Il était étendu à plat ventre sur les aiguilles de pin, le menton sur ses bras croisés et, très haut, au-dessus de sa tête, le vent soufflait dans la cîme des arbes. Le flanc de la montagne sur lequel il reposait s'inclinait doucement mais, plus bas, la pente se précipitait, et il apercevait la courbe noire de la route goudronnée qui traversait le col. Un torrent longeait la route et, beaucoup plus bas, en suivant le col, on apercevait une scierie au bord du torrent et la cascade du barrage, blanche dans la lumière de l'été.

Pendant que l'histoire réacteur plein du vent de la mort riveront seuls mercredi 15 h 58 Quiberon. Prière télépho la mer. (La fiole vide, folie, tout ce qui reste du ch? c'est fou ce que vous me manquez à Tokyo, je vais dire u à Laon via Mitry Corcy n? 3994372 versement payé jusqu'au ère Colette, comme tu vois, la canne à pêche a de multip Kao est le degré suprême du fouting... Avant Kao il n'y de la menue mort devant le feu à la limite l'air libre b dis-moi dira-t-elle pourquoi les dieux perdent leur peau bien dans l'Humidité. Envie de te voir, de dessiner pour ous voici verticaux sous l'étoile et la beauté nous a bl à Bruxelles...? Frédéric l'invite avec joie. + vous deux mon amour V. n'est pas venu j'en profite pour aller chez Pauvert Parménide Pieyrre de Mandiargues, Pont-Neuf. "Un ême de loin 1 homme peut tjrs sentir la venue des dernie l'homme est un anus baîllant sur le ravage de mou non la xtraits du corps...... 21. Grand arbre blanc...... 67. Av otal HT ...... Frs 1 100,00. TVA 17,60 % ...... Frs 1 293,60. enêtres en boîte" : 1gd dessin & 1 dessin moyen.... 2 000 F dis-moi dira-t-elle pourquoi les dieux perdent leur peau pendant que l'histoire réacteur plein du vent de la mort.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon ?me. Lo-lii-ta: le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.
Une autre l'avait-elle précédée ? Oui, en fait oui. En vérité, il n'y aurait peut-être jamais eu de Lolita si, un été, je n'avais aimé au préalable une certaine enfant. Dans une principauté au bord de la mer. Quand était-ce ? Environ autant d'années avant la naissance de Lolita que j'en comptais cet été-là. Vous pouvez faire confiance à un meurtrier pour avoir une prose alambiquée.
Mesdames et messieurs les jurés, la pièce à conviction numéro un est cela même que convoitaient les séraphins, ces êtres ignares, simplistes, aux ailes altières. Voyez cet entrelacs d'épines.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z , . ; : ? -

A ?ne, ..., Z zèbre.

(maître corbeau sur un arbre perché dessinait un mouton...etc)

C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit.
Ma mère Jézabel devant moi s'est tenue
Tenant dans son bec un fromage.

L'air était froid, brumeux, humide, désagréable. La campagne avait l'air mal cuite, son jus cru giclant de toutes parts. J'expulsai de mon mieux cet air détrempé en boutonnant ma longue jaquette croisée ' mon manteau descendait si bas que je ne le portais qu'en carriole ' et, piquant avec dépit mon b?ton d'épine dans le sol spongieux, je ployai ma forme bleue pour gravir le versant abrupt. Cette posture laborieuse me faisait pencher la tête vers le sol comme si j'avais été en train de donner du front contre l'univers. Je notai le fait, mais me contentai d'émettre un ricanement sinistre.

Qu'est-ce qu'un Gom Jabbar ?

Voici le jour en trop : le temps déborde.

J'y trouvai tout Versailles rassemblé, ou y arrivant; toutes les dames en déshabillé, la plupart prêtes à se mettre au lit, toutes les portes ouvertes, et tout en trouble. J'appris que Monseigneur avait reçu l'extrême-onction, qu'il était sans connaissance et hors de toute espérance, et que le roi avait mandé à Mme la duchesse de Bourgogne qu'il s'en allait à Marly, et de le venir attendre dans l'avenue entre les deux écuries, pour le voir en passant.
Le spectacle attira toute l'attention que j'y pus donner parmi les divers mouvements de mon ?me, et ce qui tout à la fois se présenta à mon esprit. Les deux princes et les deux princesses étaient dans le petit cabinet derrière la ruelle du lit. La toilette pour le coucher était à l'ordinaire dans la chambre de Mme la duchesse de Bourgogne, remplie de toute la cour en confusion. Elle allait et venait du cabinet dans la chambre, en attendant le moment d'aller au passage du roi; et son maintien, toujours avec ses mêmes gr?ces, était un maintien de trouble et de compassion que celui de chacun semblait prendre pour douleur. Elle disait ou répondait en passant devant les uns et les autres quelques mots rares. Tous les assistants étaient des personnages vraiment expressifs, il ne fallait qu'avoir des yeux, sans aucune connaissance de la cour, pour distinguer les intérêts peints sur les visages, ou le néant de ceux qui n'étaient de rien: ceux-ci tranquilles à eux-mêmes, les autres pénétrés de douleur ou de gravité et d'attention sur eux-mêmes, pour cacher leur élargissement et leur joie.
Mon premier mouvement fut de m'informer à plus d'une fois, de ne croire qu'à peine au spectacle et aux paroles; ensuite de craindre trop peu de cause pour tant d'alarme, enfin de retour sur soi-même par la considération de la misère commune à tous les hommes, et que moi-même je me trouverais un jour aux portes de la mort. La joie néanmoins perçait à travers les réflexions momentanées de religion et d'humanité par lesquelles j'essayais de me rappeler. Ma délivrance particulière me semblait si grande et si inespérée qu'il me semblait, avec une évidence encore plus parfaite que la vérité, que l'État gagnait tout en une telle perte. Parmi ces pensées, je sentais malgré moi un reste de crainte que le malade en réchapp?t, et j'en avais une extrême honte.
Enfoncé de la sorte en moi-même, je ne laissai pas de mander à ma femme qu'il était à propos qu'elle vînt, et de percer de mes regards clandestins chaque visage, chaque maintien, chaque mouvement, d'y délecter ma curiosité, d'y nourrir les idées que je m'étais formées de chaque personnage, qui ne m'ont jamais guère trompé, et de tirer de justes conjectures de la vérité de ces premiers élans dont on est si rarement maître, et qui par là, à qui connaît la carte et les gens, deviennent des indictions s?ures des liaisons et des sentiments les moins visibles en tous autres temps rassis.

Mais elle est dans le cyberespace, pas le paradis, et elle sent l'emprise des systèmes.

Et je flattai d'un doigt rapide, pour commencer, sa délicate oreille. Il tressaillit et se détourna, d'un mouvement de femme tentée. -Mon chéri... Il fit "non, non", de la tête, et m'avertit sourdement : -Prends garde ! Ce n'est encore une fois que du désir... Il reconquérait, du regard, ce qu'il préférait en moi, mes épaules, ma gorge, mes mains qui se joignaient pour ne pas le caresser trop vite... -Je te dis, tu mentends, que ce n'est que du désir ! - Oui, oui, fis-je d'un signe. La main de mon maître s'abattit sur moi. -Cela te suffit ? cela te suffit ? c'est tout ce que tu veux de moi ? c'est tout ce que tu m'apportes ? Sans force pour mentir, je me mis dans ses bras, et je fermai les yeux pour qu'il ne vît pas que c'était mon ?me que je lui donnais.

Le Littré, c'est Alice au pays des merveilles. Consulter le Littré, c'est suivre le Lapin Blanc aux yeux roses, c'est passer de l'autre côté du miroir. Un mot vous trotte dans la tête, « grandin », par exemple, et vous désirez en savoir le sens exact. Vous ouvrez le deuxième tomede votre Littré à la page 1826, et vous lisez cette définition : « Dandy ridicule ». Surtout, ne refermez pas le volume et poursuivez votre lecture, car c'est maintenant que l'aventure commence. Quand vous cherchez un mot dans le Littré, lisez la page entière. Ainsi, sur la même colonne que « grandin » et « ganache », vous trouverez un mot bizarre qu'assurément vous ne connaissez pas : « gamomanie ». La gamomanie, c'est une « forme d'aliénation mentale caractérisée par une monomanie du mariage, qui porte les malades à faire des démarches extravagantes pour demander toutes les femmes en mariage ». En souriant, vous notez cela dans votre carnet noir, mais déjà vos yeux sont captivés par la colonne voisine, presque entièrement consacrée au mot « gamme ». Cette fois encore, vous noterez dans votre carnet une charmante trouvaille : désormais, vous saurez qu'au lieu d'écrire « réprimander », ou « gronder », ou « dire ses quatre vérités », vous avez une quatrième tournure, si amusante et vivante, à votre disposition : « Si je rencontre ce monsieur Mirobolan, je m'en vais lui diablement chanter sa gamme ». Vous pouvez continuer ainsi jusqu'à ce que le jour se lève : chaque page de cette caverne d'Ali-Baba de la langue française qu'est le Littré vous offrira des trésors nouveaux et des joies insoupçonnées.

