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samedi 31 octobre 2009

1164. Conquistadors dans artpress.

Dans le N 362 de novembre de artpress, un court mais remarquable article de Céline Gailleurd.

Conquistadors naît dans le feu, l'or, la poudre et le sang. Le récit s'ouvre en 1532 sur la conquête du Pérou. Il retrace la destruction de l'empire Inca par Francesco Pizarre accompagné d'une poignée de guerriers espagnols. Ce roman d'Éric Vuillard s'inscrit dans la continuité du Chasseur (Michalon, 1999) de Bois vert (Léo Scheer, 2002) et de Tohu (Léo Scheer, 2005), jusqu'à son premier long-métrage Mateo Falcone'' (2008, d'après la nouvelle de Prosper Mérimée), tous traversés par une même tension nerveuse qui naît de l'attente.

Traquer l'inconnu, se sentir face à face avec l'étranger, freiner la montée du carnage et voir comment le corps réagit dans l'épaisseur du silence, se laisser bruler parl'attente d'un événement inouï, d'une présence invisible, voilà ce que recherchent ces personnages.

L'écriture d'Éric Vuillard, comme lorsqu'il filme, est un coup de couteau qui ouvre l'intérieur pour mettre la matière à nu. Le récit de la conquète n'a rien d'un témoignage historique, il est bien plus que cela. Il renouvelle les voies habituelle qu'emprunte l'épopée.

D'une densité rare, le texte va à l'essentiel. Il relie, sans cesse l'Histoire à l'intime. Il tresse le destin d'un homme, Pizarre, avide, féroce, mais aussi vulnérable, au devenir du peuple indien. Il dit la soif de conquête mais aussi la peur, l'attente, la solitude du corps, donnant aux gestes de ces mercenaires espagnols une beauté envotante et religieuse. Il raconte ce qui en eux frémit ou se brise. Alors même que ces guerriers analphabètes, "pour la grande chasse à Dieu", ravagent la terre, fouillent le ventre des hommes et portent le feu, il rend sensible ce qui sans cesse leur échappe. Il donne à leur errance, au fracas de la destruction, une portée métaphysique. Un livre d'une vitalité unique.

Céline Gailleurd. 1 novembre 2009.

1163. Natashka Moreau dans Marie-Claire

Publiée par Léo Scheer, qui a du flair pour dégoter des textes originaux, Natashka Moreau vit depuis dix ans à Londres, où elle signe quelques nouvelles dans des magazines d'art.
Mais cette Française de 30 ans est surtout, déjà, une romancière hors pair.
La narratrice de Se hisser, recevant en Angleterre la visite d'une sÅ“ur qui l'horripile (c'est réciproque) et dont elle ne sait que faire, nous raconte ses petits énervements et sa petite vie avec un sens étonnant du détail, et de l'essentiel qui s'y cache toujours. Elle n'aime pas sa voix, ne sait pas comment se comporter avec les gens, mais nous explique ses micro-emmerdements avec tant de cocasserie et de perspicacité – de profondeur, même – qu'on se dit : oui, Natashka Moreau se hissera haut.

Gilles Chenaille, Marie-Claire (novembre 2009)

vendredi 30 octobre 2009

1162. Les Souffleuses de Béatrice Cussol

Les Souffleuses de Béatrice Cussol sont en librairie depuis quelques jours. Avec une couverture dans la lignée de celle de son précédent livre publié chez Laureli/Léo Scheer, Sinon.

Voici une vidéo réalisée il y a quelques mois, quand Rome était écrasée de chaleur : lecture d'extraits et entretien réalisé avec une questionneuse mystère – que certains reconnaîtront peut-être à ses volutes de cigarette d'une marque américaine dont on parle beaucoup dans Mad Men…

Béatrice Cussol est également artiste plasticienne, comme vous le savez sans doute. On a pu récemment voir ses Å“uvres à la foire off de la FIAC, chez Slick.

1161. Les m@nuscrits de la semaine 30.10.2009

- Manuel Montero, about contemporary art
- Jean Houraà, Nisi Dominus
- Jean Houraà, Deux cents jours de la vie de Nina
- Jean Houraà, Vent de sable
- mohamed agne, Mémoires Orphelines
- Bahia.Z, Les Pommes Rouges
- marguerite champseix, BERLIN-N'DJAMENA
- le rimailleur, Les chroniques d'Oneiros chap 3
- Benoît Demeaux, Esméralda
- Bahia.Z, Les Pommes Rouges
- Bahia.Z, Les Pommes Rouges
- le rimailleur, es chroniques d'Oneiros Chap 2
- Peggy P., Sale gosse

1160. Que (re)lisez vous Gabriel Matzneff ?

Sur ObsVideo.com
Que (re)lisez-vous, Gabriel Matzneff?
Une vidéo de Joseph Vebret

"Essayiste, romancier, Gabriel Matzneff l'est assurément - relire pour s'en convaincre « Ivre de vin perdu » (1981) -, même si on ne retient le plus souvent de lui que son journal intime, son got des jeunes femmes et son dandysme. Reste que l'Å“uvre de ce proche de Montherlant, nourri par la pensée gréco-latine, est traversée du souffle d'Horace, Casanova, Byron, Schopenhauer... « Carnets noirs », son journal 2007-2008 (Léo Scheer, avril 2009) est dans la sélection du Renaudot essais.

Pour la caméra de Joseph Vebret, il répond aujourd'hui à cette question devenue rituelle: Que (re)lisez-vous?"

P.S.Claude, le livre de Nathalie Rheims sera en librairie le 4 novembre, Gabriel Matzneff en parle à 2mn10s.

1158. M@nuscrits : Bilan personnel par Gaël Brunet (B.C.N°16)

Il est d'usage ou, en tout cas, cela pourrait devenir une coutume, de faire le bilan de l'expérience M@nuscrits quand on manifeste le désir d'en sortir (en tant qu'auteur). Je crois me rappeler les bilans dressés, en leur temps, par Reine Bale et Emmanuel Laurent-Piperno. J'avais trouvé cela très intéressant d'avoir ces retours d'expérience de manuscrivants appelés vers d'autres horizons éditoriaux (notamment The Book Edition pour Reine Bale).

Mon tour est arrivé. Je retire mes textes de l'interface automatique, cette version Beta, ce deuxième « segment » dans lequel les auteurs s'auto-éditent dans l'attente d'être lus et dans l'espoir d'être « repérés » pour aller un peu plus loin : l'édition en ligne de textes choisis par les ELS ou mieux, bien mieux, la sacro-sainte publication papier (par les ELS ou par un autre éditeur).

Mes trois textes mis en ligne (deux nouvelles et un roman) ont été correctement lus et appréciés, il me semble. Les deux nouvelles sont publiées ailleurs : en ligne sur le site de la Revue des Ressources pour l'Aiguille de Kéréon, sur papier dans le numéro 40 de Décapage, revue littéraire « hébergée » par les éditions de la Table Ronde pour Rêve. En ce qui concerne mon roman (le titre n'est pas encore déterminé : Cahin Chaos au début, puis Avant que le jour ne cède et peut-être autre chose encore d'ici sa parution). Je ne peux, pour l'heure, davantage en parler mais il sera effectivement publié par une très bonne maison d'édition avec laquelle j'ai l'immense plaisir de signer. A ce sujet, et pour tous les auteurs qui espèrent, je suis la preuve vivante que même si on est provincial, parfaitement inconnu et sans aucune relation au monde éditorial et en particulier le cénacle germanopratin, il faut continuer d'y croire et de persévérer car il est possible d'y arriver...

