Le thé?tre de Calaferte a également rencontré l'incompréhension, et cela malgré l'enthousiasme immédiat du public. Dans l'introduction du tome III de son Thé?tre complet, Pièces baroques (Éd. Hesse, 1996), le metteur en scène Jean-Pierre Miquel rappelle à J.P. Pauty (nov. 1995) que Chez les Titch (1973) a rencontré un immense succès au Petit-Odéon, alors que dans les années 70, Calaferte était quasiment inconnu.
Sylvie Favre et Victor Viala, qui joueront et monteront surtout le thé?tre baroque, confirment : « Le thé?tre baroque, qui est son thé?tre de prédilection, a été accueilli par le public avec enthousiasme. C'est la critique qui ne l'a pas accepté, parce que son thé?tre dérange. » Victor Viala se rappelle que tous (c'est à dire le milieu thé?tral), ont unanimement décrété qu'Opéra bleu, « ce n'était pas du thé?tre, sauf Maurice Garrel, qui a trouvé que c'était un chef d'œuvre ».
Est-ce son écriture d'entomologiste, son refus du maniérisme en art, son rejet du thé?tre-tribune ou son désir de s'en tenir au « vrai expérimenté » qui dérange ? Est-ce sa réticence à s'inscrire dans la filiation de Beckett, lui qui se sentait proche de Ionesco et de la « folie déchirée et douloureuse » de Stindberg ?  (Si L'Amour des mots n'a pas été monté, c'est parce qu'on l'estimait trop ressemblant à La Leçon.) Est-ce la « nostalgie de la dérision » de ses pièces intimistes qui gêne ? La dimension anarchisante de cette dérision dans le thé?tre baroque ?
Pourtant.

« C'est par l'ensemble de son œuvre que Calaferte restera parce qu'il y a chez lui une multiplicité d'expressions et qu'à chaque fois c'est toujours fort et nouveau. »
Victor Viala

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