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jeudi 31 juillet 2008

644. 19h53.

Je suis sr qu'il s'est passé un truc et que Schneidermann n'est pas au courant

mardi 29 juillet 2008

643. Knol vs Wiki

A la suite du rejet par Wikipedia de l'article "Rétropublication" nous avions plaisanté sur leur style bureaucratique et retourné la formule de "proposition de suppression" en l'adressant à l'encyclopédie elle même, dans ce billet de mai 2008. Un des "administrateurs" : (Barraki) nous avait dit que proposer la suppression de Wikipedia, c'était comme vouloir faire disparaître le Soleil. Mais le temps de l'univers de l'Internet, n'est pas celui de l'univers des galaxies. Depuis l'apparition de l'encyclopédie Knol (de Google) dans le paysage, il semble que le ton soit en train de changer. Peut-être devrais-je proposer "Rétropublication" à Knol pour faire le test.

dimanche 27 juillet 2008

642. Proust lu sur Internet.

Laure Limongi me transmet ce site d'inscription pour une lecture collective de À la recherche du temps perdu.

Avec "Le Baiser de la Matrice" Véronique Aubouy propose à 3000 personnes de lire devant leur web-caméra une page de "A la Recherche du temps perdu" de Marcel Proust, ce qui donnera un film d'environ 170 heures.

Le web-tournage se déroulera en direct sur Internet à partir du 27 Septembre 2008 midi GMT.

(Déjà 544 inscrits le 27 jjuillet à 23h30)

641. Figures libres.

Exercice proposé par Appois França le 27 juillet : réécrire le texte de Sine tel que vous auriez voulu le lire.

"Je commence en proposant ça, ébauche améliorable : Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter et dégradation de véhicule. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Pourtant le gamin ne risque pas gros : 4000 euros de dommages et intérêt et 260 euros de réparation que le vilain garçon, qui vient de se fiancer avec une héritière de la famille Darty, pourra payer sans trop de souffrances. »

Appois França

Nous acceptons le principe de l'exercice, mais nous nous réservons le droit de modérer les commentaires qui exposent le blog à des sanctions juridiques. (cf la définition de l'injure, de la diffamation et de la dénonciation calomnieuse dans l'art.29 de la loi du 29 juillet 1881.

640. Les M@nuscrits de la semaine

Les m@nuscrits de la semaine :
- Chimaera, Larmes du crime (8 p.)
- Delphine Valli, Pro Verbe(s) ou ce que femme veut (8 p.)
- Dimitri Bednarz, Bad Bite (178 p.)
- Jean-Pol Thomas, Des Heures et des jours (36 p.)
- Paolo Nuyten, La Certitude d'un continent (78 p.)

jeudi 24 juillet 2008

639. Restez polis!

Alors que je viens d'entreprendre la rédaction de mon "Traité de savoir vivre à l'usage des blogueurs", Philippe Val me fournit la matière d'un chapitre "insoupçonnable" avec son édito de Charlie Hebdo du 23 juillet 2008 : Le retour des couilles. Il développe en effet une véritable généalogie du "savoir-vivre" avant d'en arriver au dernier paragraphe qui justifie son titre :

"Si, au XXIe siècle, quarante ans après le début de la révolution féministe, l'expression "avoir des couilles" survivait, c'était dans un second degré prudent. Son retour dans le premier degré, l'emploi fréquent d'invectives et d'insultes sexuelles de natures voisines sur les blog et les réactions de lecteurs de sites de journaux, à quoi s'ajoute l'expression de haines spontannées, jamais freinées par le souci de laisser à l'autre le bénéfice du doute, appellent une réflexion. En dix ans, Internet a détricoté le travail fragile de deux siècles. Dans cette brutalité règnent les grandes peurs irrationnelles, les imaginations de complot et l'idée que la violence seule est susceptible de répondre aux désaccords. On réagit immédiatement aux affects, sans prendre le temps de percevoir la réalité et de tenter de la comprendre. C'est la planète des singes où le totem est une grosse couille érigée sur la place du village. Un jour, parce que la haine nous aura épuisés, parce que la souffrance sera devenue à la fois insupportable et dérisoire, nous apprendrons la politesse."

