L'auteur de pas-vu-pas-pris : Paul-Henri Sauvage (Majuscule) dans son dernier commentaire ici (1) et (2), parle d'un sujet qui m'intéresse beaucoup : les modifications des rapports à l'écriture dans la blogosphère :

"Permettez moi quelques précisions, puisque mon commentaire de la semaine dernière semble avoir suscité quelques indignations.
Bien entendu, je ne voulais surtout pas dire que la littérature pourrait un jour être dépassée. Ce serait stupide de le penser. Car la littérature, et l'art en général, ne font qu'exprimer notre rapport collectif au réel.
Je voulais juste parler de sa forme (les livres, les librairies, et même les maisons d'éditions, hélas, y compris les plus exigeantes d'entre elles comme celle qui abrite ce forum). Bien entendu aussi, je le regrette au moins autant que vous.
J'ai toujours vécu entouré de livres ; je ne passe pas de semaine sans en acheter plusieurs ; et, pour éviter tout malentendu, je déteste lire de la fiction sur mon ordinateur ! Seulement voilà, je constate, comme vous tou(te)s, que le monde change très vite. Et je me dis que dans cinq ans, peut-être dix, peut-être vingt, peut-être trente ( ???), il est à peu près certain qu'on ne lira plus que sur écran. Ce qui signifie, aussi, nécessairement, que bien des textes passeront à terme par internet (voyez ce qui se passe pour la musique, bientôt le cinéma, sans parler des journaux).
Or, selon moi, il y a beaucoup plus intéressant que ce constat assez banal. Je m'explique :

j'ai brusquement réalisé tout cela en juin dernier ce qui vous paraîtra sans doute assez tardif, assez naïf, mais c'est ainsi. Et comme j'écris depuis longtemps, je me suis mis en tête, ce jour-là, de construire un blog avec mes textes, et surtout d'en écrire spécifiquement pour ce blog. Et c'est là, qu'il s'est passé quelque chose de nouveau. J'ai senti, peu à peu, cet été que j'écrivais différemment. Et j'ai senti aussi qu'internet changeait mon rapport à l'écriture. Et c'est exactement ce que je voulais dire : que la littérature serait sans doute bientôt dépassée dans sa forme.
De même que les peintres ont changé leur manière de peindre dès lors qu'ils avaient la possibilité d'emporter leur chevalet dans la nature (de même je prends le pari qu'on n'écrira plus, demain, comme on écrit maintenant). Car internet autorise davantage d'interférences, de correspondances et incite aussi à des formes plus courtes, mêlant images, textes, vidéos et sons.
C'est juste ce que je voulais dire. On ne peint pas aujourd'hui avec les mêmes outils que Rembrandt ; ce qui ne signifie pas que Rembrandt soit dépassé, bien s?ur, mais qui signifie, tout de même, que sa peinture n'était qu'un moment de l'histoire de la peinture. Allez jeter un ?il sur mon site, et dites moi ! Bien entendu, vous pouvez détester ce que j'écris, ou juger cela totalement inintéressant, mais, au delà, dites moi ce que vous pensez de cet embryon de quelque chose. Car, évidemment aussi, je voudrais faire beaucoup plus excitant que ce blog et j'envisage un site à la fois interactif et mêlant différents médias. D'autres d'ailleurs ont déjà expérimenté tout cela et s'essayent avec un évident bonheur au mélange des genres. Voyez, ainsi, l'excellent « cabinet de curiosité » d'Eric Poindron.
Voilà, j'espère avoir dissipé quelques malentendus. Un dernier, pour finir : indépendamment de savoir si mes textes présentent un quelconque intérêt pour un éditeur, sans même parler de leur valeur qui m'importe assez peu au fond, je n'envisage pas d'essayer de les publier quelque part. C'est intentionnellement que je les publie sur un blog. Mon bonheur serait de participer, avec d'autres, à inventer une nouvelle forme de littérature. Je manque de temps, malheureusement, y compris pour théoriser tout cela. Merci encore en tous cas de m'avoir lu jusque là !"