Si vous ne figurez pas dans le fichier de la Galerie Léo Scheer (14-16 rue de Verneuil) vous n'avez peut-être pas reçu ce carton d'invitation pour le vernissage de l'exposition

"PARTIES COMMUNES" (Photographies 2005-2007) le samedi 10 novembre 2007 à partir de 17h. L'exposition sera ouverte du 13 novembre au 22 décembre 2007.

J'en parle ici parcequ'il n'est pas s?ur que la partie "galerie" de ce site, qui est "en travaux" soit prète d'ici là. Deux livres paraîtront au même moment :

Le nouveau "Janvier/Léo Scheer" qui présente les photographies de l'esposition "Parties Communes" (préface de Quentin Bajac). Il s'agit du 7 ème livre de cette collection dirigée par MATTHIEU CHARON (le précédent était "Amérique" d'Édouard Levé). La fascinante série des Loupe/Dormeurs est également présentée dans ce livre, dont Quentin Bajac dit : "...impossible mise au point entre trois points focaux différents : celui de l'objet - de désir -féminin, juste deviné dans le flou de l'arrière plan, celui trop présent du photogramme, ce dormeur brutalement réveillé par le truchement de la loupe, celui enfin du texte qui par endroits se fond presqu'entièrement avec l'image qu'il recouvre et ne se révèle au spectateur que de manière aléatoire, en fonction de la distance de la lumière."

"Toujours rien sur Robert" texte d'Éric Rondepierre dans "Variations", collection "LS" des E.L.S. Voici un extrait du texte p 59 :

"- Elle, sans transition : "Tu te souviens de cette photo qui est à l'origine de notre rencontre?"

- "Oui, je crois."

- "J'aimerais que tu la retrouves et que tu me la donnes. Tu l'as gardée?"

- "Je ne sais pas, mais j'en ai d'autres, certainement quelque part, mais où? C'est tellement ancien."

- Moi, ce qui m'intéresse, c'est celle là. Tu avais réussi à faire quelque chose avec mes cheveux, tu te souviens?" Pour une fois, celà lui évoquait quelque chose.

- Il répond: "Je ne l'ai pas fait exprès, ce n'était pas mon appareil. J'ai d? me tromper à un moment donné et j'ai superposé deux vues de nos visages respectifs. C'est comme si c'était la même personne, sauf que l'oeil de l'un voisinait avec la bouche de l'autre. Le résultat était assez monstrueux, non?"

- "Moi, ça m'a plu. Fascinée même."

On apprend dans ce texte d'Éric Rondepierre que "Les Chinois parlent non pour avoir raison mais pour savoir ce dont ils parlent."

Voici un extrait de la préface de Quentin Bajac : "DÉTRUIRE, DIT-IL"

"Le principe de surimpression qui régit Parties Communes est aussi vieux que l'histoire de la photographie. Il constitue un de ces nombreux exemples de ratage devenus, sous l'influence notamment de son usage au cinéma sous le modèle du fondu enchaîné, des figures canoniques de la modernité photographique de l'entre-deux-guerres, réévaluées et redynamisées par l'avènement de l'outil numérique : les Histoires du cinéma de Godard sont ainsi construites pour l'essentiel autour de cette figure de la surimpression, d'univers qui s'interpénètrent sans s'exclure, opérant davantage sur le mode de la simultanéité que de la succession. Mais l'usage qu'en fait Rondepierre se pare d'autres auras : celles d'une certaine esthétique de l'errance, chère aux surréalistes, dont la ville constitue, par les possibilités de rencontre fortuite qu'elle propose, le terrain de jeu favori, comme celles d'une photographie spirite, contemporaine en grande partie de l'invention du cinéma ' de véritables « projections » selon le propre terme employé par certains spirites pour nommer leurs expériences photographiques : comme une convocation des fantômes, ceux de l'imaginaire, du cinéma, d'une ère argentique désormais révolue."

L'espace de la Galerie Léo Scheer est articulé en trois parties :

-Une grande salle aux murs gris : consacrée à la série "Parties communes"

-Une pièce en forme de coude aux murs rouges : pour la série "Loupe/Dormeurs".

-Un labyrinthe d'entrée aux murs blancs : pour la série des "Agendas" (2002 à 2006). Les deux premiers "Agendas" (2002 et 2003) sont présentés dans "Carnets" publiés en 2005 aux ELS avec l'entretien réalisé par Angie David pour la Revue Littéraire à propos des "Carnets" et de la question de l'écrit dans son travail.