Pour une oeuvre comme celle d'Éric Vuillard, la conquête des medias est une expédition aussi rude que celle décrite par lui dans Conquistadors. C'est une question de raréfaction de l'air et de difficulté à respirer à partir d'une certaine altitude. Chaque ligne imprimée dans la presse sur ce livre m'enchante; surtout lorsque ce sont des mots comme ceux de Claire Julliard dans le Nouvel Observateur d'aujourd'hui. Elle écrit :

"Éric Vuillard signe un quatrième roman d'une prodigieuse intensité. Non pas un roman historique mais un livre sur l'histoire, une réflexion sur la guerre et le pouvoir, un livre de moraliste d'une portée universelle. "On y voit s'ouvrir la tragédie de notre monde, celui où nous vivons, par un grand fait divers où la mappemonde, Dieu, l'or et la poudre se rencontrent."
Le résultat est une longue procession funèbre, une épopée de sang, de boue, d'une beauté sordide. Le récit d'un vertige et d'un désenchantement."

Ces quelques lignes sont très importantes pour moi car elles démontrent que la grandeur et la beauté de la littérature française peuvent encore toucher les critiques littéraires, et que tout cela n'est pas aussi "mort" qu'on le dit trop souvent.