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samedi 29 septembre 2007

160. Dahlia aime Technosmose

Je reproduis ici l'article paru dans le blog de Dahlia sur le dernier livre de Mathieu Terence, ça donne envie.

"L'être humain lambda est par essence bourrelé de péjugés; vous, moi, les autres, tous logés à la même enseigne. Une des premières choses que nous avait enseigné Marcelle Duc - la meilleure prof de sociologie que j'ai eu durant mes deux ans de DEUG à l'Univiversité du Mirail - c'est que le péjugé est une très bonne chose quand on arrive à le dépasser pour découvrir ce qui se cache derrière derrière ce qu'on croit connaitre quand on part avec des idées toutes faites. Regardez par exemple, je suis longtemps partie du principe que la science-fiction en litterature ça me fait chier. C'est faux, en fait ce qui me fait chier c'est la science-fiction type Star Wars parce que l'anticipation du style Blade runner ou 1984 j'adore. Non en fait, le véritable préjugé que j'ai eu en achetant Technosmose c'est de me dire tiens, depuis quand la célèbre collection Blanche de chez Gallimard édite de la science-fiction? En fait Technosmose échappe presque à l'étiquette du roman d'anticipation qu'on pourrait lui accoler tant il casse les codes du genre.

Iris Ferreol, une trentaine d'années, jolie, brune. Mais surtout coupable du meurtre de son époux et condamnée à 18 ans de réclusion. Iris est incarcérée à Atlin, une prison hors-norme canadienne, propre, fleuron de la technologie moderne et très lumineuse. Et pour cause, Atlin est une prison qui se trouve près de 300 mètres sous terre, conçue par l'architecte Otto Maas pour empêcher toute tentative ou même tout désir d'évasion. Cependant Iris ne s'y résoud pas et dès qu'elle prend possession de sa cellule, elle commence déjà à réfléchir à sa fuite. Mais comment s'évader d'une prison où le moindre geste est épié, décortiqué, dont l'unique sortie se fait par un descenseur que seul le personnel de la prison peut emprunter? Soutenue par l'amour incestueux et violent qui la lie à son frère Luca, Iris va trouver un moyen qui lui demandera d'aller au bout de son corps, au bout d'elle-même. Alors qu'à la surface, un jeune écrivain et journaliste rencontre Otto Maas et découvre dans le même temps l'histoire d'Irisâ?¦

Mathieu Terence est un grand, un très grand monsieur de la litterature actuelle. Son écriture est précise, d'une rare distinction. Son récit n'a pas besoin d'en faire des tonnes ou de se noyer sous un flot de détails-gadgets plaqués pour dire 'hey regardez, je fais de la science-fiction!'. Au contraire, Terence semble partir du principe que son histoire s'inscrit dans une réalité qui est déjà la notre, ce qui la rend sublime et envoutante. Alternant le récit de la détention d'Iris avec celui de ce mystérieux écrivain chargé de réaliser une biographie d'Otto Maas, Technosmose devient autant roman que réflexion sur le devenir de l'être humain à travers les réponses du personnage de l'architecte. Sous la surabondance robotique et technologique de la prison affleure la sensualité de l'héroine, sa mélancolie, sa tristesse de se retrouver là, séparée d'un frère absent qu'elle adore dans le sens le plus plein du terme. La description de cet univers carcéral où l'on diffuse sur les écrans de télévision des murs de la cantine des images de paysages enneigés ou de prairies ondoyantes pour lutter contre le 'mal de terre' qui évoquent les visions qu'on diffuse au suicidés volontaires dans le film Soleil vert, où la blancheur des sols, l'inox des structures, l'oeil invisible des caméras qui surveille en permanence tout ce qui pourrait s'apparenter à une dépression ou une tentative de suicide est très intense car elle arrive à faire sentir l'étroit rapport entre la douceur d'un cocon et la froideur d'une réclusion angoissante. En filigrane apparait la force de l'esprit humain, capable de tout quand il s'agit de survie et d'amour. Technosmose est sans aucun doute un chef-d'oeuvre du genre."

Dahlia.

Le 28 septembre 2007

vendredi 28 septembre 2007

159. IAPA

Chez Courrier International, un blog, animé par Guillaume Barnéris, s'est donné comme label : International Autofiction Press Agency. Sur ce blog, on est convaicu "que l'autofiction est le lieu de l'ultime querelle des Anciens et des Modernes en France. Une querelle unique dans une vie littéraire française de plus en plus désenchantée".

Guillaume Barnéris participera à notre dossier de janvier dans La Revue Littéraire sur le texte de Camille Laurens, et il accumule sur ce site de nombreux éclairages, en l'ouvrant sur l'international, comme cet article d'Elizabeth Ladenson : "Short cuts" dans le "London review of books":

Si chaque blogueur a mis sa photo pour se présenter, Guillaume Barneris a préféré mettre ça, et poser la question de l'autofiction: C'est un pseudo, mais qui est Guillaume Barnéris?

158. La Revue Littéraire bis : David Foenkinos par Radu Bataturesco

David Foenkinos, Qui se souvient de David Foenkinos ?, Gallimard, 179 pages, 16,90 euros