La lecture du Littré est une vraie délivrance, car elle nous vaccine pour toujours contre la laideur imbécile des mots gélatineux , des solécismes à la mode et des grotesques barbarismes qui semblent former toute la langue de tant de nos contemporains, vous savez bien, le style : « Un mec cool, ras-le-bol de flipper au niveau de la communication, cherche nana libérée pour assumer leur vécu et s'éclater ensemble. » L'identité, c'est la mémoire, et ce grand mémorial de la langue fraçaise qu'est le Littré nous rend nos racines, notre passé, nos fidélités les plus hautes. Quand je suis guetté par le désespoir, et que je sens que tout m'échappe, mes amours, ma vie, je ne prends pas un médicament sédatif, j'ouvre mon Littré, et je retrouve la source jaillissante, et la sève, et la rigueur, et le champ merveilleux du possible.

A tous les niveaux de civilisation, depuis les temps les plus reculés, l'une des préoccupations fondamentales de l'homme a été la recherche de ses origines.

Au commencement était le verbe.

Quand je serai mort, dites au doux royaume de la terre que je l'aimais plus que je n'ai jamais osé dire.

Suis-je le gardien de mon frère ?

Dans la vallée se trouvent deux étangs. L'étang du bas brille comme rempli d'argent en fusion, mais l'étang du haut est d'un vert sombre comme la mort, renfermant le reflet des montagnes dans son silence. Mon visage est gluant. Derrière moi, il y a du sang sur les touffes d'herbes que je viens de franchir. Des gouttes qui ont l'air de vouloir se mettre en mouvement. De nouveau, la tiède pulsation du sang vient engorger mes narines. Affolé, j'attrape le bout de tissus de ma ceinture pour me boucher le nez. Je me laisse tomber sur le dos. Le soleil ne me touche pas directement, mais le vert du feuillage traversé par les rayons m'éblouit. Le flot de sang, freiné à mi-chemin dans mes narines, recule maintenant dans un mouvement désagréable. En respirant je sens la masse remuer. Le chant des cigales brunes assourdit l'air de la montagne. Soudain une cigale verte se met à pousser un cri, comme si quelque chose l'avait effrayée. L'atmosphère est tel que la moindre aiguille qui tombe semble devoir causer un désastre, en cette fin de matinée du mois de juillet. Couvert de sueur, je reste étendu, livré au tintamarre des cigales, à l'oppression du vert, à la tiédeur du sol, aux battements de mon c?ur, qui pêle-mêle s'amalgament dans ma tête, pour se figer en un point lumineux. Se figent-ils vraiment, J'ai à peine le temps de me le demander que tout semble se disperser et s'en aller. Comme immatériel, je suis attiré dans le ciel, confondu avec l'immensité. Monsieur, Monsieur-eu-eur. ho-oooh petit Monsieur ! Ce cri venant du cimetière me mit debout d'un bond. Ayant entetndu qu'on m'appelait, je dévalais la pente sans perdre de temps. L'étang aux reflets d'argent se mit à pencher, à s'ébranler puis disparut. je dérapais sur les feuilles mortes qui restaient de l'année précédente. Le matin qui a suivi le jour des obsèques de mon grand-père, nous étions venus là pour récupérer ses ossements; et alors que nous étions en train de remuer la cendre calcinée encore chaude, je m'étais mis à saigner abondamment du nez.

Indessen wandelt harmlos droben das Gestirn.

Comme j'étais le troisième garçon de la famille, et que je n'avais fait l'apprentissage d'aucune profession, je commençai bientôt à rouler dans ma tête force projets.Mon père qui était fort ?gé ,ne m'avait pas laissé dans l'ignorance;il m'avait donné la meilleure éducation qu'il avait pu,soit en me dictant des leçons de sa propre bouche, soit en m'envoyant à une excellente école publique qu'il y avait à Y...

Quel charme étrange, quelle fascination exerce le mot voyage! Et quelle magie que ce voyage lui-même! Temps clair, feuilles d'automne, air piquant...On s'enveloppe frileusement de son manteau, on enfonce son bonnet jusqu'aux oreilles, on se blottit dans un coin de la voiture. Le frisson qui tout à l'heure vous parcourait les membres s'est changé en une douce chaleur. Les chevaux galopent... Une agréable somnolence vous envahit, les paupières se ferment, on perçoit comme en rêve la chanson du postillon, le bruit des roues, le halètement des chevaux; - et déjà on ronfle appuyé sur l'épaule de son voisin.

Enfin, il se redressa, relut le paragraphe à refaire, gémit. Bon, d'accord, on allait s'y remettre tout de suite.
-Tout de suite, b?illa-t-il.
Il se leva, sortit, se dirigea vers le havre des toilettes, petit passe-temps légitime. Pour y justifier sa présence, il tenta puis feignit de les utiliser, debout devant la faïence ruisselante. Cela fait, il alla se regarder dans la grande glace. Le poing sur la hanche , il s'y aima. Ce complet à petits carrés marron clair faisait vraiment épatant et le veston dessinait bien la taille.

La condition de l'écrivain ne s'améliore pas ; elle s'empire. Au début du siècle, Anatole France évoquait ces greniers proches le Panthéon où des poètes écrivent sur des tables de bois blanc les phrases qui vont faire trembler les tyrans. De nos jours, les poètes ne font plus trembler personne, au moins en Occident.

Mme de Bricoule, sa mère, était folle de joie quand il rapporta la médaille que lui avait valu son élection comme président de l'Académie du collège : elle voulait, rien de moins, qu'elle f?t mise dans une vitrine du salon, avec les croix de Saint-Louis et les Légions d'honneur de la famille. "Hélas ! se disait Alban, que ne faudra-t-il pas briguer plus tard pour la rendre heureuse !" Il distinguait bien, déjà, que ce sont les parents, les épouses, les enfants, les maîtresses, qui vous engluent dans une merdouille de petits honneurs. Et c'est la solitude, cette aile, qui vous en tire et vous soulève.

Mais quand Alban commença de le baiser au visage et dans les cheveux, Serge eut d'abord, surpris peut-être par la violence de ces baisers, peut-être par cette même obscurité qui enhardissait son partenaire, ou bien comme s'il ne voulait pas voir ce qui se passait, un réflexe de gosselot de neuf ans, tout frais en ces choses : cachant sa figure sous ses petites pattes tachées d'encre, tout de même qu'un boxeur se couvre, ou qu'un jeune chat croise ses pattes par-dessus la sienne, avec un fou rire, le petit rire saccadé, ininterrompu et bête, de quelqu'un qui est mal à l'aise. Et peu à peu, dans un absolu silence, les mains levées s'abaissèrent et le rire cessa. Alors il s'étira, se poussa, s'encoigna, s'installa encore un peu plus, et Alban le serrait toujours davantage contre soi, remontant ses mèches, dénudant ce front imprévu, grattant le sommet de sa nuque (mais quid de la célèbre bosse, révélatrice de lubricité infinie ? Rien, il faut le dire, rien...), découvrant un nouveau visage, qu'on ne connaissait pas, qui n'était qu'à lui seul, et que les lumières de l'avenue tantôt éclairaient, tantôt rejetaient dans l'ombre. "J'aurais vu enfin tourné vers moi ce visage que je n'ai jamais vu tourné que vers ce qui n'est pas moi." Et c'était, pour l'un et l'autre, la première fois de gestes qu'ils allaient recommencer toute leur vie.
(...) Serge attira la tête d'Alban, et leurs bouches se joignirent, manifestement inexpertes en cette affaire. "Quand ce n'est pas sur la bouche, ce n'est pas embrasser", dit pourtant Serge. L'odeur de sa bouche était bonne. Ensuite ils se détachèrent et se turent, chacun d'eux stupéfait de la tendresse de l'autre. Ensuite Alban le baisa beaucoup dans le cou et dans les cheveux ; ses cheveux n'avaient presque pas d'odeur, mais cette petite odeur était différente à l'orée du front et sur le plein de la tête : ici délicieuse, et là sans go?t particulier. É chacun de ses gestes de tendresse, Serge répondait par un geste semblable, copié qu'il était sur le sien : il les apprenait à mesure.

