Thomas versus Lelu.

Vernissage : mercredi 12 mars 19h. Galerie E.L.S. 14-16 rue de Verneuil. (7e).

Le livre : (Jacques Daniel versus Nick Oussama), L' exposition (Chris Buren versus Jeff Wool)

"Il rêvait d'être cascadeur et c'est d'ailleurs la posture qui pourrait définir sa démarche artistique. Il a fait de l'ironie son outil, son médium, sa couleur. L.V.M.H.O.O.Q, Air de Paris Hilton, warholatwanadoo.fr, manuel de la photo ratée. Aucun mariage n'est impossible pour Thomas Lélu. Collision de mots, d'images et de concepts, il crée ses figures libres, recompose, confronte sans complexes l'histoire de l'art, la litttérature, l'actualité, les gossipsâ?¦ pour inventer sa réalité plastique. Thomas Lélu ne répond clairement pas à l'idéal de l'artiste maudit. Il revendique haut et fort son rejet du labeur, du travail fastidieux et des contraintes pour jouir du danger de la légèreté. La nouvelle série d'?uvres présentées chez Léo Scheer confirme le caractère jubilatoire de l'acte de création pour Thomas Lélu. Après avoir bu le pot de peinture, il vide ses tubes et compose ses toiles dans une frénésie excessive de matières et de couleurs. Une multitude de petits tas, de t?ches, de p?tés de peinture rose, jaune, violet, bleu, indigo, rougeâ?¦à qui il arroge le droit de se répandre entre eux, ou même de déborder de la toile. Des peintures bubble gums comme un clin d'?il anti pollock, une accumulation de tubes en rérérence insolente à Arman, de standards, pour un bootleg pictural, un festin graphique. Le choix de la peinture n'est pas un hasard dans le parcours de Thomas Lélu, mais le début de son histoire aux Beaux Arts avant qu'il ne décide d'opter pour le graphisme et la communication. Il y revient aujourd'hui débarassé de l'angoisse de mal faire, après l'avoir dompté en plusieurs phases ; D'abord comme un outil typographique pour ses grandes toiles écrites (Ready Made in China, Cosmic Jaggerâ?¦), une technique graphique dans le clip 78/2008 pour Philippe Katerine, où la peinture est comme un surligneur. Comme un geste symbolique dans l'autoportrait le représentant en train de boire un pot de peinture. Dans ses nouvelles toiles, il rend à la peinture son libre arbitre, lui donne une mobilité autonome et entre dans un dialogue physique avec elle. Le même esprit est à l'?uvre dans ses portraits de Playmate Playboy des années 60 dont il s'est chargé de revoir la palette graphique. Des confettis de peintures dégoulinants rectifient l'équilibre auparavant parfait de l'image ou la camouflent totalement pour ne suggérer qu'un mouvement. Il y a dans le travail de Thomas Lélu l'éloge du désordre et de la provocation. Une volonté insatiable d'allumer tout discours un peu trop sérieux et de sillonner le fil du rasoir avec une précision franche et tranchante, d'écrire tout simplement Et Merde et de l'accrocher".

Jérôme Sans