au public, de le faire enfin connaître. J'ai donc appréhendé ce film "à l'envers" puisque je le connaissais, en quelque sorte, de l'intérieur. Ce film est fascinant : il s'agit bien de folie mais il n'en est jamais question. J'ai retrouvé quelques similitudes avec Le procès, dans la façon de filmer et dans certaines situations, à une immense différence près : je n'ai jamais ressenti la moindre angoisse ou un quelconque malaise. L'humour est partout présent, les acteurs sont parfaits. J'ai vraiment ressenti une grande fierté lorsque le film s'est fini, j'ai le sentiment que c'est quelque chose d'important que les gens connaissent et voient La vie à l'envers. Lorsqu' Alain Jessua a eu l'idée de ce film, il a rencontré des médecins, des psychiatres. L'un d'entre eux lui a dit de ne pas chercher à imiter la folie telle qu'on la voyait dans les hôpitaux mais plutôt de chercher au fond de lui sa propre folie. Ce film a réussi à me tranquilliser : nous pouvons être heureux, mais vraiment heureux, lorsque nous devenons fous...