Une des dérives, c'est peut être le fait que les gens sont tentés de tout ramener à eux et se projettent dans les critiques qu'ils font. Wrath qui critique un livre, ça devient tout de suite très drôle par exemple, parce qu'elle se préoccupe de savoir pourquoi la personne a été publiée mais qu'elle ne dit pas pourquoi elle n'aime pas... En même temps, je la soupçonne de ne pas vraiment lire les livres dont elle parle. Dahlia écrit de très bonnes critiques, sur son site ou sur Discordance ; parce qu'elle est objective et que c'est son avis de lectrice qui compte j'ai l'impression. J'ai toujours un peu pensé que la capacité à faire de bonnes critiques, c'était plus une question de ressenti que de compétences... Le seul problème des blogs c'est que c'est difficile de fédérer quelque chose, et puis c'est beaucoup une question d'affect. Si j'aime bien le ton sur lequel s'exprime une personne, je vais être plus encline à écouter ses avis et à avoir confiance en ses jugements.

Martine - C'était plus une question de ressenti que de compétences, c'est le genre de phrase qui va t'attirer les foudres des critiques "officiels", qui te regarderont d'un air blasé en te disant que tu n'as rien compris à leur Grand Art, petite godiche que tu es...et avec laquelle je suis on ne peut plus d'accord. "La" critique littéraire officielle s'est essouflée, je ne pourrais pas te dire pourquoi, surtout qu'il commence à se faire tard et que l'herbe de bison commence à me porter sur les nerfs. BREF. Le fait est que "n'importe quel" lecteur ressent la boursouflure endogamique et égotiste de certains critiques professionnels, plus affairés par la question de leur "style", souvent plus que moyen, que par la "nécessité" de donner l'envie de lire. Ce qui devrait, à mon humble petit avis, être la seule préoccupation valable lorsqu'on rédige sur la littérature.

Alex - C'est exactement ça ! Ca m'est arrivé beaucoup trop souvent d'en venir à la fin d'un article et de ne même pas savoir vraiment ce que l'auteur pensait du livre sur lequel il avait écrit. Je me demande si on ne va pas bientôt pouvoir lire des magazines critiques de critiques d'ailleurs ; des fois qu'on ne sache plus trop à quel critique faire confiance...

Charles Muller - Je ne sais pas, on avait commencé à en parler avec Marco et d'autres. Que la critique comme système (de journalistes) soit globalement une merde est une chose; que la critique comme exercice soit seulement affaire de ressenti en est une autre, et c'était le débat.

chevalier - Excellent !

Martine - Seulement une affaire de ressenti, non, je ne vais pas monitorer le journaliste pour savoir s'il a réellement ressenti ce qu'il écrit à la lecture de ce qu'il décrit ; tout ce que je veux, c'est qu'il me donne envie de lire. Le reste n'est que littérature (uh uh uh qu'est-ce que je suis spirituelle ce soir)

nic - Une discussion croise l'autre, croise en l'occurrence cette collante histoire de vérité (qui est donc bleu) sur un mode particulier : la survalorisation de l'authenticité. Le ressenti, ce serait ce que pense vraiment le critique, ce qui échapperait à toute intellectualisation. Pourtant, une fois passé j'aime ou j'aime pas (et ce que pense au fond de son coeur machin-chose, est-ce vraiment intéressant ?) il faut bien donner... des raisons, et par conséquent tenter de mettre en place un appareil critique qui fonctionne autant que possible. Une critique qui tient debout, en outre, on peut la discuter, à l'inverse du j'aime bien / j'aime pas qui propose de se reconnaître dans UN critique dont, à la longue, on saurait si on partage les go?ts.

Ceci-dit, la critique - et pas seulement littéraire - est hélas dans l'ensemble assez nulle.

Charles Muller - Oui. En même temps, un journaliste stricto sensu ne me donne jamais envie de lire (ni voir un film, aller à une expo). Il me donne dans le pire des cas envie de gerber ou de tuer (y compris quand je suis ce journaliste, au hasard de mes prostitutions). D'où l'intérêt du bloggeur (pas influent) et de l'antisystème qui en émerge (ou non, on observe, c'est bien là le débat).

Martine - Nic, je ne crois pas à ce que vous dites (l'appareil critique, que l'on peut discuter, etc), pour moi la littérature n'est pas de l'ordre du vrai mais de ces drôles de conjonctions psycho-chimiques qui font qu'un livre "parlera" à certains, quand d'autres s'en verront l'une touchée sans l'autre remuée. La critique est bien affaire de "reconnaissance", mais je parle évidemment toujours pour moi.

Martine - Je pense que nous pourrions donc conclure en l'urgence de pendre le dernier journaliste avec les tripes du dernier pirate, et l'an neuf n'en commencera que mieux. CQFD

Dahlia - Charles Muller, "Il me donne dans le pire des cas envie de gerber ou de tuer". Tiens moi c'est Vincent Malausa qui me fait ça. Dès que je lis une de ses critiques ciné, que ça soit dans un papier thématique ou juste pour un film, j'ai envie de lui sauter dessus à pieds joints ^^ Et pourtant je suis un ange de douceur hein huhu.

Martine - Dahlia, ne donne pas de noms, ou certains vont pleurer des larmes de sang :)

Charles Muller - Non, c'est drôle, des noms, des noms ! Donc moi Charles M., 40 ans, journaliste (à quart-temps quand même hein), prostitué... j'ai écrit des papiers flatteurs à l'annonceur (oui), j'ai écrit le contraire de ce que je pensais (oui, tout le temps ou presque, parler au grand nombre est toujours un mensonge), j'ai vite compris que j'étais une pute sur un support payé (oui, bien s?ur, je le fais parce qu'on me paie bien), j'ai renvoyé l'ascenseur (non, presque jamais pour le coup, mais j'ai pas vraiment d'amis, c'est pour ça, je ne travaille pas encore en maison close). Et puis tiens, des noms, on me lit parfois en ce moment dans Connecté (payé par Intel) et dans le Figaro (payé par à peu près tous les industriels de droite).

Mes collègues salariés à plein temps vont gueuler contre ce portrait. Et pour cause, je bouffe à moitié fouet leur pain moisi, à ces salopes.

(Témoignage de Charles M. à la commission parlementaire : "Faut-il sauver les médias pour sauver la démocratie?", dirigée par Nicolas S. et Benoit XX, an 9 de la fraternitude © plus haut).

Donc, maintenant : Des noms, des noms ! Du name-dropping ! Comment voulez-vous que ce blog accède à sa place (la première) sans un effort commun pour casser ce qui s'effrite déjà? Objectif : ELS 1er en 2009 sur Wikimerdio (et ailleurs). Moyen : Votre absolue liberté et votre totale prolixité. Alors merde, debout les morts, on n'a quand même pas un Léo par siècle ! (Je précise quand même, vu ma mauvaise réputation naissante : rien à voir avec Léo du point de vue matériel, il peut en témoigner, je profite de et partage simplement son go?t pour la liberté).

C'était finalement mes voeux, ici ' en dehors du bon plaisir de mon cousin, issu de germains.

Martine - OK, lançons nous, chez Chronic'art, magazine que je connais ben, uh uh, les critiques ciné de Jean-Philippe Tessé (auto-diminutivé J-Ph.T ; lol) sentent grave des fesses. Après, je n'en sais rien, vu que je ne lis rien (en "supports culturels", précise-je).

J'ai envie de dire aussi "les go?ts de Sylvain Bourmeau sentent le moisi", mais c'est comme si je déclarais "la reine d'Angleterre est vieille".

Pour le peu que j'ai lu de lui, et pour le peu que j'ai lu de Libération, je dirais que je suis plutôt d'accord avec les go?ts de Mathieu Lindon.

Fabienne Pascaud et Pierre Vavasseur, autant qu'ils sont (Télérama et le Parisien via France Info), me font pitié.

En parlant de Lindon, le Masque et la Plume, je fais un package : caca merde.

Clic - Ressenti ? Bizarre. Critiquer me semblait, après s'y être plongé, prendre un peu de recul, regarder les horizons, se retourner et y plonger encore.

La critique critique serait-ce alors le ressenti ressenti ?

Je dois manquer de jugeote.