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mercredi 23 juillet 2008

638. Saphia Azzeddine / Alice Belaïdi (Suite)

Avignon 2008. L'actualité du festival de thétre, par Martine Silber (Le Monde.fr)

"...Avec Confidences à Allah, par la grce d'une jeune comédienne, Alice Belaïdi , d'une romancière Saphia Azzedine - dont on pourra lire le livre qui donne son titre au spectacle publié aux aux éditions Léo Scheer - et de Gérard Gelas qui l'a adapté et mis en scène, on a l'une des meilleures surprises du Off.

Au début de la pièce, une très jeune fille, Jbara, qui garde ses chèvres dans un village perdu, au pied des montagnes se prostitue presque sans le savoir parce que dans toute la misère et la vacuité de son univers, elle aime des yaourts roses et qu'un homme lui en apporte.Chaque soir,elle s'adresse à Allah et lui raconte ses difficultés, ses espoirs et ses peines car elle n'a personne d'autre à qui parler.

De fausses joies en tragédies, la prostitution va devenir son gagne-pain, puis son métier. Et elle continuera à s'adresser à Allah en temps de tristesse comme en temps d'allégesse. Toujours sincère, drôle, énergique, courageuse et toujours perdante.

Le livre est magnifique mais l'actrice seule en scène, est étincellante. Elle est jolie, certes, jeune, même très jeune, mais surtout, elle sait parler haut et fort, avoir le ton juste, toujours; elle joue de sa voix, de son corps, de son visage. La voici presque enfant, la voici en bagagiste d'autocar, en iman, en cheikh, en femme de ménage ou en prostituée de luxe, avec un savoir-faire que des comédiennes plus expérimentées pourraient lui envier. Et elle est d'une sincérité bouleversante.

Elle sort de scène pour venir saluer ses fans qui s'essuient les yeux ou se mouchent discrètement, au bar du Chêne noir, souriante, les yeux brillants après plusieurs rappels debout. On pourra la revoir à la rentrée 2008, à Marseille, au thétre Gyptis où elle sera Marianne dans Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset, mise en scène de Françoise Chatôt."

P.S. Egalement l'article de Gilles Costaz dans Les Echos.

lundi 21 juillet 2008

637. Les M@nuscrits de la semaine

Les m@nuscrits de la semaine :
- Manuel Montero, Les Clés de l'atelier (6 p.)
- Macha, Marie par défaut (chapitre 1 : Blanc Bleu Belge) (8 p.)
- Jean-Pol Thomas, Recettes de cuisine (2 p.)
- Gaël Brunet, Dilution (118 p.)
- Carole Fives, C'est dimanche et je n'y suis pour rien (70 p.)

636. Pandémie.

«Concevoir le panda avec des yeux verts tient de la conspiration. Un panda aux yeux verts est l'Å“uvre du mal. J'ai étudié les tableaux peints à l'huile et nous n'utiliserions jamais des yeux verts pour décrire un personnage au grand cÅ“ur. Alors, demandez-leur de consulter les minutes de leurs rencontres de création pour expliquer l'origine des yeux verts...Puis, pourquoi le père du panda est-il un canard? Plusieurs étrangers croient que le panda géant n'est pas que le symbole de la Chine, mais aussi l'emblème des Chinois eux-mêmes. Faire du père du panda géant un canard est une injure au peuple chinois. Je m'inquiète que dans quelques années, de jeunes Chinois s'imagineront que leur ancêtre est Donald le Canard»

C'est ce qu'a déclaré sur son blog l'artiste chinois Zhao Bandi qui demande le boycott du film Kung Fu Panda, susceptible de bouleverser les victimes du tremblement de terre du Sichuan. Il a demandé à l'organisme gouvernemental qui régit l'industrie du spectacle de retarder la sortie du film dans la région dévastée, et attaqué les créateurs du film devant le tribunal du district de Chaoyang de Pékin qui a accepté sa plainte.

Devant les réactions de la blogosphère chinoise, le film est quand même sorti dans la région sinistrée et, en trois semaines, il a réalisé 12,5 Millions d'euros au Box Office.