La marquise sortit à cinq heures. Aussi sec, je lui filai le train.

C'est lourd, parfois, de porter tous les rêves du monde.

Le cerne gris de mer, mauve, violet. Le cerne aveu. Le cerne négligence. Le cerne lassitude. Le cerne seul qui donne à l'oeil son humidité éblouissante, pathétique, le cerne approfondissant l'effet brillant et voilé du regard, le cerne bleu et gris sous le regard comme la marque la plus secrète de la coupable. Pour l'heure, la coupable, qui mange comme chaque jour à l'Hôtel Helvétique, à la même heure, à la même place. Plutôt fine, les cheveux courts, les gestes lents et nets, et depuis le début de la semaine, sous les yeux gris, deux longs cernes, curieusement lourds dans cet étroit visage, et qui le chargent, pour moi, d'une épaisseur presque insupportable dans cet éclairage. Quant à savoir qui est cette mangeuse cernée, c'est une autre affaire et le voyeur ne s'en mêlera pas. Le cerne abolit les catégories. C'est une jeune femme cernée. Voilà. Je sais seulement qu'elle se prénomme Tina.

Dans cette quête de vérité, Aude tente d'analyser ce qu'elle ressent. Est-ce l'amour qui l'emplit à la fois de joie et d'amertume ? Le surlendemain, une fois s?ure de sa décision, elle appelle Claude : « C'est oui, Claude, lui dis-je. » Leur amour est extrêmement pur et se situe très loin au dessus d'elles, « comme le soleil, ou comme la mer ». Il reste secret jusqu'à ce qu'elles décident de vivre ensemble, loin de tous. La petite maison de campagne d'Aude en Ile-de-France est le lieu idéal.

Le récit de ces semaines dévoile le plus grand bonheur qu'Aude ait jamais connu, une illusion d'éternité et de certitude. C'est pourtant elle qui un soir prononce des mots irréparables.

Il était un peu bizarre. Un de ces personnages jetables de deux ou trois jours. Maintenant, il est mort. Mais il ne peut pas les mettre dans ses tiroirs, ceux-ci sont pleins. Et d'ailleurs, il y habite. Il a jeté l'autre réalité. En certaines régions suisses, cet idiome intransitif. Il en reste fatalement quelque chose. Tout le mental est ainsi, pentes qui dérivent et s'écartent lentement, plus rien à y faire. Hormis écrire et susciter des personnages pour gérer à peu près, en attendant le moment approprié. Avant, l'idée de publier, comme espoir d'une colle miracle pour se réunir. Seulement, même cela ne marchera pas, aucun effet à attendre, il vient de le comprendre. Maintenant, chien crevé au fil de l'eau. Et peut-être heureux. Avec une idée : tout sacrifier pour l'enfant. Style, thèmes, structure. Lui donner un écrivain privé capable de refaire son histoire. Pas la vraie, bien s?ur. Inventer une autre réalité, à peu près acceptable. Ou au pire, un mélange des deux. Morphine, elle et lui, dans ce halo blanc et bleu et pur, contre tous les dangers d'autrefois. Guetter si longtemps la grille d'entrée, au bout de l'allée, attendre de les voir approcher en les rêvant, et jamais ils n'étaient venus. Seulement Vorkan. Il l'appelait ainsi parce qu'il avait vu ce mot quelque part et il lui plaisait. Vorkan était ce chien errant b?tard qui approchait parfois de la grille du foyer où il avait été placé par le juge après le meurtre, et lui allait le caresser, et Vorkan le sauvage léchait ses doigts comme s'il l'avait reconnu, et peut être Vorkan et lui s'aimaient comme les amis de mille siècles doivent s'aimer. On lui avait dit : « Tu es ce genre de garçon intelligent qui peut faire des études et tu verras, tout ira mieux un jour ». Le jour où on vint le chercher pour l'emmener ailleurs, parce qu'il avait grandi et qu'il devait aller dans ce collège spécial près de Genève, ville de l'étrange Confédération, ce collège où l'on redressait les garçons, Vorkan n'était pas là, et peut-être que Vorkan vint les jours suivants et fut étonné de l'absence du garçon en rêvant à lui et l'attendant à son tour. Et peut-être Vorkan attend encore. Oh, Vorkan, je ne t'ai pas oublié. J'ai été là quand tu m'espérais. Je te jure que j'étais là, dans ma tête et je ne t'ai pas trahi. Ce sont les grands qui m'ont forcé à partir sans te dire au revoir. Jamais je ne deviendrai comme eux. Et c'est vrai qu'il est presque fou. Comment peut-on être autant dans une seule tête ? Un dangereux essaim de frelons. Il a fait cela parce qu'il le fallait. Elle était dangereuse. Elle donnait les coups de poing. Et c'est quand même elle qui s'est jetée sur le couteau. Il ne l'a pas fait exprès. Il l'a dit au juge. Le juge écoutait, avec les autres adultes, de l'autre coté de la table. Il y avait ce genre de tapis vert, très beau et impeccable, si doux et feutré au toucher. Et le juge et les autres gens paraissaient gentils. « Tu as presque dix ans ». Peut-être qu'ils voulaient comprendre. Mais c'est étrange, plus ils se montraient gentils avec lui, plus il se sentait coupable. Plus tard, les adultes ne parlaient presque jamais de ça devant lui, et quand ils en parlaient, ils disaient : « Ce qui est arrivé », comme si un autre que lui avait fait cela, ce qui ne devait pas être fait. Qui était coupable ? Et lui, qui est-il à présent ?

Que l'on soit absolument unique, figé dans l'espace vide de sa solitude et en même temps bel et bien égal à tout autre, voilà l'incontournable message de Gâ?¦â?¦â?¦ Message apaisant, mais à la seule condition de se réduire, soi, comme ses sculptures, à l'os. Il n'y a aucun doute que tout modèle étant pour Gâ?¦â?¦â?¦égal à tout autre, son poing de fer pesait non pas sur votre esprit, qui s'en sentait au contraire léger, mais sur vos épaules, comme il l'avait souhaité à 24 ans. C'est le corps qui se démontait sous son regard afin d'être remodelé comme lui il le voyait : « â?¦les têtes toutes petites, toutes petitesâ?¦

Écris notre histoire perdue, éveille nous, mon frère et moi d'entre les morts, fais que cela soit, et toi aussi tu vivras.

A quoi ça sert d'écrire?

Le désir poétique est quelque chose qui prend très tôt et très fort, qui forme très tôt la nature, qui impose sa loi à votre vie. Comme la poésie est l'art de mettre en rapport les choses les plus contraires, d'imprimer une vitesse au monde, de le ralentir ou de l'accélérer, son mouvement est tout différent, non pas du mouvement de la science, mais de son enseignement. Ce n'est pas que la science m'ennuie, bien loin de là, mais je n'aurais pas eu la patience d'en apprendre les fondements, et c'est un des grands tourments de mon existence. La poésie, c'est l'impatience ; après, le travail est patience ; mais, dans la phase vraiment inspiratrice, si je puis dire, la vision est tellement rapideâ?¦ É ce moment-là, toute décomposition de l'image ou du geste apparaît comme une sorte de trouble-fête. â?¦ Aujourd'hui on fait de la poésie au lycée, ouvertement ; autrefois ' même si, mes premières poésies, je les montrais au supérieur du collège qui me faisait appeler de l'étude vers son bureau pour les lire ' la poésie, on la faisait en cachette, on peignait en cachette, on faisait de la musique en cachetteâ?¦ C'était une activité qui se gagnait, pour laquelle il fallait trouver des ruses, pour laquelle j'ai vraiment toute ma vie de collège trouvé des ruses. Il fallait du reste pratiquement tout cacher et, dans l'ensemble, c'est un très mauvais souvenir ; ça laisse une vision désordonnée, délétère presque de cet ?ge de toute façon terrible qu'est l'adolescence, où ce désir de poésie est tellement attaqué par les autorités du moment, alors que dans l'enfance, vous le ressentez comme un don du ciel. â?¦ Il est absolument impossible d'obtenir d'un enfant qui entre dans ce désir de poésie, d'art, qu'il se soumette déjà. C'est une activité qui apprend l'insoumission, vraiment.

