Je n'en fais pas un secret, j'aime beaucoup Bertrand Delanoë et j'apprécie ce qu'il a entrepris pour Paris. Autant je me sens loin des débats électoraux nationaux, (je n'ai jamais voté), autant je trouve intéressantes les élections locales. Je pense que c'est à cause du poids qu'on accorde à la personne pour qui on vote lorsqu'on désigne un Maire et à la possibilité de se tenir ainsi un peu à l'écart des idéologies politiques auxquelles je suis devenu allergique. (ça date sans doute de ma formation au Bund dès l'?ge de 8 ans et à mon passage par la Fédération Anarchiste à 13)

En plus, ce dimanche, Bertrand Delanoë a envoyé un signe important en direction de ce qui nous occupe sur ce blog en proposant la création d'une Cité des arts graphiques et une Fête des mots. En précisant que sa politique culturelle passerait par la célébration du Paris littéraire, associant les bibliothèques, les thé?tres, les librairies. En annonçant que s'il était réélu, il se donnerait comme objectif de maintenir la diversité et d'aider l'implantation de commerces de proximité : «En particulier, les commerces culturels, dont les librairies, menacés dans les 5e et 6e arrondissements bénéficieront de cette intervention» (avec 63,9 millions d'euros de la SEMAEST comme moyen). Bref, je trouve que ça va dans le bon sens.

Pour ceux qui seraient surpris je voudrais ajouter ceci : je pense que nos combats se situent de plus en plus à ce niveau des municipales, là où nous pouvons agir sur les domaines qui nous intéressent. nous avons trop pris l'habitude de ne considérer que les pouvoirs nationaux ou internationaux qui "peuvent" de moins en moins (même si je trouve par exemple que la suppression de la publicité sur la télévision de service public est une très bonne idée ( je l'avais d'ailleurs défendue en 1994 dans le cadre de la Commission Campet de réforme du service public de la télévision, mais les membres de la Commission m'avaient regardé à l'époque comme un mec un peu dérangé). Je trouve que les écrivains, les créateurs, les artistes, tous ceux qui se sentent concernés par les enjeux des politiques dites "culturelles" devraient s'engager là, redevenir un vrai groupe de pression, concentrer leur capacité d'influence sur ces enjeux bien réels : les librairies, les cinémas, les thé?tres, les bibliothèques, les salles de concerts, les media, l'internet etc quand je pense à ce qu'une ville comme Paris pourrait faire dans ces domaines, ça me redonnerait presque envie de refaire de la politique.