635. Georges est mort.

Nouveau récit participatif (j'intègre les commentaires au texte) : Et si c'était vrai : Le 19 juillet 2008, George-s écrit :

"Georges est mort et personne ne le sait ! Il est allongé, seul, froid, dans son petit cercueil bon marché. Au-dessus de lui, ça palabre. Il entend des pas, des pas lourds, il entend des bribes de conversations, mais il ne peut comprendre ce qui se dit. Parfois, un peu de silence, de tranquillité. Et puis ça recommence, des voix, des pas, des éclats de voix, des rires, des vivants qui s'engueulent. La vie, là-haut, la rumeur de la vie. Les saisons. Feu pâle.

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vendredi 18 juillet 2008

634. "676"

C'est le nombre de romans français de la rentrée 2008. Nous commençons à mettre la liste en ligne dans la perspective des 9 Prix @ "B" qui seront décernés le 15 novembre 2008 : 676. Tous les livres publiés en 2008 (y compris ceux de la liste de janvier, peuvent faire partie des 9.

jeudi 17 juillet 2008

633. Où en sommes-nous?

Demo-Video I-Phone.

À lire : Aldus ou commencer à lire. Ou un Ultraportable?

mercredi 16 juillet 2008

632. Extraits.

Les extraits des livres de la rentrée des E.L.S. sont en ligne (ici).

631. Déculturation. par George-s

La présence du film réalisé pour Dégénération par Bruno Aveillan (dont nous présentons les oeuvres photographiques à la galerie du 10 septembre au 20 octobre 2008) sur le blog des Éditions Léo Scheer, le fil des commentaires, la publication du livre de Renaud Camus : La grande déculturation (Fayard), ont inspiré à George-s ce billet :

"Où l'on voit parfaitement à l'œuvre le mépris bobo pour la masse, le populo, comme dirait Cassandre. Si ce mépris était dû à une haute considération de la culture, à une exigence intransigeante, peut-être pourrions-nous le supporter (et même pas, d'ailleurs)… Mais ce mépris s'exprime au nom d'"artistes" (on a vraiment du mal à employer ce mot en ce cas, même si, comme bien d'autres (culture, art, musique, etc.) il n'a plus aucun sens depuis longtemps) qui sont vraiment ce qui peut s'imaginer de pire, de plus vulgaire, de plus faussement intelligent (ah, les références à Cioran !), de plus dégoulinant de prétention niaise et de bêtise crasse. Les bobos aiment décidément tout ce qui méprise le peuple français (français ou espagnol ou anglais ou italien…), tout ce qui tend à essayer de lui faire croire qu'il est idiot et vulgaire, alors que ces attributs sont ceux des méprisants éperviers borgnes qui ne connaissent que leur petit monde étriqué et maladivement provincial.

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mardi 15 juillet 2008

629. ANGIE DAVID : Marilou sous la neige.

Le premier roman d'Angie David sera en librairie le 1er Octobre 2008 :

Marilou, dont la vie ressemble beaucoup à celle de l'auteur (elles portent notamment toutes deux un prénom issu d'une chanson), est une jeune femme d'un milieu ordinaire qui aspire à une vie plus attrayante et décide de s'en donner les moyens. De la Nouvelle Calédonie à Paris, d'une rencontre exceptionnelle à l'autre, aussi bien sur le plan amoureux que professionnel, Marilou s'ouvre à un monde nouveau : l'édition, l'écriture, les soirées mondaines, puis les nuits parisiennes, la drogue… Jusqu'à perdre peu à peu le contact avec une réalité qu'elle n'aura, ensuite, de cesse de vouloir rattraper. Une réalité qu'elle ne parvient plus à toucher que par le biais de l'art, seul prisme à travers lequel elle comprend et analyse ce qu'elle est en train de vivre.

Dans ce roman mêlant la réalité à la fiction, l'auteur joue à brouiller la frontière entre ce qui lui arrive et ce qui, de façon de plus en plus pressante, se fait attendre et désirer. Rencontrer un homme avec lequel se marier, fonder une famille : ce qui, de prime abord, paraît à l'opposé de la quête initiale devient pour Marilou la voie de l'émancipation.