Rien dans mon cas n'a encore décidé de tout.

Enfin, un petit verre de pastis bien frais, quelques olives. Vera ouvrit tout grand le jet de la douche, et laissa les douces effluves entrouvrir ses jambes. Elle rêvait d'amours saphiques, sans oser se l'avouer. Le vieux Geoges ne savait plus comment la combler, son amant Christian venait rarement la visiter. Il lui restait Laurent Ruquier à mater devant son téléviseur, et la lecture de son magazine préféré. Elle écrivait hier encore à son ami de Saigon...

C'est un jeune philosophe roumain qui parlant à une amie commune lui dit en lisant quelques lignes que j'avais écrites (à propos de quoi, je ne sais plus) "Tu vois, quand elle écrit, ses mots signifient quelque chose." Ou à la même époque, un homme avec qui je vivais qui me disait, "je n'ai pas besoin de te lire, je sais de quoi tu es capable". Ca s'est g?té depuis. Dans le sens où plus personne ne me dit rien. Ou presque.

Après s'être aspergée longuement à l'eau glacée, elle sortit de la douche avec précaution et heurta le tabouret couleur bleu nuit où elle avait déposé sa trousse de soins qui tomba sur le carrelage mouillé en répandant tout son contenu. Pestant contre sa gaucherie, elle se baissa pour tout rassembler en se retenant au rebord de l'évier qui se trouvait en face de la porte. La croupe en l'air, s'efforçant de ne pas glisser, elle tendit la main pour se saisir de son peignoir de bain. Ce fut le moment que choisit Georges pour pénétrer dans la salle de bains non sans avoir, au préalable, frappé trois légers coups à la porte. Georges était un monsieur bien élevé. - Je vous ai préparé un pastis sur la terrasse, très chère, la glace va fondre voyons ! Georges qui détestait les familiarités avait opté pour le vouvoiement estimé plus aristocratique. - Vous en mettez du temps pour de simples ablutions, fit-il de sa voix grave et chantante en s'approchant doucement. C'était sa voix qui l'avait tant séduite la première fois qu'elle avait fait sa connaissance lors d'un congrès sur la sorcellerie en Belgique. A Ouffet, un ravissant hameau où elle avait grandi, devenu depuis, le fief des passionnés d'ésotérisme. Mais pourquoi après six années de vie commune, Georges ne savait-il toujours pas combien elle avait le pastis en horreur ? L'alcool lui donnait des maux de tête comme le champagne. Elle soupira avec lassitude et voulu enfiler son peignoir quand d'un geste vif Georges lui saisit le poignet comme s'il voulait l'en empêcherâ?¦

Le philosophe Eric Weil, mort il n'y a pas longtemps, a donné une excellente définition de la violence. Elle consiste, d'après lui, dans l'acte ou la parole qui ne fait pas participer autrui à son élaboration. Si j'agis en étant le seul à agir ou en utilisant autrui à réaliser ce que je décide, seul, de faire, je suis violent, car autrui devient moyen, objet pour moi. Pour qu'autrui ait un dialogue avec moi, il faut qu'il participe à l'élaboration du projet lui-même et à ses modalités d'application. C'est ainsi seulement qu'il participe à la responsabilité et c'est par là qu'il peut et doit entrer dans le dialogue.

Au début, au commencement (comme dirait l'autre ou L'AUTRE) l'écriture, la sienne se vit tantôt avec désespoir parce qu'on n'y arrive pas, qu'on trébuche, qu'on travaille tant qu'on en oublie tout le reste, et tantôt avec jouissance et le bonheur pas assez savouré de savoir qu'on vous attend. Après, bien après, on vous attend moins ou plus du tout. C'est une déchirure. peut-être l'écriture, la mienne dans le cas présent, s'en trouve-t-elle meilleure. Ce serait au moins une consolation.

Écrire haricot ce n'est pas en manger c'est plutôt la faim assurée la fin des haricots.

Les phrases qui font écrire les écrivains : celles qui n'étaient pas écrites.

Il avait sondé cet abîme, et s'il avait été épouvanté de sa profondeur, y pressentant cette revanche terrible d'un Providence qui punit le péché par le péché même et nous écrase le coeur sur ce que notre coeur a le plus aimé, il s'était dit aussi pourtant que cet amour, monstrueux comme tout sublime qu'on déplace, était peut-être une voie secrète - le filet tissé par les mains d'un enfant pour prendre le léviathan des mers révoltées!

Moche le dessin.

La noire aux oeufs blancs rougit dans l'eau bleu de ma vertu.

Je l'ai vue tout de suite en ouvrant la porte, elle était allongée en travers de mon fauteuil et elle avait visiblement trouvé ma dernière bouteille, elle la tenait coincée entre ses jambes.

Je suis sur terre y serais-je

Si tu n'y étais aussi.

Je suis sur terre y serais-je Si tu n'y étais aussi.

Je ne sais pas qui a posté cette phrase sublime, mais j'aimerais en connaître l'auteur.

@Léo. Et vous Léo, quelles phrases vous ont décidé à devenir éditeur ???

@Stubborn. Je ne suis pas s?ur d'y être décidé. Mais si cela venait, pour moi, ce serait : ainsi en est-il des esprits, si on ne les occupe à certain sujet, qui bride et contraigne, ils se jettent déréglés, par-ci par-là, dans le vague champ des imaginations. Ainsi quand la lumière tremblante réverbérée dans l'eau d'un vase d'airain par le soleil ou l'image des rayons de la lune voltigent çà et là en tous lieux, s'élève dans les airs et va frapper les lambris du plafond. Et n'est folie ni rêverie, qu'ils ne produisent en cette agitation, semblables aux songes d'un malade, se forgent de vaines images. L'?me qui n'a point de but établi, elle se perd : car comme on dit, c'est n'être en aucun lieu, que d'être partout. Qui habite partout, Maxime, n'habite nulle part. Dernièrement que je me retirais chez moi, délibéré autant que je pourrai, ne me mêler d'autre chose, que de passer en repos, et à part, ce peu qui me reste de vie : il me semblait ne pouvoir faire plus grande faveur à mon esprit, que de le laisser en pleine oisiveté, s'entretenir soi-même, et s'arrêter et rasseoir en soi : Ce que j'espérais qu'il p?t désormais faire plus aisément, devenu avec le temps, plus pesant et plus m?ur : Mais je trouve, toujours l'oisiveté rend l'esprit inconstant, qu'au rebours faisant le cheval échappé, il se donne cent fois plus de carrière à soi-même, qu'il n'en prenait pour autrui : et m'enfante tant de chimères et monstres fantasques les uns sur les autres, sans ordre et sans propos, que pour en contempler à mon aise l'ineptie et l'étrangeté, j'ai commencé de les enregistrer : espérant avec le temps, lui en faire honte à lui-même.

quoi?oui?non?comment?encore une question?uvous en avez pas marre des questions?

Au bout d'un instant ils virent apparaître dans le sous-bois un individu d'aspect bizarre,monté sur une petite jument maigre à tous crins que suivait un poulain batifolant.Ce personnage dégingandé, aux membres longs et grêles, portait un habit bleu-de-ciel à collet bas, des culottes collantes de maroquin jaune, des bas de cotons rayés et de mauvais souliers à l'un desquels était fixé un éperon.L'embouchure d'une clarinette sortait de la poche de sa veste; un énorme chapeau de castor, comme en portait alors les écclésiastiques, coiffait sa grosse tête ronde et prêtait une sorte de dignité à sa physionomie bonasse.Rassurés, le major et ses deux compagnes sourirent en apercevant cette figure originale.

Ces impressions de déjà vu, de déjà vécu, de déjà lu, ne sont-elles pas le reflet de la capacité de prévision de notre pensée souvent inconsciente ? Notre esprit fonctionne bien plus souvent sans notre volonté, sans notre conscient contrôle mental, il suit son propre cheminement. Notre t?che est de le suivre, parfois de le rattraper, voire même le comprendre, et de l'orienter lors de nos rares états de veille intellectuelle.