Je ne connais David Foenkinos ni d'Éuve ni d'Adam, comme dirait Amélie (Nothomb). Je ne sais pas ce qui se passe entre ses deux oreilles (1), comment il réagit en cas de bonheur (2), je n'ai même pas pensé à vérifier le potentiel érotique de sa femme (3). Quoique : ce dernier titre avait en son temps accroché mon attention hormonale pour s'essouffler prestement : trop bon, trop rentre-dedans, trop d'étalage perso pour attirer le micheton, même si la fiction dépassait virilement la biographie dans toute cette sensualité promise. L'écrivain maquereau est une espèce qui m'enchante encore moins que l'écrivain qui écarte les jambes sur les ondes ou enlève le haut dans les pages des magazines. Bref, les a priori étaient un poil défavorables quand j'ai envisagé une note de lecture consacrée à son opus 2007 : Qui se souvient de David Foenkinos ? Là encore, le titre m'a fait tiquer : le coup de l'autopromo, genre prétérition bon marché, qui veut attirer la sympathie dès la couverture, très peu pour moi. Et puis l'accroche en blanc sur le bandeau rouge: « Peut-être vous ? », interpellation facile, même si parodique. Et puis encore : Qui connaît David Foenkinos ? comme dirait Ségolène (Royal). J'ai donc investi les 16 euros 90 la main lourde mais le c?ur libre : se faire envoyer le livre par le service de presse de Gallimard est une pression subliminale dont les effets pervers sont non mesurables.
Qui se souvient de David Foenkinos ? est le journal d'un écrivain raté dont l'heure de gloire a duré un été, le temps de figurer sur les listes du Goncourt. Touché par le syndrome Bartleby, en totale panne créative, il croit avoir eu une idée de roman dans le train Genève-Paris, pour la perdre aussitôt. Tout le livre repose sur la recherche de cette idée : le narrateur David Foenkinos va jusqu'à consulter une voyante et un docteur mnémotechnicien pour la retrouver (ce que l'auteur David Foenkinos ne ferait pas). Éa tourne autour du pot comme un chien autour de sa queue, ça tourne au blues de l'écrivaillon, ça tourne autour de son ego en proie aux doutes existentiels. Dans cette intrigue mince comme du papier vélin, quelques personnages attachants, quelques moments drôles, quelques jolies réflexions sur la dégradation du couple. Le narrateur DF est paumé dans son ménage, son ?uvre, sa vie. Il la joue humble et égaré, narcissique mais auto-ironique, il met des dosettes d'humour dans ce sujet suranné et antipathique (la crise d'inspiration) ' vieilles stratégies de communication qui peuvent toujours rendre service. Et, on le devine depuis la couverture, il utilise sa bio à des fins fictionnelles : les titres de ses livres, les noms de ses concurrents à la gloire et autres petits événements sont bien réels. Quantifier la bio et la fiction, distinguer le vrai du faux peut divertir/intriguer le lecteur. Trouver des clés d'interprétation dans ce genre de mélanges peut intéresser certains clients germanopratins. Qu'est-ce que vous avez contre la biofiction ? se révolterait Christine (Angot), qui en boit tous les jours et qui, soit dit en passant, n'a pas le millième du savoir-faire rhétorique davidfoenkinosien. Rien, je répondrais, surtout quand les miroirs faux-fuyants des mises en abyme donnent des éclairages poétiques, quand les symétries sont bonnes malgré leur prévisibilité (début et fin des hostilités), quand l'écriture se met fébrilement au service du propos. Ce qui est le cas pour Qui se souvient de David Foenkinos ? Peut-être vous ?. Mais les sujets biotendance, avec la morphologie et le métabolisme de l'écrivain sur la place publique, avec ses viscères, la qualité de son sperme et toutes ses petites misères sexuelles, ont déjà fait le bonheur financier de Michèle (Houellebecque). DF a indéniablement du talent ; une belle syntaxe, un certain génie des facéties ; le problème est ce qu'il en fait. Avec ce type d'histoires, maigrichonnes et pleurnichardes, il ne va pas reconquérir les lectrices perdues. Après lesquelles il court avec des poumons de coton.
S'il avait l'obligation, par contrat, de livrer un livre à terme à l'éditeur, DF aurait pu invoquer une angine blanche, comme Cécilia (Sarkozy), pour gagner du temps, densifier son récit (il ne se passe quasiment rien les premières cent pages) et enlever les quelques platitudes parsemées çà et là (p. 19 : « Au début d'une relation, on veut tout connaître de l'autre ; on parle pendant des heures. Et, entre deux discours, on copule joyeusement » ' banalité proche du truisme ; p. 42 : « En la quittant, j'ai lu dans son regard une réelle tristesse, et c'était la dernière tristesse » ' ben oui, puisqu'il la quitte ; ou p. 62 : « Nous nous sommes serrés dans les bras l'un de l'autre un instant qui pourrait encore durer maintenant, mais qui dura le temps d'un battement de c?ur. Il y avait tant de tristesse entre nous » ' quelle émotion !) ou les blagues potachières à la sauce oxymore (p. 54 : « Les points noirs de son visage étaient bien la dernière chose dont j'avais besoin après une nuit blanche »).
DF nous régale de phrases de porcelaine dans des assiettes de carton et l'on reste quelque peu sur sa faim.

Radu Bataturesco

(1) David Foenkinos, Entre les oreilles, Gallimard, 2002. (2) David Foenkinos, En cas de bonheur, Flammarion, 2005. (3) David Foenkinos, Le potentiel érotique de ma femme, Gallimard, 2004.

157. Première journée à Manosque

â?¦ marquée par le mistral et la grande popularité du festival. Malgré le froid cinglant, les débats en extérieurs étaient très peuplés. Et la lecture de la correspondance de Violette Leduc à trois adolescents, « Alain, Georgesâ?¦ et Robert », par Julie Depardieu dans une grande salle de thé?tre était comble. J'en ai beaucoup aimé le texte comme j'avais aimé ''Je hais les dormeurs'' qui est reparu il y a quelques temps aux éditions du chemin de fer, illustré par Béatrice Cussol. Je vous épargne la soupe au pistou et le vin du mont Ventoux.
Aujourd'hui le mistral est tombé, le temps est magnifique, journée s'annonce dense pour les __« Correspondances »__ de Manosque : Hélène Bessette lue par Michèle Lesbre et Florence Giorgetti, Céline Minard, Raymond Federmanâ?¦

lundi 24 septembre 2007

156. Dénigrement et anonymat sur le Net

Rue89 commence à se poser des questions sur ce sujet que nous suivons de près sur ce blog.

http://www.rue89.com/2007/09/23/denigrez-il-en-restera-quelque-chose-sur-le-net

Il y a bien longtemps que nous avons compris que les avis des internautes sur les livres étaient souvent rédigés par les stagiaires des maisons d'édition et servaient principalement à leurs règlements de comptes. On se demande pourquoi Fnac.com, Amazon, etc...maintiennent ces singeries, qui ont pu leur paraître distrayantes aux origines du net, mais qui deviennent, maintenant, poluantes et sans la moindre crédibilité.