De nombreuses références littéraires, musicales, cinématographiques tracent, au-delà de l'histoire individuelle, le portrait d'une génération.

dimanche 13 juillet 2008

628. ÉLODIE ISSARTEL : Festino! Festino!

Vous connaissez Élodie Issartel, critique à La Revue Littéraire, auteur sur ce blog des Chemins qui mènent à Calaferte 1 2 3 4 5 6 7; nous avons le très grand plaisir de publier son premier roman Festino! Festino! qui sera en librairie le 10 septembre 2008 :

Henriette est une jeune fille qui ne ressemble à personne, qui ne fait rien comme tout le monde, et qui apprend à vivre au petit bonheur la chance. Tantôt vêtue comme au XIXe siècle, et la risée de son lycée, tantôt portant un masque, et la terreur de son quartier, tantôt provocante, amoureuse ou solitaire, elle observe un monde dont elle ne comprend pas grand-chose et réussit par miracle à s'y faire une place. Hélène, sa grande sÅ“ur, paraît plus à l'aise avec ce qui l' entoure. Elle séduit, découvre la liberté sexuelle, la drogue, apprend son métier de cinéaste, réalise son premier film. Mais peut-on échapper à une famille qui d'emblée vous a placé à la marge? Peut-on échapper à ce qui vous ressemble tant que vous ne savez plus par quelle porte vous enfuir? Car il y a aussi la mère, qui surveille sa progéniture de son grand lit échappé d'un film de Visconti, et se regarde vieillir sans y croire . Et le grand-père, Festino, qui s'enfonce toujours plus dans les sables mouvants de la maladie, et se retranche, loin de l' univers des vivants, dans ses souvenirs et ses rêves . Et puis il y a Sagamore, le frère junkie, qui n'est plus là. Parfois, on croit voir sa silhouette dans le jardin, dans les rues, sous les ponts. Mais comment savoir s'il est toujours en vie?

Chronique à plusieurs voix d'une famille à la fois chaleureuse, perdue et drôle, pleine de vie et de chagrins, de mélancolie et de force, Festino! Festino! est un premier roman d' une maîtrise et d'une originalité rares.

samedi 12 juillet 2008

627. Les M@nuscrits de la semaine

Les m@nuscrits de la semaine :
- Carole Fives, Flash (6 p.)
- Christine Motti, Rimes en déprime et autres délires (20 p.)
- Emmanuel Cauvin, Restez avec nous (8 p.)
- Konsstrukt, Le Bordel quotidien (68 p.)
- Serge d., Walk in... (4 p.)

vendredi 11 juillet 2008

626. Écrits politiques de Blanchot.

Il y a cinq ans nous avions publié ce livre, repris (et complété) aujourd'hui par Gallimard, avec mon accord. Je pense que l'évolution du point de vue politique de Blanchot est un aspect important et nécessaire à la compréhension de son oeuvre littéraire et philosophique. Peut-être qu'avec le temps, il deviendra possible, (bien que ce ne fut pas son souhait), de publier ses écrits politiques d'avant guerre, et d'essayer enfin d'entrer dans la biographie "absente" de ce XXe siècle.

Depuis la publication en 1982 dans Tel Quel d'un article de Jeffrey Mehlman tentant d'établir un lien entre ces origines politiques et les thèmes majeurs de son oeuvre : rien. Ou plutôt un accompagnement pudique, gêné, (souvent par le silence) de "ces textes que, avec raison, on me reproche" (Lettre à Laporte).

Éditorialiste au Journal des débats, journal d'extrême droite dont il deviendra rédacteur en chef, il collabore également à la Revue française, au Rempart, à l'Insurgé, ainsi qu'à la revue Combat de Thierry Maulnier, Blanchot écrit dans la même période (31-41) son premier livre : Thomas l'obscur dont la première version est publiée en 1941.

Peut-être qu'avec le temps...Question d'attente, mais aussi question d'oubli.