La lune pleine, ronde, argentée, éclairait d'un rayon froid la vitrine de la p?tisserie Au bon beurre devant laquelle elle faisait le guet, le visage dissimulé par la voilette de son absurde chapeau. Si elle avait été moins obnubilée par le meurtre qu'elle se préparait à commettre, elle aurait apprécié l'étrangeté presque surréaliste du décor. La lumière à la fois douce et blafarde, les rigoles gelées des caniveaux, l'aboiement désespéré d'un chien au loin, et la mystérieuse prédatrice, tout cela rappelait singulièrement l'univers d'un film noir des années trente.

vienne la nuit sonne l'heure

...et c'est ici, (aussi, en plus, entre autres) que l'on comprend pourquoi le Chef est le chef... (cf. réponse à Stubborn) Que doivent apprendre les enfants? « Ce qu'ils doivent faire étant hommes. » Ce mot, emprunté à Plutarque, qui l'a prêté au Spartiate Agésilas, résume toute la pédagogie de Montaigne. Sous la forme d'une anecdote, notre auteur détermine clairement ses intentions : « Allant un jour à Orléans, je trouvay dans ceste plaine, au deçà de Clery, deux regents qui venoyent à Bourdeaux, environ à cinquante pas l'un de l'autre ; plus loing, derrière eux, je veoyois une troupe, et un maistre en teste, qui estoit feu monsieur le comte de la Rochefoucault. Un de mes gents s'enquit au premier de ces regents, qui estoit ce gentilhomme qui venoit aprez luy : luy, qui n'avoit pas veu ce train qui le suyvoit, et qui pensoit qu'on lui parlast de son compaignon, respondit plaisamment : « Il n'est pas gentilhomme, c'est un grammairien ; et je suis logicien ». Or, nous qui cherchons ici, au rebours, de former, non un grammairien ou logicien, mais un gentilhomme, laissons-les abuser de leur loisir ; nous avons affaire ailleurs. » Gentilhomme, dit Montaigne ; le dix-septième siècle dira l'honnête homme ; Rousseau, plus simplement, l'homme. Mais, au fond, c'est la même chose que réclament ces grands esprits, c'est l'éducation générale de l'?me humaine.

En ce temps-là j'étais en mon adolescence J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus

de mon enfance

on n'est pas sèrieux quand on a dix-sept ans

Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade des Anglais... É deux pas du CUM et à trois cent de Nucéra.

Le Kremlin était comme un immense gateau tartare

Croustillé d'or

I - Empli de tristesse, le Démon, ombre bannie, survolait la terre pécheresse. Les souvenirs de jours meilleurs l'assaillaient en foule ; des jours où il brillait, immaculé chérubin au foyer de la lumière, quand la comète errante aimait échanger avec lui le salut d'un tendre sourire. Lors, à travers les brouillards éternels, avides de connaître, il suivait les caravanes mouvantes des astres abandonnés dans les espaces sans fin. Lors, il croyait et aimait, lui, le bienheureux premier né de la Création ! Il ne connaissait ni la méchanceté ni le doute, et la succession triste des siècles stériles n'affectait pas son espritâ?¦ Et tant, et tant de souvenirs, qu'il n'avait pas la force de les évoquer tous ! II - Longtemps le réprouvé erra, sans refuge dans le désert de l'univers : l'un après l'autre passèrent les siècles, comme une minute succède à l'autre, en une procession monotone. Régnant sur la terre misérable, il semait le mal sans s'y plaire. Rien, nulle part, ne résistait à ses maléfices, et il était las du mal.

C'est dans un pays dépossédé de sa langue, où le chef de l'Etat trouve légitime, et sans doute naturel, de s'exprimer en américain, et où tout le monde, de la serveuse de restaurant au gamin de la rue, baragouine une sorte d'anglais cassé, que j'ai lu Paradis De Philippe Sollers. Le contraste entre la pauvreté de ce que j'entendais autour de moi et la beauté de la langue de Sollers était saisissant. D'un côté, un infra langage imposé par des soldats et des marchands étrangers, et de l'autre l'écriture souveraine d'un poète qui appartient à une nation qui n'a jamais été conquise. Rivarol a raison de soutenir que la patrie d'un écrivain est la langue dans laquelle il écrit. Cependant, cette patrie ne se suffit pas à elle-même : l'autre lui est nécessaire. Ni Sollers ni moi ni aucun de ceux qui ont le redoutable honneur d'être des écrivains français, nous ne sommes des bulles de savon. Si singulier que je puisse être, j'appartiens à une culture et à une nation, je m'incorpore à Un héritage, à un patrimoine, à une mémoire. Une littérature n'existe qu'au sein du peuple qui la féconde et du pays qui la porte. Le siècle de Racine et de Bossuet a d'abord été le siècle de Louis XIV, et la gloire de Napoléon a exalté le génie de Chateaubriand comme le talent de Stendhal. Le jour où il n'y aura plus de France, il n'y aura plus de langue française. La primauté spirituelle et artistique d'un pays est à proportion de la postérité de celui-ci. A l'époque où la France était la législatrice de l'Europe, notre langue se parlait à Madrid et à Vienne, à Berlin et à Saint-Pétersbourg. En revanche, une France soumise à l'hégémonie étrangère n'aurait pas plus de littérature que n'en a eue la Grèce durant les siècles de l'occupation ottomane. Le combat pour la langue française est un combat politique. Le Monde 1981 ! Dix-sept ans déjà ...

Pourtant, j'étais fort mauvais poète. Je ne savais pas aller jusqu'au bout, J'avais faim.

La mer, la mer, toujours recommencée.

@Reb. Que comptez-vous faire avec tous ces extraits ? Quand faudra-t-il s'arrêter ?

@Vera. Qui s'arrête tombe. Qui tombe meurt. Qui meurt rate. Et mieux. En vérité Barberinez, je vous le dis. @Vera. Feignasse.

@Reb. Feignasse ? (soupir) Pourquoi ? (soupir) (silence)

@Reb. Même question que Vera.

Dis, Blaise,sommes-nous bien loin de Montmartre?

@Vera. Un peu d'énergie, poilue Vera. Vous êtes au front. Z'avez la goutte, ou quoi ? Remuez-vous la bouteille, vous touchez le fond.

@Béatrice Shalit. Rien. Comme ça, juste pour voir dans le moteur par où arrive l'huile. Ce coté bidouilleur de solex. Ca avance, votre roman ? Ah, vous qu' êtes une pro, une éditée, une vraie Juliette de chez Julliard, si qu'on pouvait causer façon privé en arsouilles, sans chichis littéreux... J'ai des tas de questions à vous poser sur le style, l'insertion du dialogue et aussi sur comment on peut contacter votre éditeur sans lui envoyer de manuscrit papier, vu que mes copains les arbres me font la gueule sinon, et ils me poursuivent en forêt quand je fume mes cigarettes ou que je mange mes champigons. Je veux contacter votre éditeur parce que j'ai quand même plus de talent que vous, donc il me faudrait votre place. C'est possible de voir ? Je cherche aussi du travail comme nègre à tout écrire. Ca, c'est très sérieux, je suis une plume, comme dit cette feignasse de Vera à qui on ne la fait pas. Demandez à Léo. Il m'a proposé un pont d'or pour mes mémoires d'un mercenaire au Katangé mais j'ai refusé. Pas assez de surface sur Wiki, le pauvre garçon. La diffusion ne serait pas au niveau. Et puis moi, les stagiaires... Non, Julliard-Nil-Laffont, c'est du sérieux, du solide, du gros costaud qui touche. Faut me pistonner, ma jolie Béa. Mon livre, c'est de la bombe. Et je couche, la totale (Wrath m'a dit que c'était mieux). Julliard, il aime quoi ? On signe quand ?

Je plume. Rébarbatif de lire cette antienne à couette ; légère me direz-vous. Pas chatouilleux.

@Roseau-Zorro. Ben oui, faut assumer : moi, c'est la littérature d'en bas. Le gros qui tache et qui fait des trous. Désolé pour les draps.

Douce et docile servante, terriblement exigeante. Pauvrette qui ne disait rien, qui attendait humblement, qui respectait son silence. Il fallait l'occuper. Mais à quoi ? Il ne pouvait tout de même pas la désirer à jet continu ? Alors que faire pour remplir les heures jusqu'au dîner ? Si ce silence continuait, elle était capable de lui proposer une promenade. C'était sa manie de vouloir se promener avec lui par temps aigre. Quel plaisir trouvait-elle à mettre en silence un pied en avant, puis un autre pied, et à recommencer, toujours en silence, car il ne trouvait pas grand-chose à lui dire durant ces terribles exercices de pattes lentes en avant par vent aigre. La faire lire était le plus simple. -Reprends le roman d'hier, chérie. J'aimerais entendre la suite. Et puis tu lis admirablement.

