Lorsque j'ai mis en ligne ce billet le 5 ao?t, je n'avais pas reçu de message de Stéphane depuis celui celui qu'il m'avait envoyé le 6 juillet :

Cher Léo,

Tant que rien n'est fait (je veux dire pensé, discuté, signé, etc.), je ne bouge pas et reste sur votre site où je me trouve bien.

J'ai vu qu'il arrive que parfois mon nom apparaisse encore dans des commentaires, c'est touchant, vraiment. Mais même si certains (que je ne connais pas : Véra, Raymonde, Macha, qui m'ont l'air bien adorables) m'ont incité à participer au forum, j'avoue que ma discrétion sur ce coup-là reste de mise. Ou plutôt : j'étais tenté de m'y mettre ces derniers temps, mais j'ai eu un accident de voiture dans les Pyrénées mardi soir dernier (rien de trop grave : traumatisme cr?nien, nez cassé et quelques commotions) et ça m'a coupé toute envie de quoique ce soit (sauf fumer des clopes à tire-la-rigot en lisant "Millénium"...). Je me sens encore faible et bizarrement n'envisage pas l'écriture (blog et romanesque) pour l'instant. On reste toujours assez perplexe de se dire que ça s'est joué à une seconde près (dans mon cas, j'ai loupé un virage en montagne : s'il n'y avait pas eu une voiture en face pour ralentir la course, c'était le ravin). Savoir qu'on a frôlé la mort, et le choc de concevoir surtout les conséquences éventuelles pour la voiture d'en face - les passagers n'ont rien eu heureusement) ne met pas dans un état narcissique, au contraire. Bizarrement (le choc encore ?), je suis non pas indifférent mais atone. Et plus absent que jamais.

Je vous ferai signe à l'occasion, mais je n'ai envie de rien pour l'instant. Ni de bouger, ni d'encourager quelque publication de mon premier roman. Quand je me suis retrouvé dans l'ambulance avec les lumières des pompiers et des flics dans la nuit, les plafonds des couloirs d'hôpital, le médecin, les radios, les larmes de ma mère, les coups de fil de la famille, la tête prise dans un éteau, le tout tourbillonnant, j'ai eu une pensée assez floue sur la vanité à écrire et être lu. Comme de découvrir, ou plutôt pressentir que mes désirs et besoins sont peut-être ailleurs, cachés. Je ne sais.

Amitiés,

Stéphane

Dans un mail du 29 juin, Stéphane m'écrivait qu'il avait été contacté par un autre éditeur qui envisageait une publication de ''Son Absence'' en janvier 2009. S'il n'y a pas d'obstacles juridiques, nous publierons, comme il le souhaitais, Son Absence, à cette date, dans la Collection M@nuscrits.