Ludivine Cissé - En fait, il y a deux types de critiques. Celle qui s'adresse à l'auteur depuis le poulailler, mais habillée en vedette, et celle qui monte sur scène pour parler au public. Dans tous les cas, il s'agit de montrer son cul à botter ou mieux, mais l'échange est moins rhétorique que de rhéteurs. C'est ainsi que l'auteur se découvre en duelliste qui méprend une charmeuse pour la foule. Reste à déterminer l'objet du désir.

blogons - É vous lire dans ce passage vers l'an "neuf", et par la suite, même si en filigrane quelques réelles questions semblent transparaître, je me demandais : pourquoi perdent-ils tous tant de temps ? - tant de temps consacré à exceller en cynisme, en belles tournures assassines et vaines ... quel dommage pour le quidam que je suis et qui suit un peu ce qui se passe ici, en cherchant à nourrir mon dialogue intérieur. Je suis là parce que je cherche ce "brain storming" sur des questions qui se mêlent aux miennes... Tant d'intelligence, d'ingéniosité parfois, juste à paraître, à bavasser ? Où sont les questions, les pistes de réflexion, pourquoi ne pas enrichir ce site d'un autre rapport que ce rapport de force qui se veut drôle et où vous semblez vous noyer dans des médisances et des discussions de salon ... vous vous ennuyez de vous même ? c'est con ! croyez vous que, masqués, vous pouvez vous soustraire à la responsabilité que votre être là, même derrière un écran, génère ? après tout vous avez comme objectif si j'en crois votre patron la visée de créer une nouvelle forme de communauté - de liens ... alors quoi de neuf ?

Ludivine Cissé - Merci à blogons pour son illustration immédiate de mon propos.

Clic - bloguons, il ne faut pas toujours croire le patron : la taille est à ajuster; et Ludivine, le poulailler : j'aime bien finalement (ce n'est pas une critique).

(nic revient sur scène. Il chante comme un canard, et mouche tant qu'il peut.)

nic - Bien s?ur que "la littérature n'est pas de l'ordre du vrai" (Martine). D'ailleurs, l'ordre du vrai, hein... - hormis bien s?ur que bleu est la vérité. Bien s?ur, des conjonctions très singulières se produisent. "Que m'arrive-t-il ? Difficile à dire, les mots me manquent ! Je dis parfois que je me sens "tout chose", faute de pouvoir l'expliquer. Je ressens des émotions et je cherche mes mots... L'écrivain qui me touche a réussi à transmettre ce que je ressentais sans pouvoir l'exprimer et le plus souvent sans même le savoir. Je dis alors que je me suis "retrouvé" dans le livre ou que l'auteur a "lu en moi". (Le livre : tout un roman !) Deux regards se rencontrent, celui de l'auteur, et ce qui est (ou plutôt qui sera après cette expérience) le go?t du lecteur. Mais rien n'est affaire de hasard, les go?ts ne sont pas un don des fées, ils traduisent un parcours personnel et social, et rien n'est donc a priori indicible. Comme dit Clic, pour justement dépasser l'indicible, c'est une question de distance, tant pour le critique que pour le lecteur du critique.

Charles Muller - blogons, c'est sans doute de l'ordre du potlatch. Votre "être-là responsable" se demande à quoi cela sert, mais la réponse est justement que cela ne sert à rien. Quant à ce qu'il y a de neuf, pourquoi ne pas commencer par donner de vos nouvelles? Nic, Vleue est la vérité, n'y revenons plus.

Ludivine Cissé - 7 sur 6 : Et même souvent velue. D'où qu'on y reviendra, miam. 7 sur 3 : Je me mausse, si vous saviez. Le meilleur que j'ai go?té, c'était à Prague, arrosé d'absinthe. Quant à l'être-las en particulier, je le crois aussi phatique que fatigant, en l'occurrence.

nic - Charles ! Plutôt mourir que de renoncer ! Bleu est la vérité, bleu est mon chemin, mon chemin est la vérité, la vérité est mon chemin. Mort aux sectateurs vleuistes !

pseudo - Le passage que vous citez me semble faire appel à deux choses différentes. D'une part, l'identification, lorsqu'on se reconnaît, que l'on se projette, qu'on s'identifie (généralement dans un personnage, c'est plus pratique). D'autre part, la rencontre, qui mobilise autre chose, quand on ressort transformé, changé, de la lecture qu'on a faite. La question est: comment la transformation s'opère et qu'est-ce qui est transformé?

Ludivine Cissé - J'ajoute que la responsabilité ne relève jamais tout à fait du présent, ni donc de la présence, et j'invite les oisifs chouineurs à compulser Sein und Zeit pour comprendre, justement, que la surenchère de la terre br?lée sert au transitif direct, plutôt que mollement indirect. Qu'on se rappelle le mot de Zarathoustra sur liberté de et pour.

(Ludivine se drape de sa dignité en résille et descend de scène sans passer par les coulisses).

blogons - Muller ! Votre réponse est un exercice de style sur le mode défensif. Quant au "sert à rien", la chose pour elle-même : voilà qui ressemble à " posez moi la question pour laquelle j'ai la réponse de toutes les manières".... donc peu importe la question n'est-ce pas ?

Marie L - Elle est bienvenue cette compil des commentaires autour du thème: la critique, les critiques et moi dans tout ça ?

Premier point: faut-il exprimer essentiellement son ressenti, ou faut-il argumenter, en s'appuyant sur ses connaissances, sa culture et un éventuel apprentissage (périlleux) de l'art de la critique? Personnellement je me fie surtout à mon ressenti, sans doute parce que je suis un brin feignante et que les discussions de haut vol m'ennuient vite. Concernant les m@nuscrits, je me cantonne souvent à "j'aime bien" quand je trouve ça bon, et à un silence poli quand j'accroche pas.

Deuxième point: les journalistes sont-ils tous des hypocrites et des vendus et doit-on doit se contrefoutre de leur avis; là aussi, on peut dire tout et son contraire: j'écoute le masque et la plume même si je ne suis pas fana de Garcin parce que j'y trouve "mon compte", (sans être dupe de leur terrorisme intellectuel très germanopratin), et qu'ils sont souvent assez marrants quand ils se disputent. Troisième point: les go?ts et les couleurs. Pourquoi Céline et Proust font-ils l'unanimité (même si beaucoup s'ennuient en les lisant) pour dire qu'ils ont du "génie", pourquoi Musso et Lévy font-ils l'unanimité quand il s'agit de décréter qu'ils écrivent mal des livres sans intérêt? Sans doute parce que pour les uns on reconnaît, même si on ne prend pas plaisir à les lire, qu'on est face à un talent, une voix, une perception exceptionnellement intelligente du monde, pour les autres parce qu'on bute sur une histoire simple racontée platement par quelqu'un qui n'a aucune volonté ni aucune envie de jouer avec les mots pour en faire une oeuvre originale (dans le sens, tenter d'écrire des évenements, des idées ou des émotions en ayant la conviction que personne n'en a parlé ainsi auparavant).

Entre ses extrêmes, il y a la masse des oeuvres ni géniales ni vraiment mauvaises sur lesquelles on ne peut se fier à aucune critique. Exemple : Christine Angot, percutante et émouvante pour les uns, grotesque et productrice de gloubi-boulga pour les autres.

pseudo - Oui, Marie L, la question est bien qu'est-ce que le lecteur attend de la littérature, qu'est-ce qu'il lui demande: qu'elle le lisse dans le sens du poil, ou bien qu'elle vienne le gratter un peu dans ses habitudes établies. Heureusement par ailleurs qu'on ne se met pas à faire systématiquement une critique dès qu'on lit un livre; il y a peut-être aussi du plaisir à ne pas savoir pourquoi on adore tel livre.

nic - Il s'agit bien là de la rencontre, l'identification (à un personnage) c'est en effet autre chose. "Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous." (Kafka)

Gérard (en aparté) - Bientôt en librairie : Les Brèves de Léo ??

blogons - Point départ : de quelle place parle-t-on quand on parle de critique ?

Primo, un critique a forcément des critères, peu importe comment il s'est formé, ce métier particulier, car cela en est un, parfois il est payé pour qu'il soit à cette place. Il y a donc un point de départ. Une dynamique de critères. Quels sont-ils, car ceci définit des règles sans doute, qui permettent d'apprécier un travail littéraire, un propos, une plume, un au-delà de ses go?ts propres. Donc, une distance juste qui ne l'autorise pas à détruire la personne qu'est l'auteur, mais mettre en valeur son propos, la forme de son propos, son travail d'écriture. Important je pense que l'opinion d'un critique soit argumentée des questions que sa lecture pose pour le lecteur auquel il s'adresse.

