On n'est pas encore devant cette satanée b?che à se demander comment la faire dévorer discrètement par le chien ' déjà gros et aveugle, ce n'est pas très charitable ' de mamie que nous envoyons déjà à l'impression la « rentrée de janvier » et pensons même programmes de février, mars, avrilâ?¦ C'est le quotidien de l'édition, à la fois dans le présent des livres parus (communication, presseâ?¦) et anticipant.

Côté Laureli, c'est Claire Guezengar qui publiera son deuxième livre, après Ouestern, le 7 janvier, en même temps que la fête des Rois, ce qui tombe plutôt bien puisqu'il y est question de Sœur Sourire, enfin plus exactement, de Sister Sourire, racontant sa vie de roman à la première personne.

Vous devez vous souvenir de Sœur Sourire et de son fameux tube international : « Dominique, nique, nique » dont la réputation a dépassé largement le cadre des années 60. Elle avait même, à l'époque, détrôné Elvis Presley du Bilboard ! Mais connaissez-vous la suite de son histoire, nettement moins pop et glitter ? Peu après son succès, celle dont le véritable nom était Jeanne Deckers quitte le couvent et vit avec une femme, Annie Pécher (de son véritable nom, si, si). La réadaptation à la vie profane est difficile, surtout lorsque le fisc lui réclame des sommes astronomiques alors qu'elle n'a pas touché un seul centime des recettes de sa fameuse chanson : en tant que nonne, en vertu des v?x de pauvreté et d'obéissance, le couvent en avait bénéficié à sa placeâ?¦. Elle tente de relancer sa carrière musicale pour se renflouer mais accumule bide sur bide. Prise au piège de cette situation absurde, ruinée, désespérée, le dénouement ne peut être que tragique.

Claire Guezengar s'empare de cette histoire terriblement romanesque en imaginant la nonne très rebelle, une punk qui serait née un peu trop tôt, en somme. Ce que confirme, a posteriori, un extrait de son journal que Claire a déniché il y a quelques semaines : « Redécouverte, en plus des joies corporelles, du sport, de mes masturbations vécues comme une fête, et qui, voilà du neuf, m'amènent à remercier Dieu de ce corps de joie créé pour Lui, à la louange de Sa gloire. »