« L'écriture, en rapport d'irrégularité avec elle-même, donc avec le tout autre, ne sait pas ce qu'il en adviendra politiquement d'elle : c'est là son intransitivité, cette nécessité de n'être qu'en relation indirecte avec le politique. »

Maurice Blanchot, L'Ecriture du désastre

625. Dégénération : clip de Bruno Aveillan pour Mylene Farmer

Voici le film réalisé par Bruno Aveillan pour le nouveau "single" de Mylène Farmer. La reprise de l'exposition des photographies de Bruno Aveillan aura lieu du 10 septembre au 20 octobre 2008 à la Galerie Léo Scheer 14/16 rue de Verneuil. Le nouvel Album de Mylène Farmer, Point de suture, paraît le 26 aot.

jeudi 10 juillet 2008

624. La possibilité de Carla.

"La première fois que j’ai rencontré Carla Bruni, au bout de quelques minutes, j’ai eu une impression étrange. Ce n’étaient pas seulement les chats qui, un par un, se détachaient du divan avec lequel ils se confondaient auparavant dans la pénombre. C’était chez elle une tension, une inquiétude; et j’ai fini par m’en rendre compte : aussi incroyable que cela puisse paraître, c’était elle qui était intimidée.

Je n’ai vraiment compris que quelques minutes plus tard, à l’arrivée du pianiste, lorsqu’il m’a demandé :

« Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous avez fait, avec ce poème ? »

C’est surtout le premier vers, je me souviens, qui l’impressionnait : « Ma vie, ma vie, ma très ancienne...»

Je sais bien que je suis l’auteur, mais en poésie on a toujours un peu moins l’impression de l’être – il ne m’a jamais paru invraisemblable que deux personnes, à deux moments différents de l’Histoire, écrivent par hasard le même poème. On se sent plutôt comme le découvreur (en termes juridiques, l’« inventeur » ) d’un trésor. Ou comme ces explorateurs qui, après plusieurs semaines de marche dans la jungle, tombent sur les ruines d’une cité disparue.

Il y avait aussi autre chose, qu’elle ignorait. Bien des années plus tôt, une fille m’avait dit que j’aurai, tôt ou tard dans ma vie, quelque chose à faire avec Carla Bruni. Ce n’était pas une cartomancienne, elle travaillait dans un magazine pour jeunes filles; mais elle détectait réellement des choses avant qu’elles ne se produisent. Je crois aux intuitions, aux présages, c’est sans doute pourquoi je me sentais si curieusement détendu, ce soir-là.

Cette chanson devait avoir lieu; elle était inévitable.

Lors de notre deuxième rencontre, extérieurement, peu de choses avaient changé; il y avait juste deux personnes devant sa maison – la sécurité-. Mais Carla, elle, avait changé; il y avait en elle une gravité qui ne s’y trouvait pas auparavant – la conscience de sa responsabilité-, de toute évidence. Son destin était si extraordinaire qu’elle ne pouvait plus que l’accepter; d’où, en elle, une nouvelle douceur. Sa voix avait gagné en sensualité, aussi. En un mot, elle avait mûri. Bien sûr, cela faisait déjà longtemps qu’elle était une personnalité publique ; mais j’ai bien senti qu’elle avait franchi un cran supplémentaire. Elle revenait juste de Londres, et sans doute ça avait joué, la famille royale, etc. Même si elle y était mieux préparée que d’autres, j’imagine que ça ne doit pas être rien de se sentir l’image de la France.

Et puis, il y a aussi que tout le monde aime bien les jolies filles (et, différemment, les chanteuses). Pour la première fois de sa vie sans doute, elle était en position d’être critiquée, voire détestée, d’être la « cible des médias » aussi. Nous avons un peu parlé de ça ; la chanson était presque finie. J’étais content. C’est un slow, un slow-rock plutôt. Des gens, je le sais, vont s’aimer sur cette chanson, des gens plus jeunes qu’elle et que moi. C’est un sentiment ambigu, un peu poignant, agréable finalement.

Mon seul regret, c’est qu’elle ait décidé de ne pas donner de concerts. C’est dommage, en particulier pour ce titre – c’est le type même de chanson où il est possible qu’un soir, grâce au public et à je ne sais quoi, se produise quelque chose d’inoubliable. Mais, évidemment, je comprends – la sécurité de ce genre d’événements-, ce n’est pas très facile à organiser. J’aimerais bien pourtant qu’il ait lieu, ce concert – et que ce soir-là, par hasard, je sois dans la salle-. Ce serait une belle troisième rencontre. J’aimerais bien, mais je n’y crois pas trop. Elle vit maintenant tout en haut, où les possibilités sont restreintes."