En plus que d'être lu par d'autres personnes complètement en dehors de l'entourage proche et d'avoir des retours souvent construits sur ses textes, Manuscrits a aussi été pour moi l'occasion de rencontrer des gens comme Marie, Véra, Nicolaï et d'autres encore. Je souhaite, à l'occasion de ce bilan, témoigner toute ma sympathie à Marie qui, si je me souviens bien, a été la première à manifester de l'intérêt pour mon roman et à croire en sa possible publication.

Gaël Brunet le 30 octobre 2009

lundi 26 octobre 2009

1156. Prix Renaudot. Dernière sélection.

Les prix Renaudot seront attribués lundi 2 novembre 2009.

voici la dernière sélection.

Cinq romans

Frédéric Beigbeder, Un roman français (Grasset)
Alain Blottière, Le tombeau de Tommy (Gallimard)
Marie-Hélène Lafon, L'annonce (Buchet Chastel)
Vincent Message, Les veilleurs (Le Seuil)
Jean-Marc Parisis, Les aimants (Stock)

Trois essais

Daniel Cordier, Alias Caracalla (Gallimard)
Jérôme Garcin, Les livres ont un visage (Mercure de France)
Gabriel Matzneff, Carnets noirs (Léo Scheer)

dimanche 25 octobre 2009

1155. HYROK par Thomas Sinaeve.(LE GOLB)

Un très bon article sur le livre de Nicolaï Lo Russo mis en ligne par Le Golb.

"Nicolaï Lo Russo - Tour de force

Dans l'immensité de la Rentrée littéraire, noyé sous des litres d'excréments de pipoles du livre rêvant chaque nuit du mot littérature, se terrait un ouvrage singulier, au verbe haut et au talent insolent, dont le titre sonne comme celui de quelque Å“uvre maudite. Hyrok. Ce qui tombe plutôt bien puisque d'Å“uvre maudite, il est justement question. Mais pas que. Oh non ! Pas du tout que.

Car à travers la trajectoire de Louison Rascoli, plus grand photographe de sa génération dont le destin tragique nous est narré par son fils quelques quarante années plus tard, c'est à un étonnant voyage que nous invite Nicolaï Lo Russo (par ailleurs - et entre autres - lui-même photographe). D'autant plus étonnant que c'est notre monde qu'il nous amène à visiter, façon yoyo temporel habile puisqu'évitant soigneusement de trop tirer sur la ficelle. Comprendre par-là que si le narrateur nous écrit depuis un futur (relativement) proche pour évoquer tant les dernières années de la vie de son père que ce monde (le nôtre) dans lequel il vécut, Lo Russo a l'intelligence de ne pas abuser des anachronismes rétrospectifs et autres références contemporaines (le prologue mis à part... par ailleurs la partie la moins réussie - parce que somme toute assez facultative - de Hyrok), préférant la mise en abyme et la suggestion à des références frontales qui auraient sans le moindre doute viré au procédé sur la longueur (cinq-cent pages tout de même... or contrairement à ce que semblent croire certains auteurs Anglo-saxons le volume n'est pas une invitation à se laisser aller - elle induit au contraire la nécessité d'une retenue dont Nicolaï Lo Russo fournit une remarquable illustration).

C'est loin d'être le seul élément remarquable dans ce premier roman ; c'est cependant parce que cette forme est impeccable, maîtrisée de bout en bout, que la richesse du fond peut éclater au grand jour. Car Hyrok relève sur le papier du sacerdoce d'écrivain (soit donc potentiellement du sacerdoce de lecteur, du moins s'il était raté - ce qu'il n'est évidemment pas). A la fois satire acide ET roman d'anticipation ET histoire particulièrement haletante ET chronique de mÅ“urs ET biographie fantasmée ET réflexion sur la place de l'image ET de l'artiste dans notre société ET interrogation plus que pertinente sur le prix de la création ET peinture d'un monde en perpétuel mutation ET...

(je m'arrête là)

... Hyrok réunit tous les éléments requis pour être un vrai gros flop, un énorme truc indigeste... or c'est exactement de l'inverse qu'il s'agit. Etonnante de fluidité, la narration embarque le lecteur dans un tourbillon d'images et d'évènements , souvent chaotique mais jamais brouillon, se défiant des schémas littéraires préconçus comme des références trop évidentes ; allez savoir pourquoi, on pourra penser à un compromis curieux (quoique pas forcément absurde) entre Cronenberg et Lorrain. Il y a du Monsieur de Phocas là-dedans. Ce qui, pour ceux qui connaissent le stratosphérique niveau du chef-d'Å“uvre de Jean Lorrain (existent-ils encore en 2009 ?), n'est pas rien. De quoi largement légitimer l'existence de la controversée collection M@nuscrits (*). Et donner envie de suivre d'un peu plus près Nicolaï Lo Russo - bien sr.

(*) Ne serait-ce que parce que ce livre est gros, écrit petit, particulièrement intelligent et complexe... bref, tout ce qui fait peur à l'éditeur français de base (et toc)."

Thomas Sinaeve le 24 octobre 2009.

samedi 24 octobre 2009

1154. Mon père est femme de ménage, Saphia Azzeddine par Christophe.(1001 livres).

Éric Naullau, qui n'est pas toujours tendre avec ses invités chez Ruquier, avait salué la grande qualité du dernier livre de Saphia Azzeddine et avait comparé son héros : Polo, à une nouvelle version du Petit Nicolas. Quand je regarde le Box Office de cette semaine, je ne peux que souhaiter à Polo un destin similaire. En attendant, il n'y a pas la place sur ce blog pour reprendre tout l'accueil réservé à ce livre. Voici un article qui vient de paraître sur le site 1001 livres par Christophe et que je trouve très bien :

"La Chronique.

Après l'excellent Confidences à Allah, Saphia Azzedine revient en cette rentrée littéraire avec son deuxième roman Mon père est femme de ménage aux éditions Léo Scheer. Un livre qui donne la parole à Paul, 14 ans, un adolescent qui à la langue bien pendue, aussi agaçant que touchant. Un roman à lire de toute urgence. Vraiment. C'est de la bombe !

Un deuxième roman tendre et joyeusement cru.

Paul a 14 ans et grandit au cÅ“ur d'une famille un peu en désordre. Selon lui, sa mère est moche et paralysée, sa sÅ“ur est une bimbo pétasse doté d'un petit vélo dans le ciboulot et son père occupe l'un des pires métiers qu'un homme peut faire : homme de ménage. De quoi avoir la honte au collège !

D'une lucidité déconcertante à travers des mots incendiaires, Paul surnommé Polo exprime sa perte de l'innocence avec une spontanéité aussi insolente que légitime. Tout simplement, parce que son armure de guerrier s'émaille de mots à la fois tendres et joyeusement crus. Ce refuge textuel met en lumière une belle tension entre le désir d'émancipation, de rêve d'accomplissement et un univers familial n'inspirant pas la réussite.

L'insolence d'un adolescent en rupture avec l'innocence.

Au cÅ“ur d'une famille qui ne fait pas rêver, Paul devient cynique, grande gueule, raleur et a toujours un avis sur tout. Peu importe que ça plaise ou non. Ce personnage devient parfois chiant, mais l'auteure arrive toujours à relever la situation par une réflexion mordante qui fait mouche. Les limites sont finalement quelque peu transgressées, mais elles ne sont jamais complètement dépassées. Ce qui fait qu'on s'attache magnétiquement à ce Polo même quand il est infect envers sa famille, certes en désordre mais intimement et profondément sincère.

