Je viens de trouver, un peu par hasard, sur Internet, cette photo de José Agrippino de Paula datant de 1967, lorsqu'il avait 30 ans, à la sortie de PanAmérica, au Brésil (collection particulière Mari Stockler). C'est une image qui me fascine, au sens premier : arrête le mouvement, fige. L'intensité de son regard, on la retrouve dans son écriture ' allez-y voir. Mais justement, le mystère, pour moi, c'est cette présence, flagrante, au monde, cette vie criante, et son choix de s'être retiré du monde jusqu'à la fin de ses jours. De sorte que ce regard-là, rétrospectivement, José Agrippino de Paula ayant vécu la vie qu'il a vécu, je ne peux l'interpréter que comme une façon de creuser le vide, un vide exponentiel, entre le « je » et le « monde », de tenir en respect les corps, l'Histoire, le cours des choses, le Progrès qui n'a plus qu'à passer comme le fleuve, au loin, sans que l'on s'en soucie davantage. Sa pupille est un vortex visionnaire qui, de vagues pop en tourbillons psychédéliques, a clos les volets du réel sur une méditation peuplée de super-héros humains, trop humains.