Michel Houellebecq.

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623. Album.

mercredi 9 juillet 2008

622. Comme un veilleur attend l'aurore.

Caroline Boidé lit un extrait de son premier roman, (Melville/Léo Scheer) en librairie le 17 septembre 2008.

621. La Stagiaire.

Lecture aux E.L.S. de La Stagiaire de Serge Safran publié chez Melville/Léo Scheer (en librairie le 27 aot 2008) par Pauline, stagiaire aux E.L.S.

mardi 8 juillet 2008

620. Le premier séisme du festival d'Avignon

Premier article d'importance sur le spectacle Confidences à Allah mis en scène par Gérard Gelas et interprété, de manière extraordinaire, par Alice Belaïdi. La première a eu lieu samedi et a été triomphale. J'étais encore là le lendemain : triomphe égal. Hier, me dit-on : idem. On est passé au-delà du frémissement. Le succès devient évident. Je vous raconterai cela demain plus en détail, mais voici déjà le papier paru ce matin dans La Provence :


Confidences à Allah au nom de toutes les femmes

par Michèle Taddei


A l'origine, il y a un roman. Le premier de Saphia Azzeddine. Il y a maintenant un spectacle, né au Thétre du Chêne Noir dont la programmation a déjà débuté. Le roman bousculait. Le spectacle bouleverse tant par le texte que par l'interprétation d'Alice Belaïdi et la mise en scène de Gérard Gelas.
Dans un univers où être femme, pauvre, peu instruite, où être fille, ou mère, est possible mais certainement pas les deux à la fois, que peut faire Jbara, la gardienne de chèvres devenue prostituée puis femme d'imam, sinon s'adresser à Allah ? Non comme à un juge – de quoi serait-elle coupable, celle qui n'a fait de mal qu'à elle-même – mais comme au seul compagnon de sa route chaotique ?
Le texte est brut, cru parfois, drôle aussi, dénué de pathos et pourtant si vrai, si fort, si profond dans sa simplicité qu'il vaut tous les discours théologiques, toutes les exégèses, tous les prêches. Certes l'islam est présent et aussi ceux qui en interprètent le Livre. Mal bien sr, mais plus par manque de réflexion que par excès de zèle. Le fondamentalisme n'est jamais stigmatisé, juste l'ignorance des uns et l'arrogance des autres. Et cela suffit pour faire de ces Confidences à Allah un séisme, le premier véritable de ce festival 2008.
Cloîtrée par des murs de voile, une femme parle. Par la voix, par le geste, par le corps et par le coeur d'une comédienne qui éclabousse le plateau de sa présence, à la fois gamine naïve, mère douloureuse, fille perdue, femme qui utilise les seules armes que la vie lui a données. Alice Belaïdi est magnifique, portée et soutenue par la rigueur et l'exigence de son metteur en scène, Gérard Gelas.
Par eux, si cette parole ne faisait que provoquer un seul questionnement, ce spectacle, déjà lumineux en tant que tel serait une pierre de plus pour paver le chemin des hommes de vraie foi. Et les dernières phrases, ce merci, cette prière qui monte vers Celui qui peut tout entendre qu'il s'appelle Allah, Dieu ou Yahvé, proclament que certains moments partagés sont bénis.

Pratique : Confidences à Allah, jusqu'au 27 juillet, 17 h 30. Thétre du Chêne Noir. Tél. : 04 90 82 40 47.