A propos du LYNCHAGE LITTÉRAIRE

samedi 22 septembre 2007

155. M.O.S.P.F.W.E.2.J.S. (10)

Pourquoi un si long silence? Interroge Didier Jacob dans le Nouvel Obs N?2237 du 20 septembre, et Pierre Michon de lui expliquer pourquoi il écrit si peu: il cherche Dieu. Au milieu de l'entretien, un encadré. Et là, les deux héros du feuilleton de ce blog: Jean-Jacques Schuhl et François Weyergans, baptisés ici "LES GRANDS SILENCIEUX". Quelques bizareries dans les quatorze lignes qui leurs sont consacrées. Pour Schuhl, sans doute pour montrer à quel point le temps parait long lorsqu'il ne publie pas, on évalue à quarante ans la période qui va de "Rose poussière" (1972) à "Ingrid Caven" (2000), tout en omettant "Telex n?1" de 1976. L'entretien a peut-être été réalisé au téléphone, car Jean-Jacques Schuhl adore omettre ce livre et prétendre qu'il n'aurait pas du le publier. Il est d'ailleurs devenu introuvable, et ceux qui le connaissent savent à quel point c'est dommage. Plus étrange encore, pour François Weyergans, on prétend que "Trois Jours chez ma mère" "avait été annoncé pour la rentrée littéraire Grasset 1997". Ceci ouvre un nouvel épisode ébouriffant de M.O.E.P.F.W. puisqu'apparemment, en 1997, F.W. prétend avoir publié, justement dans la rentrée de Grasset, un livre intitulé "Franz et François". Serait-ce, en réalité, le premier roman de Charles Dantzig, énigme qui expliquerait son entrée chez Grasset à ce moment là, le jeune auteur prodige du "Remy de Gourmont" aurait écrit ce livre pour calmer les critiques littéraires qui n'en pouvaient déjà plus d'attendre "Trois Jours chez ma mère" dont certains prétendent que le contrat a été signé en 1992. Ceci expliquerait son dernier roman qui parait dans cette rentrée sous le titre "Je m'appelle François". Peut-être une nouvelle affaire de plagiat en perspective.

jeudi 20 septembre 2007

154. Cet absent-là.

"

Il a beaucoup été question de Philippe, que nous sommes nombreux à considérer comme un des grands textes de la littérature française. Ce livre, publié par P.O.L en 1995 n'a bizarrement jamais été repris en poche, ce qui crée une situation paradoxale aujourd'hui (Il est donné comme "indisponible" sur Amazon). On a moins parlé de cet autre livre, dont le titre, Cet absent-là, prend un troisième sens aujourd'hui, publié par nous, aux Éditions Léo Scheer en 2004. Je pense qu'il est important de redécouvrir ce magnifique livre à partir de l'article publié cette année par La Revue Littéraire. Il avait fait l'objet, à l'époque, d'un "tir de barrage" de certains journalistes qui considéraient comme scandaleux qu'un auteur P.O.L vienne publier chez nous. Je me souviens qu'on était furieux aux Inrocks, par exemple. Voici pourtant ce qu'en disait la presse:

"...Dans son dernier livre, dont le titre revient comme en écho, Cet absent-là, Camille Laurens évoque une double figure : celle de l'être aimé, qui n'est plus là parce que l'amour s'est évanoui et qu'il y a eu séparation ; et surtout celle de l'enfant, mort à la naissance. Camille Laurens avait déjà parlé de Philippe, en 1995, dans un livre au titre éponyme, elle avait parsemé ses autres récits et romans de cette ombre-là et elle le refera à coup s?ur. Parce qu'on ne se débarasse pas comme ça de ses absents. Le livre est poignant, mais aussi optimiste et sensuel." Patrick Poivre d'Arvor - MARIE FRANCE Ao?t 2004

"... De l'écriture de Cet absent-là, Camille Laurens n'a pas de souvenirs. Pour la première fois, raconte-t-elle, elle n'avait pas fait de plan préalable et n'avait aucune idée de comment le texte et l'histoire se développeraient. Elle les a laissé s'imprimer dans ce petit volume plutôt que dans sa mémoire. Elle a écrit dans le présent de la rencontre, au fur et à mesure que l'amour prenait forme et se dissolvait. C'est là sans doute que réside toute la gr?ce de ce livre, où chaque réflexion, sensible, intelligente, semble naître devant nos yeux, au fil de la plume. Oui, Cet absent-là est un livre précieux parce qu'il est totalement, radicalement, au présent." Sandra Basch - ELLE - 23 ao?t 2004

"Dans ce récit illustré de photos, l'auteur tourne autour de la figure de l'enfant qu'elle a perdu à la naissance, de l'amour qui s'en va, de ce vide que les mots ne suffisent pas toujours à remplir. Jamais l'expression "travail de deuil" n'aura autant pris son sens." FIGARO MADAME - 21 ao?t 2004

"...Le texte est construit autour des portraits en noir et blanc du photographe Rémi Vinet. Les phrases de Camille Laurens semblent dire : lisez-moi, je suis là, bien vivante. Les portraits de Rémi Vinet semblent dire : regardez-nous, nous sommes ailleurs, bien vivants... Le style de Camille Laurens est léger. Jeux sur les clichés, rondes de mots, phrases discrètes... Elle évoque la gaieté ; l'envie de faire le vide, et puis finalement non, plus du tout ; les déhanchements du corps ; les ponctuations du visage. Bref, le mouvement. Car tout le livre exprime la même idée : on se souvient, non pas des morts, mais de la vie des morts. Petits riens, gestes machinaux, actes importants, charme fort. L'oeuvre de Camille Laurens ne cesse de parler de ça : il vaut mieux soi-même être extrêmement vivant." Marie-Laure Delorme - JDD 29 ao?t 2004 (sélection JDD/France Culture)

Camille Laurens aborde la rentrée littéraire avec un texte simple, juste, poignant. Un texte à rebours, où la mort mène à la vie, le vide à la plénitude. Cet absent-là, c'est Philippe, l'enfant mort à la naissance, l'alpha et l'oméga... La source et la mer, le visage qui jaillit au fil des jours ou des nuits de l'écrivaine. Mais c'est aussi l'être aimé qui s'éloigne, le visage très viril, très fort qui devient un beau masque, le présent qui s'absente. Tout avait pourtant si bien commencé... J'apparais, écrit la narratrice en se souvenant du moment où l'homme a posé son regard sur elle. On me voit : quelqu'un est en train de me voir. L'amour naît autant qu'il fait naître. Le désamour convoque la mémoire, oblige à se souvenir... Camille Laurens a ponctué son texte de photographies signées Remi Vinet. Elles n'illustrent pas ses mots, elles les épousent. Les images et les lettres s'étreignent comme deux langues étrangères l'une à l'autre, mais qui se comprennent, unies par le besoin vital de dire, de dévoiler l'absence pour mieux la conjurer." Alexie Lorca - MARIE CLAIRE - Octobre 2004.

