En 2009, le fait marquant pour l'histoire de l'édition est le dépassement de l'édition en chiffre d'affaire par l'auto-édition aux USA. Il s'agit de la première conséquence concrète de l'avènement de l'Internet dans ce domaine et de la baisse des co?ts d'impression des petits tirages. Entre l'édition et l'auto-édition peut apparaître un "mixte" sous la forme de l'auto-édition collective. L'expérience de M@nuscrits a été conçue pour aller dans cette direction. Si on analyse les commentaires de cette année, on peut voir se dégager un axe principal de discussion, au point où nous en sommes de l'expérience, celui du pouvoir de décision lié au comité de lecture.
L'auto-édition a l'avantage de la simplicité. C'est l'auteur qui a le pouvoir et c'est lui qui investit. L'éditeur est remplacé par un opérateur neutre qui fabrique le livre et le met en circulation dans les nouveaux circuits de distribution électroniques.
L'édition est plus complexe, c'est l'éditeur qui a le pouvoir, mais il est le point de convergence d'une série d'autres pouvoirs, économiques, politiques, socio-culturels et soumis à un système de distribution, pour lequel il travaille (un peu comme l'auteur qui travaille pour l'entreprise d'auto-édition "neutre".
L'auto-édition collective est plus complexe encore, puisque c'est un collectif qui est supposé y avoir le pouvoir. Elle présente cependant l'avantage de pouvoir utiliser les deux circuits de distribution, celui de l'auto-édition électronique et celui de l'édition classique et des librairies.
La complexité repose dans la formation de ce qu'on a appelé ici le comité de lecture élargi et qui soulève de très nombreux problèmes. Je ne crois pas qu'il y ait une volonté de nuire comme certains l'imaginent dans leurs commentaires, la violence des affrontement me semble naturelle car il s'agit d'un nouvel espace de pouvoir, qui, comme toujours à ses débuts, ressemble plus à un Far-West qu'à un îlot de tranquillité.