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lundi 31 mars 2008

494. Prix @ "B" 2008. Printemps.

Voici nos neuf Prix @ "B" pour ce printemps 2008. On ne peut pas les comparer aux "prix réels" puisqu'ils n'existent pas au printemps. Les lauréats restent en compétition pour le "Prix @ "B" de l'automne, ainsi que tous les livres de 2008. Nous avons fait une exception pour Chevillard qui a été publié en 2007, j'espère qu'il ne nous en tiendra pas rigueur (il aurait pu être attribué à L'autofictif, mais peut-être y aura-t-il un jour des prix @ "B" pour les blogs.).

Goncourt "B"

Antoni Casas Ros
"Le Théorème d'Almodovar"

Renaudot "B"

Jacques Chessex
"Pardon mère"

Fémina "B"

Édouard Levé
"Suicide"

Médicis "B"

Annie Saumont
"Les Croissants du dimanche"

Académie "B"

Denis Grozdanovitch
"Le Petit Grozda"

Interallié "B"

Éric Chevillard
"Sans l'Orang-outan"

Décembre "B"

Christophe Claro
"Madman Bovary"

Flore "B"

Bernard Quiriny
"Contes carnivores"

Wepler "B"

Benoît Caudoux
"Géographie"

493. Jean Nouvel

Jean Nouvel est lauréat du prix Pritzker d'architecture qui a reconnu "la cohérence, l'imagination et surtout un besoin insatiable d'expérimentations créatives" dans son oeuvre.

Né à Fumel (Lot-et-Garonne, sud-ouest de la France) le 12 aot 1945, Jean Nouvel s'inscrit en 1964 à l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux. En 1966, il est admis premier au concours d'entrée de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris dont il est diplômé en 1972.

"En ce qui me concerne, je l'ai cherché dans l'articulation de plusieurs choses, et en particulier dans la formulation d'une pensée préalable. Alors faut-il employer le mot "concept" ou pas? Je l'ai utilisé très tôt, je sais que c'est un mot qui, philosophiquement, est approprié. Alors, ensuite, on peut préférer parler de "percept" et d'"affect" en référence à Deleuze, mais le problème n'est pas là. Le problème est de pouvoir articuler chaque projet à un concept ou à une idée préalable, avec une stratégie très particulière qui mettra en synergie - ou bien quelques fois en contradiction - des perceptions qui vont nouer entre elles une relation et qui vont définir un lieu qu'on ne connaît pas. On est toujours dans le domaine de l'invention, dans le domaine du non-savoir, dans le domaine du risque. Ce lieu qu'on ne connaît pas, si on se débrouille bien, il pourrait être celui d'un certain secret. Et il pourrait, à partir de là, véhiculer des choses, des choses qu'on ne maîtrise pas, des choses qui sont de l'ordre du fatal, qui sont de l'ordre du volontairement incontrôlé. Il faut trouver un dosage entre ce que l'on contrôle et ce que l'on provoque. Tous les btiments que j'ai essayé de réaliser jusqu'à maintenant sont basés sur l'articulation de ces trois choses. Ils font référence, ensuite, à une notion qui, je le sais, t'intéresse, et qui est celle de l'illusion." (Jean Nouvel)*

dimanche 30 mars 2008

492. AnnePro : Prix Lilas de la meilleure attachée de presse.

Rendez-vous des E.L.S. jeudi 3 avril à 13h pour célébrer ce prix Lilas qui a été décerné à Anne Procureur le 26 mars à la Closerie. Je crois que c'est la première fois qu'un prix est attribué dans ce domaine et je trouve qu'il s'agit d'une excellente initiative de ce nouveau prix dont le jury souhaite s'inscrire dans la tradition de l'Orange Prize ou du prix Fémina, tout en essayant de le renouveler. La qualité des personnalités qui composent ses différents jurys devrait leurs permettre de parvenir à s'imposer.

Je trouve qu'AnnePro méritait tout particulièrement de recevoir cette distinction, c'est d'ailleurs ce qui m'avait poussé à lui proposer de nous rejoindre après un parcours sans faute dans les "grandes maisons". Anne a toutes les qualités professionnelles et humaines qu'on peut espérer pour remplir ce rôle si important (et complexe) pour une maison d'édition (et souvent si mal connu). On oublie que c'est la personne qui suit les auteurs tout au long du parcours de la publication, qui est beaucoup plus long (en amont et en aval) qu'on ne l'imagine. Chez nous, Anne lit les manuscrits et participe à la décision de les publier, c'est elle qui présente notre programme aux commerciaux, aux libraires et bien sr à la presse. Cette activité est centrale pour une maison d'édition, et particulièrement difficile chez nous dans la mesure où notre catalogue ne rentre pas dans les cadres habituels des livres à grosse diffusion, ni dans les codes de l'édition élitiste ou marginale. Pour chaque livre, dans sa singularité, Anne doit inventer une manière de le promouvoir et de le "faire passer".

samedi 29 mars 2008

491. Raoul Vaneigem. Traité.

"Il n'y a pas de communication authentique dans un monde où les fétiches gouvernent la plupart des comportements. Entre les êtres et les choses, l'espace est contrôlé par les médiations aliénantes. A mesure que le pouvoir devient une fonction abstraite, la confusion et la multiplication de ses signes a besoin de scribes, sémanticiens et mythologues, qui s'en fassent les interprètes. Dressé à ne voir autour de lui que des objets, le propriétaire a besoin de serviteurs objectifs et objectivés. Les spécialistes de la communication organisent le mensonge au profit des gardiens de cadavres. Seule la vérité subjective, armée par les conditions historiques, peut leur résister. C'est de l'expérience immédiate qu'il faut partir si l'on veut briser les pointes de pénétration les plus avancées des forces oppressives."

R.V.

490. Savoir-vivre, le "retour"..

Sous le titre : La politesse pour les nuls Astrid de Vergnette-Larminat évoque dans le Figaro le livre coédité avec Flammarion : «Le Carnet du savoir-vivre» de Laurence Caracalla et la baronne Staffe.

Voici ce qu'elle en dit, ce matin:

"On croyait que les pavés de 68 avaient eu la peau des règles de politesse. Que le bon got désormais consistait à être soi-même, spontané, sincère en toutes circonstances et à se comporter égalité oblige avec une dame comme avec un homme, avec ses aînés comme avec ses copains ? Il n'en est rien. Les convenances reviennent en force avec le besoin de repères. Laurence Caracalla, nourrie au lait du savoir-vivre par ses parents, fut attachée de presse pendant quinze ans : elle est bien placée pour savoir que la politesse est l'huile de rouage des bonnes relations… S'inspirant des conseils de la baronne Staffe, auteur d'ouvrages de référence sur les us et coutumes de la bonne société du XIX e siècle, elle a rédigé un manuel didactique mais jamais austère ni guindé. Selon elle, certaines façons de faire et de dire sont des traditions sur lesquelles on ne peut transiger : à table, une femme ne se sert pas en vin ; l'homme la précède en entrant dans un restaurant ; on ne fait pas le baisemain dans un lieu public ; on présente toujours la personne la plus jeune à la plus gée, etc. Mais ce livre est également un traité de bonnes manières contemporaines : le métro, le téléphone portable, le Vélib', la correspondance par mail posent des questions inédites de civilité. L'auteur y répond avec bon sens et humour. Mais aussi avec sérieux : la politesse n'est-elle pas la porte d'entrée du respect ? Et l'étiquette, une forme d'éthique ? Un livre astucieux qui donne envie d'être poli."

On est loin du projet de "Traité", mais c'est un signe.

vendredi 28 mars 2008

489. Les échelons de la Netocratie par Christian.

En réponse à Véra qui lui disait :

@Christian. 1) Vu l'heure, j'espère que vous ne devez pas être sur pied dès "potron-minet", mais votre joker est trop puissant pour mon petit cerveau d'amateur dilettante... 2) Je croyais que c'était vous qui aviez gagné un difficile concours. Oui ou non était le seul indice possible car j'ai cru pendant une seconde que j'étais un peu medium !

Christian a répondu :

@Véra : de vos rêves orangés il faut que vous sachiez : vous êtes au quatrième échelon* de la nétocratie (du moins celle identifiant les machines et permettant que les flux d'information arrivent à bon port - ou non) :

Le premier échelon est occupé par l'Icann ; il s'occupe, pour ce qui nous intéresse, de toutes les adresses du www (toile de dimension mondiale), celles qui figurent après le fameux http:// ou http://www : s'il faut un nom pour le représenter c'est Paul Twomey.

De cette toile, l'Icann délègue une petite principauté à l'Afnic - deuxième échelon - nommons, tout de suite, Jean-Claude Gorichon. Cette principauté s'étend sur un domaine de petite taille mais de premier niveau nommé .fr. Ainsi toutes les adresses commençant par http:// ou http://www et se finissant par .fr relèvent de son pouvoir "régalien".

Pour quelques liards, les manants de cette principauté pourront se tailler un fief le temps qu'il leur faudra. Ainsi le fit Maximilian Niederhofer, il le nomma 20six, certainement parce que Stefan Glänzer avait un fief outre-Rhin nommé 20six. Ainsi toutes les adresses http://20six.fr/ et http://www.20six.fr/ relève de ce fief. Nous sommes au troisième échelon.

Pour faire vivre sa seigneurie et collecter quelque gabelle, il peut être intéressant que s'établissent et se sédentarisent quelques populations errantes : qu'elles cultivent leur jardin. Le vôtre, Véra, c'est hamadryades. Ainsi, si un passant - qui sera lui au cinquième échelon (le commentateur, par exemple) - vous demande le chemin de votre jardin indiquez-lui : http://hamadryades.20six.fr/ ou http://20six.fr/hamadryades ou, enfin, http://www.20six.fr/hamadryades. Ah mais, me direz-vous, nulle gabelle je ne dois. Détrompez-vous : c'est bien le cinquième échelon qui par un clic malencontreux sur une des annonces Google (aujourd'hui, j'y vois "blog coquin" et "blog rencontre") figurant au fronton de l'entrée de votre jardin permettra son affermage.

_* le net est très hiérarchisé, la vue horizontale n'est que coupe ; l'échelle est une mauvaise image ; la pyramide serait plus appropriée avec le mystère de ses chambres oubliées et de ses galeries aveugles.

1) tard et tôt font bon ménage, mais ils se vengent tôt ou tard,

2) ma réponse est non. Je ne suis pas joueur."

Si vous voulez en savoir plus, bientôt, à la FNAC, un débat avec les auteurs des Netocrates.

jeudi 27 mars 2008

488. Les excès de la modération.

Il y a depuis un moment un bogue informatique sur les commentaires, les miens étant également "modérés", tout comme les vôtres, j'utilise la voie du "billet", qui semble fonctionner, pour vous dire que je suis désolé de cet excès de modération.

487. Fayçal BAGHRICHE & Claude LEVEQUE at Blanck

Nous vous attendons samedi 29 mars entre 17h00 et 21h00 pour boire un verre en compagnie de Claude Lévêque et Fayçal Baghriche.

Claude Lévêque / Fayçal Baghriche

Exposition du 29 mars au 29 mai

 

    

BLACK SPACE :  Fayçal BAGHRICHE Fayçal Baghriche est né en 1972 , il vit et travaille à Paris. Diplômé de la Villa Arson, Nice, Il a participé à la création du collectif Le Commissariat. Il est aujourd'hui directeur de la Galerie Léo Scheer, Paris. Il présente sa vidéo Point ligne et particules. « Le résultat d'une action minime, un geste nonchalant appliqué sur un tracé déjà établi : La ligne de chemin de fer. Dans Point, ligne et particules, je bombe un train à l'arrêt, lorsque celui-ci démarre, se dessine une ligne; dès qu'il prend de la vitesse, la peinture n'adhère plus à la surface, et un nuage de particules se diffuse dans l'air. Le film prend à contre pied la théorie des figures géométriques élémentaires selon laquelle une ligne droite est le produit d'une force appliquée dans une seule direction. Ici, la force unique qui crée le trait est exercée par le support lui-même et non par l'artiste. Mon action se limite à pointer un repère sur le train, lequel dessine sa propre forme, sa propre vitesse. » F.B.