Les femmes furtives. "Les mots de Camille Laurens et les "figures" de Rémi Vinet jouent sur la même gamme du dévoilement et de l'apparition. Mais chez l'une, l'écrivain, comme chez l'autre, le photographe, l'enjeu de la quête n'est pas l'image fixe, le récit cadré. Ce que tous les deux cherchent à exprimer, c'est le mouvement insaisissable, l'incertitude des êtres qui apparaissent et disparaissent selon que l'?il ou l'objectif les ignorent ou les font exister. (...) Les Figures, portraits énigmatiques de Rémi Vinet, ne viennent pas illustrer les mots de l'écrivain . Elles parlent de leur propre langue, déroulent leur logique en marge d'un récit qui est à la fois autobiographique et réflexion philosophique. L'écriture de Camille Laurens cerne ces histoires d'une vie - divorce, nouvel amour, séparation, deuil d'enfant...-, qu'elle fait passer de l'intime à la littérature, les délestant de leurs douleurs précises, de leur impudeur par l'élégance de son style. Les photos, elles aussi, transfigurent le sujet pour n'en garder qu'une vision mouvante et émouvante. La photographie, comme le récit, ne veut pas être une preuve, juste une trace. Car comme l'écrivait René Char : "Seules les traces font rêver"." Michèle Gazier - TÉLÉRAMA - 22 septembre 2004.

mardi 18 septembre 2007

153. Mono-Prix

Voici les ouvrages publiés par le groupe Gallimard qui figurent sur les premières listes des principaux prix littéraires. Nous ne pouvons, à La Revue Littéraire, que féliciter les auteurs, qui méritent tous bien cette distinction, avoir une pensée pour les rares écrivains publiés par ce groupe qui ne figurent pas dans ce cortège, et enfin, poser incidemment une question : est-ce bien raisonnable?

GONCOURT:

Pierre Assouline : Le portrait (Gallimard)

Marie Darrieussecq : Tom est mort (P.O.L)

Vincent Delecroix : La chaussure sur le toit (Gallimard)

Yannick Haenel : Cercle (Gallimard)

Gilles Leroy : Alabama song (Mercure de France)

Grégoire Polet : Leurs vies éclatantes (Gallimard)

Olivia Rosenthal : On n'est pas là pour disparaître (Verticales-Phase deux)

FEMINA

Dominique Barberis: Quelque chose à cacher (Gallimard)

Marie Darrieussecq: Tom est mort (P.O.L)

Amanda Devi: Indian Tango (Gallimard)

David Foenkinos: Qui se souvient de David Foenkinos? (Gallimard)

Eric Fottorino: Baisers de cinéma (Gallimard)

Gilles Leroy: Alabama Song (Mercure de France)

RENAUDOT

Vincent Delecroix : La chaussure sur le toit" (Gallimard)

Eric Fottorino : "Baisers de cinéma" (Gallimard)

Vénus Khoury-Ghata : "Sept pierres pour la femme adultère" (Mercure de France)

Carole Martinez : "Le coeur cousu" (Gallimard)

Gilles Leroy : "Alabama Song" (Mercure de France)

Cécile Wajsbrot : "Conversations avec le maître" (Denoël)

MEDICIS

Vincent Delecroix: "La chaussure sur le toit" (Gallimard)

Philippe Forest : "Le nouvel amour" (Gallimard)

Eric Fottorino : "Baisers de cinéma" (Gallimard)

Yannick Haenel : "Cercle" (Gallimard)

Gilles Leroy : "Alabama Song" (Mercure de France)

lundi 17 septembre 2007

152. La bataille de Wiki

Pour avoir une idée de ce qu'est Wikipedia lorsqu'on n'y prend pas garde.

151. Migliacci

Le week end dernier, c'était la Fête de l'Huma, à La Courneuve, et son habituel Village du Livre, toujours aussi bruissant et dynamique. Éditeurs, revues (notamment Les Lettres Françaises, paraissant dans l'Huma les premiers samedi du mois), auteursâ?¦ andouillettes, huîtres, fondues, migliacci (au stand corse, vous l'aurez compris), bière et muscadetâ?¦ En ces temps de morosité politique, on était bien contentes, avec Claire Guezengar, de se balader dans les allées ensoleillées de la Fête qui prouve bien que OUI il y a un peuple de gauche loin de l'image qu'en donnent les partis et qu'il est tout sauf utopique. Ah, le samedi soir fut mémorable, j'y ai rencontré mon père Noël d'enfance, Daniel Herrero, qui intervenait dans le cadre d'une performance sur l' « ovalie » sur le stand des « Amis de l'Huma », avec notamment Jean-Marc Chapoulie.
Et pour en revenir au Village du Livre, j'y ai rencontré Michèle Lesbre dont j'avais déjà parlé précédemment et croisé de nombreux amis et connaissances : Alain Nicolas, bien s?ur, l'un des organisateurs de la fête ; Jean Ristat, Jean-Pierre Han et Franck Delorieux, des Lettres Françaises ; Thomas Clerc dont le Paris Musée du XXIe siècle est très remarqué ; __Lola Laffont__ que je reverrai en performance aux Correspondances de Manosque ; Jérôme Mauche qui diffuse une « Encyclopédie de la parole », mercredi 19 heures, aux Laboratoires d'Aubervillier ; Emmanuel Rabu et son Tryphon Tournesol & Isidore Isou, assis près de Christian Prigent ; __Emmelene Landon__, bien s?ur, qui signait son Voyage à Vlasivostokâ?¦ mais vous verrez peut-être tout cela sur vidéo (je m'excuse par avance pour la médiocrité des images) si je parviens à en effectuer le montage et si on entend quelque chose au milieu du brouhaha ambiantâ?¦ je sais, je sais, cela fait beaucoup de si.

dimanche 16 septembre 2007

150. Les perles des jurés.

Jeu-concours.

Qui l'a dit? Quand? A qui?

1) "Je veux bien voter pour mon éditeur, mais j'aimerais au moins pouvoir choisir l'ouvrage."

2) "Je ne déjeune jamais avec des éditeurs en période de prix."

3) "Si vous croyez qu'en plus on a le temps de lire les livres!"

La remise des prix aura lieu après la remise des prix.

