Pendant les 10 années des 70's je m'occupe du programme de recherche en sciences humaines financé et piloté par un comité interministériel composé du Commissariat au Plan, du Ministère de L'Équipement, de la DGRST, mais aussi de la Datar, de l'Intérieur et, bien s?ur, de Matignon.
Ce domaine : CNRS, Université et Labos, est dominé, à l'époque, par deux courants : d'une part, des libéraux orientés vers les méthodes venues des USA...,de l'autre, des marxistes "orthodoxes" dans l'orbite du Parti Communiste. Héritage désuet de la guerre froide.
Nous parvenons à réorienter ces moyens vers ce qui nous semble être le plus intéressant et que les américains appèleront "French Théory" : Lyotard, Deleuze, Guattari, Foucault, Baudrillard, Derrida etc, développant des groupes de chercheurs qu'ils inspiraient, tel le CERFI.
Mon travail consiste alors à financer et à piloter ces recherches (où je me fais beaucoup de copains) et à faire remonter les résultats vers l'administration, en particulier vers les Grands Corps de l'Etat (où les copains sont plus rares).
J'ai le souvenir de séances de formation des Préfets, souvent bien plus ?gés que moi, qui supportaient mal ce que j'avais à leur dire de leur avenir professionnel...
Cette action a donné d'excellents résultats du côté de la vie intellectuelle française, c'est une période florissante de la pensée, marquée par des livres importants, dont nous aidions la publication, (c'est ainsi que j'ai découvert le domaine de l'édition), mais assez médiocre dans celui de la transformation de l'Etat, de ses pratiques et de sa mentalité.