Une auteure dans la peau d'un garçon de 14 ans qui a la tchatche.

Au fil de ce roman décapant et revigorant grce au tonus des dialogues, Saphia Azzeddine n'hésite pas à placer ce qu'elle a à dire avec une grande franchise et une belle authenticité. Dans la peau d'un môme de 14 ans, l'auteure s'est glissée dans la peau d'un adolescent chahuté par ses espoirs et ses déboires. Saphia Azzeddine a fait le pari d'endosser le rôle d'un garçon. Changement de sexe, Saphia Azzeddine s'en sort avec talent même si le reproche lui a été fait que l'effet de style ne prenait pas par un certain grincheux comme Eric Zemmour. Eh bien, non, selon nous, la mécanique narrative fonctionne à plein régime. Quand Polo parle, on croit vraiment que c'est un gamin de cet ge-là qui jacte et que c'est bien un petit mec qui balance ce qu'il pense.

Attention TALENT !

Un fabuleux roman et un regard subtil sur la banlieue, Saphia Azzeddine a incontestablement le sens de la formule, la verve irrésistible, le talent de fédérer et celui d'observer. Cette plume vive vous tiendra en haleine, si bien que vous ferez qu'une bouchée de ce joyau littéraire. Vous croquerez ce deuxième roman comme on croque la vie à pleine dent !

Par Christophe, le 24 octobre 2009

PS. L'adaptation thétrale de Confidences à Allah, poursuit sa tournée triomphale à Bruxelles en attendant de revenir à Paris en décembre 2009.

1153. Danse avec ma mère. de Béatrice Shalit par Marie-Dominique Godfarb (N.Obs)

Le livre de Béatrice Shalit : Danse avec ma mère est sorti en librairie le 18 mars 2009. Après sept mois de réflexion, le Nouvel Obs publie un très bel article de Marie-Dominique Godfarb consacré à ce livre. À l'époque, l'auteur, découragé par le silence des media, malgré les efforts de notre attachée de presse, avait publié dans Le Monde une fameuse lettre ouverte, très humoristique, dédiée à "L'écrivain inconnu." À contre-courant de ce qui domine le monde actuel, livre n'est pas éphémère, et il faut parfois être patient, il peut toujours re-surgir au détour d'un coup de foudre; voici celui de Marie-Dominique Godfarb :

"La mère d'Eden s'appelle Alonit et …

La mère d'Eden s'appelle Alonit et quand elle danse avec sa fille, ça donne un roman drôle et tendre, Danse avec ma mère de Béatrice Shalit, aux Editions Léo Scheer. La quatrième nous prévient d'un mélange des genres et, en effet, comment classer cette histoire à tiroirs où l'on va du conte à la farce, des relations familiales les plus courantes aux terribles souvenirs de l'univers concentrationnaire, etc. ?

Dès le début, nous apprécions le got de l'auteur pour les fantaisies onomastiques : la narratrice porte le prénom d'Eden, la maison de convalescence est appelée « Le train sifflera trois fois », son directeur Gussie (alias docteur Gustave Salomon, « médecin des artistes et des fous normaux »), y séjournent également Ecran noir, le couple Art. Fantaisies mais pas seulement puisque l'exercice n'est pas pur divertissement et il s'agit bien, comme le suggère l'allusion à « La Montagne magique » de T. Mann, de nous offrir une galerie de quelques archétypes contemporains, bref de nous inviter à creuser des propos d'apparence rigolote, mais chargés de sens ; à décrypter, à travers les métaphores et autres pirouettes, de grands thèmes qui agitent nos sociétés. Avouons que l'éventuelle interprétation sous-jacente à « Le train sifflera trois fois » nous est restée totalement hermétique, ce qui est un peu rageant car la narratrice s'écrie : « "Le train sifflera trois fois". Comment n'avais-je pas deviné ? »(si l'auteur voulait bien…)…

Dans les premiers chapitres, les personnages sont portraiturés en quelques traits incisifs : « Ma jolie Salomé, enceinte de son deuxième enfant, mais aussi prévenante qu'un rouleau compresseur. » Quant à la narratrice, une virtuose de la culpabilité qui s'excuserait presque du mauvais temps quand il pleut, c'est une femme que gagnent les rhumatismes et un certain désenchantement puisque « le futur est irrévocablement derrière elle vous. » Va-t-elle jusqu'à souhaiter en terminer ? Pas sr ! Il lui reste un an à vivre et, malgré la liste de tous les avantages qu'elle pourrait en tirer, la peur de la mort comme celle de faire de la peine à ses enfants la minent. Après une seconde opération - l'ablation d'un lipome - on lui propose de partir dans une bien étrange maison de convalescence en compagnie de sa mère Alonit (85 ans) et de Mimi-chat.

Voici donc la situation posée, dès le deuxième chapitre. Mais on ne va tout vous raconter, vous vous en doutez ! D'autant que la trame narrative repose sur deux idées épatantes. La première, suscitée par l'originalité des lieux comme de certains comportements, consiste en l'angoissante question : est-on chez les fous ou a-t-on passé l'arme à gauche ? Il faut bien dire qu'un mari mort et ressuscité, puis à nouveau mort, une fille qui ne conduisait pas et qui arrive en voiture bleue, un isolement total (portables interdits) contribuent à créer un malaise certain dans l'esprit pour le moins déboussolé de la narratrice… Est-elle folle ou dans ce qu'elle appelle l'Afterlife, entourée de revenants ? D'autant que les pensionnaires du Train ont vécu de terribles accidents ou traumatismes.

La deuxième belle idée se trouve au programme du séjour en cette maison de convalescence : une confrontation entre mère et fille, une joute par jour, sur des thèmes tirés au sort et arbitrée par les deux jeunes gens de l'établissement : Ecran noir et Julio. Citons la honte, la frivolité, la danse… et tant qu'à faire : « mère et fille »… La mère attaque fort : « Vas-ydonc, ma chérie. Laisse ton vernis s'écailler, enferme ton sourire, et déverse ta haine »… pour terminer sur ce qui pourrait bien être une déclaration d'amour : « Ce sujet est le plus stupide de la série. Ce qui se passe de mère en fille et qui ressemble tant à de la haine n'en est pas. Tu devrais savoir ça, Eden. C'est toi, l'écrivain. » Cette relation mère-fille traitée avec autant de délicatesse que d'humour suggère que ce n'est pas un hasard si l'ouvrage est dédié au souvenir d'Ellen Shalit, mère de l'auteur.

Ajoutons parmi cet ensemble de personnages hauts en couleurs – c'est le moins qu'on puisse dire ! - l'autre Eden, tante de la narratrice, morte à Auschwitz… à moins qu'elle ne coule des jours heureux en Bolivie… ? Allez savoir avec cet ouvrage où c'est la mort qui danse avec la vie ! En conclusion, voici une narration originale, où il est question de mères, de filles (« Alors que je rêvais d'une autre mère, elle se languissait d'une autre enfant. Une vraie petite fille à elle. Qui ne mangerait pas, ne pisserait pas, ne ferait pas caca. Une poupée bien propre. »), de mort et de folie… dans un joyeux embrouillamini où la dérision le dispute à la tendresse. Et la dernière page tournée, de se poser la question : « Pourquoi n'en ferait-on pas une adaptation thétrale ou cinématographique ? »"

Marie-Dominique Godfarb, le 23 octobre 2009.

vendredi 23 octobre 2009

1150. Le billet du jour de : Alain Baudemont.

Jean, qui ne rit, Jean, qui ne pleure

...Mais j'avais une excuse car je n'étais pas seul,...