Secundo, il y a la critique du lecteur. La responsabilité est-elle la même ? Je ne pense pas. Son point de départ n'est pas assujetti aux critères d'une profession. La critique du lecteur lamda est ce qu'il en fait. Qu'il en fasse une catharsis, ou un entraînement, ne regarde que lui, il n'en paie que le prix des réactions qu'il suscitera. L'auteur peut réagir, discuter, convaincre, pester, librement. C'est dynamique. Quand le critique a publié sa critique dans son canard, le couperet est tombé. Alors ici, sur ce site, quel est le critère du lecteur qui apprécie les manuscrits, les juge ... est-ce un point de départ pédagogique ? une place professorale ? une d'entraide ? un entrainement ? une manière de "changer le monde", en sortant d'un système établi pour ouvrir d'autres portes à la création, avec d'autres critères ? lesquels ?

Florent Grimaldi - J'aime généralement beaucoup les articles de Philippe Lançon dans Libé. PS: Je ne suis pas Philippe Lançon.

blogons - Oui mais je disais que la question de savoir ce que le public attend de la littérature me semble une question trop liée au marketing. Il y a autant d'attente que de personnes, s?ur que tout le monde attend d'être touché là où il aime qu'on le touche (!!) - mais on ne peut présumer de rien en réalité - et autant pour un artiste, un auteur, de ne jamais répondre à la demande ! nous avons une base commune : l'humain. Mais nous avons tous un autre rapport à la langue. Proust peut-être génial, il est chiant à lire à mes yeux - je préfère qu'on m'en parle plutôt que de le lire. Mais cela ne présume en rien de la qualité de son oeuvre, ça ne parle que de mes limites propres. Aussi, la diversité des langages permettra toujours à un groupe de gens d'être touché là ou d'autres ne le seront pas ... l'unanimité fige.

Clic - Cher blogons, pour Proust, un secret : ne le lisez pas avec les yeux.

nic - Voilà un exemple de critique cantonnée au ressenti : "(Proust) est chiant à lire à mes yeux", dit Blogons. Assurément des tas de lecteurs respectables auront ce sentiment, mais sommes-nous très avancés de l'apprendre ?

Florent Grimaldi - "Chiant" n'est pas une catégorie pertinente en critique, mon cher blogons. Le mieux en vérité, c'est qu'un rédacteur en chef propose de faire une critique à un journaliste ou auteur sur un livre qui ne correspond pas au "profil" de ces derniers - et que le critique en question se confronte alors à quelque chose de nouveau et d'étranger.

Les 50 premières pages du Rivage des Syrtes ne sont pas forcément plaisantes à lire, le travail du critique consiste quand même à faire avec cette difficulté éventuelle de la lecture et de dire aux lecteurs qu'il y aura peut-être un effort à faire, et que par cet effort naîtra un plaisir esthétique.

Mais bon je parle d'une configuration idéale qui n' a plus beaucoup cours aujourd'hui: grand livre lu par un bon critique pour un lecteur courageux. Il suffit de lire le blog de Wrath pour voir où on en est, aussi dans la presse.

Christian - Lorsque j'ai lu cette critique je fus heureux d'y trouver ce à quoi j'avais conclu : La morale du livre me semble contenue dans la phrase de Bouvard : « La science est faite suivant les données fournies par un coin de l'étendue. Peut-être ne convient-elle pas à tout le reste qu'on ignore, qui est beaucoup plus grand et qu'on ne peut découvrir. ». Phrase que je m'approprie depuis ma propre critique.

Une critique qui "démonte" un texte, si elle est bien faite, peut encourager sa lecture : nous en sommes juste prévenus. Un commentaire élogieux, à papier (ou blog) glacé, en dégo?tera beaucoup : c'est rassurant.

Oui, Florent Grimaldi, Pierre Lançon a fait de très bon billets pas toujours caressants, mais engageants. Mais Libé, que je ne lis pratiquement plus, ne parle plus beaucoup des livres, ni d'autres choses d'aillleurs : Libé doit en ce moment dire à Lançon : fait court, tu barbes et qui te lit ? On a des palmarès et des quatrième de couv', cela ne suffit-il pas ?

Florent Grimaldi - Lançon a écrit de longs articles très bien faits, c'est vrai que dernièrement il semble faire plus court...

Marilou (penchée sur son balcon et regardant tomber la neige) - C'est une sorte de cadavre exquis composé par l'écriture alternative, dans le récit ou la pièce de thé?tre, des blogger ! Magnifique !

Alex - J'ai pas une grande expérience de la critique en ce qui me concerne ; s?urement que pour juger la prose de tel ou tel auteur, je n'ai aucune qualification, rien qui me permette de distinguer la vraie, la fausse, la vraie/fausse littérature... La seule chose que je peux dire c'est très simple et très sommaire : je n'aime pas les bouquins qui m'emmerdent, qui ne m'inspirent rien, et je juge qu'un livre est bon dès lors que l'histoire échappe à ses contours et que je me retrouve plongée dedans.

La magie n'opère pas toujours ; parfois elle opère des années plus tard. On parle de Proust, pour l'instant je n'y arrive pas : je vois des mots, des phrases, des paragraphes mais je perds le mécanisme de la représentation. Si j'avais lu Albert Cohen il y a 5 ans, j'imagine qu'au lieu de m'émerveiller, ça m'aurait fait le même effet.

Ce qui est s?ur, c'est que j'ai du mal à faire de "bonnes" critiques quand je n'ai pas de conviction. Mon niveau est plus bas que la base, ok, mais n'empêche que parfois, quand je suis justement en train de rédiger quelque chose sur un livre, je replonge dans cet univers que je décris, et là, souvent, ce que je raconte est intéressant. Les fois où j'essaie sans avoir vraiment l'envie, la motivation, ou la conviction... Ca donne quelque chose de plat, et de chiant.

Je suis pas un exemple, je ne m'étiquette pas critique, ni rien, mais je pense que quand même, ça se ressent à la lecture si l'auteur de la critique est ou non vraiment impliqué dans ce qu'il défend / rejette. Plus que les critiques, ce sont les analyses que j'aime bien personnellement. Ca me fait toujours rager de me rendre compte que je suis passée à côté de certaines choses. Parfois, c'est de la grande extrapolation aussi.

Je rejoins Marie L sur ce qu'elle disait à propos des m@nuscrits ; perso, je ne me sentirais pas d'aller incendier quelqu'un. Quelqu'un qui a été publié, c'est une chose, ça ne va pas l'ébranler plus que ça, il y a des gens qui ont cru en lui /elle, et mon avis, pour ce qu'il vaut hein... Mais dans un cas comme celui des m@nuscrits, pour une fois, je me passe de mon ton acerbe. On ne sait jamais quelle est la démarche de la personne qu'on critique justement. Autant ne rien dire si on n'aime pas, c'est tout de même beaucoup plus simple, et plus clément. Pour ce qui est d'éventuelles remarques constructives, je me rends compte que je ne suis pas d'une grande utilité... En grande partie c'est juste que la magie n'opère pas, je sais pas... J'y connais rien en technique, je me vois mal me lancer là dedans. Si je pouvais être constructive, je le serais, mais c'est pas le cas, et y aurait beaucoup trop de vent à brasser pour que je commence là dedans.

Clic - Voilà une intéressante critique (une amorce, hein, chère Alex) de vos perceptions : elle est assez semblable à celle que je pourrais faire de la mienne. C'est pour Ulysse(s) que j'attends encore quelques années.

Pour les commentaires de m@nuscrits, c'est vraiment une autre histoire, je vous rejoins ainsi que Marie. Il n'empêche que "l'effort" de Nic est instructif.

Une passante (aux doigts gelés) - Un peu d'ambiance avant de s'échauffer, peut-être ?

Post Scriptum : passer n'est pas troller. Il n'y a pas de sot métier. Vive la critique littéraire mais des livres en papier.

Dahlia - Vous avez bien fait d'ajouter la bande-son, là on y est! (Dès qu'on met du Offenbach, on se croit de suite dans une pièce de Georges Feydeau c'est génioul)

La grande duchesse de Gérolstein Génioul ! ? Allez donc à 2mn 15s voir si j'y suis !

Emmanuel Tugny - Rien à voir du tout mais bonne année à tous les (someone) Elsiens !

Clic - Je ne voudrais pas critiquer, mais s'il n'y a rien à voir qu'y a-t-il pour le go?ter ?

Mince, je n'avais pas vu que le "général" déplaçait le particulier. J'aurais su, je me serai fondu d'autre chose.

Passante (Perdue sur un autre billet) - Alors, allons-y, Alonso, la plus sympa, pour moi c'est Madame Savigneau, ne vous en déplaise. Mais, en fait, qu'est donc "ze" critique littéraire ?

Loup-ange - Pour avoir de bonnes critiques en France, il faut éviter de vendre des livres, les auteurs à succès sont quasi systématiquement descendus.

Zouam - Jolis échanges...