149. Femina...

Olivier et Patrick Poivre d'Arvor: J'ai tant rêvé de toi (Albin Michel)

Marie Darrieussecq: Tom est mort (P.O.L)

Dominique Barberis: Quelque chose à cacher (Gallimard)

Amanda Devi: Indian Tango (Gallimard)

David Foenkinos: Qui se souvient de David Foenkinos? (Gallimard)

Eric Fottorino: Baisers de cinéma (Gallimard)

Gilles Leroy: Alabama Song (Mercure)

Christophe Donner: Un roi sans lendemain (Grasset)

Jean Pérol: Le soleil se couche à Nippori (La Différence)

Dominique Schneidre: Ce qu'en dit James (Seuil)

Nathacha Appanah: Le dernier frère (L'Olivier)

Claude Pujade-Renaud: Le Désert de la gr?ce (Actes Sud)

Jean Clausel: Cherche mère désespérément (Rocher)

Linda Lê: In memoriam (Christian Bourgois)

vendredi 14 septembre 2007

148. Sapeurs Camembert, à l'assaut !

Ce 14 septembre s'annonçait paisible. Aux Éditions Léo Scheer nous fêtions l'anniversaire de la jeune Julie, le ciel était au beau fixe et nos humeurs itou. Hélas ! par une douloureuse fatalité je viens de lire, dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles en kiosque aujourd'hui, un article angoissé de mon ami Jean Miot, le célèbre gastronome, intitulé « On assassine nos fromages ! », où j'apprends que les deux principaux industriels du camembert, Isigny-Sainte-Mère et Lactalis, ont choisi de renoncer à fabriquer leur camembert au lait cru, ont renoncé à leur AOC, et tout cela au nom de la sécurité alimentaire, de ce fascisme de la santé qui s'impatronise sur la planète entière, y compris dans des pays tels que la France et l'Italie qui ont une millénaire culture de la cuisine et des bons produits du terroir. Du coup, le ciel me paraît moins bleu, le soleil moins éclatant. Je croyais que la France avait dans le domaine des fromages victorieusement repoussé les prétentions des bureaucrates européens de Bruxelles, mais apparemment il n'en est rien. Jean Miot précise dans ce texte apocalyptique que ce n'est pas seulement le camembert qui est menacé, mais que le sont tous les fromages au lait cru, le reblochon, le brie, le vacherin, le comté, le beaufortâ?¦ Certes, sur le blog d'une maison d'édition, il serait sans doute plus naturel de se battre pour la sauvegarde de la concordance des temps et de l'imparfait du subjonctif ; mais tout est lié, ce que recouvrent le mot « civilisation » et le mot « barbarie » touche autant la cuisine que la langue. C'est pourquoi, me semble-t-il, nous devons apporter notre soutien sans faille aux petits producteurs normands ' le pot de terre contre le pot de fer ' qui, pour résister à la pression des grands industriels, ont créé un nouveau syndicat de fromages AOC et un « Comité de défense du véritable camembert de Normandie ». Vive la langue française ! Vive le vrai camembert au lait cru ! Et mort aux philistins ! Mort aux cons !

147. Label au bois dormant.

Deux pages dans le Livre Hebdo N?701 de ce 14 septembre 2007 ont retenu mon attention dans le cadre de cette réflexion que nous souhaitons mener avec La Revue Littéraire sur les enjeux de l'avenir du livre et de sa diffusion. Les pages 66 et 67. A gauche, page 66, un gros titre : UN LABEL POUR LES LIBRAIRIES. L'article présente les propositions remises à Christine Albanel, Ministre de la culture, par Antoine Gallimard, précisant les conditions de la création d'un label LIR, pour les Librairies Indépendantes de Référence. En bas, à droite, page 67, une petite brève intitulée : "e-commerce". On y apprend la hausse de 38% au 1er semestre des ventes sur Internet, avec 7,8 Milliard d'euros et 19 millions de cyber-acheteurs. L'étude de la Fédération des Entreprises de Vente à Distance (FEVAD) démontre, par ailleurs, la complémentarité croissante entre site Internet et magasin. En 2007, 61% des internautes utilisent Internet pour la préparation de leurs achats ( Ils n'étaient que 47% en 2006), et 41% se rendent dans un magasin avant d'acheter sur Internet (ils n'étaient que 22% en 2006).

jeudi 13 septembre 2007

146. Anne-Marie Garat. Dossier RL33

Nous préparons pour le N?33 de La Revue Littéraire (à paraître en janvier 2008), un dossier rassemblant les textes d'écrivains qui n'ont pu, pour diverses raisons, paraître dans la presse, à la suite du texte de Camille Laurens. Ils seront mis en ligne ici en attendant.

UNANIMES

par

ANNE-MARIE GARAT, écrivain.