WHITE SPACE : Claude LEVEQUE blank est heureux de présenter un diptyque inédit de Claude Lévêque, Impasse Charles Perrault (soutien galerie Kamel Mennour, Paris) « Deux images issues de mes observations sont perçues comme deux peintures hyperréalistes en vis-à-vis. L'aspect peinture sur toile tendue sur chssis accentue l'objectivité contradictoire des situations. Une des images présente une impasse du Havre au trottoir encombré de déchets domestiques, avec un graffiti accentuant la réalité des lieux où se distingue une plaque de rue rendant hommage à Charles Perrault, l'auteur des célèbres contes. L'autre image présente un cimetière de camions de la région de Nevers, au milieu duquel un autocar de transport scolaire est venu s'échouer, autre vision antinomique entre l'ge tendre en mouvement et l'anéantissement. « C.L.

blank, lieu prospectif de programmation contemporaine est une association à but non lucratif vouée à la diffusion d'Å“uvres d'artistes français et internationaux. Le principe de chaque exposition, tous les deux mois, est de présenter une Å“uvre d'un jeune artiste dans l'espace BLACK, ainsi qu'une Å“uvre d'un artiste plus reconnu venant d'une collection particulière dans l'espace WHITE.

blank invite régulièrement des artistes et des collectionneurs privés à montrer ainsi leurs Å“uvres.

486. Prix@"B". Bernard Quiriny "Contes carnivores" par Mathieu Lindon.

Dans Libé, ce matin, cet excellent article de Mathieu Lindon sur l'excellent recueil de nouvelles (Contes carnivores) de Bernard Quiriny, qui dirige les pages livres de l'excellent Chronic'art.

"Si ces faits stupéfiants sont réels, je vais devenir fou. S’ils sont imaginaires, je le suis déjà.» Bernard Quiriny, né en 1978 en Belgique et journaliste à Chronic’art, a mis ces phrases d’Ambrose Bierce en épigraphe de Contes carnivores, son deuxième recueil de nouvelles. Un des textes du volume est intitulé «Quiproquopolis», il s’intéresse à «comment parlent les Yapous», tribu amazonienne, mais ç’aurait pu être le titre du recueil entier. Bernard Quiriny écrit que «la société yapou est fondée sur le malentendu et les Yapous s’efforcent en toutes circonstances d’en provoquer autant que possible». Le quiproquo est au cÅ“ur de toutes ces aventures extraordinaires, mais ce sont des méprises d’envergure hors du commun, de celles qui amènent à prendre un corps pour un autre, à ne plus savoir se dépêtrer du lien entre les mots et les pensées ou, qui sait ?, à provoquer la Première Guerre mondiale («certaines tragédies historiques ont été causées par des gaffeurs dans mon genre», peut-être, estime un tueur à gages). Le docteur Jekyll et M. Hyde sont convoqués, mais pour être remis à leur place. «J’envie leur situation, car elle me semble atteindre à une forme de perfection à géométrie variable, magnifique et mystérieuse. Il n’y a chez moi aucun mystère, et mon deuxième corps ne m’aide en rien à libérer ma part cachée. Il traîne simplement à mes côtés comme un organe surnuméraire et inutile ….» Et puis Jekyll et Hyde formaient un couple, quid des ménages à trois dans un monde de folie et de raison ?

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mercredi 26 mars 2008

485. Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes ...par Raoul.

En hommage à Raoul Vaneigem, j'ai donc choisi comme "devoir de vacances" (2008) de rédiger un petit traité de savoir vivre à l'usage des blogs, dont l'auteur sera Raoul, pour une publication en décembre 2008.

Nous avons déjà plusieurs lexiques :

Pour les "entrées" :

A-priori, Avatar, Billet, Blog, Code, Copier-Coller, Commentaire, Confiance, Cordée, Dépendance, Elégance, Etiquette, Faux-nez, Fil, Filtre, Flux, Forum, Hypertexte, Icône, Identité, Idiotie, Insulte, Interface, Intime, Jeu, Lecture, Lien, Logiciel, Médiocrité, Mode, Modération, Ordinateur, Patience, Ponctuation, Prudence, Pseudonyme, Publication, Raouls, Réel, Règle, Reprise, Réseau, Saturation, Serveur, Simulacre, Singularité, Site, Solitude, Toile, Virtuel...

Pour les "règles" (contenu des articles) :

Action, Brièveté, Cours, Consentement, Discordia concors, Dispraxie, Eristique, Harmonie, Hybride, Labyrinthe, Ligature, Mélange, Marge, Médiocritas, Ligne, Mixité, Opinion, Publicité, Rhizome, Rudiments, Solution, Territoire, Traverse, Ubris,

Pour les "références" :

Flaubert, La Fontaine, Hobbes, Horace, Lyotard, Montaigne, Rosset, Seneque, Sophocle, Shakespeare, Stenvenson.

Pour chaque "entrée" : un article proposant un certain nombre de règles de "savoir-vivre" pour la fréquentation des blogs.

mardi 25 mars 2008

484. M@nuscrits phase V.

Florent Souillot et Tony Lesterlin ont finalement réussi à "dé-saturer" M@nuscrits. Il y en a maintenant 24. Cette semaine, une dizaine de plus seront "publiés" avec un classement permettant l'augmentation du nombre de titres, ainsi qu'une nouvelle procédure qui rendra la mise en ligne plus simple et nous rapprochera de l'interface automatique. Les M@nuscrits sont lus et commentés, ce qui est encourageant pour les auteurs. Florent Georgesco travaille avec Barberine pour la publication du 1er livre "papier" : Rater mieux, cet automne. Une nouvelle rubrique "Collection M@nuscrits" présentera l'avancement de ce travail éditorial. Nous sommes également en train de préparer la présentation (format, papiers, couvertures) pour cette nouvelle collection, comme elle vient de la blogosphère, vos propositions sont les bienvenues.

lundi 24 mars 2008

483. Fables à l'usage de la "modération".

Alain nous ayant recommandé de retourner à La Fontaine, je réponds à son invitation.

"L'enfant et le maître d'école.

Dans ce récit je prétends faire voir

D'un certain Sot la remontrance vaine.

Un jeune Enfant dans l'eau se laissa choir,

En badinant sur les bords de la Seine.

Le Ciel permit qu'un saule se trouva

Dont le branchage, après Dieu, le sauva.

S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,

Par cet endroit passe un Maître d'école ;

L'enfant lui crie : Au secours, je péris.

Le Magister, se tournant à ses cris,

D'un ton fort grave à contretemps s'avise

De le tancer : Ah le petit Babouin !

Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !

Et puis, prenez de tels fripons le soin.

Que les parents sont malheureux, qu'il faille

Toujours veiller à semblable canaille !

Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort !

Ayant tout dit, il mit l'Enfant à bord.

Je blme ici plus de gens qu'on ne pense.

Tout babillard, tout censeur, tout pédant

Se peut connaître au discours que j'avance :

Chacun des trois fait un peuple fort grand :

Le Créateur en a béni l'engeance.

En toute affaire ils ne font que songer

Aux moyens d'exercer leur langue.

Eh! mon ami, tire-moi de danger,

Tu feras après ta harangue."

Jean de La Fontaine

dimanche 23 mars 2008

482. Modération.

Je poursuis mon idée de publier un Traité de savoir vivre à l'usage de la blogosphère, dont l'auteur serait un collectif sous le pseudo de Raoul (avec l'aimable autorisation de Stalker). Ce "traité" se présenterait sous la forme d'une liste de termes, de vocables dont la définition est à reformuler et à repenser, en fonction des nouveaux usages apparus sur le net. Ainsi, "modération" : le Petit Robert donne comme origine moderacion (1.355) du latin moderatio: Caractère, comportement d'une personne qui est éloignée de tout excès. Je note un exemple pour "modérer", donné par le Robert, et qui pose tout de suite problème : "action de rendre moins rigoureuse une règle".

De son côté, Wikipedia, propose ceci :

Définition : La Modération d'informations, par un modérateur, consiste à accepter ou refuser intégralement ou partiellement la publication d'une information déposée par un utilisateur sur un site web.

Processus : Un utilisateur du système de publication utilise une interface de saisie d'une nouvelle information (article, critique, actualité, photo, séquence vidéo... ) une fois l'information rédigée et validée par l'utilisateur, un système d'alerte ou notification prévient un responsable (appelé modérateur du site) qu'une nouvelle information est disponible le modérateur utilise une interface spéciale —dite interface de modération— pour indiquer au système de publication si l'information est valide ou non selon les systèmes de publication, l'auteur peut être prévenu de la décision du modérateur, parfois avec un message indiquant le motif de refus, le cas échéant.

Types de modérations : Une information qui est modérée avant d'être publiée est qualifiée de modération a priori. Par contre une information peut être publiée dès sa soumission par un utilisateur du système de publication du site web ; ce n'est éventuellement qu'ensuite que la modération peut intervenir dans une modération a posteriori. La modération a priori est souvent exploitée pour la publication d'articles (actualités, critiques, analyses...). Elle permet de laisser n'importe quel internaute proposer une information à publier, sans contrôle, puisque c'est lors de la modération que seront effectués les contrôles comme : vérifier que l'information reste légale (pas de discrimination raciale, pas d'atteinte à l'ordre public, pas de pédophilie...) s'assurer que l'article est en adéquation avec la ligne éditoriale du site.

La modération a posteriori est plutôt employée pour les commentaires que peuvent laisser les visiteurs au sujet d'un article. Dans ce cas, il est parfois prévu qu'une alerte soit envoyée par courrier électronique à l'auteur de l'article, afin qu'il puisse intervenir en cas d'abus (ex. : spams dans les commentaires)."

Il est clair qu'entre ces deux champs (celui du Robert et celui de Wikipedia) il existe une béance, un vide, qui peut être celui de notre réflexion. Comment se redéfinit l' "excès" en matière de commentaires? Je pense, par exemple, à ce qui vient de se produire dans le domaine très "modéré" de la recherche en biologie moléculaire. De quel côté est l'excès? Dans le débordement blogosphérique qui a permis de démasquer, en quelques heures les "copier-coller" ayant donné lieu à la publication de cette démonstration scientifique de l'existence de Dieu, ou dans celui de la revue Proteomics et de son blog, qui semblent effectivement avoir été débordés?

Quel doit être le "bon usage" de la "modération" sur un blog?

J'aimerais bien que dans ce "traité" on ne sélectionne que des mots aussi riches, complexes et esthétiques que "modération" car le problème, avec le vocabulaire du net, c'est qu'il est souvent laid et superficiel.

samedi 22 mars 2008

481. JJ Schuhl in Purple Magazine

Passionnant entretient accordé par Jean-Jacques Schuhl au magazine de mode Purple (dernier numéro, printemps/été 2008). Il évoque notamment sa manière d'écrire, de faire du montage à partir d'extraits de textes en tout genre. Dans ses sources d'inspiration, à part l'art et la nuit, il cite fréquemment la mode : "Tout est dans la musique. L'inflexion indique non seulement une esthétique mais aussi une morale, ça donne une phrase vagabonde qui évoque quelque chose d'un peu bancal et clandestin. La phrase devient un peu louche, un peu voyou mais pas trop... Le clochard n'est bien qu'un peu aristocratique : pour la phrase pareil! Elle peut choquer mais il faut qu'elle garde un peu de la Tradition. Le haillon de certains groupes pop ou le choc négligé du Duc de Windsor, il faut le balancement des deux... Les vêtements même chose! Gabrielle Chanel et Yves Saint-Laurent, à leur grande époque, ça a été à la fois la déglingue et la rigueur. Avec Saint-Laurent, c'était clair, il reliait l'allure trouvée dans la rue et la tradition qu'il a su casser. La robe qui tient à peine, etc. Dans l'écriture aussi : tout est dans la forme, dans l'allure de la phrase, dans la façon dont elle se profile. Proust utilise la métaphore d'une robe pour parler de son oeuvre, il dit : "Je suis comme un couturier qui coud une robe." Moi, ce serait une robe qui aurait une ligne assez tenue, mais aussi beaucoup de coutures, certaines apparentes, d'autres pas du tout. Mais pas une robe en patchwork : on ne verrait pas tout de suite que c'est épars et hétérogène. (...) Le montage et la composition m'intéressent sans doute plus que l'écriture." Alors, Mode et Littérature?

vendredi 21 mars 2008

480. Suppression

J'ai été obligé de retirer le billet sur le Tibet, ça devenait trop polluant. Désolé. Je ne prendrai plus de billet extérieur sur ce blog. J'ai demandé à Tony de mettre le blog en modération à priori.