Je suis de ceux qui se prostituent, tel Charles M., mais pour un journal qui paye (beaucoup beaucoup) moins, un mensuel gratuit lyonnais, ...491. J'y suis bien parce que nous restons assez indépendants, en dépit des pressions de toute la clique de faux-culs de la culture lyonnaise qui s'ébaudit de notre indépendance, s'en félicite et, du même mouvement, nous condamne en supprimant les budgets publicitaires dont nous dépendons - au profit des lèches bottes de la concurrence bien entendu - et négocie un rédactionnel (elle parvient à ses fins quelques fois) contre un contrat.

Je me prostitue, mais avec plaisir parfois. Ben oui, ce n'est pas parce qu'on est payé qu'on ne doit pas jouir, si ? J'aurais bien mis un p'tit lien orangé sur un de mes articles, une critique du Jean-Jacques Rousseau mis en scène par Michel Raskine avec Marief Guittier dans le rôle. C'est un PDF, pour ceux qui aurons le courage, c'est le numéro d'octobre dernier, page 8.

Bon pour ceux qui ont eu la curiosité, en faits, c'est de la critique peut-être un peu lyrique, certains diront boursoufflée, en faits c'est sans prétention. Je crois que l'on peut aussi faire ce métier de critique sans se croire plus malin qu'un spectateur lambda, avec juste le soucis de comprendre ce qu'on est allé voir (ou ce qu'on a lu) et l'envie de le partager. En règle général, un spectacle qui ne me plait pas, je ne perds pas de temps à écrire des saloperies, juste je l'ignore. Par contre je me ferais un plaisir de descendre les bouquins ou les spectacles, les films qui font un carton, critique ou public, si je pense qu'ils ne méritent que ça. Je ne suis qu'un provincial, toute cette boue que vous remuez, par là-bas, à la capitale, ici, je n'en ai que l'odeur, et puisque mon mensuel ne couvre que la région...

Clic - Cher Zouam, le centre, ici, est très périphérique... au delà de Lyon.

Zouam - ...en faits en faits dans la même phrase, eh ben on est pas rendus. ;) Ok clic, mon vous n'était qu'on... (Mais était-il si bête?)

nic - Zouam. Es-tu finalement parvenu au bout de mon texte ?

Zouam - pas encore, j'ai été un peu égoïste ces derniers temps. J'ai avancé, je te prépare une petite fiche (et merci pour le compliment)

chevalier - Oh faut pas me pousser hein... et d'ailleurs pour confirmer que je suis un super abruti, je suis cap' de le dire une deuxième fois ce truc...la preuve:

Excellent !

nic - Ce texte, ici, c'est très bon.

Passante (réchauffée) - Oui, nic, ce Zouam a vraiment la pêche, je l'avais déja vu. Alors, ambiance !!! ;)

Un critique (déplumé) - Je t'en ficherais, moi, de "la vie parisienne", bande de nazes. Depuis que j'ai pas voulu jouer leur sale jeu, je me cantonne à la rubrique des chiens crevés. Comme j'étais free lance, même pas eu droit au smig de survie.

Stubborn - Ah ! Zouam ! Ah!... Toute une époque pour moi. Je dois avoir gardé les premiers numéros dans mes cartons déménagés plusieurs maisons plus loin depuis ; j'avais commencé un abécédaire sur l'Art. Je me suis arrêtée à B comme Baroque (tout ça, moi). Bruno Pin vit-il toujours sur sa très belle péniche ? A part ça, je souhaite une Bonne Année 2009 à tous. Éa va swinguer jusqu'à l'accouchement en 2010-12. M'en fous, j'ai jamais aimé les années 80, 90...

Zouam - BP a vendu sa péniche à Zingo. Je répète. BP a vendu sa péniche à Zingo. É tous, à Léo : Bonne année, des surprises, des voyages, des bandaisons.

Alex - Avec tout ça, on sait toujours pas si la vérité est la beauté et surtout si la réciproque est vraie. Socrate s'en retourne s?urement dans sa tombe, moi j'ai très mal aux dents.

Clic - Alex, depuis que BP a vendu sa péniche à Zingo je ne me pose plus ce genre de question. Elle n'empêche pas le mal aux dents.

Alex - J'espère que les antibiotiques aussi...
Ceci dit, on s'approchait de La Solution avec nic qui disait que la vérité était le bleu.
Par syllogisme, en supposant que la vérité soit la beauté, la beauté est donc le bleu.
Reste à trouver ce qu'est exactement le bleu.
Moi j'avais opté pour une métaphore du sommeil basée sur la couleur du valium, mais je crains de trop extrapoler... Quant au ciel et à l'eau, on ne me la fera pas à moi, je vois bien qu'ils sont gris tous les deux.
Ca me fait penser au livre Bleu comme l'Enfer de Djian.
Je crois que je tiens un truc :
Vérité = bleu Vérité = beauté (postulat)
Bleu = Enfer (argument d'autorité)
DONC : beauté = vérité = bleu = enfer
Le Beau, c'est Satan.
Ce qui colle parfaitement avec les 40 ans de Marilyn Manson hier, et qui clouera le bec à Pirate. I'm a genius.

Marguerite (qui s'en mêle) - Chère Alex, le bleu est considéré comme une couleur primaire... Comme le rouge et jaune. ça va peut-être pas plaire...

5 - "le" jaune. Le trinitaire mène à tout...

Alex - Merci pour le lien, je suis s?ure que je peux y trouver quelque chose pour étayer ma thèse.

Donc je pars du principe que bleu / jaune / rouge = trinité du beau, sans oublier mon nouveau postulat d'après ma démonstration en 4, à savoir que le beau est le vrai est Satan.

Ainsi ; on a le rouge, qui symbolise, entre autres, la destruction, le feu, le sang, mais aussi la divinité. Donc une divinité infernale, donc de nouveau Satan. Je lis aussi que le jaune peut représenter le soufre, l'adultère, la jalousie, et que Judas était représenté en jaune dans l'iconographie... Ce qui nous ramène UNE FOIS DE PLUS au côté obscur de la force, et, par extension, à Satan.

Je pense qu'il est clair que les couleurs primaires représentent l'Enfer, c'est bien dommage qu'il n'y en ait que trois, on ne peut pas faire tous les niveaux de l'Enfer de Dante, mais c'est déjà mieux que rien.



Le jaune (le soufre) étant par ailleurs à la mode en de début d'année 2009, j'en déduis donc de manière parfaitement logique qu'il s'agit là d'une année charnière pour Satan et sa quête dans la domination du monde.

Nous mourrons donc tous dans d'abominables souffrances, et cela commencera par les dents. CQFD.

Rosita - Avec les trois couleurs primaires ont peut obtenir toutes les autres couleurs, même le blancâ?¦c'est ainsi!Pas de problème pour les niveaux . Seul le noir est absence de couleur.

chevalier - Le blanc..., bien s?ur tu le sais, seulement en théorie, c'est valable concernant la composition de la lumière, pour les pigments c'est autre chose. Pour les trois couleurs primaires censées donner toutes les autres sans restriction aucune , là aussi c'est de la théorie, il y a des nuances qu'on ne peut pas obtenir ainsi. Bon... c'est pas plus grave que ça.

Marguerita - Oui, c'est bien vrai, dans la nature il y a plusieurs bleus etc. Mais, bon, passons à Nic, vous avez raison.

Alex - Et comme le noir, c'est déjà la couleur de la Mort, je retombe sur mes pattes !

Marguerite - Rosita ! Merci chérie, j'allais le dire... Et disons que la pureté du blanc - qui n'est pas une couleur non plus - de la "pureté" - comme par hasard - donc, le blanc, "devrait" s'obtenir par le mélange des trois couleurs primaires. Par exemple, pour Alex, le rouge - chérie c'est l'amour - et le vert sont complémentaires. On peut le voir à l'oeil nu, par une illusion d'optique, si j'ose dire. Tout est dans l'OEIL !

Alex - Je sais bien que le rouge (hémoglobine) est complémentaire avec le mélange jaune (soufre) / bleu (enfer). Tout est dans l'oeil, sauf, des fois, le compas.

De toute façon j'ai raison. On parlait de critique et donc un peu de relativisme à la base, hein...

Marguerite - Alex ! Vous frisez, je crois, le génie. Pourtant, je vais en remettre une couche, en vous disant, mais vous savez peut-être, que Satan est aussi Lucifer ! L'étoile la plus brillante du firmament cosmique, et que Lucifer - le plus bel ange de tous, la lumière - fut déchu. Elle est pas belle la légende du Saint Esprit ? ;)

Post Sriptum : vous ne trouvez pas qu'on se rapproche peu à peu de Stalker ? Je dis ça comme je dis rien.