Contre Camille Laurens, quelle unanimité ! Bien avant la parution de son article, ce qui est en soi une anomalie journalistique remarquable, les interventions de presse et de radio se sont multipliées. Leur consensus me trouble : leur addition, la répétition des mêmes arguments, comme si chacun doutait qu'il ait été suffisamment asséné, avait besoin de rajouter sa voix au choeur, d'en être. Les paroles varient, mais c'est le même air. Il y a du crime dans l'air. Ce qui est dit dans cet article est assez scandaleux pour que se soulève un coin du manteau de la littérature, des moeurs de certain milieu éditorial et journalistique. Camille Laurens lève un lièvre qui fait courir beaucoup de chasseurs ; même ceux qui se sont réveillés à retard rejoignent la meute, hallali. Elle a d? dire quelque chose de très grave, qui met à mal bien des conventions, énoncées ou tacites. Par exemple, celle du journalisme littéraire, seul autorisé. On peut toujours dire sous le manteau, on ne s'en prive pas, dans les rédactions, les librairies, entre amis, qu'un livre en singe un autre, qu'il en est la démarque plus ou moins habile, l'écrire est explosif. On sait que les écrivains, des plus grands aux plus médiocres, recyclent à l'infini l'immémorial de la littérature, font leur miel et leur merde du fonds commun, les cimetières sont dévalisés, enchantés, profanés, et les morts ne protestent pas qu'on visite leur tombe. Les vivants parfois ; c'est qu'ils ne sont pas morts. Ils s'émeuvent, à tort, évidemment : ils ne sont propriétaires de rien, à peine de leur vie, surtout pas du langage dont ils l'instruisent. L'art est vol, cambriolage royal, dépeçage, équarrissage barbare. Là où cela devient litigieux, c'est ce que font les cambrioleurs de leur rapt. Entre Picasso visitant les Ménines et le faiseur du coin qui copie, laborieux, la différence est visible. Mais avec l'habile, le roué, qui sait la valeur marchande du recyclage bien habillé, l'imposture est plus délicate à signaler. C'est juste là que Camille Laurens met le doigt, aïe. Normalement, ce n'est pas à l'écrivain, surtout pas, d'émettre un murmure. Il lui en chaut : Marie N'Dyaye en a pris pour son grade. Non, ce serait plutôt au critique littéraire (je ne parle pas du journaliste) de le faire, qui, en dépit de ses efforts, peine à mettre vraiment son nez là-dedans. Il y a de ces questions susceptibles, qui pourtant le mettent au défi de jouer son rôle. Par exemple, de prendre le risque, parfois, de distinguer la littérature de son image. Son fac similé. L'oeuvre du produit. Il ne s'agit pas de sincérité, de vécu, d'authenticité. Il s'agit de l'écriture et de la coïncidence avec son dessein, il s'agit du dessein. Je n'ai pas dit du thème, du sujet, de quoi ça parle. Un livre ne parle pas de ou sur. Il écrit. Un artefact absolu de langage qui engage la responsabilité ; il met à nu. Certains habillent, contrefaçon, produit dérivé. C'est que, quoi qu'on en dise, la littérature touche son revenu du capital symbolique. Se draper de ses nobles oripeaux est de bon rapport. Certes, difficile à discerner, il faut chausser de sacrées lunettes : il faut être un lecteur. Et n'en déplaise au choeur unanime des offusqués, la lecture d'un écrivain est à entendre. Il n'est pas le dernier des derniers à pouvoir lire, il est le premier. Et parfois, le plus malheureux, le plus désespéré de savoir, en son for intérieur, de quelle dette, quelle accablante dette d'impuissance, il est redevable à ce qui l'a nourri, la lecture. Des morts et des vivants. Ce dialogue infernal et sublime, sans lequel il n'y a pas littérature. Marie Darrieussecq est faible d'invoquer sa maman, elle est toute seule en face de son livre. Nous, seuls avec le sien à en juger. Là où Camille Laurens est faible, c'est d'invoquer une injustice là où il y a iniquité, le droit échouera à l'entendre. Le choeur de ses détracteurs le sait bien, tir groupé.

Une autre convention, éditoriale. Je lis qu'un éditeur a pouvoir de diagnostiquer hystérie de l'une, santé intellectuelle de l'autre, sans hésiter, extralucide. Que son métier soit de publier avec conviction les auteurs qu'il élit, c'est la moindre des choses à laquelle s'attendre. Qu'il prétende accéder aux arcanes de la création, à son alchimie intime, occulte et impure par nature, en est une autre. L'imaginaire du langage et sa genèse, si savants, si pertinents soient les généticiens du texte, résiste à cette radiographie, dont se prévaut l'éditeur en question. Il se croit propriétaire, il oublie que sa prérogative contractuelle s'arrête à la location. Qu'il décide d'avancer la fin de son bail, c'est son droit. Mais il le fait unilatéralement, en des termes insultants de congé, par affichage public, envers quelqu'un qu'il traite comme son obligé, son débiteur. Un auteur, sommé de se taire, désobéit : congédié. Ainsi le faisaient les bourgeois de leurs domestiques, une fois qu'elles avaient servi. Commerce de l'esprit comme du corps. L'auteur appartient-il ? C'est peu dire qu'il y a, dans cette violence de l'expulsion, l'intention de punir, d'humilier. Mais l'excès d'ire trahit des visées implicites : placer un auteur dans un jury, entend-il gratitude, allégeance ? Les dames du Femina apprécieront. Entre une écrivaine primée et l'autre en piste pour les prix, il n'y a pas photo. Camille Laurens est un cheval fourbu. Du balai. Cela se dit dans les rédactions, entre amis ; cela ne s'écrit pas. Ni que ce traitement est indigne. Ni que le genre de l'intéressée y est pour quelque chose. Un homme aurait-il été traité de cette manière ? Les écrivaines, même hostiles à l'initiative de Camille Laurens, devraient se sentir concernées dans leur hystérie génétique. Il a quelque chose de choquant à voir de quelle jouissance suspecte se rengorge l'unanime choeur à ce diagnostic. Il a derrière cette affaire accidentelle, que la saison exacerbe, beaucoup de motifs, d'enjeux, d'intérêts inavoués, de faillites et d'abus de pouvoir, qui devraient nourrir une réflexion au lieu d'une polémique. Il y faudrait du courage et de l'honnêteté. Un voeu pieux ?

Anne-Marie Garat.

Le 4 septembre 2007

mardi 11 septembre 2007

145. M.O.E.P.F.W. (9)

Le Conseil d'Etat Belge aurait annulé la décision. Notre ami Ambassadeur est sain et sauf.

Dépèche : Blog des ELS.

144. Le blog le plus rapide de l'ouest.

Le blog des Éditions Léo Scheer a été le premier blog à donner la première liste du Goncourt. Si vous voulez être informé en temps réel sur ce qui se passe dans le monde de l'édition, c'est là qu'il faut venir régulièrement.

Nous savions bien qu'il se préparait un nouveau 11 septembre signé Al Galigrasseuil.

143. 1ère liste du Goncourt.

Amélie Nothomb : Ni d'Eve ni d'Adam (Albin Michel)

Olivier Poivre d'Arvor, Patrick Poivre d'Arvor : J'ai tant rêvé de toi (Albin Michel)

Pierre Assouline : Le portrait (Gallimard)

Grégoire Polet : "Leurs vies éclatantes" (Gallimard)

Vincent Delecroix : La chaussure sur le toit (Gallimard)

Yannick Haenel : Cercle (Gallimard)

Marie Darrieussecq : Tom est mort (P.O.L)

Gilles Leroy : Alabama song (Mercure de France)

Olivia Rosenthal : "On n'est pas là pour disparaître" (Verticales)

Clara Dupont-Monod : La passion selon Juette (Grasset)

Philippe Claudel : Le rapport de Brodeck (Stock)

Delphine de Vigan : No et moi (Lattès)

Lydie Salvayre : Portrait de l'écrivain en animal domestique (Seuil)

Olivier Adam : A l'abri de rien (Ed. de l'Olivier)

Michèle Lesbre : Le canapé rouge (S. Wespieser éditeur)

142. CHARLY de Isild Le Besco

Vu hier à Beaubourg le premier long métrage d'Isild Le Besco : "Charly". Nous avions organisé avec la revue Cinéma une projection de son moyen métrage : "Demi tarif" qui nous avait impressionné, au point que nous voulions éditer le DVD. C'est peut-être encore possible. Charly confirme sa puissance d'évocation poétique, il y a du Jean Vigo chez elle. Le film sort après demain, allez le voir. (avec Julie-Marie Parmentier, trés singulière).

