Trois des plus prestigieuses marques ont défilé, avec pour point commun la continuité d'un même style. Une de mes marques préférées est Chloé, DA récemment reprise par Paulo Melim Andersson. Chloé a été façonné par trois créateurs exceptionnels : Karl (dans les années 70 et 80), Stella MacCartney et Phoebe Philo (période que j'ai connu et adoré, il y a 5 ans). Selon moi, le romantisme rock et sophistiqué qu'avait apporté à Chloé Phoebe Philo, a placé cette marque dans le luxe branché. Deux qualités pas toujours réunies. Maintenant, beaucoup de choses sont restées, mais simplifiées. Les robes et les vestes, spécialités de Chloé, sont ravissantes. Des robes imprimé fleuri, en matière floue (Phoebe Philo utilisait beaucoup l'organza), sous de magnifiques vestes ou manteaux, toujours oversize et à la coupe parfaite. Les empiècements et la broderie anglaise ornent les robes, donnant une allure à la fois hippie et dark (n?8/32). Tous les modèles pratiquement se déclinent en bleus foncés et profonds, jusqu'au noir. Les jupes, comme chez Chanel, se portent courtes sous de longs manteaux. Cela est sans nul doute "pretty", mais assez sage. La grande maison Hermès exposait les modèles dessinés par Jean-Paul Gauhtier (pour la sixième année). Une allure cherokee, jupes à frange coupées en biais, sur bottes en daim étroites. Les peaux et les fourrures sont la spécialité d'Hermès, donc passons sur les multiples cuirs utilisés. L'autre tradition d'Hermès, que j'apprécie nettement plus, le cachemire, qu'il soit manteau, ch?le, plaid & autres doudous. Gauthier reste fidèle à la maison en variant sur le thème des trenchs, blazers et cardigans. Les silhouettes deviennent elfiques, enveloppées de ces tissus moelleux (n?40 et 41/57). Quelques motifs orientaux viennent rehausser les tons marrons et beiges, marrons et noirs. Figure incontournable, John Galliano n'est pas un créateur que j'aime personnellement (je n'en porterais pas, ou juste pour faire le show), mais il est intéressant à suivre dans son extravagance. Une chose le rachète complètement à mes yeux, c'est que ses robes ont comme été faites sur mesure pour une amie à moi, sur elle, l'effet est bluffant, somptueux. Sinon, le défilé montre des tenues qui appartiennent plus aux costumes qu'aux vêtements. Entre l'opéra chinois et le néo-cabaret, les couleurs sont franches. Un sublime gilet en cachemire gris p?le arrive brusquement, au milieu de ce carnaval (n?17/53). Option années 80 : les collants opaques flashy (rouge, violet, bleu électrique...) qui viennent contraster avec les tenues, elles-mêmes de couleur vive & opposée. La fin tourne à l'opéra rock et Galliano reste celui qui offre le plus de spectacle (spectaculaire) dans ses créations.