Alex - Oui, oui, Satan, Lucifer, Léviathan, Belzébuth, Bélial, tout ça, tous mes potes.

Finalement c'est un peu le blanc qui a perdu sa pureté et qui a pris tout plein de nuances infernales. (Qu'on vienne pas m'accuser d'être raciste, je suis s?ure que Pirate sera tenté de le faire s'il lit ça).

Je connais pas vraiment Stalker... Il raconte des conneries sur les couleurs primaires lui aussi ?

Rosita - Bleu marine: distance. la tendresse est parfois ce bleu.
Bleu de colbalt: électricité , pureté. amour.
Noir: rien n'est vraiment noir.
Vert: lumière tiède et bonne.
Solferino: Tlapalli aztèque. Sang séché de figue de Barbarie.Le plus vieux, le plus vif.
Café: couleur de mode, de feuille qui tombe.Terre.
Jaune : folie, maladie, peur.Partie dusoleil et de la joie.
Vert feuille : feuilles, tristesse, savoir. L'Allemagne est toute entière cette couleur.
Jaune vert : encore davantage la folie, le mystère. Tous les fantômes sont vêtus de robe de cette couleurâ?¦en tout cas, leurs sous-vêtements.
Vert sombre: couleur de mauvaise augure et de bonnes affaires.
Magenta: sang? qui sait ? Journal de Frida Kahlo, in Raquel Tibol. (J.M.G. Le Clézio. Diégo et Frida) Ma dernière lecture!

Alex - Magenta = Rocky Horror Picture Show = Luxure = Péché = Satan.

La passante (Marguerita dans l'intime) - Rosita ! Ho ! oui, voilà encore un bel exemple, je trouve, qui nous ramène à Matisse et à DADO d'à côté ! Si on pense aux conditions physiques qui étaient celles de Frida et Matisse qui, malgré leur état, continuaient à peindre. Une vraie question de vie ou de mort, en réalité. N.B. Il y a eu un beau film sur la biographie de Frida Kahlo. L'histoire d'une passion qui pourrait, d'ailleurs, rejoindre le panthéon du blog de Marilou. Peut-être. Finalement, ici, sur le blog de Léo, toutes "les conférences" se rejoignent, comme dans une vraie symphonie !

nic - Les schtroumpfs sont le peuple élu, Peyo(lt) est mon prophète.

chevalier - whooo ! Quand est-ce qu'on se fait une drug party avec gargamel et la schtroumphette ?

nic - Ne plaisante pas avec ça, Gargamel est vraiment un être très méchant - je tremble en écrivant son nom...

chevalier - T'inquiète pas loupiot, au kick boxing, je lui Nic sa race !

Clic - "il y a des nuances qu'on ne peut pas obtenir ainsi", là c'est votre marotte, l'accord ouvert (open tuning si vous préférez). Et Alex : "Je connais pas vraiment Stalker... Il raconte des conneries sur les couleurs primaires lui aussi ?". Très bon, Alex, chamboulez la phrase, mettez un lien vers son blog et c'est bingo pour le plaisir de la tendre Marguerite.

chevalier - Clic, Open tuning, hum, très bonne mémoire par là. On a les marottes qu'on peut et puisqu'il paraît que le diable se cache dans les détails...

Clic - surtout si cela commence par : "Permettez-moi de me présenter".

Margurite la passante - C'est vrai, Clic vous avez raison. Merci de venir à ma rescousse. Le tableau de chez ce diable de Stalker est vraiment magnifique. A mon humble avis. Clic, vous êtes chic.

Alex - Je viens de cliquer et j'ai vu écrit "spicilège" et "hermétisme solipsiste" tout ça en trois lignes. C'est vraiment trop pour moi.

Clic - Remarquez Alex, j'ai vu "idiocracy" et "gros bêta" de votre côté. Il y a des similitudes...

chevalier - Bien s?ur bien s?ur, j'éprouve moi aussi une certaine... hum... sympathie pour lui.

Alex - Je viens d'aller sur Wikipédia, après tout sait-on jamais :

É côté d'une définition restrictive du solipsisme il y a lieu de faire place au sens ontologique. Seule la mort met en évidence et révèle l'irrémédiable solipsisme de tout existant. La vie est, en tous ses états, de l'homme à l'étoile, de la rose à l'univers, un phénomène solipsiste car la mort scelle dans l'abolissement solitaire et l'absence de sens toute tentative d'être.

Je jette l'éponge.

Je me vautre avec délices dans l'ignorance.

Un doux manon (moëlleux et suave) - Il semblerait que Monsieur Clic soit particulièrement en forme, ce soir. ;) mais je vous dois des royalties, chère Alex, car vous me faites pleurer de rire ! Vous aussi.

Clic - Un doux manon moëlleux et suave... (que j'attends toujours), surtout gros bêta. Dans le rapminot, j'ai trouvé : créer « gros bêta » â?¢ demander la rédaction â?¢ chercher « gros bêta » en langues étrangères. Tout un programme à portée d'un clic.

Alex - Si on peut créer la rédaction, je veux bien m'en charger, je mettrai juste un lien vers mon blog et comme ça les gens se feront une idée !

Je vois, parallèlement, que Pirate a sa définition...

Un doux manon (fondu (e) Un an après... ;) - A présent, cher Clic, qu'il fait moins 19 degrés, le moment est peut-être plus approprié pour qu'enfin ils vous parviennent sains et saufs ? Rapminot, c'était donc ça ? Un an pour comprendre, c'est long, je trouve.

Gargamel - J'aurai le dernier mot, tu as eu tort de défier ma puissance, chevalier, car je suis très très méchant ! (rire démoniaque très méchant.)

Schroumfette (coquette mais vêtue de rose...) - Gargamel, si tu crois que tu lui fais peur, au chevalier, tu te trompes. Où est donc passé ton chat ? J'ai oublié son nom...

Gargamel - Azraël lui mangera son oiseau, à chevalier, ha ha ha ! je suis très méchant !

nic - Non, Gargamel, épargne-nous, tu es vraiment trop méchant !

chevalier - Gargamel en short, j'ai chopé ton chat tout pourri, je lui ai éclaté le foi, arraché le nez avec les dents et l'ai cloué sur ma porte, il va pas fort fort, miaule vaguement, mais tu peux venir le récupérer.

Passante (paniquée) - Bon ! Là-dessus, vite un peu de musique, si j'ose dire. Parce que si vous commencez à parler du zoizeau, ça va craindre...

Gargamel - Ha ha, c'était le chat de la Mère Michel (elle pleure), ha ha, je t'ai bien eu, ha ha je suis trop méchant !

Passante (toujours paniquée par la tournure que prennent les choses) - Chevalier. Foi ou foie ? Vous jouez avec le feu.

nic - Bon, Gargamel dort (ouf) et je vais prendre de l'aspirine pour faire baisser ma fièvre...

Schroumfette (en rouge) - C'est pas pour dire, mais si Georges était là, il me tordrait s?urement le cou, si je disais que, finalement, l'Opéra-Bouffe - est-ce du verbe bouffer ? - c'est peut-être l'ancêtre du rapp ?

chevalier - passante paniquée (??) Tu fais erreur Gargarisme, la mère Michel je l'ai violé et son chat je te le réserve pour te le faire bouffer. Foi foie feu... de fautes à la pelle, foin fifre foutre ! Parlant de zoizeau passante, c'est pas que je m'embête mais ça me rappelle qu'à cette heure mon écuyère a chauffé le lit et m'attend... souhaitez-moi bonne nuit. Amusez-vous bien.

Loup-ange - Ce Chevalier est toujours aussi cavalier! On baigne en plein middle age. Les chats crucifiés sur les portes et tout le tralala. A propos de fautes Knight, je l'ai violé avec un e à la fin. Ou alors c'est qu'elle en avait une grosse et que c'est elle qui vous l'a fourrée, sacrée Mère Michel.

Quant à l'ange de la mort, Azraël... Il vaut mieux ne pas trop lui chatouiller les oreilles, il pourrait battre de la queue. Si Azraël bat de l'aile, c'est mortel, mais de la queue... Je n'ose imaginer.

Passante (toute rouge) - Bin, dis-donc, ça alors, les anges ça osent ! Moi je vais me mettre ma petite berceuse avant d'aller vite vite pioncer. Serait peut-être temps de tous se mobiliser pour une bonne chasse aux critiques ?

chevalier - Loup-ange, toi, tu rêves !! Mais j'en ai autant pour toi, si ça te tente (avec ou sans a). La mère Michel est un trav et Azraël est crevé, n'y reviens pas. Bon, c'est l'heure j'ai des chats à fouetter.