... Qui atteint la bonne mesure fait entrer l'éternité. Si vous me posez la question de savoir si j'ai parlé au Président de tous les Français, je vous réponds non, mais j'ai parlé avec mon père, comme un fils demande à son père de le conseiller et comme naturellement un père parle à son fils parce qu'il l'aime. Est-ce un bien, est-ce un mal d'avoir un père et de lui demander de l'aide, quand demain, non par la seule maîtrise d'une bonne gestion sociale, mais par l'efficacité des biotechnologies, les nouveaux enfants n'auront aucun père à qui se confier, aucune mère à qui donner leurs sourires, si tant est qu'ils aient seulement la capacité à sourire. Je n'ai pas volé ma vie, et je pense, et je crois, par moi même, et souvent, que rien n'est neutre, pour ne réserver qu'à son application le jugement de valeur sur l'effet constructif ou destructif.

Je pense, et je crois, je veux croire que la vie de toutes et de tous, la mienne, est à la fois bonne et mauvaise, ouverte et fermée, bienheureuse de santé ou malheureuse de maladie, chargée de vérités et lourdes d'illusions. Je pense et je crois, je veux croire que la vie n'est pas toujours là, douce et tranquille, et que sa rumeur, joyeuse et funeste, naît de beaucoup plus loin que de la seule ville. Je pense et je crois, je veux croire que les vérités et les illusions de la vie n'existent que par les millions de disparus (es) qui permettent son renouvellement. Je ne suis pas l'enfant de Prométhée, celui qui veut savoir autant que son père, plus que son père, autant que ses maîtres, plus que ses maîtres; je ne suis pas l'enfant enserré entre un bonheur naturel et un progrès technique; je n'ai rien volé. Je ne suis pas un voleur.

Je n'ai pas volé ma vie. Je n'ai rien volé. Mon père m'a donné la vie, ma vie, ma mère, m'a donné la vie, ma vie; tous les deux, ils m'ont donné la vie, ma vie, dans une union légitime, et d'amour, surtout d'amour, et sans honte, et sans culpabilité, et sans trahison, d'aucune loi. Je suis enfant de l'amour. Intégralement venu de l'amour, et je fais lien unique avec le Don, et de l'Amour, et de la Vie. Me voici. Pourquoi alors devrais-je, en mon me et conscience, mettre en mouvement un moindre, un quelconque désir de réparation, quand je ne participe pas de cette étincelle dispersée par la folie d'un vent qui engendra au hasard le vivant pour d'autres vivants sans père, ni mère, qui engendra au hasard des fripons de haut vol qui toujours perceront les yeux des enfants innocents.

Je suis un être venu de l'amour qui ne marche pas au hasard avec la vie, car je sais que si je marche au hasard avec la vie, je sais que la vie marchera, elle aussi, au hasard avec moi. Je pense et je crois, je veux croire que chaque personne qui essaye, qui approche, qui atteint, qui touche la grce, fait advenir l'éternel.

Alain Baudemont, le 23 octobre 2009

1149. Conquistadors d'Éric Vuillard par Marc Séfaris (Marco).

Sur le site La littérature du sous-sol de Marc Séfaris,(Ici, on parle littérature, mais ça se passe dans le sous-sol parce qu'on n'a pas été invité au salon.) cet excellent article consacré à Conquistadors d'Éric Vuillard.

Mirifiques déroutes

Conquistadors d'Eric Vuillard n'ira pas conquérir les grands prix littéraires de l'automne, question de réseaux, d'époque _ c'est pareil. Mais voilà une oeuvre à la densité peu commune, grave et escarpée comme une épopée, agile comme un roman, belle et fulgurante comme un poème.

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1147. Les m@nuscrits de la semaine 23.10.2009

- le rimailleur, Les chroniques d'Oneiros Chap 1
- Chopard Patrick, La Cinquième saison
- elinkasara, Ôreste !
- Jean-Marc BARROSO, LE COMPLEXE DE VINCENT
- Nourit masson-sékiné, Là-haut sur la montagne
- Benoît Demeaux, Mon oeil !
- Myriam KENDSI, Pres des oliviers palpitent les origines
- Jean Houraà, Le reflux
- Christine Motti, Femmes dans tous leurs émois
- Les (h), Les (h) et le grand pont sur la Loire
- Les (h), Les (h) au Réverbère

mercredi 21 octobre 2009

1145. Modération.

L'ensemble du fil des commentaires du billet N 1143 (M@nuscrits de la semaine du 16.10.2009) a été modéré pour d'évidentes raisons de trollisme. J'utiliserai cette méthode pour les futurs billets de présentation des M@nuscrits de la semaine s'ils redonnent lieu à ce genre de commentaires.

samedi 17 octobre 2009

1144. Entretien avec François Dupeyron

Chacun pour soi, Dieu s'en fout de François Dupeyron, en librairie depuis mercredi, est, par ses thèmes, son ton, par le monde qui décrit comme par la puissance d'imagination qu'il met en Å“uvre, un des livres les plus étonnants de cette rentrée littéraire. J'espère que la conversation ci-dessous vous aidera à vous en convaincre. J'espère surtout que vous aurez envie de vous en convaincre mieux, livre en main. Quand des centaines de romans paraissant en même temps semblent être toujours le même, avec des nuances de maquillage, tomber sur un tel aérolithe tient du miracle (c'est un de ses sujets), et de la libération (c'en est un autre).

vendredi 16 octobre 2009

1143. Les m@nuscrits de la semaine 16.10.2009

- Jean-Luc Manet, CDDeath
- Eric Meije, Hôtel Alderns
- Laure REBOIS, A LA POURSUITE DE SON REVE
- Laure REBOIS, MON ETOILE
- Fabrice Causapé, Minute de décadence
- Serge ULESKI, Pièce à conviction
- Jean Houraà, Ces feux qui meurent
- Carole Edwards, Autopsie d'une liaison
- Michel Dautricourt, LE NOUVEAU REGIME DE LA BETISE
- Jean-Marie Paisse, Christine
- Marie France LEGAS, Sans issue.
- Marie France LEGAS, Une gamine sans nom...
- Marie France LEGAS, Florent perd sa première dent
- Marie France LEGAS, Laetitia et le yéti
- Marie France LEGAS, Xavier et l'Arbre Niala
- Manuel Montero, opérettes et chansonnettes
- Axel Forté, Full Moon
- Benoît Demeaux, Tu mépriseras ton voisin.
- BAHIA.Z, Les Pommes Rouges
- Christophe Samarsky, Naufrage sillonne (pas d'elle)
- Arthur Palach, Il n'est pire sourd.
- Sébastien Bayle, Ballade en forêt
- Clouee Delaube, Remorques & Cie

mardi 13 octobre 2009

1141. Conquistadors d'Éric Vuillard par Juan Asensio (Stalker).

Après L'or., prélude à Conquistadors d'Éric Vuillard publié sur Stalker, voici le billet consacré à ce livre par Juan Asensio aujourd'hui 13 octobre 2009 (Les exergues sont à la fin du texte) :

