Le défilé le plus attendu est bien s?ur celui de Karl pour Chanel. Un carrousel géant présente les mannequins aux côtés d'énormes sac 2.55, de perles et de camélias. Les modèles sont extrêmement soignés, issus d'un savoir-faire exceptionnel. Dans le film de Loïc Prigent, Signé Chanel, on voit le processus d'élaboration insensé qui est mis en oeuvre. Les ouvrières de haut-rang sont responsables des ateliers tailleur ou flou (robes). Karl dessine les croquis et supervisent tout. Des tissus jusqu'à la coupe. Il fait appel aux plus compétents, travaillent avec certains depuis 35 ans, même quand ils sont difficiles à joindre comme la passementière Madame Pousieux. Pour l'automne-hiver 2008, Karl fait une allégorie autour du tailleur et de l'escarpin Chanel. Ceux en tweed chiné sont comme toujours sublimes, enveloppants et courtes, le plus souvent, comme le n?30/57. Des pull oversize sur des minijupes en jean, style teenager. Karl nous montre que l'on peut être sexy l'hiver. Les cols sont très ouverts et les poches ne manquent jamais. Les manteaux noirs recouvrent des mini-robes de soirée, laissant découvrir les jambes recouvertes de collants (les bras, de mitaines) en dentelle à motifs. On dirait les rubans que Chanel utilise pour fermer les boîtes des modèles achetés. Les contrastes traditionnels entre le noir et le blanc, le noir et le beige. Mais aussi le gris perle pour les manteaux et les vestes. Couturier rock, Alexander McQueen dressent les cheveux de ses modèles comme des flammes statufiées. Quelques combinaison pantalon et beaucoup de robes ou jupes années 50. Celles à bustier sont extrêmement évasées (sous une accumulation de jupons en crinoline), sur des tailles très serrées. Certaines robes longues et moulantes dévoilent des jambes entièrement gainées de cuir (cuissarde ou leggings). Des lignes droites, blanches, grises ou noires (n?21/42). Les modèles sont repris dans des matières plus épaisses (fourrure, velours et grosse toile brodée). Silhouettes qui se raccourcissent tout en gardant leur amplitude. Au fur et à mesure, un thème se devine dans l'abondance des broderies : McQueen s'est inspiré de l'empire colonial anglais des Indes. Plus discrète, Rue du Mail (reprise de Martine Sitbon) propose des formes rigoureuses et larges. Des robes volantées à bretelles sont très jolies (n?11/44), sur les autres modèles, il y a peu d'ouvertures ou de cols. C'est une variation sur un même style, dans l'allure, comme dans les couleurs. Martine Sitbon a choisi celles des insectes, essentiellement en satin, bleu/vert, violet/bleu, les mordorées. Finalement, la tenue la plus réussie est la première (robe large à col ouvert). Vous aurez compris que je n'aime pas être serrée à la gorge.