Ainsi donc, je me vois pris par le sentiment de tourner une page, d'en finir avec un texte pour passer à autre chose (ce qui est d'ailleurs le thème de mon roman), même s'il y a certainement une facilité à être publié sur votre site, qui ne récompense pas un talent, simplement un travail et sans doute un narcissisme qui n'a, je crois, rien de déplacé. Donc merci pour cette forme expérimentale d'édition, qui allie charme des pages qui se tournent et, l'air de rien, une couverture, un nom d'auteur, un titre de texte, un titre de collection fondée par un éditeur dont le nom est prestigieux.

Si mon roman avait été accepté par un éditeur papier, il aurait été vendu à, quoi, allez, 500 exemplaires... Perte financière pour l'éditeur et déception narcissique pour l'auteur (quoique...). Mais au moins, avec M@nuscrits <mailto:M@nuscrits> , les choses sont claires. Ce dont je vous remercie (et j'aimerais vraiment vous remercier "concrètement"). C'est que, malgré les frais occasionnés par ce travail (salaire du webmaster, du fabricant de la couv, etc.), vous ne demandez rien aux auteurs, là où d'autres éditeurs n'auraient pas hésité. Certes, pas de contrat, pas de droits, seulement des commentaires et des votes, bref, c'est une initiative qui vous honore puisqu'elle entre dans l'ère du Web dont vous avez su appréhender les possibilités.

J'espère que vous aimerez mes pages, même si elles n'ont pas été "retenues" pour le travail littéraire que j'ai fourni. (J'avoue : c'est quelque chose que j'ai du mal à comprendre. Autant je trouve très bien l'idée de publier "tel quel", autant l'absence de ligne éditoriale, de caution me chagrine un peu. Vous voyez ?)

Je ne vous l'ai pas dit dans mes mails précédents mais nous nous sommes déjà croisés et avons discuté il y a un ou deux ans, je ne sais plus, lors d'une signature d'un roman d'Emmanuel Pierrat chez Colette. Alors responsable éditorial dans une maison parisienne (je suis en train de changer de vie, je quitte l'édition et Paris pour l'inconnu), vous m'aviez dit : "Nous aurons peut-être l'occasion de travailler un jour ensemble, qui sait ?", j'avais souri parce que je n'en avais rien cru, bien trop intimidé par votre nom. Finalement, la publication de mon premier roman, en ligne sur votre site, est une façon de donner forme à cette parole. Ceci dit pour l'anecdote. En tout cas je suis content de cette formule.

Encore merci Léo Scheer.

Bien à vous."

Stéphane Darnat.

Je suis donc allé sur la page de M@nuscrits pour lire la 4e de couverture :

Dostoïevski avait fondu en larmes, lisant Hegel en Sibérie, rayée de l'Histoire par le philosophe; Stéphane Darnat, jeune éditeur, c'est dans le coin d'un café, un soir d'hiver, en lisant un manuscrit mélancolique et lunaire. L'édition n'est pas la Sibérie, Stéphane Darnat a réussi à s'enfuir et à changer de vie...