Le 6e livre de la collection M@nuscrit : Les Séditions de Karl Mengel qui vient de sortir en librairie, reçoit un très bon accueil et d'excellents retours de lecture. Si vous ne l'avez pas lu, je vous recommande le billet de Alex in Wonderland : Who the fuck is Karl Mengel ?. Un autre coup de coeur : celui de la librairie l' Orange Bleue (à Orange), dont je reprends ici (après LeChoixDesLibraires) la note de présentation en forme de coeur pour ce premier roman de M@nuscrits dans une "rentrée littéraire".

"Le français n'a pas de mot pour qualifier ce que je suis. En hébreu, on me dit Orev. En anglais, Raven. Les Russes m'appellent Voron. Les Arabes ne me nomment pas. Dans certains Etats d'Europe de l'Est, on me qualifie encore de Romeo. Une image pour plusieurs légendes. C'est là que je me trouve."

C'est ainsi que se présente Aloïs Hiller -espion sibyllin - en exergue de son journal de bord.

Recruté par la DGSE ' en deux scènes d'anthologie qui feront pouffer de connivence ceux un jour confrontés au front bas du planton administratif de service - ce premier de la classe, polyglotte (arabe persan, anglais et français) et polysexuel (filles, garçons;-), vend également ses services au MI5, à la CIA et au Mossad comme une prostituée ses charmes. La comparaison n'es pas anodine, car avec Hiller la petite mort précède à coup s?ur le grand saut dans l'au-delà. Orfèvre en matière de "krav ha-mitah (art martial israëlien) que l'on pourrait traduire par ' j'adore - baston sur un lit", Hiller est une arme à double tranchant ' le côté pile et le côté face donc ' qui endosse les identités comme de simples chemises sur ses tatouages géants.

Héritier complètement barré des maîtres qu'il s'est choisi - Clancy, Le Carré - Karl Mengel nous montre le portrait de son agent double comme éclairé par un néon déglingué qui clignoterait bzz bzz alternant noir total et éblouissement de sa lumière crue. Il b?tit son intrigue en cercles concentriques - alternant introspection et action - en une succession de scènes sous haute tension qui téléportent le lecteur des quais de la Tamise à Park Avenue, en passant Nairobi, l'Ukraine et â?¦ la Normandie. Mengel brouille sans cesse les pistes car la vérité ne saurait être nue. Qui est Aloïs Hiller ? N'est-il pas lui-même en quête de sa propre identité ? S'il se cherche, il prend un malin plaisir à ne pas se trouver. Et nous avec. Placé par l'auteur sous les auspices d'Epiménide, le devin dont la peau tatouée était synonyme de "chose cachée" ' une sorte de double antique (encore un !) - Aloïs Hiller ne cesse de montrer ce qu'il veut cacher et embarque le lecteur dans sa danse hallucinée des 7 voiles.

Attention, Aloïs Hiller est Krékré Méfant ! Et ton spyware, lecteur, inopérant."

La Librairie Orange.