A lire, pour suivre le phénomène d'implosion des prix que j'évoque ici depuis le 5 novembre (cf # 58), la réaction de Christophe Donner ("Un roi sans lendemain" est dans notre sélection du Goncourt "B") dans le Figaro Littéraire de ce matin :

"J'ai été stupéfait d'apprendre les conditions dans lesquelles M. Giesbert a manipulé cette année les délibérations du Prix Renaudot. Je suis navré par la complicité dont le directeur du Point jouit à l'intérieur de ce jury, alors même qu'il en bafoue, sinon les règles, les principes. Je suis encore plus sidéré par le silence que le monde des lettres oppose à cette dérive. Ni parole ni acte.

J'ai pour ma part décidé de dire et d'agir. Ma voix est faible, et si mon premier acte est dérisoire, je le ressens comme moralement nécessaire : je me retire de la "course". Ainsi, tout en les remerciant pour l'intérêt qu'ils portent à mon livre, je demande aux jurés de tous les autres prix littéraires d'effacer "Un roi sans lendemain" de leur liste. Ils ne sont pas là pour réparer des injustices."

L'article rappelle que c'est au téléphone (pendant les délibérations finales) depuis la Corée du Sud que Jean-Marie Le Clézio avait lancé l'idée de donner le prix à Pennac, élection obtenue gr?ce à la voix double du Président Patrick Besson après dix tours de scrutin serré.

Autre titre possible pour ce billet : "Le sidérant silence du monde des lettres".