"L'or, ou la sangre del dios Sol

Au commencement, il y a l'or. C'est lui qui, par sa souveraine puissance, créa Dieu pour se donner un rival moins éclatant et contempler ainsi sa munificence dans son miroir infini. L'or, voyant que sa création était belle, décida qu'elle manquait d'un être qui serait capable de partir à Sa recherche, de Le traquer durant des années, sans avoir peur de fouler des terres inconnues ou de s'enfoncer dans les profondeurs obscures de la terre, où il se repose depuis des millénaires. Alors l'or, qui est Dieu et plus que Dieu, créa l'homme, un être insatiable, dévoré par la faim et la cupidité, qui n'aurait de cesse de vouloir Le posséder et en parer sa compagne avant de retourner à la poussière de laquelle il vient. L'or créa l'homme pour qu'il Le cherche et Le trouve et je ne sais s'Il vit que cela était bon.
J'ai écrit ces quelques mots, comme par amusement, alors que je venais de commencer ma lecture de Conquistadors, le magnifique quatrième roman d'Éric Vuillard, puis j'ai noté ces lignes écrites par l'auteur (pp. 144-5) : «Le premier jour, Dieu avait séparé la lumière des ténèbres et il avait nommé la lumière or et les ténèbres fer. Il n'y avait pas eu de second jour.»
En quelques mots, l'écrivain a ramassé le sujet de son livre, qu'il déroule en plus de quatre cents pages de poésie, d'effroi, de beauté et de violences. Dieu. L'or. Le fer. Dieu que tour à tour les conquistadors insultent, prient et implorent, veulent posséder dès qu'il se matérialise sous forme d'or, cet or que, cinq cents ans avant les Incas, les indiens Mochicas affirmaient être la sangre del dios Sol. Dieu qui paraît aux conquistadors plus lointain encore que ne l'est leur patrie et les femmes restées dans leur maison. L'or, l'or divin (cf. p 57), l'or omniscient, omnipotent et invisible (cf. p. 50), idole dont le culte sanglant (cf. p. 114) transcende les époques («Mais, bientôt, il n'y aurait plus de Terre promise où disperser nos tribus. L'unité du monde ferait fondre les idoles et les vouerait à terminer leur vie minuscule en lingots dans les coffres de la couronne», p. 61), l'or qui est devenu aux yeux des conquistadors un mirage de plus de réalité que leur propre vie en Espagne, lorsqu'ils n'avaient encore point quitté leur pays âpre et violent, l'or que l'on dirait avoir été extrait des ténèbres chaudes de la terre par la seule ténacité d'hommes dignes d'être peints par Goya (cf. p. 63 : «Pareils sont les tableaux de Goya. Des hommes taillés dans le charbon. Un mouvement de panique, une charnière. Ils vivent d’une satisfaction très forte mais fugace. Ils ne partagent rien, le soir ils s’allongent dans l’herbe rase. Après le repas, ils se rincent les mains dans la terre»). L'or qui, comme Dieu, ne peut être représenté puisque même la vue de montagnes d'or ne donne aux conquistadors qu'une seule certitude : l'or, ce n'est pas encore cela, Il se cache, Il ne peut pas simplement se réduire à ces objets de la vie quotidienne ou bien réservés au culte des dieux, Il ne peut même pas se calculer, se chiffrer ou se déchiffrer; en fait, comme Dieu, l'or n'est absolument rien d'étant. Son empire est infini et tous les hommes de la Terre, mis les uns derrière les autres pour constituer quelque interminable colonne de chiffres et de servitude, d'avarice et de cupidité, n'en constitueraient qu'un unique maillon (cf. p. 157). Le fer enfin qui est l'âge, et la matière, et l'instrument des hommes pour amonceler des montagnes d'or et, peut-être, parvenir, par la force, à contempler quelque écaille d'un or spirituel (puisque «Celui qui cherche Dieu verra une écaille de soleil», p. 163), Dieu peut-être ou sa trace, dont le métal précieux n'est pas même le symbole mais l'incarnation mauvaise, grotesque, impérissable et pourtant née de la terre et y retournant. Cet unique et monstrueux jour de la création enfin, qui paraît se consumer dans sa giration, dans une gyre qui, à la différence de celle de William Butler Yeats, ne s'élargit pas sur sa propre base, accomplissant ainsi des révolutions qui embrasent de nouveaux mondes, font naître de nouveaux destins, fécondent de nouvelles âmes. L'or et le fer sont liés, moins par quelque décision d'archonte ou de démon que par la mystérieuse alchimie d'un temps qui n'obéit pas aux lois de la physique.

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lundi 12 octobre 2009

1140. Benoit Caudoux, L'Agent d'entretien.

Benoit Caudoux a publié deux livres aux ELS : La migration des gnoux en 2004 et Géographie en 2008. L'année prochaine, le 3 février 2010 nous publions un troisième livre : Sur Quatorze façons d'entrer dans le même café.

De Benoit Caudoux, on sait très peu de choses : le style de ses textes, son activité de professeur de philosophie à Lille. Il présente, sur le site vimeo, une série de videos dont le titre est L'Agent d'entretien qui mérite bien sa polysémie. On retrouve dans ce travail quelque chose de la démarche littéraire de Benoit Caudoux, ces videos, nous dit-il, "relèvent plutôt de l'écriture, ou de quelque chose qui y ressemblerait, sur un écran."

Comme son nom l'indique, l'agent d'entretien, réalise des entretiens avec Jim Morisson, Tristan Garcia, Daniel Marteau et même Benoit Caudoux, qui dit de lui :

"Grande est sa solitude ; il n'est pourtant pas loin, l'agent de l'entretien. Intime, intra-actif, inactuel, inutile, pauvre en moyens techniques et en inspiration (plus que Job finalement, si l'on considère bien la relativité de la notion de pauvreté à une époque, des hommes), on se demande ce qu'il fait sur internet, ce type. C'est simple. Il entretient. À moins qu'il ne travaille sous couverture, peut-être? Mais oui. C'est évident. C'est ça : encore un livre!"

dimanche 11 octobre 2009

1139. Conquistadors d'Éric Vuillard par Jean-Clet Martin et Alain Baudemont

Sur son site : Strass de la philosophie, Jean-Clet Martin reprend deux extraits du remarquable fil de commentaires de l'article de Jean Ristat sur Conquistadors. (Sur le même site, un billet signé Pierre Vinclair sur : "De quoi un retour à l'épopée, aujourd'hui, peut-il être le retour ?" à propos de "la structure personnage-intrigue-narrateur qui donne sa forme au roman".

Regards croisés à propos du roman "Conquistadors" d'Éric Vuillard.

jcm :

La langue de Vuillard charrie comme une durée minérale. Elle s'inscrit en la lenteur d'un temps qui ne passe plus, un temps larvaire, un temps délayé de phrases précautionneuses, instantanées, brèves, semblables à des plages d'éternité. S'y ouvrent les pustules crépitant le visage de ceux que la maladie infiltre sans leur laisser aucun espace. On dirait le rythme d'une foulée ralentie dont la succession se trouve suspendue, auréolée du galop du cheval, du sifflement des épées pour fendre la chair tout au long de la vapeur des forêts avec la lune qui ne passera plus, déposée là dans le présent végétal de la lecture, entre l'éclat des yeux ébahis. L'Autre, les conquistadors ne sauraient "Lui" laisser place sous l'enceinte de leur tête étroitement casquée. Existait-il aux yeux du Dieu qui l'immole. Dieu aussi a son Autre... ... ...Lévinas renversé (pardon du raccourci posant très autrement l'Autre). Je me disais donc que si, entre les doigts, ça se passe très vite, grain par grain, le sable lui-même ne passera pas, il se dépose, et reste là, pour toujours, au fond, avec des vestiges et des casques et des os et... Je me disais aussi : au fond, l'Autre, l'étranger, il est tout près de nous, de l'autre côté d'un océan. Pas besoin de l'infini du Dieu cartésien pour se donner un extérieur et échapper au solipsisme. Je trouve que le rythme, le style de Vuillard nous font penser ainsi un autre monde, mais très ici pourtant. Une torpeur! Je me disais à moi même que ce serait très intéressant de lire Vuillard au moment où le livre s'était ouvert à mes mains. Je suis finalement très impressionné par le rythme de la phrase qui produit de la lenteur parce qu'on n'a pas besoin de mémoire, chaque geste étant comme posé dans l'instant. Là où la mémoire est mobilisée, c'est plutôt dans le passage de l'une à l'autre, comme par des sauts qui donnent le sentiment brusque de la bataille, voire d'un ensemble vaporeux, statistique, stochastique. Et cela vous expulse dans un fond immuable, presque hors du temps, fossilisé.