479. 22 mars. 40e anniversaire.

Je lisais, ce matin, l'article de Vincent Lucy et Geoffroy Mannet dans Libé sur l' "étincelle" qui déclencha le 22 mars (Les racines de mai) et je n'y retrouvais pas mes petits, mais je pense qu'ils ont été bien oubliés aujourd'hui. Il se trouve qu'il y deux jours, pour l'inauguration de l' Espace Claude Berri, je dînais à côté d'Olivier Kaeppelin (l'actuel délégué aux arts plastiques) et que nous avons évoqué ce souvenir commun. Il y avait, à l'époque, deux séminaires d' "analyse institutionnelle", l'un, à Nanterre, animé par René Lourau, l'autre à la Sorbonne, dirigé par Georges Lapassade, auquel nous participions tous les deux. C'est dans le cadre du séminaire de Lourau (où oeuvraient D. Cohn-Bendit et des amis très chers comme Yves Stourdzé) que naît, le 22 mars 1968, l'idée et la décision d'occuper le btiment administratif de l'Université de Nanterre. Il s'agit d'un geste très "analyse institutionnelle", mrement réfléchis, qui "analysait" le lien entre l'institution (l'université) et les règles de vie dans la cité universitaire (séparation garçons/filles).

L'analyse institutionnelle est une pratique héritée et adaptée de quelques grands théoriciens américains comme Kurt Lewin. On a retenu de ce dernier l'idée des "inducteurs de champs" (dynamique de groupe). C'est à partir de cette conception du "passage à l'acte" qu'on formula l'hypothèse qu'une action symbolique intervenant à l'endroit "juste" du "champs institutionnel" pouvait entraîner sa mise en analyse globale. Par une sorte d' "induction", la mise en analyse de l'Université pouvait avoir pour effet la mise en analyse de l'Etat dans son ensemble. (Ce que ne manqua pas de provoquer l'intervention policière).

Le mouvement du 22 mars est un produit de l'analyse institutionnelle, un phénomène qui ne relève pas de la logique des groupes militants politiques qui lui ont couru après pendant deux mois (trotskistes, maoïstes ou anarchistes). Ce n'est qu'aujourd'hui, avec l'Internet, qu'on retrouve une "situation" et un "terrain" qui permettent la réapparition de ce type de phénomène. Le jour où ça se passera, on découvrira sans doute que mai 68 n'était qu'une préfiguration. Il faut essayer d'imaginer ce qu'auraient pu être ces événements si le Net avait existé à l'époque, et surtout imaginer le phénomène réciproque.

jeudi 20 mars 2008

478. Impression management & damage control.

Sur son site, Marie Therese Chedeville, qui a publié chez nous l'excellent : J'ebay, j'ebay pas., poursuit son analyse fine du net et de ses retombées. Abordant la question de l' « Impression management », c'est à dire: "la gestion de l'image de soi, un sujet très actuel et ce, d'autant que votre présence sur internet est aujourd'hui incontournable. Jusqu'il y a deux ans on vous googlisait pour savoir ce que vous faisiez (articles de presse qui parlaient de vous, rapports signés par vous ou votre titre et votre rôle dans un projet profesionnel) ; ce qui intéresse maintenant c'est qui vous êtes, à quel réseau vous appartenez (Viadeo, Linked In, Small world…), qui sont vos amis (Facebook) ainsi que les tentatives pour y répondre avec le "damage control", qui "consiste à balayer l'information peu flatteuse qui vous concerne sur le net. Les personnes les plus exposées sur le Net ont toutes fait l'expérience de googliser leur nom et de voir arriver dans les premières références un site qui relate un évènement peu glorieux ou un propos qui ne nous plaît guère. Le fait est que tout le monde peut dire ce qu'il veut sur le web et quand cela nous concerne de manière négative, nous voilà collé avec un site qui pollue notre image. Comment s'en débarrasser devient une obsession. Dans son dernier billet, Marie thérèse Chedeville signale le recrutement de Nicolas Princen, une personne "qui va en permanence regarder ce qui se dit sur le Président et faire en sorte que tout propos négatif disparaisse dans les plus brefs délais." Ce phénomène me semble intéressant à suivre et à méditer. A ce propos, j'aimerais bien que quelqu'un explique l'affaire du sms, je n'y comprends rien.

477. La Couronne Phase II.

Bientôt le site de La Couronne sera mis en ligne (Probablement vers la mi-avril). La remise en cause de la lecture historique classique suscite, depuis quelques temps, de nombreux ouvrages, comme, dernièrement "Le livre noir de la révolution". Ce serait bien d'avoir quelques billets de réflexion sur ces sujets pour l'ouverture du site.

mercredi 19 mars 2008

475. Toi & Moi et Ti & Mi. Petit tête-à-tête avec Martingrall.

Martingrall, sur son blog, aujourd'hui.

"Un nouveau sigle Mi Ti.

L'Editeur Léo Scheer n'a pas fait salon, du livre, pour les autres avec des bulles ?

Et si le bougre avait encore raison. Ben.

Les salons en grandes nefs de grand-messes à incantations obscures et incompréhensibles sont voués à une mort certaine. Le livre électronique va détruire le livre. Ah bon? Il en va ainsi de tous les morts ressuscités.

Pensez-donc un pied de nez de cette taille, voir Cyrano pour les adjectifs, ……une péninsule. Car Léo fait blog à part et ça pousse. Et l'herbe tout autant que les auteurs. Et depuis peu les libraires avec le nouveau prix "B" des libraires. Donc le sigle Mi To comme mythomane, rien n'est moins sur dans l'usage du ii grec toujours très féminin.

Mais Que Léo Scheer préfère internet au salon ! Ca c'est Mi To.

En chtit cela ferait Mi et Ti très bonne correspondance de la conversation, moi et toi, un Editeur-un Lecteur. Un Auteur-un Lecteur, Un Auteur-un Editeur (Vous avez vu j'ai mis une majuscule à tout le monde)"

mardi 18 mars 2008

474. Monsieur Giacometti, je voudrais vous commander mon buste, de Paola Caròla

BAT de la veille (hier soir, 18 h 30) : un livre sur lequel j'ai été très particulièrement heureux de travailler, d'abord parce qu'il est merveilleux (finesse, élégance, profondeur, force de l'expression et des sentiments... : je pourrais dérouler sur ce billet entier un long ruban de vertus), mais aussi parce qu'il m'a donné l'occasion de rencontrer une personne rare et passionnante. Je vous présente l'un et l'autre sans tarder (quatrième de couverture et notice biographique de rabat) :

Un jour de 1958, Paola Caròla frappe à la porte d'Alberto Giacometti avec une mission : obtenir de lui qu'il réalise son buste. Il acceptera et, en lui ouvrant, durant des mois, son atelier, fera de la jeune femme le témoin privilégié de sa création.
Près de quarante ans plus tard, le destin d'Annette, la veuve de l'artiste, est tragiquement interrompu. Paola Caròla comprend que l'heure est venue pour elle de livrer ses souvenirs, de raconter cet homme et cette femme dont l'amitié a changé sa vie.
Récit passionné et subtil, où l'analyse se mêle à la confidence, et l'hommage à la colère, Monsieur Giacometti, je voudrais vous commander mon buste offre, sur une des Å“uvres majeures du XXe siècle, un regard neuf, qui étonne et bouleverse.

Paola Caròla est née à Naples en 1929. À 24 ans, elle s'installe à Paris, où elle fréquente le milieu intellectuel et artistique, se liant d'amitié avec Balthus, Matta ou Bellmer.
À 38 ans, elle entreprend des études de psychologie et devient l'élève de Jacques Lacan. Psychanalyste, elle travaille longtemps dans les hôpitaux parisiens. Elle fonde en 1990, à Naples, un centre lacanien d'études psychanalytiques.
Elle a publié différents travaux sur la psychanalyse et la psychiatrie, et dirigé des séminaires sur Lacan, notamment à New York. Elle a aussi écrit sur des artistes comme Consagra, Giacometti et Cremonini.
Elle partage aujourd'hui son temps entre Naples et Paris.

Le livre sera en librairie le 11 avril. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Photo : Paola Carola auprès du Buste de Paola d'Alberto Giacometti (bronze, 1958-1959), 2008
© Justyna Szymanska

lundi 17 mars 2008

471. Lélu reconsidéré.

Sur le site Anthropia, on peut lire un article très élogieux sur le dernier travail de Thomas Lélu,

présenté à la Galerie Léo Scheer.

« Je vide des tubes ».

"Cette petite phrase de Thomas Lélu, artiste-téléshopper, notée en exergue du communiqué de la Galerie Léo Scheer pour sa récente exposition, m'a posé question. Oui, l'artiste vide des tubes sur une toile et il appelle cela peinture. Il prétend s'inscrire résolument dans la post-post-modernité, quand plus rien n'est à dire, même pas la vanité de la vanité, dans le cynisme absolu de ceux qui n'ont pas encore compris qu'il y a de l'art dans l'art contemporain. Les parfaits correspondants des contempo-haineux. Et on pourrait s'arrêter là.

Mais c'est cette phrase qui m'arrête, qui me fait tout à coup reconsidérer le monde autour."

Je ne croyais pas que ça existait encore,

que depuis la guerre 14-18 et la disparition de Sylvain Bourmeau, on pouvais encore "reconsidérer le monde" en regardant une toile.

Hé bien si.

CHUGACHUGGACHUGGACHUG (détail)

Thomas Lélu

Galerie Léo Scheer

Acrylique sur toile - 180 x 120 cm

Cliché Anthropia

470. Le Site Pialat de Rémi Fontanel.

Réactualisé sans cesse, vivant, ce site est le premier en France consacré à l'immense et singulier cinéaste Maurice Pialat. Cadrage a fait appel à un spécialiste de ce cinéma, Rémi Fontanel, pour mettre en lumière la vie et les films de l'un des artistes les plus courageux du cinéma mondial.

Rémi Fontanel est enseignant à l'Université Lumière Lyon 2, dédiant une Thèse de Doctorat sur Maurice Pialat, puis un ouvrage (Formes de l'insaisissable, le cinéma de Maurice Pialat, aux éditions Aléas, Lyon, 2004), des conférences, et enfin ce site inédit et fouillé, conçu pour être le plus complet et le plus pertinent possible dans ses ressources bibliographiques, filmographiques mais également dans la variété des articles proposés.

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469. Rubrique Libraires

Dans mes efforts laborieux pour tenter d'esquisser ce que sera l' "éditeur de demain" (un keum ou une meuf, seul(e), chez lui/elle, devant son ordinateur) Il était important de savoir comment aborder le délicat problème de la librairie. J'ai adopté, pour la nouvelle rubrique "LIBRAIRIES" la formule la plus simple, sur le même mode que la liste des publications pour les Prix "B" : une classement par ordre alphabétique avec un lien sur le site de la librairie. Afin de pousser jusqu'au bout la simulation, je ne vais pas confier ce travail aux stagiaires, et je vais rentrer les données moi-même. Cela va donc prendre un certain temps. Merci pour vos encouragements.

dimanche 16 mars 2008

467. L'éditeur et le néant de Reine Bale.(M@nuscrits)

Nous reprenons la mise en ligne des M@nuscrits avec cette nouvelle : L'éditeur et le néant de Reine Bale. J'espère que la suite viendra rapidement, nous avons rendez-vous avec Tony le 19 mars pour en parler (Il vit au Havre)

466. REFAIRE LA GAUCHE.

Refaire la gauche : la politique en théories et en pratiques. Débat public avec Judith BUTLER, Didier ERIBON, Achille MBEMBE, le Mercredi 19 mars 2008.

Judith Butler est philosophe. Elle est l'auteure notamment de La vie psychique du pouvoir (Leo Scheer, 2002), Trouble dans le genre (La Découverte, 2005) et de L'Etat Global (avec G. Spivak, Payot, 2007).