Charles Muller - Goodman, le promoteur du vleu, pose "que les nombreuses versions différentes du monde sont d'intérêt et d'importance indépendantes, et ne requièrent ni ne présupposent d'être réduites à un unique fondement". (in Manières de faire des mondes).

La critique prospère généralement, au sein de la classe journalistique-intellectuelle dont elle est une métastase, sur le déni de cette absence de fondement. Peu importe finalement que le ressenti ou l'argumenté structure son exercice : ce dernier n'est généralement possible, n'a généralement de sens, que si le "je" du critique renvoie à un "nous" du public qui pourrait ou devrait sentir / penser pareillement en ce qui concerne une oeuvre, et classer celle-ci dans un certain ordonnancement des oeuvres (les bonnes, les mauvaises, etc.).

Cette critique-là (moderne, démocratique, verticale, massmédiatique, etc.) est-elle en train de mourir par l'implosion de son exercice (critique, donc) sur l'Internet ' où l'on s'aperçoit qu'il y a autant de lectures potentielles d'une oeuvre que d'individus, que le monde de l'oeuvre n'est donc pas plus homogène que la réalité en général ?

Voilà ce que je me demande, et qui serait plus clair si je ne devais me bouger le cul pour prendre un train inconnu vers une banlieue inconnue afin d'y rencontrer des inconnus.

Clic - La gare pourrait être celle de Perpignan.

Otto R. - Dans un lieu d'intervention, comme le web, où la posture mentale est expressément, sciemment recroquevillée dans une articulation de son "être au monde" (virtuel), n'est-il est pas vain de constater la relative épilepsie de la conscience intervertie par l'inversion des pseudo-rôles qu'on aurait pu prêter, nous, croyants ébaubis de l'ancien monde, à l'ambiguïté d'un blasphème culturel complaisant, où la critique, justement (moderne et démocratique, comme vous dites) serait victime de ses propres apories ? Il serait temps de se poser la question. Non ? Hé ! Charles Muller, je vous parle.

Clic - Otto R., c'était à destination d'Alex, non ?

Alex - Je me faisais la même réflexion !

Otto R. - É l'une ou à l'autre, car en tant qu'avorton grotesque de la post-philosophie, on peut bien s?ur y voir un parallèle asymptotique du mépris de la norme, et matérialiser le renoncement spirituel du Pirate par l'abolition totale de la notion même de récepteur.

D'aucuns y verrons sans doute une faiblesse discursive ciblée par un cybersniper auquel on ne manquera pas de prêter les flamboyances d'un ego dominateur, cependant ' je dis bien cependant (roulements de tambour) ' il suffit de conceptualiser la conscience à travers la faillite de la représentation médiatisée du concret, pour s'apercevoir tout de go que l'au-delà tragi-comique du non-moi de ce blog n'a d'égale que la densité phénoménologique de l'hébétude intellectuelle des quelques éminents internautes qui y participent. Dont il m'arrive, un peu malgré moi, de faire partie quand la température descend en decà de -3?C. Et que les chiens hurlent dans les gares vides.

Chonnfiellyne - Quatrième d'un noeud, après avoir lu cette écriture très serrée de trente trois chapitres de trente pages chacun, je refermais le livre sur ces derniers mots de l'auteure :

"Un nain connu du bord de mer dont j'ai aimé le nom écrit sur un ch?teau de sable à Houlgate, adorera t-il le moelleux Kola Kocho du Père Pignan, mieux en gare de L'an Vain, qu'en celle de Saint-Cloud. Et toi, ô lectrice, sciemment recroquevillée dans tes improbables moustaches frisées, poses toi cette folle question, et comme une bouteille, si tu as aimé me lire, du ponton où tu traînes, vieille poubelle, balance le livre, et balance toi après dans les froides vagues de la Manche".

Ce que je me suis bien garder de faire évidemment. Louphoque peut-être, conne s?urement pas.

Clic - Aux vagues de la Manche les loups égarés du père Pignan n'hurlent plus. Le vide et son ère les envahit.

Charles Muller - Non, pas la gare de Perpignan, c'est celle du lieudit le Parc de Saint-Maur. On y échange, en salle d'attente et face à un écran plat où gesticulent en boucle les non-événements du monde, des propos aussi spirituels que :

"Une dame ' Ah elle travaille déjà ? Elle vient d'accoucher.

Une autre dame ' Oui, une petite fille, elle s'appelle Zorah. C'est le nom de notre chienne. (Rires de trois autres dames présentes, une vieille handicapée dont le nez coule se contente de tourner un peu la tête, elle ne semble plus capable de participer à grand chose, sinon au salissement des banquettes et au trou de la Sécu)

Monsieur ' Si c'avait été un chien, c'aurait été Zorro, hé hé. (Rires redoublés) (Moment onirique : un fusil à pompe à canon scié émerge de l'écran, la petite chienne Zorah vient de perdre ses maîtres, le présentateur s'excuse pour le "regrettable incident technique" ayant laissé surgir un événement, la vieille a la tête couverte de cervelle, elle sort une petite langue gris?tre et sourit pour la troisième fois de sa vie)."

Mais il est surtout temps de trouver une Koelsch, non, cher Otto.R. ? Si votre chien avait la complaisance de m'indiquer une fontaine, nous irons laper ensemble.

Donc, nous parlions de la critique dans sa perspective vleue ' à savoir, rappelons-le, que la sang ne circule plus dans le cadavre de la vérité dont le corps mort oscille entre vert et bleu, que sa décomposition empuantit notre atmosphère, la puanteur étant d'autant plus insupportable que des thanathopracteurs en tout genre, dont certains font justement profession de critique, s'acharnent à lui donner un semblant de vie en surface, tandis que grouille depuis longtemps une faune variée dans tous ses viscères.

Nous allons examiner, à la manière de notre maître en décomposition et recomposition, Nelson himself, le conflit des propositions suivantes :

"X trouve que Proust est chiant".

"Y ne trouve pas que Proust est chiant"

Le premier énoncé semble différent de : "X pense que Proust est un chien". Mais en quoi, finalement?

Soit l'objectivation de Proust comme chiant ou non-chiant est possible, et comparable à son objectivation comme chien ou non-chien.

Soit elle ne l'est pas, et Proust est peut-être un chien, après tout.

En tout état de cause, il apparaît que le conflit de X et Y n'est soluble que par un repère commun et que si ce tiers-arbitre vient à manquer, nul ne peut garantir la fonction de vérité de leurs propositions contradictoires. Et mieux encore, chacun peut forger des énoncés diverses et variés, par exemple "Proust est un zgorb vleu".

Mais à ce point du raisonnement, je dois trouver une fontaine.

nic - Bleu.

Père Pignan - Alors là, monsieur, pardonnez moi du peu, mais alors là vous n'y êtes pas, chiant, oui, vous l'êtes, mais Proust, que nenni et d'ailleurs, Proust le dit mieux que vous, que le sang ne circule plus dans le cadavre de la vérité dont le corps mort oscille entre vert et bleu, et puis d'abord, c'est pas vert et bleu, cette affaire là, c'est sans couleur, que dis-je, sans couleur, peut-être, peut-être, là, je serais d'accord, mais avec quelques réserves (en bouche si possible), avec petite langue gris?tre, et encore, c'est pas certain, y avait pas de lumière quand on a regardé les choses...

Mais à qui je cause, moi, à qui je cause...

Passante (ELSienne * in-disciplinée) - Je me demande pourquoi Clic, soudainement, a évoqué la gare de Perpignan ? Ce serait-il agi d'une gare tarasconnaise ? Les loups ne sont pourtant pas des lions. Même les pissenlits font de jolies fleurs.

Copyright Emmanuel Tugny (à rechercher)

Rosita, mon petit amour, il faut dire 'un' augure. Surtout s'il est mauvais.

http://www.kid.ru/pesenki/Serenkiy_kozlik.kar.mid la mélodie kozlik

Charles Muller - Mon cher Nic, il vous est loisible de réitérer avec obstination le bleu. Mais vous comprendrez sans peine que ma non moins obstinée et non moins réitérative affirmation du vleu manifeste avec le plus grand éclat le problème de la vérité. Et donc infirme du même coup votre tentative de poser cette même vérité comme non-problématique ' et simplement bleue.

On pourrait certes s'accorder sur l'existence de telle ou telle longueur d'onde sur le spectre visible. Mais cette longueur d'onde n'est évidemment pas bleue, c'est une grandeur abstraite que mesure un instrument non-humain. Ce que nos cellules nerveuses nomment vaguement "bleu" dans leur phénoménologie sauvage est un lointain accord de principe, à tout moment réversible comme accord (sans parler de la métamorphose du phénomène perceptif lui-même, par une petite chirurgie neurale adaptée, celle que j'avais tentée de mener dans mon laboratoire sur un jeune garçon qui, devenu fou à la suite d'une regrettable erreur de manipulation, hante depuis l'Internet en publiant des poèmes, romans et messages dénués de sens pour la grande majorité de leurs lecteurs, sinon la totalité des singes rassemblés sous le label commode de H sapiens).

