Quand ce qui se réfléchit s'anime, on est pris au jeu, tout à l'étonnement de ce qui surgit et se donne à déchiffrer. Nous sommes loin de ce qui a pu sembler, au premier coup d'?il, une démarche ironique visant la suprématie bling bling. L'or n'est pas le fond du tableau, il habille le geste. Car c'est derrière la lumière qu'il se cache. Ce geste issu d'une impulsion primordiale est celui de la recherche, un geste aveugle qui nous dit qu'il y a quelque chose après l'éblouissement : une écriture dont on n'a pas la clef mais que l'on reconnaît, la modulation d'une même phrase qu'il nous appartient de comprendre, une signature enlevée qui tombe juste, une calligraphie aveuglante et inspirée. Une inépuisable matière à réflexion. Il arrive alors que l'opacité d'une tache soit une entrée dans l'imagerie personnelle de l'artiste (Diane casquée ? fémur ? auréole ?), et qu'elle révèle la nôtre telle l'image dans le tapis, tout aussi préverbale et encore à l'état d'enfance. Et ce geste définitif qui a vandalisé la toile blanche (linceul ? nappe ? lange ?) se joue de nous, comme il joue sur le sacré d'une forme qui cherche l'angle pour se révéler.

Élodie Issartel