P.S. Je commence, moi aussi, à prendre du retard à l'allumage. Voir le trés joli portrait de Julie-Marie par Sabrina Champenois, ce matin en quatrième de Libé.

lundi 10 septembre 2007

141. La Revue littéraire bis: Marie Le Drian par Stéphanie des Horts

La Revue littéraire 32, séance de rattrapage.
Nous continuons, après celui-ci et celui-là, notre exploration des romans que, par obligation ou par accident (c'est le cas en l'occurrence: encore un mail perdu), nous n'avons pu traiter dans le dernier numéro.
Nous en profitons pour vous rappeler que vous pouvez nous envoyer des textes sur les livres de la rentrée qui vous auraient intéressés, qu'ils aient ou non été chroniqués dans la revue: nous les publierons dans cette rubrique.

Marie Le Drian, Attention éclaircie, La Table Ronde, 224 pages, 16 euros

Le pays d'où l'on ne revient jamais. Parce que c'est plus facile. Parce qu'il en a été décidé ainsi. Dès les origines. Ne pas lutter. S'y complaire. La douleur est douce. Le chagrin est seyant. Les murailles, bienfaitrices. La chape de plomb, salutaire.
Elle aurait d? s'appeler Pierre. Quel drame, elle est née fille. La coupable se nommera Hélène. Cela rime avec peine, cela rime avec haine. Elle ne pourra passer outre. Sa mère se chargera de le lui rappeler. Comme une litanie. Ou une sentence. Va pour Hélène, on s'en contentera, on lui fera payer, qu'elle n'oublie jamais.
Elle connaîtra un moment de révolte, gr?ce à Claire, Claire qui roule ses cigarettes, Claire qui décide que Ellen, c'est plus tendance, cela fait anglais, Claire la seule amie. Mais la mère veille. Et toute sa vie, la mère prononcera « Hé-Lè-Neu ». Bien aspiré le H, au diable les hiatus, bien appuyé le E, dommage pour le rythme.
Jeanne Pogam est la mère. La mère et ses diatribes, la mère et ses petites phrases qui piquent, la mère et ses conseils acérés, la mère et ses coups de massues. Ce n'est pas étonnant qu'il soit parti, le mari d'Ellen, la mère l'avait prédit, mais voilà, Ellen n'écoute pas, Ellen est inepte, obsolèteâ?¦ Ah si seulement cela avait été un garçon !
Et l'amour qui passe incidemment. Un pêcheur. Il s'appelait Martin. Ellen emmenait ses fils en vacances, une île au sud de la Bretagne. Martin a disparu. C'est Ellen qui a sombré. Directement dans ce pays d'où l'on ne revient jamais. La maison des fous pour déchets humains. Des murs érigés pour contenir la souffrance. Petite mort, ambiance ouatée, sensations anesthésiées.
La mère s'est décidée à mourir. Elle a pris bien soin de continuer à empoisonner la vie d'Ellen. Une moribonde arrache une promesse. Comme le pacte du sang. La mourante veut pousser toutes ses vielles copines en enfer. « Tu promets Hé-lè-Neu. » Oui, Ellen promet. Tous les ans, elle enverra une carte aux anciennes ennemies. Des cartes de v?x assassines, signées Jeanne Pogam. Postées le 28 décembre. Arrivées le 31 décembre. Pour qu'elles s'éteignent les unes après les autres, en croyant que Jeanne Pogam va parfaitement bien.
Et c'est Ellen qui s'y colle. Même morte, la mère dirige la fille. Elle fait résonner sa voix d'outre-tombe. Elle appuie toujours sur la dernière syllabe ' « Hé-lè-Neu ».
Les enfants ont grandi, ils sont partis, Martin n'est jamais revenu. Ellen a été jugée apte à quitter la maison de repos. Elle a cherché une nouvelle prison, l'a trouvée, sur le continent. Un petit bourg isolé. Un petit bourg singulier. Noyé dans le brouillard. Un microclimat, paraît-il. Jamais de soleil. Pas la moindre trouée du lumière. La grisaille, le ciel bas, le couvercle. C'est bien, le brouillard, c'est comme le chagrin, Ellen est protégée, elle s'enferme, s'enferre, se calfeutre. Ellen est affliction, Ellen est tristesse. Elle obéit à la voix de la mère, elle poste les cartes de v?x, chaque année, c'est ainsi et c'est doux ou sage.

Et voici qu'un parfum surgit, une rencontre inopportune au marché, on dirait bien que l'on entend gronder la révolte. Claire, l'amie chère et passionnée, qu'est-elle devenue ? Vingt-cinq ans après, du plus profond du vide feutré, du plus loin du pays des sentiments amortis, l'envie point, comme une aube naissante, attention éclaircieâ?¦ mais que décidera Ellen ?

Stéphanie des Horts

140. 7 ans de réflexion.

C'est le titre d'un des films-culte de Marilyn. C'est aussi, pour certains analystes le temps du "travail" de deuil. C'est peut-être aussi le délai octroyé à cette capacité de "ruminer" dont parle Nietzsche.

L'évènement. Voici l'objet. Citoyens de la pensée, encore un effort...

dimanche 9 septembre 2007

139. ferme ton blog

Guy Birenbaum a fermé son blog, mais d'autres le poursuivent, et certains ont toujours leur site, comme Pierre-Louis Rozynes, dont le célèbre "Feuilleton" dans Livre Hebdo nous manque (On imagine ce qu'il aurait pu faire dans cette rentrée 2007).

