L'agence Zoé-news, nous informe de la "vraie" dépêche de l'AFP sur les prix littéraire:

"Manoeuvres" et "manipulation" pour conclure la saison des prix littéraires

Par Dominique CHABROL

PARIS, 19 nov 2007 (AFP) - Jurés "manipulés" et coups de gueule contre les manoeuvres d'éditeurs: la saison des prix littéraires qui s'achève a une nouvelle fois posé le problème de la légitimité des jurys, sans présager une remise en question d'un système qui continue de doper les ventes de livres. Le Renaudot surprise à Daniel Pennac pour "Chagrin d'école" (Gallimard), qui ne figurait pas dans la sélection, a déclenché les hostilités début novembre. Plusieurs jurés ont alors exprimé leur ras-le-bol des "manoeuvres d'éditeurs". Explication : un accord aurait été passé entre les "jurés Grasset" et ceux édités au Seuil, les premiers soutenant "A l'abri de rien" d'Olivier Adam, publié par L'Olivier, du même groupe éditorial que Le Seuil, pour le Goncourt, contre l'appui des seconds à "Un roi sans lendemain" de Christophe Donner, publié chez Grasset, pour le Renaudot. Mais au 10è tour de scrutin, c'est Pennac qui l'emportait. Christophe Donner a aussitôt accusé Franz-Olivier Giesbert d'avoir "manipulé" les délibérations du Renaudot. Battu au dernier tour, il demandait aux jurés de tous les autres prix d'effacer son livre de leur liste. Pas de "manipulation" au contraire pour F.O. Giesbert, qui préfère dénoncer "les combines". "Le problème des jurys littéraire c'est qu'il y a des combines d'éditeurs en permanence", a-t-il déclaré mercredi sur France Inter. "C'est toujours gênant de voir des jurés voter systématiquement pour les livres de la maison où ils travaillent", a souligné le patron de l'hebdomadaire Le Point. Dans un bel ensemble, les éditeurs montrés du doigt réfutent les accusations de bidouillage. "J'affirme ici de la manière la plus calme, froide et catégorique, que ni moi ni aucun de mes collaborateurs n'avons pris part à un tel +échange+", écrit ainsi le PDG de Grasset, Olivier Nora, dans le magazine Livres Hebdo paru vendredi. Des jurés grognons, un auteur excédé. Le jury du prix du Figaro Magazine a pris le parti de Christophe Donner en lui attribuant ce week-end son prix Découverte 2007, doté de 8.000 euros, "pour réparer une injustice". Un prix que Donner s'est empressé "par principe" de refuser. Des "principes" que Patrick Besson, président du jury Renaudot, dont la voix a compté double, tourne en dérision dans le Figaro Magazine. "C'est à cause de moi que Christophe n'a pas eu le prix Renaudot", écrit-il : "Si j'avais su que ça ferait tant de peine à Christophe Donner, j'aurais peut-être hésité. Il y a aussi que je n'aime pas son livre, mais c'est un détail sur lequel un juré littéraire peut passer". "Sous ma présidence, j'ai proposé une réforme des institutions du Renaudot, c'est mon côté Sarkozy : l'interdiction, pour les jurés, de voter en faveur de leur éditeur", conclut Besson : "Mais ça n'a pas été adopté. On n'a même pas mis ma proposition aux voix, tellement tout le monde l'a trouvé incongrue". Daniel Pennac et Gilles Leroy, Prix Goncourt pour "Alabama song" (Mercure de France), sont dès cette semaine en tête des ventes de livres en France, selon le classement Livres-Hebdo.