Photo : Alice Belaïdi par Manuel Pascual.

samedi 5 juillet 2008

619. Carte du blog.

Pour réaliser cette carte, il faut adopter la même méthode que pour les récits participatifs : j'intègre les commentaires au billet, au fur et à mesure :

Véra : (Bruxelles). Wrath : (Londres). Seds : (New York). LMarg : (Réunion). Reb : (Barcelonnette). Emmanuel : (LieuBan). Dahlia : (Toulouse). LeoNemo : (Nice). le hareng sort : (Savoie). Henri : (Rivesaltes/Catalogne). Teaki : (Marquises). Carole Fives : (Lille). François Appas : (Le Vésinet). Zoé : (Montevideo). Marco : (Bourg en Bresse). George-s : (Gard). leo : (Saint Florent). Florent Grimaldi : (S.D.F.). Ecaterina : (Bucarest)(Les Sables d'Olonne). Em : (Paris/Bruxelles). jcm : (Haut-Rhin). Manuel Montero : (Paris/Andalousie). Macha : (Bruxelles-Banon). Konsstrukt : (Mérignac). Novotny : (Saint-Pierre). Isabelle Rigolo : (Coatesville). Spirita : (Fresselines). Flines : (Charleroi). Anonyme : (Alfortville). Berthe : (Knokke -Albertplage). Didier da : (Marseille). Delphine Valli : (Rome). Jonavin : (St Georges sur Loire). nic : (Nanterre). Gaël : (Fougères). Nicolaï Lo Russo. (Paris 6e). Martine. (Paris). Serge.d : (Bretagne). Troll service : (Montbazens). Daniel Fattore : (Fribourg, Suisse). George-s : (Rumilly). Christian : (Rouen) Lislandais : (Reykjavik) etc...

618. Bio (5)

De 1958 à 1965, Lycée Jacques-Decour, (5e M1 1959) lieu de nombreuses manifestations contre la guerre d'Algérie. Quelques leaders s'affirment, comme Henri Weber, venu de l'Hachomer Hatzaïr. Son jeune frère, qui est dans ma classe, décide de partir vivre dans un Kibboutz en Israël. Durant ces sept années, je suis pris d'une frénésie d'apprentissage. J'essaye d'être "premier" dans toutes les disciplines, sous le regard amusé de mes parents. Je m'inscris à l'atelier de beaux-arts de l'Impasse Frochot, où l'on pouvait croire que les modèles de Toulouse-Lautrec avaient créé une charge héréditaire; je suis au Racing Club de France ou je me soumets à un entraînement intensif : (athlétisme, gymnastique, football, rugby); je crée avec des amis, fils de fourreurs du Faubourg Poissonnière, un groupe de rock; le dimanche après-midi, nous allons jouer Apache des Shadows au Golf Drouot. Je suis "guitare rythmique", j'ai abandonné le violon offert par mes parents, (mon unique regret). Dernier souvenir, ce 5 juillet de résultats du Bac, mon sujet à l'oral de philo : "Le rôle de l'abstraction dans l'art", un vrai coup de chance.

vendredi 4 juillet 2008

617. Les M@nuscrits de la semaine

Voici les m@nuscrits de la semaine :
- Axel Forté, Vol AC 667 - héroriste (40 p.)
- Joaquim Hock, Les Poules (12 p.)
- Konsstrukt, KonsstruktVOUSaime (62 p.)
- Laurent Margantin, Niemandsland (20 p.)
- Pepcacfamily, 100% pur Papa tout neuf (108 p.)

616. Aldus

Un billet sur le site Aldus (A la découverte des nouveaux livrels, papiels, ebooks, readers, liseurs, liseuses, tablettes et autres "lecteurs" électroniques... avec un clin d'oeil à Alde Manuce, éditeur-imprimeur à Venise il y a 500 ans...)

"L'éditeur Léo Scheer continue d'explorer les possibilités du web pour l'édition. Après ses initiatives du côté d'un blog, d'une chaîne télé pour ses auteurs, de la mise en ligne des manuscrits reçus, il propose maintenant pour le prochain livre de Nathalie Rheims, à paraître au mois d'aot, une vidéo promotionnelle et une version audio-livre, lue par l'auteur elle-même, qui sortira en même temps que le livre. En attendant, n'en doutons-pas, des versions numériques téléchargeables, Léo Scheer mérite décidément le titre de premier éditeur 2.0 !"

C'est très gentil, mais, justement, je me pose beaucoup de questions sur ce que serait une version numérique téléchargeable : (quand? comment? combien?)

615. Pour Florent.

mardi 1 juillet 2008

614. Confidences à Allah au Théâtre du Chêne noir

Je vous conseille vivement de cliquer ci-dessous.

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