Didier Eribon, est philosophe. Il a notamment publié Une morale du minoritaire, (Fayard, 2001) et D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française (Leo Scheer, 2007).

Achille Mbembe est historien, auteur notamment de De la postcolonie, Essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine (Karthala, 2000).

  • Amphithétre DESCARTES 20 h-22 h Entrée : 17 rue de la Sorbonne (Cour d'honneur), Paris 5ème.

Organisé par l'UFR de Science Politique et le Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne (CRPS/CNRS)

465. NON par George-s

À Léo Scheer, éditeur à Paris.

George-s voudrait vous envoyer un non-manuscrit qu'il voudrait non-publier. Il hésite encore entre 3129 pages et une (1) page (la page de titre). De plus, il hésite à en parler, ne serait-ce qu'ici. Qu'en dire, en effet, qui n'ait pas été dit mille fois ? Comme je sais que vous n'allez pas manquer de me demander quel est le titre de ce non-manuscrit, je vais répondre préventivement à la question. Ce manuscrit s'intitule "Non." (Il y a un sous-titre : "Et encore, c'est trop dire.")

Pensez-vous qu'il soit possible de me non-publier, dans un délai raisonnable ? S'il devait par extraordinaire advenir que vous décidiez de me non-publier, je ferais évidemment mon possible pour tenir mes engagements, c'est-à-dire d'écrire ce non-manuscrit, à la main, sans aucune intention, sans aucun sujet, et bien entendu sans la moindre phrase.

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, résumé, synthèse, commentaire, que vous voudrez bien prendre soin de me demander un peu à l'avance, car vous vous rendez compte, j'en suis sr, qu'il s'agit là d'un travail tout à fait considérable, et d'une ampleur jusque ici inconnue des éditeurs de (oui-)littérature.

Je vous adresse, Cher Monsieur, Cher Léo Scheer, toute la considération nécessaire à laquelle je joins un peu de particulière sympathie.

George-s

Cher George-s,

Oui.

Léo Scheer

464. Antoni Casas Ros. Le Théorème d'Almodovar. par Zoé Balthus

Le Théorème d'Almodovar, l'horreur en beauté

"Le destin m'a fait le cadeau de me tuer très tôt pour que je commence à vivre", confie Antoni Casas Ros, dans son "Théorème d'Almodovar", dont il est à la fois l'auteur et le narrateur, marqué à tout jamais, dans sa chair, dans son âme par un accident de la route survenu une nuit de joie et d'ivresse alors qu'il traversait la forêt en 4L vingt ans plus tôt. Cet accident lui aura ravi la jeune femme qu'il aimait, aura anéanti les rêves qu'il bâtissait, dérobé son image, arraché son visage, et façonné tout son être en "marge du monde". Et pourtant de cette "première rencontre avec Newton", ce jeune mathématicien à l'avenir contrarié, parvient à composer un "Théorème" poétique et onirique par lequel il établit qu'"il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l'horreur en beauté".L'horreur s'est inscrite sur le visage d'Antoni Casas Ros alors qu'il évitait cet obstacle dressé sur son chemin en cette nuit affreusement irréparable, alors qu'il épargnait ce cerf majestueux au regard doux comme le velours et fixé à jamais en beauté en son esprit. Ce bel animal mythique, symbole de sa mort et de sa résurrection, il l'accueille dans son salon, sans rancune aucune, avec tendresse même, d'autant qu'il lui reconnaît le rôle le plus crucial de son existence, à l'origine dramatique de la plus profonde des rencontres, celle de sa propre "substance" qui "toute entière", affirme-t-il, "réside dans ce livre".

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samedi 15 mars 2008

463. Log-Book de Monsieur Teste.

"Cher Monsieur, vous êtes parfaitement "dénué d'intérêt". - Mais pas votre squelette - ni votre foie, ni lui-même votre cerveau. - Et ni votre air bête et ni ces yeux tard venus - et toutes vos idées. Que ne puis-je seulement connaître le mécanisme d'un sot!"

p 61

En guise de Mauvaise pensée de Valéry pour ce samedi 15 mars 2008, pour changer un peu.

462. Claro parle de Raymond Federman. (Chut)

Claro parle, sur son blog, (Le Clavier Cannibal) du passage de Raymond Federman à la Librairie LIBRALIRE hier.

"Raymond Federman, de passage à Paris, lisait un extrait de son nouveau livre, Chut, paru ces jours-ci chez LaureLi. Ça se passait à la librairie Libralire, rue Saint-Maur, dans le onzième. Avant sa prestation, Federman, très en forme, nous a régalé d'une ou deux anecdotes, du temps où il déjeunait régulièrement avec Beckett, rue de la Gaieté, le grand Samuel lui donnant ce conseil "don't ever compromise your writing". Il a évoqué aussi son nez (le nez de Raymond, décrit dans cet autre livre, Mon corps en 9 parties, paru en 2004 chez Al Dante/Léo Scheer) qui, me dit-il, le faisait rire chaque matin ; le roman The Alphabet Man, de Richard Grossman, qu'il connaît, qui paraîtra bientôt en Lot49; son succès en Allemagne; mais surtout, RF m'a expliqué que chaque fois qu'il se traduit (du français vers l'anglais), il modifie le texte, le laisse croître de l'intérieur, le phénomène d'expansion pouvant aller jusqu'à doubler le texte original. Ce qui nous a laissé rêveur…"

460. Une nouvelle génération d’éditeurs. Pour quoi faire ?

« Livres Hebdo » a organisé vendredi 14 mars, une table ronde sur le thème « Une nouvelle génération d'éditeurs. Pour quoi faire ? ». Un public composé essentiellement de jeunes professionnels a posé de nombreuses questions.

Face à Gérard Aimé, fondateur des éditions Alternatives, Emmanuelle Vial, la directrice de Points, Hugues Jallon, le directeur éditorial de La Découverte, Marie-Pierre Gracedieu, éditrice de la Cosmopolite chez Stock et Frédéric Joly, directeur littéraire chez Climats et Flammarion.

Le débat n'est pas tombé dans la caricature de l'opposition des anciens et des modernes. Les trentenaires ont réaffirmé leur vision pragmatique et optimiste du métier envisageant l'édition de façon finalement très classique."

N'étant pas au Salon du Livre je n'ai pas eu la possibilité de suivre ce débat autour d'une question importante. Peut-être pouvons nous la reprendre dans notre Salon "B". Quand je pense aux grandes figures qui ont marqué l'édition contemporaine : Christian Bourgois, Claude Durand, Bernard de Fallois, Jean-Claude Fasquelle, Maurice Nadeau, Robert Lafon etc.. je me dis que l'apparition d'une nouvelle génération d'éditeurs (des trentenaires) soulève bien des questions. D'abord parce que le rôle devenu dominant de la machine industrielle (distribution/diffusion) n'est pas propice à l'émergence de fortes personnalités, ensuite, parce qu'il faut beaucoup de temps pour "former" un éditeur, et que les cycles deviennent de plus en plus courts.

Nous avons une nursery aux E.L.S. qu'il est intéressant de suivre : Laure Limongi, Florent Georgesco, Mathieu Térence, Angie David... c'est quoi, être éditeur?

vendredi 14 mars 2008

458. LES LIVRES DE SAGESSE : NÔ et TI. (II)

Vous avez déjà le III : penser sans rien dire / écrire sans rien penser. Voici donc le II pour clore Les Livres de sagesse :

"Il y avait quantité de livres dans les armoires de la maison TI et NÔ; mais ceux-ci ne faisaient cas que des leurs propres, à l'exception d'un petit recueil qui se nommait : Le Trésor des oeuvres et traités de Sagesse, dont les titres seuls nous ont été conservés.

Il ne reste plus à présent qu'une page de ce recueil, où l'on lit :

-Traité des Choses qui se voient les yeux fermés, et de celles sous nos yeux qui nous sont comme invisibles.

-Traité du savoir des Ignares et de l'ignorance des Savants, de l'impuissance des puissants et du pouvoir des faibles, etc.

-La Clef universelle des langages comparés de nos divers et différents organes, avec leurs transcriptions en vulgaire.

-Table complète de phrases inutiles et la vraie méthode de s'en servir à l'exclusion de toutes autres.

-L'Histoire vue du Ciel, dans laquelle chaque événement est accompagné d'une quantité d'autres qui furent également possibles. (Chez LamarTÃŽnière)

-L'Art discret d'aimer peu et d'en jouir beaucoup.

-Le Miroir des Fautes Illustres, des Coulpes Heureuses et des plus belles Erreurs des Hommes, par l'un d'eux.

-Et enfin : le Métamorphoses du Vide...

(Paul Valéry. Mauvaises pensées & autres. nrf Librairie Gallimard. 1942 Maquette de Paul Bonnet. p 129-130. Achevé d'imprimer sur les presses de l'imprimerie Darantière à Dijon, le 31 aot M.CM.XLIII. Autorisation n 19.537. Exemplaire sur Héliona H.C. N 548 sur 550 ex)

457. LE PETIT GROZDA.

Je viens de recevoir cette petite merveille de Denis Grozdanovitch réalisée à partir de ces joyaux oubliés du Littré. Exemple, p 171 :

Patafioler.

Lorsqu'il eut finalement acquis la conviction que les désagréments survenus depuis un certain temps dans sa vie représentaient, de quelque manière, une punition divine pour sa forfaiture masquée, il prit conscience qu'en fin de compte le bon Dieu l'avait bel et bien patafiolé.

LITTRÉ : Terme populaire qui n'est guère usité que dans cette phrase : Que le bon Dieu te patafiole, que le diable te patafiole, c'est à dire te confonde. "Adieu, dit M. de Maillebois, et que le bon Dieu vous patafiole! - Patafiole! reprit M. de Vaugelas, abasourdi du souhait et du mot; patafiole! répéta-t-il sans trouver rien à répondre, tant l'expression était exorbitante" Fr Soulier, La nièce de Vaugelas, 2.

COMMENTAIRE : À chaque défaite sportive, échiquéenne, à chaque revers amoureux, à chaque déconvenue dans l'existence, je dois admettre que j'ai eu exactement cette étrage impression d'avoir été patafiolé par le destin.

456. Index Dominique Aury

Comme beaucoup de lecteurs de ma biographie sur Dominique Aury ont reproché l'absence d'index à la fin du livre, c'est chose faite sur le site. Vous pouvez le télécharger sur la page d'accueil du livre.

J'espère que cela amusera les lecteurs d'aller voir la liste des noms cités dans cet ouvrage. La cohabitation de ces noms est très amusante. De plus, il est intéressant que le site des éditions deviennent un complément aux livres publiés.

Index Dominique Aury. (Établi par Laura Musseau)

455. Pour le nouveau MAGAZINE LITTÉRAIRE.

Je ne sais pas si c'est parce que je préfère à la une : LES JUIFS ET LA LITTÉRATURE à LA LITTÉRATURE JUIVE (Lire), mais j'aime beaucoup la nouvelle formule du MAGAZINE LITTÉRAIRE. J'avoue que jusqu'à présent, je n'étais pas fan de ce Magazine, mais là, tout est intéressant, comme le texte de Linda Lê sur Le Journal intime de Kafka, traduit et préfacé par Pierre Klossowski, le moindre petit billet de Bernard Quiriny (qui publie au Seuil un très beau recueil de nouvelles : Contes carnivores), la photo qui me fascine de Wolfgang Tillmans (qui devrait inspirer Wrath), les repères : L'écrivain est-il un héro de roman comme les autres? (du même B.Q.), le portrait de Sabine Wespieser (une de mes éditrices préférées) par Évelyne Bloch-Dano, le magnifique article de Minh Tran Huy sur Suicide d'Édouard Levé, dans le dossier sur les juifs et la littérature : l'article de Rachel Ertel et celui de Pierre Assouline, et enfin le pastiche de Céline par Héléna Marienské... sans oublier la publicité en quatrième de couverture pour Tissé par mille de Camille Laurens avec ce texte : Mallarmé propose le titre : "Ce pli de sombre dentelle, qui retient l'infini, tissé par mille, chacun selon le fil ou prolongement ignoré son secret, assemble les entrelacs distants où dort un luxe à inventorier..." C'est cet inventaire que poursuit Camille Laurens, cherchant ce que trament les mots - les mille ans, mille gens, mille jeux, mille sons, mille sens qui s'y nouent pour composer le mystérieux textile où s'invente aussi notre vie, ce tissus de la langue ajourée de silence... Un magazine dont on a envie de citer même les publicités.