Que veut une femme; c'est la seule question à laquelle le père Lus'Tucrus n'a jamais répondu, pas même à Frangipanne, sa pauvre soeur, nouille aux oeufs. Pour l'année docte, c'est très concliché, cette affaire à vouloir rater mieux qui finira par rater moins bien, forcément et donc sera raté de ces rats et des hommes. Nous voulions préciser que pour se protéger de l'électrohypersensibilité des méchantes ondes qui partout prolifèrent en villes et campagnes, il est recommandé de placer, et bien pliée, une feuille gravée de Barberine en aluminium dans sa casquette, son bob, ou son béret selon que l'on est riche ou pas riche.

Cher Reb, qui cherche trouve. Et je crois que j'ai trouvé ! Je ne suis pas une feignasse, mais pour balayer je n'ai qu'une toute petite...brosse ! Olé les anarchistes !

S'arrêter? Continuer? Il chante à pleine gorge dans un crescendo à faire trembler tout le corps. Deux jeunes filles accompagnent son solo quand un archidiacre ramasse une charogne et la lance sur lui. Le cadavre, chien ou ragondin, atterrit sur son pantalon tout éclaboussé de sang. Le choc réveille la bestiole qui part en zigzag la gueule arrachée s'ébrouant du sang gris de son rêve noir et blanc.

je cultive ce qu'on me reproche c'est ce que j'ai de plus impersonnel et puisque décidément ces mystères me dépassent c'est que j'en suis l'organisateur.

@Léo. "Qui habite partout, Maxime, n'habite nulle part." Je savais bien qu'il y avait un hic avec ce Dieu qu'ils nomment !

@Stubborn. Je ne le fréquente pas assez pour prétendre le connaître intimement, mais je ne suis pas s?ur qu'il habite. Mais d'accord pour dire que c'est bien une idée "goy". Moi, je l'aurais fait à l'envers : "Qui n'habite nulle part, Moïshe, habite partout."

Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon coeur d'une langueur monotone, mais l'espérance est violente, aux armes etc...

Chaque jour il faut danser, f?t-ce seulement par la pensée.

@Petite soeur de Vera. Je vais vous en mettre une, de danse, si vous continuez à danser sur les f?ts. Il sont réservés pour Vera, sortez de la cave.

@?. J'aime la cave ; large et vo?tée, on y entend à merveille, à l'abri des vivants, la maison vieillir et se tasser.

@Macha. C'est de qui ? Colette ?

@Véra : resquilleuse ! Pas de commentaires, on a dit. :-)

..."On" ? C'est qui ? Finalement ? L?cheuse...

Véra. ' Asseyez-vous tous autour de la table... Là, c'est bien... Donnez-moi vos tasses, que j'y mette du sucre... É présent le thé,... puis la crème... Buvez maintenant.

Zoé. ' C'est singulier, le sucre ne fond pas.

Véra. ' Mêle bien, il fondra.

George-s. ' Mais ton thé est froid.

Véra. ' C'est parce qu'il est fait depuis longtemps.

Macha, go?te le thé et le rejette avec dégo?t. ' Ah ! quelle horreur ! qu'est-ce que c'est ? ce n'est pas du thé, cela !

Zoé, le rejetant de même. ' C'est détestable ! cela sent la craie.

George-s, crachant à son tour. ' Que nous as-tu donné là, Véra ? C'est détestable, dégo?tant.

Zoé, embarrassée. ' Vous trouvez...

George-s. ' Comment, si nous trouvons ? Mais c'est affreux de nous jouer un tour pareil ! Tu mériterais que nous te fissions avaler ton détestable thé.

Véra, se f?chant. ' Vous êtes tous si difficiles que rien ne vous semble bon !

Macha, souriant. ' Avoue, Véra, que, sans être difficile, on peut trouver ton thé très mauvais.

Zoé. ' Quant à moi, je n'ai jamais go?té à quelque chose d'aussi mauvais.

George-s, présentant la théière à Véra. ' Avale donc, avale : tu verras si nous sommes difficiles.

Véra, se débattant. ' Laisse-moi, tu m'ennuies.

George-s, continuant. ' Ah ! nous sommes difficiles ! Ah ! tu trouves ton thé bon ! Bois-le donc ainsi que ta crème.

Et George-s, saisissant Véra, lui versa le thé dans la bouche ; il allait en faire autant de la prétendue crème, malgré les cris et la colère de Véra, lorsque Macha et Zoé, qui étaient très bonnes et qui avaient pitié d'elle, se précipitèrent sur George-s pour lui arracher le pot à la crème. George-s, qui était furieux, les repoussa ; Véra en profita pour se dégager et pour tomber dessus à coups de poing. Macha et Zoé t?chèrent alors de retenir Véra ; George-s hurlait, Véra criait, Macha et Zoé appelaient au secours, c'était un train à assourdir ; les mamans accoururent effrayées. É leur aspect les enfants se tinrent tous immobiles. « Que se passe-t-il donc ? » demanda M. Léo Scheer d'un air inquiet et sévère.

Personne ne répondit.

-Pas d'affolement cher léo, un effet de leur bonté...

Le Poëte est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher

Personne ne répondit.

LEO. - Macha, expliquez-nous le sujet de votre bataille.

MACHA. - Léo, Zoé et moi nous ne nous battions personne.

LEO. ' Comment ! Vous ne vous battiez pas ? Vous teniez le bras de Véra, et Zoé tenait George-s par la jambe.

MACHA. ' C'était pour les empêcher deâ?¦deâ?¦jouer très fort.

LEO, avec un demi sourire. ' Jouer ! Vous appelez cela jouer ! Je vois que c'est Véra et George-s qui se seront disputés comme à l'ordinaire ; Macha et Zoé auront voulu les empêcher de se battre. J'ai deviné, n'est-ce pas ?

MACHA, bien bas et rougissant. ' Oui, Léo.

LEO. ' N'êtes-vous pas honteux, monsieur George-s de vous conduire ainsi ? A propos de rien vous vous f?chez, vous êtes prêts à vous battreâ?¦

GEORGE-s. ' Ce n'est pas à propos de rien, Léo ; Véra a voulu nous faire boire un thé tellement détestable que nous avons eu mal au coeur en le go?tant, et, quand nous nous sommes plaints, elle nous a dit que nous étions trop difficiles.

Léo prit le pot à la crème, le sentit, go?ta du bout de la langue, fit une grimace de dégo?t et dit à Véra : « Où avez-vous pris cette horreur de prétendue crème, Véra ? »

VERA, la tête baissée et très honteuse. ' Je l'ai faite, Léo.

LEO. ' Vous l'avez faite ! et avec quoi !â?¦Répondez.

SOPHIE, de même. ' Avec le blanc à argenterie et l'eau du chien.

LEO. ' Et votre thé, qu'est-ce que c'était ?

Véra lança vers Léo un regard de chien battu. Tout son sang afflua vers son visage et ses jambes se mirent à flageoler. Elle était morte de honte et prête à pleurer.

BARRAKI. - Et bientôt, vous allez déclarer la guerre au Soleil ?

La tristesse du monde saisit les êtres comme elle peut, mais à les saisir elle semble parvenir presque toujours.

Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. Quelque chose monte en moi que j'accueille par son nom, les yeux fermés. Bonjour tristesse. Un peu de beau temps, un bon mot, une louange, une caresse me tirent d'une profonde tristesse dont je n'ai pu me tirer par aucun effort de méditation ! Quelle machine que mon ?me, quel abîme de misère et de faiblesse.

Ceux qui pieusement... Ceux qui copieusement Ceux qui tricolorent ceux qui inaugurent Ceux qui croient Ceux qui croient croire Ceux qui croa-croa

...que maître corbeau sur un arbre perché ne laissa jamais tomber son fromage. Qui rira bien rira le dernier.

Ceux qui rient Vendredi et dimanche Robinsons C'est peut-être de la peur qu'on a le plus souvent besoin pour se tirer d'affaire dans la vie.Je n'ai jamais voulu quant à moi d'autres armes depuis ce jour, ou d'autres vertus.

Le moyen ?ge avait du bon...une petite complainte vous viviez...maintenant faut écrire des gros livres...ou des pièces de thé?tre...

Rien n'est gratuit en ce bas monde.Tout s'expie, le bien, comme le mal, se paie tôt ou tard.Le bien c'est beaucoup plus cher, forcément.