Père pignan : s'il n'y avait pas de lumière, c'était un corps noir que vous regardiez. Ce qui demande les plus grandes précautions, l'ami Boltzmann s'est suicidé pour moins que cela. Quant à Proust, je n'ai pas souvenir de la moindre couleur, en fait. A ce stade, il me faut confesser : je ne sais du tout qui est ce Proust dont on parle depuis le début. Que ce mot de six lettres désigne quelque chose, quelqu'un ou rien est en dernier ressort indifférent aux propositions qui le contiennent, à mon avis. Cela dit, si Proust désigne dans une certaine réalité une marque de bière ou de mayonnaise, je veux bien l'adresse du magasin.

Otto R. - Ohlà ohlà ohlà... C'est pourtant simple : La seule vraie question que pose internet étant, comme chacun sait, "Monsieur Tout-le-monde est-il compétent ?", question qui, en les agaçant, flotte encore dans les carrefours corticaux des plus érudits ' sans réponse, évidemment, tant que ce Monsieur n'est pas clairement identifié par les chantres de la noologie poliste ', il apparaît dès lors pertinent, chers amis coloristes, de se pencher sur la double problématique du Moi atrophié (ou éclaté, c'est selon) et du Éa anabolisé.

Toute la volupté créatrice qu'on prêtera volontiers aux pires objectivations animales (qu'elles soient canines ou post-humaines) se résorbe dans le fait même de la cyclothymie navrante du plus épuisant dynamisme qu'offre globalement la régression utérine de l'intellectuel isolé qui passe ici, fourbu de pensées dérisoires, glacé par l'absence d'instruments diacaustiques capables de mettre ses idées en faisceau ' fussent-elles obscures ou dramatiquement falciformes ', et donc (j'espère qu'il y en a qui suivent, c'est pas si compliqué), et donc, je disais donc, se résorbe, s'annule, va même jusqu'à annuler son annulation ' ultime tour de force ', pour simuler la participation ontologique de l'Un, pour autant qu'elle se dote, in fine, d'un regard froid et suffisamment distancié.

Mais, quelque part, je rejoins Muller. Ses X et ses z'y grecs d'hiver. Je ne bois pas de bière, poil aux nerfs, (d'autant que la Kölsch m'est très venimeuse), mais j'ai une fontaine en bas de chez moi, sans eau, sèche comme un dromadaire, avec en son oeil métal et cornu une stalak de glace imbuvable. Si ça vous dit. Je suis impubère.

Charles Muller - Est-ce si simple, mon cher Otto R?

La question "Monsieur Tout-le-monde est-il compétent?" n'est jamais posée par le Monsieur Tout-le-monde dont la compétence est ainsi questionnée, mais par un autre ' appelons le Monsieur Rien-que-moi ' persuadé qu'il a quelque compétence à poser cette question de la compétence d'autrui (par exemple, monsieur Rien-que-moi est critique).

Or, l'étymologie du mot "compétence", comme l'a enseigné Heidegger à Beaufret et celui-ci à ma soeur (puisque c'était mon Beaufret), renvoie au latin cum-petere (péter ensemble), traduit du grec plus originel orpexumia, qui désigne à la fois le flageolet et la levure, selon le philologue Franz Beckenbauer. Il apparaît que le critique est celui qui se place au-dessus de cela et donc, comme dirait le vulgaire, qui pète plus haut que son cul.

Mais Lacan a montré dans son séminaire (livre 9) que le cul se situe, par définition ou au moins par topologie alphabétique transitoire, entre le pet et l'ère, de sorte que la puanteur dont je parlais plus haut est bien de nature épochale, destinale, elle est acheminement par le fondement originaire où se tient l'origine de tout chemin (en termes heideggeriens ou, si l'on revient au lacanien, elle est "l'ère du pet du cul", ce par quoi on peut aussi nommer la période critique de la modernité).

Père Pignan - Depuis le début, depuis le début, c'est bien beau ça depuis le début, mais le début, monsieur, il faudrait tout de même savoir où il commence, le début.

Je vois, ce qui ne g?che rien, que vous avez des relations avec des morts plutôt mort depuis pas mal de temps mais que les conceptions du mort Ludwig exercent encore une influence et décisive sur votre positivisme à petits pas si logique après tout du rond de Vienne et que gr?ce à lui (le rond de Vienne) la centrale de Dimona existe en Israël et ailleurs, cela va de soi. Pas encore en iran comme c'est bizarre.

Vous écrivez vous confesser mais chez vous confesser se coupe en deux et fait deux mots ma foi et sans knout. Bon, c'est un peu lourd, là, j'avoue, mais moi, je suis le Père Pignan et vous un aigre-doux buveur de bière à dix balles et mangeur de mayonnaise aux oeufs douteux. Proust ne prêterait pas même son beau regard à vos tristes pieds et moches mollets.

Mais à qui je cause, moi, à qui je cause...

Père Pignan - Depuis le début, depuis le début, c'est bien beau ça depuis le début, mais le début, monsieur, il faudrait tout de même savoir où il commence, le début. Je vois, ce qui ne g?che rien, que vous avez des relations avec des morts plutôt mort depuis pas mal de temps mais que les conceptions du mort Ludwig exercent encore une influence et décisive sur votre positivisme à petits pas si logique après tout du rond de Vienne et que gr?ce à lui (le rond de Vienne) la centrale de Dimona existe en Israël et ailleurs, cela va de soi. Pas encore en iran comme c'est bizarre. Vous écrivez vous confesser mais chez vous confesser se coupe en deux et fait deux mots ma foi et sans knout. Bon, c'est un peu lourd, là, j'avoue, mais moi, je suis le Père Pignan et vous un aigre-doux buveur de bière à dix balles et mangeur de mayonnaise aux oeufs douteux. Proust ne prêterait pas même son beau regard à vos tristes pieds et moches mollets.

Mais à qui je cause, moi, à qui je cause...

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Passante (suivie de sa ribambelle) - Mais dans le désert, bien évideMent ! Mais dans le désert. Peut-être...

Trois ! - Evidemment !

Charles Muller - Le début de ce débat à haut débit est le déboire des bons et beaux débiles dont les babillements bavards feraient de nous des débiteurs d'ébaubissements douteux ' les critiques, donc.

(Je suis buveur de Koelsch, qui n'a rien à voir avec le bière. Figurez-vous que la Koelsch est l'eau de Cologne).

Otto R. - Charles Muller, est-ce complet ?

Vous brettez bien foutrebiche ! vous brettez fort et bien ! Certes pas beaucoup plus haut que le cru de nos caves borgnes, mais avouons-le derechef : vous brettez avec la force du foehn dans les vallées secrètes (d'Annivier, par exemple). Et c'est déjà énorme.

N'oublions pas qu'à l'été 1946 (un bel été, souvenez-vous), Heidegger, qui s'y connaissait autant en physique du ciel profond que vous en littérature soudanaise, au lieu de discuter le bout de bras avec Beaufret l'Ethiopien (j'ai moi-même appris sur le tard qu'il était africain) Heidegger, donc ' qui comme vous le savez était allergique aux carottes (c'est terrible cette allergie, il en est qui en trépassent étouffé) ' décida soudain d'aller pic-niquer avec Kurt Gödel (vous savez, ce petit prof d'arithmétique allemand recalé deux fois au certif), suite à leur fameux tchat sur zfa (l'ancêtre du père de msn).

Que se passa-t-il vraiment, juste après qu'ils eurent pris l'apéro en discutant critique quantique ? Vous compléterez comme vous voudrez, mais j'aime autant vous prévenir, c'est peu aisé. Sacrée vérité. Bleue ? Verte ? Euclidienne? Hilbertienne ? On dit en tout cas, dans les cordes de l'anti-monde, que Kurt avait apporté quelques carottes r?pées, avec un filet de citron, un peu d'ail et des tranches de jambon. Le gourmand Martin s'étrangla entre deux phrases épistémologiques. Il faillit y passer. Mais il riposta d'un p?té aux pistaches. La philosophie moderne n'a de cesse de l'en remercier du fond du myocarde. En grande pompe.

nic - La vérité n'est pas bleue, Charles Muller, bleu est la vérité - il y a bleu et bleu. Tant que vous n'aurez pas reconnu la vérité, vous vivrez dans l'erreur et tout ce que vous prétendrez dire de bleu sera un mensonge.