454. Les Anecdotes de Dourak-Dourakine (1)

Plantons le décor de l'anecdote.

Donc, le dimanche 9 mars, pour sacrifier à la coutume de l'office du Grand Pardon orthodoxe, me voilà quittant mes pénates par un vrai temps de c… Bien que nourrie d'un tas de bonnes intentions, je suis en retard. Premier agacement. Heureusement, l'église est bondée, je parviens à me faufiler discrètement. Petit à petit, le recueillement des fidèles, les effluves de l'encens et la chaleur des bougies me réchauffent. Me voilà calmée et prête pour un bon grand coup d'aspi. A mon me.

Quelques instants après, un super bébé cadum aux yeux ravageurs se met à hurler quand le prêtre s'approche avec l'encensoir. Un autre bébé qui dormait dans son moïse s'empresse alors d'imiter le premier bébé. Un troisième bébé, à quatre pattes cette fois, se faufile entre les nôtres, de pattes, et trouve son nouveau jeu amusant. Il n'est pas le seul… Pas grave. On a l'habitude. Mais ce n'est que lorsque le chÅ“ur a entonné un tropaire avec des voix de chèvres corses* que je me suis dit que le diable avait décidé de venir faire un petit tour à la fête. (Plus tard, j'ai appris que la basse et le baryton étaient grippés. Or, je préfère les chÅ“urs orthodoxes mles).

Des fourmis dans les mollets, les genoux souffrant le calvaire à chaque génuflexion, très nombreuses en cette Fête, j'étais en pleine crise d'acédie* telle que la définit Matzneff dans le Taureau de Phalaris. Pour une préparation au Grand Carême, c'était loin d'être gagné. Ainsi, pendant l'homélie, ne tenant plus, je suis allée m'asseoir sachant que ce père là affectionne des prêches interminables.

C'est au même moment - ô Lucifer ? - que j'ai soudain été prise d'une envie de fou rire en repensant aux irrésistibles et fameuses grognes de @Stalker ainsi que de son digne bretteur @Ferraille ! J'ai d me cacher sous mon chle mohair couleur rouille, ce qui m'a chatouillé le nez. Mais, bizarrement, après cet interlude insensé toute ma lassitude s'était envolée.

Moralité : moi qui détestais les blogs et autre fourbi du genre, ce matin, après avoir lu l'extrait sur l'anathème lancé par J-M. R. repris dans le présent billet, je me suis demandée si l'attrait du blog ELS ne serait pas d à la liberté de ton que l'on y rencontre, que ce soit dans les sujets sérieux ou les billets plus «doux », mais surtout parce que l'humour y est fort présent ? Une démarche qui n'est pas sans me rappeler ce qui se fait en Belgique à la Ligue d'Impro - elle fêtera son 25 e anniversaire en 2009 - qui sont des joutes entre comédiens confirmés ou amateurs et dont @Léo serait l'arbitre.

453. Les Livres de Sagesse : NÔ et TI. (I)

Pour Mathilde qui sait que Nô et Ti s'aiment, cette mauvaise pensée de Valéry du 14 mars 2008. (Première partie des Livres de sagesse.

"Un sage avait écrit ce livre : "Le Traité des choses qui SONT derrière notre dos et de celles qui SONT dans un tiroir.", par le SAGE TI.

Mais le Sage NÔ remarqua qu'on ne pouvait s'exprimer sagement ainsi, et qu'il fallait dire "Traité des choses qui FURENT - SI nous consultons notre mémoire - ou des choses qui SERONT, SI nous faisons demi-tour, ou SI nous ouvrons le tiroir".

Et il ajouta que cette subtilité se justifiait et se révélait une précaution d'importance par l'observation des rêves, états dans lesquels il n'y a point de SI, - point d'hypothèses, - car à peine se formeraient-elles, elles chasseraient ce qui dans les songes tient lieu de réel, pour lui prendre sa belle place.

C'est ainsi qu'ils devisaient au milieu de leurs fleurs, et disputaient indéfiniment sur l'Être et le Non-Être, car ils s'aimaient et ne pouvaient se passer l'un de l'autre, la femme de TI était la maîtresse de NÔ, de qui la soeur cadette faisait les délices de TI. Ces deux jeunes dames aussi s'estimaient beaucoup et faisaient aussi leur philosophie, derrière le dos de leurs sages."

jeudi 13 mars 2008

452. Revue de presse.

Tandis que Thomas Lélu fait sa galerie de portraits d'écrivains dans le Libé des Livres et que Laure Limongi fait son contre-journal dans le même Libé, le Magazine Littéraire mène son enquête sur les blogs. (par Alexis Brocas, très jolies illustrations de Nini La Caille). Quelques extraits : "Et si jadis le terme "blog" semait des étoiles dans les yeux des futurologues, il fait désormais jaillir des geysers de vapeur des oreilles de certains éditeurs. Dans les colonnes du Figaro, en février 2007, Jean-Marc Roberts, le patron de Stock, y allait de son anathème : "Interdisons les blog!". "La culture qui se développe dans la blogosphère est celle de l'expression directe, qui déborde souvent les cadres de la bienséance compassée à laquelle sont habitués les éditeurs. Ici, on peut se dire ses quatre vérités, s'insulter, aller beaucoup plus loin dans l'expression qu'on ne le ferait dans une rencontre réelle" explique l'éditeur indépendant Léo Scheer. Son blog - ou plutôt le blog collectif de sa maison - veut apporter une voix discordante de celle de la presse et des grandes maisons. Ainsi, l'invention des prix littéraires "B" : "Lorsque nous avons développé le blog, cet automne, nous avons découvert sur le Net une multitude de sites passionnés de littérature et qui accomplissent un travail de fond que la presse ne fait plus. À l'annonce des prix 2007, j'ai donc lancé un appel pour que la blogosphère propose des choix alternatifs. Ils sont présentés sur le site à la rubrique Prix @ "B" avec neuf livres très supérieurs à ceux qui ont été choisis par les jurys. Nous décernerons les neuf prix 2008 le 1er avril..." Une démarche ludique, mais dont la portée contestatrice n'est certainement pas anodine." Voilà, c'est dit.

451. M@nuscrit : L'éditeur et le néant.

Voici la note de présentation du dernier M@nuscrit que nous venons de recevoir et dont le titre est : L'éditeur et le néant.

"J. est parvenu au faîte de sa gloire : son ambition et ses rencontres lui ont permis de devenir l'éditeur d'une maison qui compte dans Paris. Mais à quarante-sept ans, il n'y croit plus. Il se fatigue du cynisme lié à son métier qui consiste davantage à fabriquer des produits rentables qu'à promouvoir le talent littéraire. Un sentiment d'inutilité envahit toutes les sphères de sa vie ; il songe même à la mort.Un jour pourtant,il reçoit un courrier détonant auquel il aurait pu bien sûr ne pas accorder la moindre attention : une jeune femme a glissé des photos d'elle, entièrement nue -et ce dans une enveloppe envoyée à la maison d'éditions. J. va alors se laisser une dernière fois happer par un puissant désir de vivre que cette femme lui apportera et lui retirera."

Il n'y avait pas de photo jointe au m@nuscrit. Voici le début de cette nouvelle :

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450. Mauvaise pensée de Valéry pour le 13 mars 2008.(Nô & Ti)

"Messieurs Nô et Ti se lamentaient à la pensée de tant de pertes. Et ils résolurent d'écrire ensemble un grand ouvrage : l'un devant penser sans rien dire, et l'autre écrire sans rien penser."

p 130

449. Salomé.

448. Le Salon du Livre.

Je boycotte le Salon du Livre. Remarquez, j'ai toujours boycotté le Salon du livre, depuis que, ayant participé au début de mon activité d'éditeur, par une sorte de panurgisme idiot, à cette manifestation, j'ai découvert que c'était : des factures exorbitantes, une semaine de cauchemar (il faut bien une autre semaine pour s'en remettre) à se faire maltraiter, pour un résultat égal à zéro. Il se trouve que j'ai dîné un soir, chez des amis, avec le PDG de la société organisatrice à qui j'ai dit que j'en pensais, il ne m'a pas semblé surpris. Comme il essayait malgré tout de me convaincre de revenir, je lui ai dit que j'y étais prêt si on me payait pour le faire. J'attends sa proposition.

mercredi 12 mars 2008

447. M.O.E.P.F.W. (13).

Sur le même thème, cet hommage à François Weyergans pour son premier livre Salomé. que nous devrions peut-être proposer à nouveau aux libraires avec, en couverture ce tableau de Bernardino Luini. (Pour fêter son retour à Paris).

La première publication de Salomé date du 23 septembre 2005, l'année de son Goncourt pour Trois jours chez ma mère. Salomé est un livre magnifique que la presse a un peu escamoté, il faudrait le redécouvrir.

446. Judith + Holopherne + Caravage + Musset.

Pour

Emmanuel Tugny.

"Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit :

« J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé.

C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

mardi 11 mars 2008

445. Mauvaise pensée de Valéry pour le 11 mars 2008.

"L'homme se change en tigre, en taupe, en vache, en poulpe, en singe, en araignée, en oiseau, selon la circonstance. Il contient les tactiques de toute l'animalité : il mord, imite, tisse, chante ou meugle, et toutes les fois qu'il suit un certain dessein, il se modifie intérieurement et se trouve un modèle d'action parmi les types les plus nombreux de la zoologie. Chaque espèce est habile en quelque chose à quoi elle s'exerce depuis je ne sais quand. L'homme fait un peu de tout; le fait moins bien dans le détail que ne le fait la bête spécialiste; mais il se rattrape sur l'ensemble."

444. Prix @ "B" 2008. 1er trimestre.

Voici les premiers livres pré-sélectionnés.

  • ALEXIS Robert (Flowerbones)
  • CASAS ROS Antoni (Le théorème d'Almodovar)
  • CAUDOUX Benoit (Géographie)
  • CHESSEX Jacques (Pardon mère)
  • CLARO Christophe (Madman Bovary)
  • LE GUILLOUX Philippe (La fleur de tempête)
  • LEVE Édouard (Suicide)
  • SAUMONT Annie (Les croissants du dimanche)
  • GROZDANOVITCH Denis (Le petit Grozda)

A suivre...

lundi 10 mars 2008

443. Thomas Lelu par Jérôme Sans.

Thomas versus Lelu.

Vernissage : mercredi 12 mars 19h. Galerie E.L.S. 14-16 rue de Verneuil. (7e).

Le livre : (Jacques Daniel versus Nick Oussama), L' exposition (Chris Buren versus Jeff Wool)

"Il rêvait d'être cascadeur et c'est d'ailleurs la posture qui pourrait définir sa démarche artistique. Il a fait de l'ironie son outil, son médium, sa couleur. L.V.M.H.O.O.Q, Air de Paris Hilton, warholatwanadoo.fr, manuel de la photo ratée. Aucun mariage n'est impossible pour Thomas Lélu. Collision de mots, d'images et de concepts, il crée ses figures libres, recompose, confronte sans complexes l'histoire de l'art, la litttérature, l'actualité, les gossips… pour inventer sa réalité plastique. Thomas Lélu ne répond clairement pas à l'idéal de l'artiste maudit. Il revendique haut et fort son rejet du labeur, du travail fastidieux et des contraintes pour jouir du danger de la légèreté. La nouvelle série d'Å“uvres présentées chez Léo Scheer confirme le caractère jubilatoire de l'acte de création pour Thomas Lélu. Après avoir bu le pot de peinture, il vide ses tubes et compose ses toiles dans une frénésie excessive de matières et de couleurs. Une multitude de petits tas, de tches, de ptés de peinture rose, jaune, violet, bleu, indigo, rouge…à qui il arroge le droit de se répandre entre eux, ou même de déborder de la toile. Des peintures bubble gums comme un clin d'Å“il anti pollock, une accumulation de tubes en rérérence insolente à Arman, de standards, pour un bootleg pictural, un festin graphique. Le choix de la peinture n'est pas un hasard dans le parcours de Thomas Lélu, mais le début de son histoire aux Beaux Arts avant qu'il ne décide d'opter pour le graphisme et la communication. Il y revient aujourd'hui débarassé de l'angoisse de mal faire, après l'avoir dompté en plusieurs phases ; D'abord comme un outil typographique pour ses grandes toiles écrites (Ready Made in China, Cosmic Jagger…), une technique graphique dans le clip 78/2008 pour Philippe Katerine, où la peinture est comme un surligneur. Comme un geste symbolique dans l'autoportrait le représentant en train de boire un pot de peinture. Dans ses nouvelles toiles, il rend à la peinture son libre arbitre, lui donne une mobilité autonome et entre dans un dialogue physique avec elle. Le même esprit est à l'Å“uvre dans ses portraits de Playmate Playboy des années 60 dont il s'est chargé de revoir la palette graphique. Des confettis de peintures dégoulinants rectifient l'équilibre auparavant parfait de l'image ou la camouflent totalement pour ne suggérer qu'un mouvement. Il y a dans le travail de Thomas Lélu l'éloge du désordre et de la provocation. Une volonté insatiable d'allumer tout discours un peu trop sérieux et de sillonner le fil du rasoir avec une précision franche et tranchante, d'écrire tout simplement Et Merde et de l'accrocher".