10 000 dollars!

non ...dix mille dollars... c'est vraiment rien, presque donné, c'est beaucoup plus cher le bien ,plus scheer, je m'amuse, je ris, enfin, non ,dix mille dollars, rien du tout, ça va chercher dans les, non, ça n'a pas de prix ,vous avez deviné, c'est impayable, vous reprendrez bien un peu de pastiche,euh de pastis, pour la route, allez non, on n'est pas seul, jamais, ça n'existe pas, tombe la neige, je ne viendrai pas ce soir, avec le temps, avec le temps, et passent les cocotiers, avec ou sans bécot,à la pelle elle se ramasse la feuille, mourir, je vous assure, cela n'est rien, il suffit de passer le pont, étroit, sans avoir peur...

Plus contagieuse que la peste la peur se communique en un clin d'oeil.

Mais si le clown est triste, c'est tout simplement parce qu'il est mal payé.

Quo vadis ?

Les temps sont, paraît-il, difficiles. Je n'ai pas le sentiment qu'ils le soient davantage que les époques révolues. Songeons à Protagoras et à Ovide, exilés; à Socrate, zigouillé; à Cicéron, assassiné; à Sénèque et à Pétrone, « suicidés » sur ordre ; à Giordano Bruno, br?lé vif; à Vanini, torturé (langue arrachée) et br?lé vif; à Casanova et à Sade, emprisonnés ; à Berdiaeff, banni ; à Mandelstam, mort en déportation ; et soyons convaincus que pour les esprits libres la vie en société a toujours été un exercice périlleux. »

et Gary Montherlant Deleuze Van Gogh Artaud Desnos Lévi Celan de Stael bien d'autres...

Le clown se paye de mots il est toujours trop bien payé...

Point de péril en la demeure, le professeur Nimbus était un petdeloup de l'Académie Française. Ce fut un Duc qui lui céda son saint siège.

Cela ne veut rien dire. "Difficile de dire maintenant où tout cela va m'entraîner, mais j'avance quand même, malgré les trous de mémoires, dans cette reconstruction d'une enfance, et malgré les interruptions. J'aimerais pouvoir arriver à 200 pages. Après on verra. Bon je laisse ça ici et je..."

J'ai vu pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, pervertir les ?mes par tous les moyens.Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. En voyant ces spectacles, j'ai voulu rire comme les autres; mais, , étrange imitation, était impossible.

- Société, tout est rétabli : - les orgies Pleurent leur ancien r?le aux anciens lupanars : Et les gaz en délire, aux murailles rougies, Flambent sinistrement vers les azurs blafards !

Alors, chantons tous en ch?ur ! ( ;-o)

("volé" @Christian "le Normand chou").

â?ª â?« Il était une chèvre de fort tempérament Qui revenait d'Espagne et parlait l'allemand, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Elle revenait d'Espagne et parlait l'allemand Elle entra par hasard dans le champ d'un Normand, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Elle entra par hasard dans le champ d'un Normand Et y vola un chou qui valait bien trois francs, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Et y vola un chou qui valait bien trois francs Et la queue d'un poireau qu'en valait bien autant, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Et la queue d'un poireau qu'en valait bien autant Le Normand l'assigna devant le Parlement, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Le Normand l'assigna devant le Parlement La chèvre comparut et s'assit sur un banc, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

La chèvre comparut et s'assit sur un banc Puis elle ouvrit le code et regarda dedans, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Puis elle ouvrit le code et regarda dedans Elle vit que son affaire allait fort tristement, en... Ballotant d'la queue et grignotant des dents, en Ballotant d'la queue et grignotant des dents

Elle vit que son affaire allait fort tristement Lors elle ouvrit la porte et prit la clé des champs, en...

GEORGE-S. - Véra, reposez tout de suite cette bouteille !

VÉRA. - @George-s. :-)) !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je vous soupçonne de ne rien vouloir savoir sur la divine symbolique de la chèvre... N'est-il pas ? C'est un porte-bonheur et signe de bonne longévité de lignée.

(Ave ô point d'exclamation).

Ah ? un petdeloup dites-vous ? Mais qu'est-ce ? Les Ducs préfèreraient-ils le siège aux seins ? Quel est donc ce professeur Nimbus ?

Adieu, vieillard, et pense à moi, si tu m'as lu.Toi, jeune homme, ne désespère point car, tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. En comptant l'acarus sarcopte qui produit la gale tu auras deux amis.

                      FIN DU PREMIER CHANT
                      CHANT DEUXIEME

Si tous ceux qui méritent d'aller se faire voir par les Grecs y allaient tous ensemble et spontanément , la Grèce serait trop petite pour les contenir tous à la fois et en même temps.

Pour un colonel à la retraite qui, avec brio, a commandé un régiment devant l'ennemi, rien n'est plus déprimant que de se voir réduit à commander une choucroute avec un demi dans une brasserie.

Quand les Romains franchirent le Rubicond avec leurs cantinières, les ennemis durent battre vite en retraite.

Sa famille, il s'en ressouvenait avec émotion et amour .Son opinion quant au fait qu'il devait disparaître était peut-être encore plus catégorique que celle de sa soeur.Il continua ainsi à rêvasser vaguement sans s'agiter, jusqu'à ce que trois heures sonnent à l'horloge du clocher.Il eut encore conscience de la clarté diffuse qui venait, là-dehors devant la fenêtre. Puis d'un coup sa tête retomba, malgré lui, et de ses narines s'exhala faiblement son dernier souffle.

Comme l'écrivait Léon Margarine"J'ai presqu'envie de dire que pour lire un livre initiateur il faut vouloir s'initier...Est-ce qu'il s'apercevait qu' en écrivant "j'ai presqu'envie de dire non seulement il écrivait qu'il avait presqu'envie de dire quelque chose et qu'il ne disait rien,puisqu'il l'écrivait, mais aussi qu'il sous-entendait que LUI était initié,et qu'il ne souhaitait pas jouer?...A part ça et pour continuer à "jouer", il existe près des écluses un bas quartier de bohémiens dont la belle jeunesse s'use à démêler le tien du mien,en bande on y va en voiture,ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux.Est-ce ainsi que les hommes vivent et leurs baisers au loin les suivent?oui,parce que rire est le propre de l'homme.Aime, Léon Margarine, et fait ce que veut...Mais merdre! arrête d'écrire que tu as presqu'envie de dire quelque chose et si tu as envie , presque, d'écrire merdre ,écris-le!

Les nouveaux enfants pullulaient. Un peu partout sur la planète, ils portaient un bermuda et un tee-shirt, parlaient comme leurs propres enfants, et étaient mal rasés. On les rencontrait dans les villes et à la plage, manoeuvrant de lourds véhicules. Ils racontaient tous les mêmes blagues, entendues dans des soirées d' enfants vieillis. Leurs expressions étaient celles de leur jeunesse, mélangées à de plus modernes, mais résolument enfantines. Rien en eux ne s' était développé depuis une puberté artificielle. Jamais, donc, ils n' étaient passés à ce que l' on avait jadis appelé l' ?ge adulte. Jamais ils n' y passeraient. De par le monde, ils formaient une génération nouvelle, totalement inédite, la première de cette nature. Pourtant, on ne parlait nulle part de ces hommes-enfants, on ne les avait pas identifiés comme un groupe social, sans doute parce qu' ils ne visaient pas la conquête du pouvoir, délaissant les trop hautes responsabilités. Ils se contentaient en effet de postes aux échelons moyens, et travaillaient comme employés de banque, professeurs, psychologues, managers parfois, à la condition toutefois de bénéficier d' un temps libre suffisant pour jouer les week-ends.