C'est ce que j'ai voulu dire. Mais ce n'est qu'un effet ralenti, un ressenti de lecteur...

Alain Baudemont :

Ils sont les dormeurs du val qui ne goteront plus jamais la beauté du dormir sous le soleil, et exactement dans le vert printanier (...) plus jamais la Mère-Nature, qui s'en balance comme de son premier buisson, ne bercera, ne réchauffera ces corps brisés, ces corps mélangés de chair-ferraille, ces corps, tous terriblement vautrés dans l'herbe rouge (...) ils sont tous morts, ces allongés soldats de fortune, tous morts, et rien, pas le moindre effet de luminosité jaune ou de petit rayon doré de Soleil, Lui, toujours présent, ne réchauffera, ils sont morts, tous, et déjà froid (...) La mort, c'est froid, la mort, c'est le silence, la mort, c'est rouge, dira, en aval dans le temps, mais d'où rien de la pire violence ne se sera amenuisé, un certain Colonel Chabert, souvenons nous, un Colonel d'Empire, décrivant une autre bataille, une autre folie conquistadore (...) à son avoué, Maître Derville, totalement ébahis. Oui, pour être en accord avec jcm, qui n'a pour son commentaire absolument pas thor, oui et d'accord avec jcm, excellent observateur (coutumier en droit) des choses et des mots, et qui a raison de souligner qu'extrême et ahurissant est cette solitude soldatesque "déposée là dans le présent végétal de la lecture", extrême et médusant est "cette succession suspendue", extrême et stupéfiant ce quelque chose "qui ne passe plus", et aussi bien suis-je moi même abasourdi, ahuri, déconcerté, ébaubi, éberlué, ébloui, ébouriffé devant cette redoutable précision du Narrateur, qui m'assène qu'ici dans ce champ de folie pure, l'homme est cerné, inéluctablement collé, sans issue, incarcéré comme en forteresse, à cette force primordiale, à cette Mère-Nature qui l'entraîne dans le néant. Le noir absolu. Ainsi, dans cet absolu néant, dans cet implacable mur végétal ou inexorablement disparaît l'Homme, et pour ne pas y demeurer, il avait fallu faire fente, part et dans l'écriture, fendre, par conséquent faire ouverture, mais sans se tromper, mais quoi, au juste (...) il avait fallu faire vortex "entre l'éclat des yeux ébahis", il avait fallu absolument trouver un passage, le passage, en quelque sorte, il avait fallu se téléporter par et dans l'écriture, retrouver une sorte de trésor perdu, retrouver "le vrai trésor" et pour ainsi dire retrouver les lumières d'étoiles (...) par extension, trouver ce Doré des Lumières "À présent que je crois fermement, très excellent Roi et seigneur, que pour moi et mes compagnons, vous n'avez jamais été rien d´autre qu´un tyran cruel et un ingrat".

Je me moque de savoir comment bien lire le Vuillard des conquistadors, de savoir comment bien lire le narrateur-Vuillard à la plume dorée, pourvu que je lise, moi aussi, et avec Lui.

samedi 10 octobre 2009

1138. Jacques Chessex (1934-2009)

Nicolaï Lo Russo, que je remercie, nous a envoyé la note suivante :

J'ai la tristesse d'annoncer la mort hier soir du grand écrivain Jacques Chessex. Il s'est brutalement effondré lors d'un colloque à Yverdon (Vaud) organisé à l'occasion de la pièce tirée de son livre La Confession du pasteur Burg (1967). Un spectateur l'a pris à partie sur l'affaire Polanski – artiste qu'il défendait – et son sang a tourné noir.
Jacques Chessex, prix Goncourt 1973 pour l'extraordinaire L'Ogre, est un (des rares) auteurs contemporains que j'admirais. Longtemps professeur de lettres à Lausanne, très aimé, très craint aussi – ses courroux sont légendaires –, il est à l'origine de mon envie de m'essayer sur les chemins clairs-obscurs de l'écriture.
C'est bel et bien l'automne.

« Laissez-moi aller à rien. Laissez-moi aux cimetières introuvables. La mort n'est pas difficile à celui qui rejoint le premier site. La mort est douce à celui qui se couche aux étages clairs, parmi les labyrinthes d'ailes et les chants. » Jacques Chessex, Où vont mourir les oiseaux (1980)

vendredi 9 octobre 2009

1137. Les m@nuscrits de la semaine 09.10.2009

- Clarisse THOMAS, Le chant du cygne
- Elisheva, Edouard
- f.minod, Le Buste Blanc
- C. Ollivier-Chantrel, Marée Basse à la Guimorais
- dionisi, Digressions importunes
- Manuel Montero, le rapt d'Europe
- Antoine Sanchez, Chansons
- Manuel Montero, Contre-culture à l'italienne
- Antoine Sanchez, Fables pour adultes
- juji, Cruels contes bulgares
- Jean Houraà, Le coureur des Hautes terres
- ibara, Mémoires d'un bourricot en accéléré
- Antoine Sanchez, Trois Jours Sans Importance...
- Meir Sirllov, Retour à Tanger
- Ouam-Chotte, Fucking Western
- Nicéphore Pétrolette, Mahomet enculé
- kohnliliom, LAON
- lemarcussien, Erreur Système
- LOUSSAUT, LES PREMIERS SOUVENIRS
- Benoit Deville, PEINS LA PLUIE
- Benoit Deville, LE CAPTIF
- Benoît Demeaux, Muriel
- Eric Meije, Juste récompense
- le rimailleur, Ma vie à N.D.Lay 4-5-6
- Alex, Let's Roque !

1136. M@nuscrits vu par Urs Engeler.

Voici le message reçu de notre "ami allemand".

Bonsoir M. Léo Scheer, bonsoir chers amis. Voici ma traduction, accompagnée d'une petite note explicative. Né en 1962 à Zürich, Urs Engeler est l'une des grandes figures de l'édition de langue allemande.
La maison qu'il dirige a notamment fait découvrir aux lecteurs des pays germaniques certaines Å“uvres de Jean Paulhan et de Pier Paolo Pasolini.
Dans un entretien accordé au quotidien Frankfurter Rundschau (7 octobre 2009), il réfléchit au statut de l'éditeur à la fin des années 2000.