Jérôme Sans

441. De l'édition.

Selon Livres Hebdo, après Le Seuil, trois autres éditeurs annoncent des ouvrages sur Jérôme Kerviel, le trader de la Société générale. Le premier livre sur l'affaire de la Société générale et sur Jérôme Kerviel, le trader qui a défrayé la chronique en début d'année, paraît le 13 mars au Seuil : 5 milliards en fumée : les dessous du scandale de la Société générale, par Pierre-Antoine Delhommais. D'autres documents sont annoncés sur ce sujet, à commencer par Le joueur : la chute de l'homme aux 50 milliards d'euros, par Paul-Eric Blanrue et Chris Laffaille (les auteurs de Carla et Nicolas), à paraître le 3 avril chez Scali. Suivront le 2 mai, chez Albin Michel, Les 7 scandales de la Générale, d'Airy Routier (rédacteur en chef au Nouvel Observateur), et le 5 juin, chez First, L'homme qui valait 5 milliards, de Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy, journalistes respectivement au Point et à Marianne...

440. Pure Trance de Junko Mizuno

Je viens de lire une des bd mangas de filles, d'une auteur japonaise extrêmement talentueuse. Les dessins sont oniriques et enfantins, mais aussi cruels et absurdes. C'est un mélange de plusieurs contes japonais. C'est splendide. Un cadeau de ma meilleure amie (depuis la NC), Gabrielle, toujours douée pour repérer des oeuvres totalement contemporaines et construites sur une culture. Vous pouvez découvrir tout le catalogue de la maison d'édition qui publie ces petits bijoux picturaux et délirants, Imho.

439. A la une : La culture de la gratuité par Chris Anderson

Chris Anderson a encore frappé. Après son article fameux "The Long Tail" (la longue traîne), devenu un best-seller en version livre en 2007 (lire notre critique ici sur The Long Tail), le rédacteur en chef du journal high et tech Wired, signe cette semaine un nouvel article qui a fait l'effet d'une bombe dans la blogosphère et dans l'ensemble des industries culturelles. "Free, Pourquoi 0 dollars est le futur du business", tel est le titre de cet article déjà célèbre qui s'intéresse à la gratuité de la culture. "Les cots sur Internet vont tous dans la même direction : vers zéro" écrit Anderson.

Au-delà des nombreux points intéressants de ce texte, Anderson tire une conclusion qui pourrait être une terrible sonnette d'alarme pour l'industrie du cinéma et du livre, après celle du disque : "Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité". Et Anderson de répéter plus loin dans son article : "A partir du moment, où les premières dépenses d'une société, d'une industrie, concernent le silicon le numérique, la gratuité n'est plus une option : elle est inévitable". S'appuyant sur plusieurs exemples pertinents, comme Google, GMail, Craigslist, Comcast, Yahoo, Adobe, Flickr, Anderson tire des conclusions pour toutes les industries culturelles confrontées pour le meilleur et pour le pire au Web. Et la question, pour lui, n'est pas de savoir "si", ces industries iront vers la gratuité, mais de savoir "quand". "D'une certaine manière, Internet voir la généralisation du modèle économique des médias à toutes les autres industries". Le "Web est devenu ‘the land of the free'", écrit Anderson reprenant la formule célèbre de l'hymne national américain.

Mais Chris Anderson va plus loin en montrant d'une manière plus subtile – et surtout plus neuve – qu'il existe "différentes formes" de gratuité. C'est le principal intérêt de l'article qui rompt avec l'idée que la gratuité des contenus est rendue possible par la seule publicité. Il y a des dizaines de modèles écrit-il, dont il énumère quelques prototypes : le "freemium" (une version gratuite grand public, une version payante, et très chère, pour un petit nombre de professionnels) ; le modèle publicitaire (que Google est en train de transformer considérablement) ; les "cross-subsidies" ; le "zero marginal cost" ; le "labor exchange" ou encore le modèle du "gift" (cadeau) etc. Avec toutes ces formes de financements indirects ou parallèles, la "gratuité va devenir la norme, non plus l'anomalie".

L'article est passionnant et fait grand bruit outre-atlantique. Mais il manque de données, de chiffres, de contre-exemples et semble, comme souvent avec Chris Anderson, peu sérieux sur le plan scientifique. Qu'à celle ne tienne, un livre est annoncé avec le même titre, Free, pour 2009. On n'en connaît pas encore le prix !

  • Chris Anderson, "Free", à la une du magazine Wired cette semaine.

Voici la traduction de l'article de Kevin Kelly : Mieux que gratuit : le business model réinventé.

dimanche 9 mars 2008

438. Fourrier

J'ai toujours été fasciné par ce portrait. A la fin des années 60 je rencontrais les Éditions Anthropos et Simone Debout qui avaient le projet "fou" de publier les oeuvres complètes de Fourrier. Ils avaient besoin d'aide et nous avons pu la leur apporter en éditant chez eux nos colloques (comme "Prendre la ville".) C'était curieux de voir l'Etat venir au secours de cette entreprise. Comme cette époque me semble loin.

"Le Nouveau Monde Amoureux n'a été publié qu'en 1967, un siècle et demi après avoir été écrit par Fourrier. Fourrier y analyse la société de son temps, critiquant sévèrement le mariage monogame et l'asservissement des femmes.

Il élabore un autre modèle théorique et politique de société, l'Harmonie, fondée sur la disparition du mariage monogame, la multiplication systématique des relations amoureuses de toutes natures, et une égalité absolue entre les sexes."

Nous explique Michel Bozon dans sa présentation de cet ouvrage singulier pour CLIO en 2005.

samedi 8 mars 2008

437. Conférence du blog.

Il y a deux catégories pour la conférence :

1) Les Noirs.

2) Les Oranges.

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436. "De l'art de la superposition" par Gilles Denis

@Angie. Voici l'article dont parle Alain Baudemont dans son commentaire N° 31 du billet N° 435. Il est sur le blog des Echos, Série limitée du 14. 09. 2007. (A suivre)

Contraste des volumes, références historiques : cet hiver, les créateurs multiplient les superpositions et juxtapositions pour jouer avec la silhouette. Mais attention à ne pas succomber au syndrome du super-poseur...

Yves Saint Laurent met en avant un vaste et long manteau double face sur un costume coordonné. Comme l'improvisation lyrique dans l'opéra baroque, la superposition est une figure de style. Et comme l'ornementation des aria da capo obéissant à des règles strictes, elle est un art difficile à maîtriser. Surtout quand elle joue tant avec les volumes qu'avec les références au passé et les codes plutôt rigides de la garde-robe masculine. Pour éviter de devenir un petit marquis de la tendance, quelques écueils sont à éviter.

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vendredi 7 mars 2008

435. Règles pour le blog.

Voici les neuf règles de la conférence identifiées par Bernard Sève dans "De trois commerces" qui pourraient servir de cadre à ce blog.

  • 1) Ne pas débattre avec les puissants.
  • 2) Ne pas débattre avec les esprits boiteux.
  • 3) Ne pas recourir aux "défaites".
  • 4) Ne pas mentir.
  • 5) Parler rond et franc.
  • 6) Accepter comme recevables toutes les propositions.
  • 7) Accepter d'être réfuté.
  • 8) Respecter par-dessus tout l'ordre "discutationnel".
  • 9) Evaluer la pertinence de l'interlocuteur et le statut de son discours.

Je souligne que ces règles s'appliquent en dehors du lien d' "Amitié". Dans la "conférence" l'interlocuteur apparaît toujours frappé d'une sorte d'anonymat "essentiel" (qui se réalise aujourd'hui avec le pseudo), non seulement il n'est pas un ami, il n'occupe aucun lieu de socialité repérable, il est le simple support de la fonction d'interlocution. Comme le précise Bernard Sève : "Les règles de la conférence jouent en dehors de toute complicité affective ou relationnelle entre les interlocuteurs. L'amitié n'est pas une condition requise pour la conférence. Il faut même dire que, différente de la philia antique, l'amitié montanienne est incompatible avec la conférence."

434. Croyance et simulacre dans le monde virtuel. Le commerce et l'art de conférer..

Pour Bernard Sève, chez Montaigne :

1) "L'esprit sans règle est capable de tout. Livré à lui-même, il délire, il invente des faux problèmes dans lesquels il s'empêtre, il se perd dans de vaines subtilités. Se formera-t-il par l'expérience? Ce n'est pas possible, l'expérience est dispersée, arythmique et non répétitive. Confronté à un monde naturel et humain disloqué par la différence, que va faire l'esprit? Il va continuer à fantasier, c'est à dire qu'il va croire. La croyance est la forme que prend l'inventivité déréglée de l'esprit quand il n'est bridé par rien."

2) "L'esprit ne dispose d'aucune règle immanente, n'a nul accès à des règles transcendantes, et ne trouve dans l'expérience aucun appui pour former des règles empiriques. Fautes de règles, c'est la croyance sans principe qui règne, la fantaisie de l'esprit, et, partant, la violence. Il faut donc des règles, quand même. S'il n'est pas de règles propres, reste la possibilité des règles supplétives.

3) Le corps peut contribuer à règler l'esprit. Mais l'esprit humain n'est pas seulement lié à son corps; il est aussi lié à l'esprit des autres hommes. Ce lien est complexe, il est enraciné dans des forces et des intérêts (économiques, politiques, affectifs)...Pour négocier, séduire ou transiger, il faut inventer des solutions ou des stratagèmes, poser et résoudre des problèmes, il faut faire preuve de "vivacité et promptitude d'esprit", il faut savoir convaincre et persuader. Le commerce avec les hommes est d'abord un commerce pratique, qui mobilise non seulement la raison raisonnante, mais aussi l'esprit inventif.

L'esprit se trouve alors pris dans une dynamique d'interaction avec les autres esprits, laquelle va produire des effets de règlement ou, éventuellement, de dérèglement accru. Mais la notion de "commerce" recouvre des réalités très différentes. Toutes les relations entre les hommes mobilisent l'esprit, jusqu'à la forme suprême que Montaigne appelle la "conférence"."

jeudi 6 mars 2008

433. Comment l'esprit vient aux blogs. (de l'art de conférer)

Le chapitre VIII du 3e livre des Essais est rigoureusement blogosphèrique. On pourrait presque croire, en lisant ce chapitre sur l'art de conférer, que Montaigne est installé devant un écran d'ordinateur en train d'analyser les commentaires sur son blog. "Comme notre esprit se fortifie par la communication des esprits vigoureux et réglés, il ne se peut dire combien il perd et s'abtardit par le continuel commerce et fréquentation que nous avons avec les esprits bas et maladifs."... c'est presque du Stalker. Le "sujet" de l'"esprit", selon Montaigne, est un collectif qui se dispute. Il aime une "société et familiarité forte et virile, une amitié qui se flatte en l'preté et vigueur de son commerce : comme l'amour est morsures et égratignures sanglantes. Elle n'est pas assez vigoureuse et généreuse, si elle n'est querelleuse. Si elle est civilisée et artiste. Si elle craint le heurt et a ses allures contraintes." Bernard Sève nous dit que pour accéder à l'esprit tel que Montaigne le conçoit, il faut oublier Descartes et Voltaire. Ses opérations propres : Inventer / Formuler des problèmes / Interpréter / Croire , se rattachent à une racine commune que B.S. identifie comme "Fabuler" (Fantasier) qui serait l' "opération-source" de l'esprit humain. L'espace virtuel de l'Internet avec sa part structurante de "simulacre", crée les conditions idéales d'émergence de cette "opération-source", la possibilité de s'engager dans des joutes imaginaires à l'abri derrière des pseudos, reconstitue de façon expérimentale ce phénomène naturel.