;-) :-)) :-D

le jeu est une affaire sèrieuse c'est ainsi que les non-initiés, les enfants, peuvent apprendre à vivre, c'est à dire continuer à jouer, mais en respectant les règles du petit jeu du livre initiatique et donc du Grand Jeu du Livre Initiatique, c'est à dire le nôtre...Brise ton ordinateur, Léon Margarine!...Mais pour conclure je dis et je maintiens qu'il n'y a pas de meilleur torche-cul qu'un oison bien duveteux, pourvu qu'on liui tienne la tête entre les jambes.Croyez-m'en sur l'honneur, vous ressentez au trou du cul une volupté mirifique, tant à cause de la douceur de ce duvet qu'à cause de la bonne chaleur de l'oison qui se communique facilement du boyau du cul et des autres intestins jusqu'à la région du coeur et à celle du cerveau.

il arrive un moment où il n'y a plus que les cimetières et le rire qui comptent vraiment

voilà bien la preuve s'écria alors d.q. que celui qui voyage beaucoup en apprend tous les jours rien ni personne n'aurait pu me faire croire qu'il exist?t sur la terre des singes devins comme je viens de le voir à l'instant de mes yeux je suis bien d.q.d.l.m.comme l'a déclaré ce brave animal qui s'est toutefois un peu trop étendu sur mes louanges mais quels que soient mes mérites je rends gr?ce au ciel de m'avoir donné un coeur rempli de compassion toujours prêt à faire le bien sans jamais nuire à personne

il est des gens de qui l'esprit guindé sous un front jamais déridé ne souffre n'approuve et n'estime que le pompeux et le sublime pour moi j'ose poser en fait qu'en de certains moments l'esprit le plus parfait peut aimer sans rougir jusqu'aux marionnettes et qu'il est des temps et des lieux où le grave et le sèrieux ne valent pas d'agréables sornettes pourquoi faut-il s'émerveiller que la raison la mieux sensée lasse souvent de trop veiller par des contes d'Ogre et de Fée ingénieusement bercée prenne plaisir à sommeiller

Mais quoi, la preuve ? C'est une preuve, que vous voulez ? Vous croyez vraiment que vous allez supporter ça ? Que ça ne va pas vous tasser les boyaux au fond de l'abîme ? Pauvres petits qui suent d'ennui à la fenêtre maternelle !

Faites entrer le Subalterne, le sybarite chenu, le pendu aux orteils glacés.

Ah, vieux salaud, tu as voulu nous faire honte, toi, et tu te balances maintenant à la corde du Pont ! Détachez-le, il ne peut plus nuire. Mais oui, enlevez son b?illon, qu'on voie un peu ses dents pourries. Ton ?me pue, vieillard au cul encore rose. Tu n'as pas aimé le monde, tu ne nous a pas aimés. Tais-toi, on sait ce que tu vas dire ! Et même si tu pouvais te défendre toi-même, sans ta dentition, on ne comprendrait rien, on ne te comprendrait pas plus que du temps où tu hurlais, bavant comme un dément sur ta montagne pelée. Laisse-moi te regarder avec le regard que tu portais sur nous. Tu sais, je ne te vois même pasâ?¦

AMADOU n.m. Substance spongieuse provenant de l'agaric du chêne, du frêne, etc., et préparée pour prendre feu aisément. AGARIC(rik) n.m. Ancien nom de genre, encore employé vulgairement pour désigner divers champignons comestibles, tels que les champignons de couche, les chanterelles, etc. CHANTERELLE (rèl) n.f. (de chanter) . Corde d'un violon, d'une basse, qui a le son le plus aigu. Fig et fam. Appuyer sur la chanterelle, insister sur le point délicat, important. Oiseau qu'on emploie pour en attirer d'autres dans des filets. Femelle de la perdrix dont on se sert pour attirer les m?les. Fausse équerre de charpentier. CHANTERELLE(rèl) n.f. (du lat. cantharellus, petite coupe). Genre de champignons comestibles dits aussi girolles(V. la planche CHAMPIGNONS)

Mon père était donc professeur de septième, professeur élémentaire,comme on disait alors. J'étais dans sa classe. Jamais je n'ai senti une infection pareille. Cette classe était près des latrines, et ces latrines étaient les latrines des petits! Pendant une année j'ai avalé cet air empesté. On m'avait mis près de la porte, parce que c'était la plus mauvaise place, et en ma qualité de fils de professeur, je devais être à l'avant-garde, au poste du sacrifice, au lieu du danger...

Il y aurait , là-bas, à l'autre bout du monde, une île. Elle s'appelle W....La tradition fait remonter à un nommé Wilson la fondation et le nom même de l'île. Sur ce point de départ unanime, de nombreuses variantes ont été avancées. Dans l'une , par exemple, Wilson est un gardien de phare dont la négligence aurait été responsable d'une effroyable catastrophe; dans une autre, c'est le chef d'un groupe de convicts qui se seraient mutinés lors d'un transport en Australie ; dans une autre encore c'est un Nemo dégo?té du monde et rêvant de b?tir une cité idéale. Une quatrième variation, assez proche de la précédente, mais significativement différente, fait de Wilson un champion (d'autres disent un entraîneur)qui exalté par les difficultés que rencontrait alors Pierre de Coubertin et persuadé que l'idéal olympique ne pourrait être que bafoué, sali, détourné au profit de marchandages sordides, soumis aux compromissions par ceux-là mêmes qui prétendraient le servir, résolut de tout mettre en oeuvre pour fonder, à l'abri des querelles chauvines et des manipulations idéologiques, une nouvelle Olympie.

Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi.Il y a au delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulièrement, je ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union.

Au demeurant, ce que nous appellons ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accoinctances et familiaritez nouees par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos ames s'entretiennent. En l'amitié dequoy je parle, elles se meslent et confondent l'une en l'autre, d'un meslange si universel, qu'elles effacent, et ne retrouvent plus la cousture qui les a joinctes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymoys, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy, par ce que c'estoit moy.

Là, où nous habitons, les avenues sont profondes et calmes comme des allées de cimetière. Les chemins qui conduisent de l'Ecole militaire aux Invalides semblent s'ouvrir sur des funérailles nationales. Un trottoir à l'ombre, l'autre au soleil, ils s'en vont entre leurs platanes pétrifiés, devant deux rangées de façades contenues, sans une boutique , sans un cri. Mais une anxiété frémissante peuple l'air : c'est l'appréhension du son des cloches. Le ciel vole bas sur mon quartier prématurément vieilli. Et je n'ai que trente ans et le sang jeune.

Souvent nos dimanches d'hiver se passaient ainsi . Dès le matin, mon père s'en allait au loin, sur le bord de quelque étang couvert de brume, pêcher le brochet dans une barque ; et ma mère, retirée jusqu'à la nuit dans sa chambre obscure, rafistolait d'humbles toilettes.Elle s'enfermait ainsi de crainte qu'une dame de ses amies, aussi pauvre qu'elle mais aussi fière,vînt la surprendre.Et moi, les vêpres finies, j'attendais, en lisant dans la froide salle à manger, qu'elle ouvrît la porte pour me montrer comment ça lui allait.

et le petit nicolas il est où le petit nicolas?

-Rentrons ici, nous serons beaucoup mieux.Il n'y a plus autour de nous personne de suspect, et nous pouvons parler librement. -Oui, madame, mon frère m'a fait confidence de la passion qu'il a pour vous.Je sais les chagrins et les déplaisirs que sont capables de causer de pareilles traverses, et c'est, je vous assure, avec une tendresse extrême que je m'intéresse à votre aventure. -C'est une douce consolation que de voir dans ses intérêts une personne comme vous; et je vous conjure, madame, de me garder toujours cette généreuse amitié, si capable de m'adoucir les cruautés de la fortune.

Ah! vous avez vécu tout seul, Philippe. Pareil à un fanal éclatant, vous êtes resté immobile au bord de l'océan des hommes, et vous avez regardé dans les eaux la réflexion de votre propre lumière ; du fond de votre solitude, vous trouviez l'océan magnifique sous le dais splendide des cieux ; vous ne comptiez pas chaque flot, vous ne jetiez pas la sonde; vous étiez plein de confiance dans l'ouvrage de Dieu. Mais moi, pendant ce temps-là, j'ai plongé ; je me suis enfoncé dans cette mer houleuse de la vie ; j'en ai parcouru toutes les profondeurs, couvert de ma cloche de verre ; tandis que vous admiriez la surface, j'ai vu les débris des naufrages, les ossements et les Léviathans.

Cette voix, je ne l'ai pas encore entendue ou plutôt, je ne l'ai entendue que dans les livres de quelques écrivains de race, mais je sais, si elle existe, qu'elle ne peut en aucun cas ressembler à ces bêlements de chèvres en attente d'une saillie expéditive. Une personne, des personnes, oui, cher Dominique, un corps et une ?me à étreindre (que m'importe, seul, le corps, Graal pour rire des mièvres écrivaines obsédées de con-neries, si l'esprit n'en paraît que le pitoyable robot tout occupé à rendre la chair plus tentante, plus enivrante, bref : plus périssable ?), voilà bien ce qui manque le plus, pour donner vie et parole aux avenues vides mais étrangement bruyantes de la Toile. Voilà bien ce que je m'obstine à chercher, parfois à offrir : un peu de langue pour aimer.

- Et Dominique ? Où il est passé Dominique ?