Charles Muller - Mein Lieber und Prepuber Otto,

Je ne saurais évidemment prétendre à la complétude car comme vous le rappelez magistralement, Gödel démontra, par deux théorèmes qu'absolument personne ne comprit mais que tous adoptèrent résolument, combien ce sujet relevait désormais de la charcuterie fine. Encore que bavaroise.

Ce que vous paraissez ignorer en revanche, c'est la présence sous la table, lors de fameuse rencontre du berger blanc de la philosophie première et du mouton noir de l'arithmétique dernière que vous narrez, de mademoiselle Arendt Hannah. Celle-là même qu'Heidegger appelait volontiers de son petit nom de matricule quand il avait abusé du schnapps. Or, plusieurs témoignages d'époque concordent pour affirmer qu'au moment même où nos 200 milliards de neurones conversaient doctement sur la dimension quantique du Dasein en mangeant des lasagnes, l'un, puis l'autre peu après furent agités de soubresauts violents et inexpliqués.

Vous connaissez la suite : Heidegger lança ses propos sur "la science qui ne pense pas, mais calcule", puis devint guide touristique à Athènes ; Gödel promulgua son hypothèse des univers tournants, avant de finir derviche tourneur à Woodstock ; Arendt publia Condition de l'homme moderne, après quoi elle lança le non moins célèbre Catalogue de l'homme moderne à destination de l'animal laborans heureux.

Le point où cela nous mène, cher Otto, c'est en effet la dualité onde-corpuscule à l'oeuvre et dans la critique et dans le vleu qui nous occupent l'une et l'autre depuis quelques jours.

Commençons par le second car c'est évident : étant dans l'impossibilité de situer avec précision un photon dans sa position et sa vitesse simultanément, il en ressort que bleu et vert sont pures conventions sur une base probabiliste aussi mouvante qu'une démographie africaine (à laquelle soit dit en passant Beaufret contribua, en même temps que René Char, lors d'un peu connu séminaire du Thor déplacé exceptionnellement au Darfour à la suite d'une proposition de Saint-John Perse, qui passait par là et souffrait d'indigestion).

Venons à la première, cette critique quantique de la critique que peu ont assimilé, surtout après le compte-rendu déplorable qu'en fit Régis Debray dans son ouvrage autobiographique, Gödel, le Che, l'acné et moi, justement critiqué par Bouveresse dans sa somme, Moi, l'acné, Vuilemin et Wittgenstein.

Le point de base qu'il faut saisir est très simple : le chat de Schrödinger peut être simultanément vivant et mort. Or, la critique n'est pas un chat vivant. Donc la critique est un non-chat mort. On rejoint Hempel (qui inspira, tiens, comme par hasard, le vleu de Goodman) ayant montré que la proposition "cette voiture est rouge" est une confirmation inductive quoique contre-intuitive de la proposition "les corbeaux sont noirs".

Mais je m'étends, je m'étends, et comme disait Martin, il faut que l'étantité ouvre sa disposition à l'éclosion de l'être. Je vois qu'il me reste du p?té en cro?te, ce qui me donne envie de prendre un bain.

Charles Muller - Nic, faites-vous l'hypothèse que Proust est bleu ? Ce ne serait pas étonnant. Je vous rappelle ce passage célèbre :

La couleur bleue du store me semblait non peut-être par sa beauté mais par sa vivacité intense effacer à tel point toutes les couleurs qui avaient été devant mes yeux depuis le jour de ma naissance jusqu'au moment où j'avais fini d'avaler ma boisson et où elle avait commencé de faire son effet, qu'à côté de ce bleu du store, elles étaient pour moi aussi ternes, aussi nulles, que peut l'être rétrospectivement l'obscurité où ils ont vécu pour les aveugles-nés qu'on opère sur le tard et qui voient enfin les couleurs.

Si vous fondez votre conception du bleu vrai sur les affabulations d'un asthmatique en phase finale d'étouffement, qu'y puis-je encore?

Routier (pas sympa) - C'est "le" bière maintenant, Charles ? L'eau de Cologne, c'est quand même du 90 degrés, non ? Pay attention ! Pour "le" foi (e) c'est pas du bleu, camarade.

Alex - Nic, faites-vous l'hypothèse que Proust est bleu ?

Grandiose !!

Proust = bleu = enfer = Satan (pour ceux qui n'ont pas tout suivi, voir beaucoup plus haut). Proust est donc le Malin. Et moi, finalement, je suis très pieuse. Cette discussion me passionne, j'apprends, j'apprends !

Charles Muller - Routier (pas sympa) : non simplement à Cologne, que tu entres dans une maternité, une crèche, une école, un bar, un restaurant, une boite, une douche, un bain, le Rhin, n'importe quel endroit où du liquide émerge quelque part, ce qui coule en première intention c'est le flot doré de la Koelsch. Surtout au Nouvel An et au Carnaval.

C'est donc l'eau de Cologne. L'autre, elle titre bien plus haut, en effet. Qu'elle fasse virer mon foie au vleu, voilà une conjecture hautement probable. S'il me restait le vestige de ce qu'on appelle un foie, ce dont mon radiologue fut incapable de témoigner.

Charles Muller - Alex, prudence, car d'autres affirment que Proust est vleu. Et que cette couleur est celle de l'absence de vérité, notamment en art. En témoigne cet autre passage où des aristocrates échangent leurs idées et leurs gènes consanguins :

'Oui, j'ai dîné deux fois avec lui, une fois chez ma tante Sagan, une fois chez ma tante Radziwill, et je dois dire que je l'ai trouvé curieux. Je ne l'ai pas trouvé simple! Mais il a quelque chose d'amusant, d'«obtenu», dit-elle en détachant le mot, comme un oeillet vert, c'est-à-dire une chose qui m'étonne et ne me plaît pas infiniment, une chose qu'il est étonnant qu'on ait pu faire, mais que je trouve qu'on aurait fait aussi bien de ne pas pouvoir. J'espère que je ne vous «choque» pas?

'L'empereur est d'une intelligence inouïe, reprit le prince, il aime passionnément les arts; il a sur les oeuvres d'art un go?t en quelque sorte infaillible, il ne se trompe jamais; si quelque chose est beau, il le reconnaît tout de suite, il le prend en haine. S'il déteste quelque chose, il n'y a aucun doute à avoir, c'est que c'est excellent. (Tout le monde sourit.)

Le concept d'oeillet vert qu'on aurait aussi bien pu (ne pas) pouvoir (ne pas) faire pour (ne pas) le voir est évidemment très fort, une complexité combinatoire en peu de mots. Ce vert (de l'oeillet) est ici placé en antithèse du go?t, qui serait donc bleu.

Une minorité d'herméneutes penche toutefois pour une interprétation de cet échange comme une préscience du vleu chez Marcel, lorsque son système immunitaire lui foutait la paix.

(Un silence)

- Cela pour dire que la Koelsch comme le vleu, c'est en gros la même mécanique des fluides expliquée aux enfants pour les défendre des critiques.

Alex - Je reviens un peu sur cette histoire de bleu...

En m'allumant ma première cigarette de la journée, il y a une poignée de minutes, j'y repensais avec grand intérêt - et en baillant aussi - et là, soudain, j'ai pensé à Violette Beauregard, la fillette de Charlie et la Chocolaterie quelque peu orgueilleuse qui devient toute bleue et qui enfle, qui enfle (comme ma joue) jusqu'à se transformer en énorme myrtille ; que ça lui apprenne à m?cher du chewing gum prototype.

Celui qui inflige ce ch?timent à la morveuse, même indirectement, c'est Willy Wonka, le chocolatier. On peut aisément faire un parallèle entre les bonbons et les drogues, n'est-ce pas ? Surtout avec la quantité de bonbons qui ont des effets chimiques particulièrement intéressant.

Le bleu, donc la vérité, pourrait ainsi très bien être considéré comme un des effets secondaires trahissant une forte dépendance aux drogues.

... Ce qui, une fois de plus, nous ramène à Satan, puisque dans Le Fléau de Stephen King, Randall Flagg (un peu la personnification du Malin) développe, après l'Apocalypse par La Grippe, une société autocratique où les drogués sont... crucifiés.

Par le bleu comme ch?timent, le Malin essaie donc de remettre les brebis égarées sur le chemin de la Vérité.

C'est dommage qu'Anton LaVey soit mort, j'aurais fait le postulat que lui et nic ne font qu'un sinon. Je vais donc me rabattre sur une autre hypothèse des plus évidentes : Proust ETAIT Anton LaVey.

(Alex, qui ne prend aucune drogue et qui s'en félicite.)

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