« Mes paroles sont impuissantes à le décrire » : coquetterie de Stefan Zweig expirant de la bouche d'une femme aux vingt-quatre heures délicieuses et tourmentées lorsqu'elle voit les mains de l'homme jouant ; élégance qu'il me plut d'exposer* en d'autres lieux ; d'y entendre Yvelise suggérer la lecture d'une oeuvre inachevée, Voyage dans le passé, et rappeler celle qui l'ébranla et l'obséda : La Confusion des sentiments.**

D'y relire ceci en guise d'incipit : « Nous vivons des myriades de secondes et pourtant, il n'y en a jamais qu'une, une seule, qui met en ébullition tout notre monde intérieur : la seconde où la fleur interne, déjà abreuvée de tous les sucs, réalise comme un éclair sa cristallisation - seconde magique, semblable à celle de la procréation et comme elle, cachée bien au chaud, au plus profond du corps, invisible, intangible, imperceptible -, mystère qui n'est vécu qu'une seule fois. » De découvrir au petit matin cette lettre de Cécile Fargue, troublante, émouvante parce que ses mots semblent se rapprocher, tremblants, à t?tons, sans la révéler, de cette seconde, de sa seconde, cette larme née derrière la paupière et qui ne cesse de br?ler doucement.

Arthur.

(*) http://roseau.org/index.php?c=2&f=10&t=175

(**) Dites, Arthur, personne ne vous a appris à faire des phrases plus courtes ou, du moins, compréhensibles ?

Billet Communautaire proposé par Arthur Morneplaine le 18.07.09