J'ai retrouvé, hier soir, avec beaucoup de plaisir, Éric Vuillard, l'auteur (génial) de "Tohu", un des livres dont je suis particulièrement heureux d'être l'éditeur. Il m'a montré son premier film, dont il vient de finir le montage. Le titre : "Ne vois-tu pas que je br?le" est tiré d'un rêve rapporté par freud et ré-analysé par Lacan, sur l'interface "imaginaire/réel". Le film produit cet effet de fascination esthétique du rêve. On pense à Mallarmé ou à Pound, à certaines images amples de paysages du cinéma soviétique. (Éric a trouvé dans les Causses un paysage qui évoque la "Toundra" et il a réussi à faire ressortir des rails qui ne servaient plus, pour réaliser un traveling de 100 m, refusant la "steadycam"). J'espère vraiment que ce fim sera vu par les amateurs d'esthétique du cinéma, car il propose une écriture tout à fait nouvelle et inhabituelle dans le cinéma français.