Analysant brièvement la situation française, il dit être admiratif devant la richesse de l'offre :

"Là-bas, il y a toutes ces revues, toutes ces maisons d'édition, toutes ces formes de publication. Il est clair que nous sommes tous préoccupés par la situation déplorable de la Librairie et que nous observons l'espace des possibles à l'ère de l'Internet."
Regardons ce que fait l'éditeur français Léo Scheer ; si vous allez sur son site Internet (www.leoscheer.com), vous allez trouver toute une rubrique consacrée à l'édition électronique, c'est vraiment quelque chose que je n'avais encore jamais vu auparavant. On propose aux gens des outils afin qu'ils mettent en ligne leurs propres livres.
Il s'agit d'un éditeur porteur d'une très grande ambition littéraire. Il serait impensable qu'un éditeur allemand surmonte son sentiment de supériorité et accepte de ne pas décider de ce qu'il publie, et puis que par-dessus le marché, il reçoive autant de textes ! »''

L'interview a été mentionnée dans la revue de presse quotidienne effectuée par le site littéraire le plus fréquenté d'Allemagne (www.perlentaucher.de).

mercredi 7 octobre 2009

1135. Raymond Federman (1928-2009)

Les Éditions Léo Scheer ont la douleur de vous annoncer le décès de Raymond Federman, survenu hier. Nous pensons à sa famille, à ses amis, à tous ceux qui l'aiment. Il nous manque, cruellement.

1134. M@nuscrits au Field de la nuit par Hubert Artus

Merci à Hubert Artus pour cette très aimable chronique sur l'expérience M@nuscrits.

C'est ici, le 5 octobre 2009, env 20m30.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Il faut aller à 20 mn 30s. (Je vais demander à Tony si on ne peut pas mettre juste l'extrait)

Je viens d'avoir la réponse : c'est impossible car le système Wat bloque le téléchargement.

mardi 6 octobre 2009

1130. Conquistadors d'Éric Vuillard par Yannick

J'ai fini le roman d'Eric Vuillard. J'ai pris mon temps. On a parfois le sentiment de lire un livre important, et c'est le cas, je pense. Et cela, indépendamment du J'aime/j'aime pas. Les romans disons historiques, je déteste ça, à vrai dire. Je n'y trouve pas mon compte. Sauf que dans ce cas précis, je me suis dit : c'est quand même quelque chose ce roman.

On l'a déjà dit ici ou là, c'est un récit ambitieux. Eric Vuillard ne fait pas semblant, il vous fiche une claque de 450 pages, lourde, la claque, et pas une page ne semble l'ignorer. Vuillard est là derrière, il ne se laisse pas oublier, il en met plein la vue.

Sa prose est spectaculaire. D'abord, elle donne à voir, on pense aux scènes de bataille, évidemment, bien que cette dimension spectaculaire anime chaque détail. Elle donne à voir donc, mais aussi, elle se donne à voir. Il fallait quand même oser une prose pareille, style Siècle d'Or. Certes le style convient peu ou prou à l'époque relatée, et il fonctionne à plein régime, mais le code ne nous laisse jamais oublier que tout cela, gloire des conquêtes, got du rutilant, a vécu. La prose d'Eric Vuillard est le siège d'un paradoxe : elle charme violemment, fascine, et nous tient à distance. Elle est à la fois le moyen de la fascination, et son antidote.

D'ailleurs cette magnifique prose épique est régulièrement sabrée par le narrateur. Je pense aux passages soudains à la première personne, Eric Vuillard semble nous parler de lui, de lui à la lumière (sombre) des protagonistes. Dès lors fini le vernis épique à la troisième personne. Le tableau se craquelle, la tapisserie se déchire, il y a quelqu'un derrière.

Et puis aussi, parfois, le style brutal, énergique, visant haut, usant de périodes belles et imposantes, se casse la gueule, par l'usage d'une familiarité, ou d'une référence contemporaine. L'effet est le même, à mon sens : l'épopée est alors minée par la dérision, délectable dérision.

Et puis enfin, si l'on ne s'attarde pas, dans Conquistadors, (la prose se presse, avance, inéluctablement, et nous tient en haleine, aux côtés de ses barbares qui n'en finissent pas d'avancer vers on ne sait quoi ) se creuse une espèce d'écart monumental entre la Haute Langue et la toujours plus grande déchéance des « héros ». Leurs essoufflements, leurs incertitudes, leurs détresses, leurs violences, ne nous apparaissent jamais autant que lorsque la langue se veut encore belle. Moins elle s'essouffle, plus le désir au cÅ“ur du récit semble s'éparpiller, perdre sens, et but. Moins elle s'essouffle, plus elle se montre , agissant, comme je le disais plus haut, comme un véritable outil critique.

Et c'est bien ce que semble nous demander Eric Vuillard, j'espère ne pas me tromper : de considérer cette période troublée, non pas pour simplement cultiver l'autoflagellation de la bonne conscience, mais aussi pour observer, étudier ce qui nous entoure, bref pour rendre le lecteur à même de penser le contemporain.

De passer par une langue datée pour éclairer le présent, c'était un beau pari. Je crois qu'Eric Vuillard l'a réussi. Mais je dis ça je dis rien...

Yannick, le 5 octobre 2009, sur le blog des ELS.

lundi 5 octobre 2009

1129. Bastien Gallet & Emmanuel Tugny, invités du festival Midi Minuit Poésie

Le festival Midi Minuit Poésie se déroulera à Nantes du 6 au 11 octobre, dans le quartier Decré et au Pannonica. Vous pouvez consulter la programmation ici. En voici une sélection Laureliphile :

Bastien Gallet et Rodolphe Burger présenteront « Mississipis (les vies imaginaires d'un chanteur de blues) », un concert-lecture vendredi 9 octobre à 21 heures, place du Change (gratuit).

La veille, jeudi 8 octobre à 20h30, ils présenteront cette même pièce au Triangle, à Rennes :

« Ce ne sont que des fragments. Des bouts parlés, joués et chantés de la vie d'un chanteur de blues. Un roman picaresque entre les bras du delta du Mississipi. Un souvenir ressassé qu'on a oublié ou des détails grossis d'une photographie ou un accord de ré mineur indéfiniment varié à la guitare. Le chanteur de blues est seul parce qu'il est un paysage et les gens qui l'habitent et leurs voix qui bourdonnent. Il chante parce qu'il ne se souvient plus mais pas pour se souvenir, pour tenir et encercler son oubli. Les fragments font plusieurs histoires et les histoires plusieurs musiques. Entre chaque bras du fleuve qui s'épand avant de tomber dans l'océan, il y a des mondes et des bifurcations, l'eau freine tant sa course qu'elle s'arrête parfois de couler. Le chanteur contemple un instant son reflet dans cette eau stagnante, pense à quelque chose qui fera peut-être, plus tard, un morceau qu'il enregistrera dans un studio de campagne, et poursuit sa route. »

Samedi 10 octobre à 22h15 au Pannonica, à Nantes (réservation au 02 51 72 10 10), toujours dans le cadre du festival Midi Minuit Poésie, Emmanuel Tugny lira en s'accompagnant à la guitare des extraits de son livre Mademoiselle de Biche ainsi que deux inédits à paraître : Le Silure (Laureli/Léo Scheer, janvier 2010) et Sidération ! (Éditions Léo Scheer, Variations, mars 2010).

1128. Éric Vuillard chez Arnaud Laporte

Pour continuer de jouer les speakerines, après la remarquable intervention de Gabriel Matzneff vendredi soir, j'ai le plaisir de vous signaler la participation d'Éric Vuillard à Tout arrive, l'émission d'Arnaud Laporte, aujourd'hui, à 12 h 50, sur France Culture.

P. S. On peut écouter l'émission ici.

dimanche 4 octobre 2009

1125. Conquistadors d'Éric Vuillard par Jean RISTAT dans Les Lettres Françaises.

Ne le trouvant pas sur le Net, je reproduis ici le très bel article de Jean Ristat dans Les Lettres Françaises du 3 octobre 2009 Nouvelle série N° 64. Florent me signale que l'article est en ligne ce matin (lundi 5 octobre) Ici. Je rappelle qu'Éric Vuillard (rare aussi dans les media) est l'invité de Arnaud Laporte et Laurence Millet dans leur émission "Tout arrive", aujourd'hui lundi 5 octobre à 12h 50.

