Pour écrire la note sur le dernier tome inédit des Carnets de Louis Calaferte, Direction, je me suis renseignée. Parce que Calaferte est un écrivain majeur de la seconde moitié du XXe siècle, parce qu'il a beaucoup écrit (118 livres), et parce que je pensais qu'on avait beaucoup écrit sur lui.
Eh bien non.

Je suis allée à la BPI (Bibliothèque Publique d'Information du Centre Pompidou), temple du livre en libre accès, usine à drague et hôpital de jour. Rangée 42, sur les étagères de la section 08 Langues Littératures du deuxième étage de la bibliothèque, j'ai compté 75 livres 840 « 19 » CALA sur 130 cm (j'ai mesuré), entre Roger Caillois et Henri Calet (37 cm). Et, mis à part des entretiens, dont ceux avec Pierre Drachline, Une vie, une déflagration et sa correspondance avec Georges Piroué (2001, Éd. Hesse.), pas un livre SUR Calaferte. Je suis donc allée demander au cicérone du bureau 08 où étaient classés les livres SUR Calaferte.
' Avec ses ?uvres, comme d'habitude, me chuchote-t-il.
' Non, il n'y en a pas, lui rechuchoté-je.
' Mais si. (Il me regarde, je sais qu'il pense mais enfin depuis le temps, vous le savez !)
' Non, je vous dis.
' Si, si. Les livres critiques sont classés AVEC les ?uvres des auteurs. Il ne chuchote plus.
' Ah. Je ne les ai pas vues. J'y retourne.

Pas l'ombre de la plus petite étude sur Calaferte. Dessous, les quatre étagères de Camus en sont farcies, même Henri Calet (37 cm) a droit à un collectif d'articles publiés aux Presses Universitaires de Lyon. Après avoir vérifié les chariots du secteur, où les livres récemment consultés sont entreposés avant d'être rangés par le personnel en gants blancs (qui sait, un thésard a peut-être fait une razzia), je fonce au bureau 08.
' Il n'y a rien.
' Rien ?
' Rien.
' Elles sont peut-être en consultation. On va vérifier.

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