138. « To the happy few »

Nouvelle(s) reconnaissance(s) et pas des moindres pour Hélène Bessette qui est présente dans le Dictionnaire de Littérature à l'usage des snobs et surtout de ceux qui le sont pas de Fabrice Gaignault qui vient de paraître aux Éditions Scali, entourée notamment d'autres icônes tels : Jean-Jacques Schuhl, Claude Royet-Journoud, Kathy Acker, Tristan Corbière, Dominique Aury, Raymond Roussel, Bernard Heidsieck, Pierre Louÿs, Danielle Collobert, Crébillon fils, John Giorno, Henri Beyle, Violette Leducâ?¦ Opus précieux et indispensable qui, manifestant l'expression des esprits d'appartenance avec finesse et humour, permet surtout à un large public de découvrir dandys vénérés et autres personnages pittoresques, lieux cultes et notions clefs pour l'instant délaissés des panthéons littéraires.
Hélène Bessette est également l'un des personnages du dernier roman de Michèle Lesbre, Le Canapé rouge, paru chez Sabine Wespieser. Elle lui rend hommage à travers des lectures de ses œuvres en compagnie de Florence Giorgetti au festival des Correspondances de Manosque, vendredi 28 septembre à partir de 15 heures.

mercredi 5 septembre 2007

137. Pierre Haski / rue89

Rendez-vous ce matin à 9h au Flore avec Pierre Haski le sympathique fondateur de rue89. J'en parle parcequ'on nous a vu. Il est vrai que ce n'est pas l'endroit idéal pour se cacher.

Il commence demain matin (7h45) ses chroniques sur Europe1, si c'est aussi bien que ce que j'ai entendu ce matin, ça va "décoiffer". La nouvelle grille du matin, animée par Jacques Pradel jusqu'à 11h s'annonce comme un renouvellement complet de l'antenne et de son style. Il faut suivre cette petite révolution radiophonique.

J'avais attiré l'attention sur rue89 dans un précédent billet, parcequ'ils avaient été les premiers à saluer le livre de Didier Eribon et à percevoir la réflexion pour la gauche dont il était porteur. (Billet N?48 du 1er Juillet 2007 : Eribon dans la rue.) Libé et les Inrocks ne se sont réveillés que depuis une semaine sur le sujet. Avec rue89 nous assistons à la naissance d'une nouvelle forme de media qui impose une autre façon de pratiquer les métiers du journalisme. Le fait, pour Pierre Haski d'avoir tenu son blog, durant la période de transition, lui a sans doute permis de comprendre ces nouvelles pratiques et de s'y adapter. Il y a là une véritable rupture de "praxis" comme disait Bourdieu, et qui, paradoxalement, rejoint celles des anciennes revues, semblables à ce qui nous animent dans La Revue Littéraire.

Il y a quand même, encore, de trés belles choses sur papier. Je recommande tout particulièrement la lecture du N? 2235 du Nouvel Obs, avant d'aller sur le nouveau site littéraire dirigé par Jérôme Garcin : bibliobs, que tous nos souhaits accompagnent. Ce site, il faut le rappeler, a été conçu par rue89, maquette de Robin King et coordination de la réalisation : Damien Cirotteau.

lundi 3 septembre 2007

136. La Revue Littéraire sur Wikipedia, Google etc.

J'essaie, en vain, d'enregistrer La Revue Littéraire sur Wikipedia. A chaque fois, quelqu'un vient l'effacer. Déjà, nous avons du mal à la faire référencer sur Google...j'aimerais bien que quelqu'un qui "sait faire" vienne à notre secours.

D'autre part, ceux qui voudraient s'abonner à cette revue, même pour un numéro, par exemple celui qui est en librairie depuis aujourd'hui, peuvent nous envoyer un mail, nous les contacterons.

J'aimerais bien savoir, enfin, si on la trouve en librairie, car le nombre de demande sur ce site devient considérable.

135. Didier Eribon devient la référence des jeunes socialistes.

Lu dans Libé de samedi à propos de l'Université d'été du PS à La Rochelle:

Le philosophe Didier Eribon, invité par le MJS pour avoir écrit un livre intitulé D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, ne croit guère à une nouvelle idylle. A la tribune, il rappelle que les "intellectuels comme Bourdieu ont été insultés par le PS et ses dirigeants, des insultes étendues aux mouvements sociaux. Je pense aux comités de chômeurs matraqués par le gouvernement Jospin, aux familles homoparentales autrefois injuriées par Ségolène Royal" balance-t-il, "La droite a gagné la bataille des idées avec le concours actif du PS."

"On n'a pas utilisé le canal Sciences Po, nos intervenants viennent d'horizons alternatifs. Ce qu'écrit Eribon aujourd'hui contribue à la réflexion de 90% des jeunes socialistes, qui seront les dirigeants du PS de demain.", explique Razzye Hammadi, patron du MJS.

Dans son article sur le livre de Didier Eribon, paru dans les Inrocks de la semaine dernière, Sylvain Bourmeau regrettait que nous n'ayons pas publié ce livre plus tôt, faisant semblant d'oublier qu'il était sorti depuis 6 mois au cours desquels nous avons vainement attendu son papier. Finalement, la gauche française a peut-être surtout un problème, c'est la presse de gauche française, qui semble avoir de sérieuses difficultés de "retard à l'allumage".

134. M.O.E.P.F.W. (8)

Si vous avez suivi le feuilleton de F.W. vous savez déjà qu'il a du rentrer en urgence à Paris pour soutenir son ami Ambassadeur de Belgique en France. Il me fait parvenir ce matin le texte d'une lettre ouverte par laquelle les amis de l'Ambassadeur manifestent leur soutien et en appellent aux signataires. Pierre-Dominique Schmidt a déja reçu l'appui de Elie Barnavi (Ancien Ambassadeur d'Israel à Paris) qui a écrit un article dans le journal Le Soir du 1er septembre. Nous devrions avoir des nouvelles lundi prochain.

samedi 1 septembre 2007

133. Video-Live sur Libr-critique : Hortense Gauthier

Demain, dimanche 2 septembre 2007, à 11h,en direct sur Libr-critique : HORTENSE GAUTHIER.

Philippe Boisnard me demande de l'annoncer, ce que je fais bien volontier car je pense que ce type d'expérience est très intéressant pour l'avenir des sites littéraires. Nous sommes bien là dans ce que permet l'Internet que ne permettait pas la télévision et il n'y a pas de raisons de laisser le monopole de ces "avancées" aux "chats" avec "webcams" bien connus.

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