432. Fashion Week-Fall Winter 2008-6

Pour clore cette collection automne/hiver 2008, les deux marques chic et choc, Lanvin et Vuitton, options divergentes dans l'expression du luxe. Lanvin a toujours incarné le summum de l'élégance (pour les hommes également) et Albert Elbaz a choisi, cette saison, d'accentuer le côté "habillé". Robes bustiers et manteaux de satin, des lignes horizontales (frange ou motifs rayés), vision sexy de l'esprit gothy qu'entretient le créateur depuis plusieurs années. Géométrique et dark (n36/56). Un gros manteau pull absolument ravissant et plus casual (n9/56). Les noeuds sont très présents dans les tenues (cet été, c'est plutôt dans les accessoires). L'autre ligne qui se dessine est l'allure bustier-pantalon cigarettes noirs, sur stylettos noires à talons hauts. Les épaules sont aussi très dénudées. Posture érotique renforcée par la présence du vynile. En deux mots : c'est très chic. En face, Louis Vuitton utilise les gots branchés de Marc Jacobs pour atténuer l'effet bling-bling de la marque, tendance que partage Dior (les deux du groupe LVMH). Suite de tenues sobres, jupes noires, pulls en cachemire sur chemise blanche. Très "school-girl" pour faire rêver les japonaises en furie, avenue des Champs-Elysées. Beaucoup de manteaux en cachemire, point sur lequel Louis Vuitton abandonne son air nouveau-riche, pour revenir à l'imagerie des malles sur un quai de gare, dans un film des années 60. Un long manteau splendide à capuche et zip, sorte de couverture retaillée (n7/50). Au départ, les silhouettes mélangent des couleurs ples, enfantines, puis s'assombrissent dans des coupes très années 80 (en gros, le pantalon large aux hanches qui se resserrent en bas), poétisées par une fine influence hip-hop. Les coiffures strictes et décadrées sont décalquées des mangas. J'aime ce long manteau fermé par une broche (n13/50). C'est donc plutôt choc. Ensuite, plus modestes et pourtant délicates, Miu Miu (petite soeur de Prada) et Nina Ricci. Muccia Prada a décliné le thème du sport-wear, dans des matières surprenantes. Quasiment des combinaisons de plongée. Les caleçons qui s'arrêtent aux genoux, souvenez-vous : les "cyclistes". Toutes les mannequins portent un bonnet noir et lisse, comme ceux qu'imposent les piscines municipales. Je préfère quand elle se rapproche du côté sport féminin avec les robes sweat-shirts, en coton, tout doux (n14/38). Sinon, elle découpe ces matières épaisses en faisant des grands trous, qui laissent apparaître en arrière-fond le vêtement porté dessous, pour en faire ressortir les couleurs vives (fluos). Le caleçon devient étonnamment utile quand il est porté sous une robe large, protégeant les cuisses (n33/38). Selon style.com, Muccia Prada s'est principalement inspiré des tenues de jockeys. A l'opposé, Nina Ricci repris par Olivier Theyskens (qui a quitté Rochas quand la maison a fermée). Les robes sont fluides, les hauts volent au-dessus des pantalons strench, des vestes courtes les recouvrent (n10 & 30/51). Couleurs hivernales allant du vert mousse au marron caramel. Silhouettes androgynes, presque masculines, au début. En dehors d'une sublime robe en velours de princesse médiévale (n36/51). Peu de manteaux, les robes sont chaudes, longues jusqu'aux mains et aux chevilles. Style hippie et fée des bois, OT abandonne discrètement ses tendances ouvertement gothys pour renouer avec cette façon ancienne qui reste attachée au nom de Nina Ricci. Quand j'étais petite, venant en France pour les vacances depuis la Nouvelle-Calédonie, j'achetais chaque fois en duty free un flacon L'Air du temps pour ma grand-mère, fascinée par le bouchon de ce parfum, deux colombes qui s'embrassent.

431. 1) De l'oisiveté. (C'est n'être en aucun lieu que d'être partout.)

Donc, chère Stubborn, nous commençons avec ce fameux chapitre VIII, qui vaut bien un billet, dont j'enlève les citations pour commencer, afin de cerner les contours de l'idiotie. (Je prends l'édition de la Pochothèque de 2001).

"Comme nous voyons des terres oisives, si elles sont grasses et fertiles, foisonner de cent mille sortes d'herbes sauvages et inutiles, et que pour les tenir en office, il les faut assujétir et employer à certaines semences, pour notre service. Et comme nous voyons que les femmes produisent bien toutes seules, des amas et pièces de chair informes, mais que pour faire une génération bonne et naturelle, il les faut embesogner d'une autre semence : ainsi est-il des esprits, si on ne les occupe à certains sujets, qui les brides et contraignent, ils se jettent déréglés, par-ci par-là, dans le vague champ des imaginations. Et n'est folie ni rêverie, qu'ils ne produisent en cette agitation. L'me qui n'a point de but établi, elle se perd : car comme on dit, c'est n'être en aucun lieu, que d'être partout.

Dernièrement que je me retirais chez moi, délibéré autant que je pourrais, ne me mêler d'autre chose, que de passer en repos, et à part, ce peu qui me reste de vie : il me semblait ne pouvoir faire plus grande faveur à mon esprit, que de le laisser en pleine oisiveté, s'entretenir soi-même, et s'arrêter et rasseoir en soi : ce que j'espérais qu'il pt désormais faire plus aisément, devenu avec le temps, plus pesant, et plus mr : mais je trouve, qu'au rebours faisant le cheval échappé, il se donne cent fois plus de carrière à soi-même, qu'il n'en prenait pour autrui : et m'enfante tant de chimères et monstres fantasques les uns sur les autres, sans ordre, et sans repos, que pour en contempler à mon aise l'ineptie et l'étrangeté, j'ai commencé de les enregistrer : espérant avec le temps, lui en faire honte à lui-même."

On peut commencer par là.

mercredi 5 mars 2008

430. Des règles pour l'esprit.

Chère Stubborn, comme vous semblez vous intéresser à mes lectures, en l'espèce : Montaigne. Des règles pour l'esprit. de Bernard Sève. (PUF) je voudrais commencer par un avant-propos. Vous me parlez des tenants de l' "intelligence collective" (Michel Serres ou Pierre Levy). Pour moi, ce sont des "architectes". Ils regardent ce qui se passe sur le Net avec un imaginaire de btisseurs, ils se rêvent comme les prophètes d'une nouvelle utopie. Moi, ce qui m'intéresse dans la perspective architecturale, c'est l'imaginaire de la ruine. Ainsi, l'idée qu'il y aurait, à travers l'Internet, une forme naissante de l'intelligence collective, se présente, à mes yeux, avant tout, sous les traits d'une nouvelle carte de l'idiotie. C'est en cela que cette relecture de Montaigne me semble "porteuse" d'un éclairage nouveau sur sa façon de "dés-enseigner" la bêtise. Si vous vous référez à ce blog, nous pourrons trouver de nombreux exemples, propres à illustrer nos réflexions, au fur et à mesure de la lecture du livre de Bernard Sève.

Nous commencerons, comme lui, par "De l'oisiveté" (L I, Chap VIII).

429. Petites annonces. (1) TEAKI.

TEAKI. Roman. "Mon Baromètre du Bonheur"

"Les chanteurs, les poètes écrivent des odes aux femmes et à l'amour, moi, en tant qu'écrivain, j'ai choisi de parler des hommes à travers Viktor, l'anti-héros drôle malgré lui, stakhanoviste du bonheur à tout prix et forcément attendrissant..."

"Mon Baromètre du Bonheur" cherche un éditeur...A bon entendeur...

Biographie Française, née à Dakar (Sénégal) originaire des Iles Marquises (Polynésie Française), par ma mère. Bilingue en anglais, je parle couramment espagnol, j’ai des notions de portugais et j’ai pratiqué le japonais pendant deux ans. Diplômée de hautes études commerciales, j’ai aussi suivi l’enseignement théâtral du cours Florent à Paris. Enfant, j’ai vécu en Afrique et au Moyen-Orient (Angola, Algérie, Egypte, Tunisie, Gabon, Iran…). Depuis, j’ai habité et travaillé au Japon, aux Etats-Unis et j’ai choisi de revenir en France où j’ai alterné périodes d’écriture et entreprenariat. Le reste du temps, je voyage en famille.

Centres d'intérêt TEAKI.NET, Blog littéraire, blog roman, blog monde. J'évoque mes rencontres, je partage ma vision des Iles Marquises, de l'Afrique ou d'ailleurs... TEAKI.NET est mon laboratoire d'idées. Je cultive en ligne mon jardin d'idées. TEAKI.NET est ma serre dans laquelle j'essaie des nouveautés, je sème, bouture, marcote et patiente. Si l'idée prend, l'émotion touche, je les transforme et m'en inspire pour mes travaux au long cours. Aussi, n'hésitez pas, laissez des commentaires! Plus généralement, j’écris depuis l’enfance pour mieux approprier l’étrange, l'étranger. Quelle que soit la forme l’écriture est pour moi le mode d’expression premier, valorisant et potentiel de sagesse. Aller toujours plus loin dans la découverte de l’humain, raconter et rendre plus familières des contrées éloignées tant au niveau culturel que géographique, prtager, lier les mondes, voilà ce à quoi j’aspire profondément. Mon moteur d'écriture est aussi mon moteur tout court. Dans la vie, je suis à la lisière de plusieurs mondes, je préfère être libre qu'en sécurité. J'ai besoin de communiquer, de bouger, d'aller vers les autres, de regarder dans d'autres directions. Je suis "nomade de la pensée"... Ecrire est pour moi aussi naturel que parler. En écrivant, je me recentre, je prends du recul par rapport à mon environnement et j'en restitue mes sensations et convictions. J'écris aussi pour garder et exprimer la conscience des moments vécus. Ecrire, c'est faire acte de mémoire.

Extrait : (....)

j’étais viré du conseil d’administration. Là, j’ai arrêté de respirer. J’ignore encore les conséquences de cet arrêt respiratoire, si comme pour les nouveaux-nés, le manque d’air a eu un effet irrémédiable sur la vivacité de mes cellules. Toujours est-il que je me suis assis, le dos droit. Pendant des heures, je suis resté les yeux perdus dans la blancheur du canapé italien, attendant que mon destin se délite sous mes yeux, un téléphone mobile dans chaque paume ouverte vers le ciel comme si je récitais le Notre Père. D’un coup, je n’ai plus ressenti l’envie de marteler mes résultats comme autant de preuves de ma volonté à faire partie du flot consensuel. (...)J’étais comme l’alpiniste qui vient de recevoir un bloc de granit sur le front, chute de cinquante mètres, glisse dans une crevasse, entend l’hélicoptère des secours repartir, sent le froid crever l’épiderme comme des centaines d’aiguilles. Si Léonie reprenait la direction de l’usine de croquettes de Quimperlé, je pouvais dire adieu à ma source de liquidités et Kairos devait apprendre à vivre en autonomie. Ce qui, vu l’emplacement, la taille de ses bureaux, son personnel avenant et inefficace, était aussi probable que la venue du messie.

