Je poursuis mon idée de publier un Traité de savoir vivre à l'usage de la blogosphère, dont l'auteur serait un collectif sous le pseudo de Raoul (avec l'aimable autorisation de Stalker). Ce "traité" se présenterait sous la forme d'une liste de termes, de vocables dont la définition est à reformuler et à repenser, en fonction des nouveaux usages apparus sur le net. Ainsi, "modération" : le Petit Robert donne comme origine moderacion (1.355) du latin moderatio: Caractère, comportement d'une personne qui est éloignée de tout excès. Je note un exemple pour "modérer", donné par le Robert, et qui pose tout de suite problème : "action de rendre moins rigoureuse une règle".

De son côté, Wikipedia, propose ceci :

Définition : La Modération d'informations, par un modérateur, consiste à accepter ou refuser intégralement ou partiellement la publication d'une information déposée par un utilisateur sur un site web.

Processus : Un utilisateur du système de publication utilise une interface de saisie d'une nouvelle information (article, critique, actualité, photo, séquence vidéo... ) une fois l'information rédigée et validée par l'utilisateur, un système d'alerte ou notification prévient un responsable (appelé modérateur du site) qu'une nouvelle information est disponible le modérateur utilise une interface spéciale 'dite interface de modération' pour indiquer au système de publication si l'information est valide ou non selon les systèmes de publication, l'auteur peut être prévenu de la décision du modérateur, parfois avec un message indiquant le motif de refus, le cas échéant.

Types de modérations : Une information qui est modérée avant d'être publiée est qualifiée de modération a priori. Par contre une information peut être publiée dès sa soumission par un utilisateur du système de publication du site web ; ce n'est éventuellement qu'ensuite que la modération peut intervenir dans une modération a posteriori. La modération a priori est souvent exploitée pour la publication d'articles (actualités, critiques, analyses...). Elle permet de laisser n'importe quel internaute proposer une information à publier, sans contrôle, puisque c'est lors de la modération que seront effectués les contrôles comme : vérifier que l'information reste légale (pas de discrimination raciale, pas d'atteinte à l'ordre public, pas de pédophilie...) s'assurer que l'article est en adéquation avec la ligne éditoriale du site.

La modération a posteriori est plutôt employée pour les commentaires que peuvent laisser les visiteurs au sujet d'un article. Dans ce cas, il est parfois prévu qu'une alerte soit envoyée par courrier électronique à l'auteur de l'article, afin qu'il puisse intervenir en cas d'abus (ex. : spams dans les commentaires)."

Il est clair qu'entre ces deux champs (celui du Robert et celui de Wikipedia) il existe une béance, un vide, qui peut être celui de notre réflexion. Comment se redéfinit l' "excès" en matière de commentaires? Je pense, par exemple, à ce qui vient de se produire dans le domaine très "modéré" de la recherche en biologie moléculaire. De quel côté est l'excès? Dans le débordement blogosphérique qui a permis de démasquer, en quelques heures les "copier-coller" ayant donné lieu à la publication de cette démonstration scientifique de l'existence de Dieu, ou dans celui de la revue Proteomics et de son blog, qui semblent effectivement avoir été débordés?

Quel doit être le "bon usage" de la "modération" sur un blog?

J'aimerais bien que dans ce "traité" on ne sélectionne que des mots aussi riches, complexes et esthétiques que "modération" car le problème, avec le vocabulaire du net, c'est qu'il est souvent laid et superficiel.