"Une épopée à la gloire des vaincus."

"Éric Vuillard est un auteur rare. J'ai dit, en 2006, tout le bien que je pensais de son roman, Tohu. Il vient, en cette fin d'année 2009, de publier un autre roman, Conquistadors, qui confirme mon sentiment d'alors : Éric Vuillard est un écrivain avec lequel il faut compter désormais. Il a pris son temps, et il a bien fait : Conquistadors est un grand livre qui ne laisse pas le lecteur intact.

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1126. Alex News.

Alex, (''Unplugged''), qui est en train de corriger son deuxième ouvrage pour les ELS (SF), est en plongée dans son univers Wonderland-bipolaire-à-donf, tout en relisant La tour sombre de Stephen King dont elle devinne la griffe derrière de superbe roman, Au-delà du mal de Shane Stephens, dont Stephen King a dit : "Lun des plus grands romans jamais écrits sur le mal absolu. Je le recommande sans réserve.", confirmé par James Ellroy qui le considère comme "Un immense livre.". Paru en 1979 aux USA, vient seulement d'être publié, trente ans après, par Sonatine. Alex regarde aussi Kingdom hospital adapté de L'Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier, dont nous a parlé, à Marseille, Bastien Gallet dans le cadre du séminaire de Pop-Philosophie (Fresh Théorie) au cours de la journée consacrée au livre de LaureLi (Écrivains en séries). En passant, Alex a mis en ligne un M@nuscrit (Let's roque) qui se présente comme une variation sur le blog des ELS à partir des pièces du jeu d'échec, qui pourrait être développé pour devenir un jeu à l'usage des visiteurs de ce blog.

vendredi 2 octobre 2009

1124. Gabriel Matzneff chez Franz-Olivier Giesbert

Gabriel Matzneff sera ce soir l'invité de Franz-Olivier Giesbert dans son émission Vous aurez le dernier mot à propos des Carnets noirs 2007-2008 et de quelques sujets d'actualité, notamment certaine chasse aux sorcières.
France 2, 22 h 45.

P. S. (samedi 3 octobre) Vous pouvez voir ici cette émission, où Gabriel Matzneff s'est montré, une nouvelle fois, digne, sensible, libre comme pas un, parlant avec une franchise et une rectitude qui paraissent aujourd'hui exorbitantes sur un plateau de télé.
Je profite de ce mot pour remercier Franz-Olivier Giesbert et toute son équipe, en particulier Omar Foitih et Ali Rebeihi, qui ont fait preuve d'une courtoisie et d'une liberté d'esprit elles aussi inhabituelles.

P. P. S. (une heure plus tard) Vous pouvez surtout voir le débat ci-dessous :

1123. Les m@nuscrits de la semaine 02.10.2009

- Serge ULESKI, Des apôtres, des anges et des démons
- dionisi, La ronde de l'oubli
- Christine Motti, L'autre côté du miroir
- BAHIA.Z, Les Pommes Rouges
- LEO NEMO, L' ETERNITE ROMAN
- Benoît Demeaux, Flchss
- colosso, L'epopée du train Ocean Indien-Lac Victoria (1895-1901)
- le rimailleur, Ma vie à N.D.LAy
- Eric Meije, Ouverture
- Eric Meije, Etoiles mortes
- Eric Meije, Punitions invisibles
- lemarcussien, Erreur Système
- Julio Mindjimba, La Clé

jeudi 1 octobre 2009

1122. Chroniques de la rentrée littéraire : Conquistadors d'Éric Vuillard

Nous sommes particulièrement heureux de voir apparaître sur le site des Chroniques de la rentrée littéraire le premier billet dans la blogosphère consacré au livre d'Éric Vuillard :  Conquistadors. (L'ouvrage est sélectionné pour le prix des bloggeurs). L'auteur sera l'invité d'Arnaud Laporte et Laurence Millet dans leur émission sur France Culture : Tout arrive, le lundi 5 octobre entre 12h50 et 13h30.

En attendant voici la Chronique de Vincent Wackenheim pour les C.R.T

"Notre imaginaire se nourrissait jusqu’à ce jour, en matière de conquêtes espagnoles, et de destruction des cultures précolombiennes, de quelques vers des Conquérants de José Maria de Heredia, (« â€¦routiers et capitaines, Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. » etc. etc.), de la gueule de Klaus Kinski dans Aguirre, la colère de Dieu, voire, pour les nostalgiques, des costumes de Tintin, du capitaine Haddock, ou de Tournesol sur le bucher dans le Temple du soleil. On croyait en avoir fini avec cette épopée-là.

On pourra désormais ajouter Conquistadors d’Eric Vuillard sur nos étagères, tant ce roman devrait marquer cette rentrée littéraire de son souffle, sa violence, son or, sa langue – aussi par la naissance de l’homme moderne qui se passe de Dieu, car devenu son égal, mais par la destruction.

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1121. Edition en ligne M@nuscrits

-Entre la version Béta de l'interface automatique où tout le monde peut venir publier en ligne un M@nuscrit téléchargeable.

et

-La Collection M@nuscrits des textes rétropubliés sur papier par le comité de lecture des ELS.

Apparaît

- L'édition en ligne par les ELS d'un M@nuscrit téléchargeable et lisible gratuitement en ligne. Nous inaugurons ce troisième domaine de M@nuscrits aujourd'hui avec Le Bréviaire pour l'Éternité (Entre Vermeer et Spinoza) de Jean-Clet Martin ouvrage dont l'historique est indissociable de l'expérience M@nuscrits et dont on peut retrouver les différentes étapes sur ce blog.

C'est dans ce troisième domaine de l'édition en ligne (M@nuscrits / ELS) que pourrait commencer à fonctionner le fameux Comité de Lecture Élargi. (C.L.É). Il reste à définir les modalité techniques de fonctionnement de ce comité qui choisira les textes qui seront édités en ligne.

Maquette = Laure Mazzega.

Editing = Tony Lesterlin

Comité de lecture = à définir.

1120. de l'usage des M@nuscrits sur le blog.

Ce billet reprend un commentaire de Marie concernant le M@nuscrit qu'elle a mis en ligne dans l'interface automatique, il est suivi par les commentaires s'y rapportant qui ont été déplacés ici afin d'éviter qu'ils trollent le fil consacré à Hyrok.

@Léo. Si vous estimez que ce texte est de nature à nuire à la collection m@nuscrits, dites le moi, je le mets hors ligne aussitôt. Il me semble cependant que cette blague de potache n'a rien d'infamant. Je compile des commentaires lisibles par tous sur les archives de ce blog et quand on lit attentivement, on peut voir que personne n'est pas épargné, tout le monde en prend pour son grade, moi la première. Je rappelle aux oublieux que j'ai soutenu des gens de grande qualité comme Eric Meije, Carole fives, Manuel Montero, Nic, Gaël brunet, même Karl Mengel qui n'a pas toujours été tendre, et beaucoup d'autres. M'accuser de sabordage (surtout quand on répète en tous lieux et sur tous les tons qu'il ne faut surtout pas donner de texte chez vous, et oui c'est écrit noir sur blanc sur ce blog, commentaire repris dans le texte décrié) est d'une absurdité et d'une mauvaise foi qui me laissent pantoise.

Marie.

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