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lundi 3 mars 2008

428. Nouvelles du site des ELS.

Nous avons commencé en juin 2007 avec 6.000 visiteurs / mois. Nous avons connu une croissance régulière qui nous fait atteindre les 30.000 ce mois ci. Ceci pose des problèmes techniques de capacité que nous tentons de régler avec notre hébergeur. Actuellement, dès que nous proposons une nouveauté, le site "sature", j'espère que Tony réussira à obtenir une nouvelle formule d'hébergement. L'augmentation de la fréquentation amène également des commentateurs en tous genres. Pour le moment, c'est encore supportable, mais il est probable qu'à l'avenir, je serai obligé de mettre en oeuvre un système de "modération" à priori des commentaires. En ce qui concerne les innovations techniques nous sommes toujours à la recherche de solutions simples et "ergonomiques" pour M@nuscrits, les Prix, le catalogue, etc... J'espère qu'on trouvera des solutions avant l'été. En attendant, il faudra être patient. Je rappelle que ce site est un outil de communication interne à la maison d'édition. Nous avons adopté comme principe de permettre aux "visiteurs" de participer à nos discussions, mais il ne s'agit pas d'un "webmag" avec une ligne éditoriale et un public cible et encore moins d'un service public. Je n'ai pas eu beaucoup de temps, ces dernières semaines de m'en occuper, mais je constate qu'il y a parfois une dérive de la part de certains commentateurs qui semblent considérer ce site interne comme un service qui serait à leur disposition, on ne voit pas très bien au nom de quoi ce serait le cas.

427. Prix @ "B".

Nous avons ce mois de mars pour choisir les 9 Prix @ "B" qui seront décernés le 1er Avril 2008. J'aimerais présenter une première sélection vers le 15 mars.

La présentation des livres du premier trimestre de l'année pourrait également permettre de proposer une sorte de "guide" des livres publiés.

426. Folie furieuse dans les cinés pour voir Les Ch'tis (Ouest France)

"Un déluge de spectateurs s'est abattu ce week-end sur Bienvenue chez les Ch'tis, le film drôle du comique Dany Boon.

Ils s'y rendent en famille, de tous bords et de tous revenus. Certains ne sont pas allés au ciné depuis plusieurs années. D'autres y retournent déjà pour entendre encore des répliques déjà cultes (« Hein, biloute ! »). Ils se marrent, applaudissent à la fin du film, attendent la fin du générique pour partir, en sortent avec le sourire jusqu'aux deux oreilles. « J'ai mal aux joues », rigole une Rennaise. Ils sont des centaines, des milliers. C'est un vrai phénomène.

« Cela fait tellement longtemps qu'on attendait ça ! », témoigne Franck Merceron, directeur de l'UGC de Mondeville (Calvados). Samedi soir, complet dès 18 h. Idem samedi. « Depuis mercredi, on a fait 15 000 spectateurs, c'est l'équivalent de certaines semaines dans nos douze salles ! » Les ch'tis dépassent largement Astérix, et peut-être même Les Bronzés d'il y a deux ans. Le bouche à oreille fonctionne à merveille. À Brest, 8 000 personnes se sont ruées sur le multiplexe, samedi et dimanche (16 000 en tout depuis mercredi), « mieux que Le Titanic, Harry Potter 1 ou Le seigneur des anneaux 1 », a constaté Le Celtic, la salle d'en ville. Au Mans, au Méga CGR, sur 4 500 spectateurs vendredi soir, 3 000 venaient pour Dany Boon. Les gendarmes ont fait la circulation pour éviter un bouchon sur le rond-point.

Des spectateurs ont attendu plus d'une heure la séance suivante, au CGR de La Mézière (Ille-et-Vilaine) où une marée humaine a occupé le hall pendant deux jours. « De la folie ! », témoigne le directeur, Xavier Bourgeais qui, accaparé de 10 h à 2 h du matin, n'a pas encore eu le temps de... voir le film ! Il a turbiné au rythme de onze séances par jour (comme au multiplexe d'Angers) et en a rajouté une à minuit, vendredi et samedi : le public qui sortait appelait immédiatement des copains sur les portables pour qu'ils rappliquent ! En ville, le Gaumont déroule les chiffres : 10 000 entrées sur cinq jours contre... Astérix à son démarrage en avait fait 5 740. « C'était complet à toutes les séances, quatre heures avant le début du film », commente-t-on au Pôle Sud, à Nantes. Les Pathé Gaumont de Nantes et Saint-Herblain comptabilisent 20 000 entrées dans le seul week-end et estiment que sur l'agglomération nantaise, « un habitant sur huit a déjà vu le film ». Chez Pathé, le distributeur, on vise désormais les dix millions d'entrées. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Le film peut encore compter sur ceux qui attendent la décrue pour s'y rendre...

Partout, comme à Nantes, les connaisseurs attribuent le succès de cette comédie à « sa dimension humaine, chaleureuse, solidaire, qui véhicule des valeurs partagées par le plus grand nombre. Chacun s'y retrouve un peu. » Une ode à la simplicité qui tombe en pleine déprime économique et morosité ambiante : enfin on rigole !"

Frédéric Girou

425. Fashion Week-Fall Winter 2008-5

Trois des plus prestigieuses marques ont défilé, avec pour point commun la continuité d'un même style. Une de mes marques préférées est Chloé, DA récemment reprise par Paulo Melim Andersson. Chloé a été façonné par trois créateurs exceptionnels : Karl (dans les années 70 et 80), Stella MacCartney et Phoebe Philo (période que j'ai connu et adoré, il y a 5 ans). Selon moi, le romantisme rock et sophistiqué qu'avait apporté à Chloé Phoebe Philo, a placé cette marque dans le luxe branché. Deux qualités pas toujours réunies. Maintenant, beaucoup de choses sont restées, mais simplifiées. Les robes et les vestes, spécialités de Chloé, sont ravissantes. Des robes imprimé fleuri, en matière floue (Phoebe Philo utilisait beaucoup l'organza), sous de magnifiques vestes ou manteaux, toujours oversize et à la coupe parfaite. Les empiècements et la broderie anglaise ornent les robes, donnant une allure à la fois hippie et dark (n8/32). Tous les modèles pratiquement se déclinent en bleus foncés et profonds, jusqu'au noir. Les jupes, comme chez Chanel, se portent courtes sous de longs manteaux. Cela est sans nul doute "pretty", mais assez sage. La grande maison Hermès exposait les modèles dessinés par Jean-Paul Gauhtier (pour la sixième année). Une allure cherokee, jupes à frange coupées en biais, sur bottes en daim étroites. Les peaux et les fourrures sont la spécialité d'Hermès, donc passons sur les multiples cuirs utilisés. L'autre tradition d'Hermès, que j'apprécie nettement plus, le cachemire, qu'il soit manteau, chle, plaid & autres doudous. Gauthier reste fidèle à la maison en variant sur le thème des trenchs, blazers et cardigans. Les silhouettes deviennent elfiques, enveloppées de ces tissus moelleux (n40 et 41/57). Quelques motifs orientaux viennent rehausser les tons marrons et beiges, marrons et noirs. Figure incontournable, John Galliano n'est pas un créateur que j'aime personnellement (je n'en porterais pas, ou juste pour faire le show), mais il est intéressant à suivre dans son extravagance. Une chose le rachète complètement à mes yeux, c'est que ses robes ont comme été faites sur mesure pour une amie à moi, sur elle, l'effet est bluffant, somptueux. Sinon, le défilé montre des tenues qui appartiennent plus aux costumes qu'aux vêtements. Entre l'opéra chinois et le néo-cabaret, les couleurs sont franches. Un sublime gilet en cachemire gris ple arrive brusquement, au milieu de ce carnaval (n17/53). Option années 80 : les collants opaques flashy (rouge, violet, bleu électrique...) qui viennent contraster avec les tenues, elles-mêmes de couleur vive & opposée. La fin tourne à l'opéra rock et Galliano reste celui qui offre le plus de spectacle (spectaculaire) dans ses créations.

dimanche 2 mars 2008

424. Bergotte.

"Mme Swann m'avait écrit quelques jours auparavant de venir déjeuner "en petit comité". Il y avait pourtant seize personnes, parmi lesquelles j'ignorais absolument que se trouvt Bergotte. Mme Swann qui venait de me "nommer" comme elle disait à plusieurs d'entr'elles, tout à coup, à la suite de mon nom, de la même façon quelle venait de le dire (et comme si nous étions seulement deux invités du déjeuner qui devaient être chacun également contents de connaître l'autre), prononça le nom du doux Chantre aux cheveux blancs. Ce nom de Bergotte me fit tressauter comme le bruit d'un revolver qu'on aurait déchargé sur moi, mais instinctivement pour faire bonne contenance je saluai; devant moi, comme ces prestidigitateurs qu'on aperçoit intacts et en redingote dans la poussière d'un coup de feu d'où s'envole une colombe, mon salut m'était rendu par un homme jeune, rude, petit, rblé et myope, à nez rouge en forme de coquille de colimaçon et à barbiche noire. J'étais mortellement triste, car ce qui venait d'être réduit en poudre, ce n'était pas seulement le langoureux vieillard, dont il ne restait plus rien, c'était aussi la beauté d'une oeuvre immense que j'avais pu loger dans l'organisme défaillant et sacré que j'avais, comme un temple, construit expressément pour elle, mais à laquelle aucune place n'était réservée dans le corps trapu, rempli de vaisseaux, d'os, de ganglions, du petit homme à nez camus et à barbiche noire qui était devant moi. Tout le Bergotte que j'avais lentement et délicatement élaboré moi-même, goutte à goutte, comme une stalactite, avec la transparente beauté de ses livres, ce Bergotte-là se trouvait d'un seul coup ne plus pouvoir être d'aucun usage...."

M.P.

samedi 1 mars 2008

423. Fashion Week-Fall Winter 2008-4

Le défilé le plus attendu est bien sr celui de Karl pour Chanel. Un carrousel géant présente les mannequins aux côtés d'énormes sac 2.55, de perles et de camélias. Les modèles sont extrêmement soignés, issus d'un savoir-faire exceptionnel. Dans le film de Loïc Prigent, Signé Chanel, on voit le processus d'élaboration insensé qui est mis en oeuvre. Les ouvrières de haut-rang sont responsables des ateliers tailleur ou flou (robes). Karl dessine les croquis et supervisent tout. Des tissus jusqu'à la coupe. Il fait appel aux plus compétents, travaillent avec certains depuis 35 ans, même quand ils sont difficiles à joindre comme la passementière Madame Pousieux. Pour l'automne-hiver 2008, Karl fait une allégorie autour du tailleur et de l'escarpin Chanel. Ceux en tweed chiné sont comme toujours sublimes, enveloppants et courtes, le plus souvent, comme le n30/57. Des pull oversize sur des minijupes en jean, style teenager. Karl nous montre que l'on peut être sexy l'hiver. Les cols sont très ouverts et les poches ne manquent jamais. Les manteaux noirs recouvrent des mini-robes de soirée, laissant découvrir les jambes recouvertes de collants (les bras, de mitaines) en dentelle à motifs. On dirait les rubans que Chanel utilise pour fermer les boîtes des modèles achetés. Les contrastes traditionnels entre le noir et le blanc, le noir et le beige. Mais aussi le gris perle pour les manteaux et les vestes. Couturier rock, Alexander McQueen dressent les cheveux de ses modèles comme des flammes statufiées. Quelques combinaison pantalon et beaucoup de robes ou jupes années 50. Celles à bustier sont extrêmement évasées (sous une accumulation de jupons en crinoline), sur des tailles très serrées. Certaines robes longues et moulantes dévoilent des jambes entièrement gainées de cuir (cuissarde ou leggings). Des lignes droites, blanches, grises ou noires (n21/42). Les modèles sont repris dans des matières plus épaisses (fourrure, velours et grosse toile brodée). Silhouettes qui se raccourcissent tout en gardant leur amplitude. Au fur et à mesure, un thème se devine dans l'abondance des broderies : McQueen s'est inspiré de l'empire colonial anglais des Indes. Plus discrète, Rue du Mail (reprise de Martine Sitbon) propose des formes rigoureuses et larges. Des robes volantées à bretelles sont très jolies (n11/44), sur les autres modèles, il y a peu d'ouvertures ou de cols. C'est une variation sur un même style, dans l'allure, comme dans les couleurs. Martine Sitbon a choisi celles des insectes, essentiellement en satin, bleu/vert, violet/bleu, les mordorées. Finalement, la tenue la plus réussie est la première (robe large à col ouvert). Vous aurez compris que je n'aime pas être serrée à la gorge.

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