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Blog des ELS La Revue Littéraire
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samedi 30 janvier 2010

1240. Traité . 8. Wannabe.

Apparue dans les années 80 pour qualifier certains fans : Madonna Wannabe, cette notion est devenue le titre de la chanson des Spice Girls en 1996, qui l'a rendue populaire, elle dit : "Je vais vous dire ce que je veux, ce que je souhaite réellement, alors, dites-moi ce que vous voulez, ce que vous voulez vraiment, vraiment." Par extension, et avec ses déclinaisons multiples rendues possibles par le Net et la blogosphère, wannabe est devenue une notion vaguement péjorative qu'on utilise pour qualifier une personne qui imite ou est émule d'une autre. Le terme «Wannabe» est passé dans le langage courant pour désigner, globalement, quelqu'un qui "veut être" quelque chose. Ce côté péjoratif se trouve dès l'origine dans l'attitude de Madonna à l'égard de ses fans qu'elle avait tendance à considérer comme des "moutons".

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vendredi 29 janvier 2010

1239. Traité . 7. Conférence.

L'objectif de ce "Traité" n'est pas de définir des règles de civilité issues des anciennes règles de savoir-vivre applicables à la conversation, et de les transposer pour les blogueurs. L'horizon qui leur est proposé n'est pas la "conversation", activité mondaine venue tout droit des salons, mais la "conférence", exercice de confrontation proposé à l'esprit comme une gymnastique réparatrice afin de lui fournir des règles pour l'aider à sortir de ses dérèglements naturels et spontanés. Ces règles, imaginées par Montaigne dans le chapitre "l'Art de conférer" peuvent servir de base de ce "Traité" par un raccourci de quelques siècles :

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jeudi 28 janvier 2010

1238. Traité. 6. Trollisme.

Deux types de règles peuvent servir à la formation d'un "savoir-vivre" pour les blogueurs : Des règles positives qui s'appuient sur des références idéologiques, religieuses, morales ou politique et des règles négatives qui traduisent le rejet que l'on peut ressentir à l'égard de certaines situations ou de certains comportements étrangers à l'esprit de la discussion ou de la conférence comme idéal-type. Les règles négatives portent en creux les règles positives, rien n'indique mieux ce que l'on souhaiterait voir s'imposer que la contrariété ressentie devant certains usages. Le trollisme, au delà du personnage du troll, forme l'ensemble des attitudes et des situations qui vont rendre la conférence impossible. En dessiner les contours est la première étape d'une tentative d'élaboration des règles de savoir-vivre, car le trollisme, s'il est, lui aussi, un savoir, n'a pour objectif que de rendre les choses invivables. Derrière son côté anodin et enfantin, il charrie tout ce qui, spontanément et naturellement, dans l'esprit humain, le rend impropre à la conférence.

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mercredi 27 janvier 2010

1237. Traité. 5. Troll.

La notion de trolling, comme souvent sur le Net, provient d'une métaphore maritime. Voisine du Trawling qui consiste, pour un chalut à laisser traîner un grand filet derrière lui, la pêche à la traîne du trolling se pratique avec une ligne munie d'hameçons. L'hameçon fait le troll qui se manifeste sur les blogs par sa volonté de semer la pagaille en provoquant les autres blogueurs avec des sujets potentiellement polémiques qui, selon les principes du trollisme doivent éviter d’être constructifs. Les commentaires polémiques d'un troll sont, métaphoriquement, autant d'appâts destinés aux contributeurs qui forment le banc de poissons qu’il s'agit d'hameçonner.

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1236. Traité. 4. Fil.

Le fil d'une discussion se compose d'un billet de départ, posté par l’animateur du blog, auteur du billet proposé à la discussion, et de l’ensemble des commentaires qui en découlent.

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mardi 26 janvier 2010

1235. Traité. 3. Pseudo.

Dans la blogosphère, comme sur la majorité du monde virtuel, l'assignation à l'état civil sur laquelle s'appuient toutes les formes de contrôle d'identité est remplacée par la proposition d'un identifiant et par le choix d'un pseudonyme. Dans ce contexte, le pseudo est la norme et le nom propre l'exception. cette question se pose d'emblée, lors de la création d'un blog ou de l'inscription comme commentateur ou participant à un forum.

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lundi 25 janvier 2010

1234. Traité. 2. Blogosphère.

2) LA / UNE BLOGOSPHÈRE.

Blogosphère est une notion à laquelle on peut attribuer deux significations distinctes. Au sens large, LA Blogosphère désigne l’ensemble de tous les blogs qui existent sur Internet. Elle est souvent suivie d’un qualificatif qui permet de désigner un sous ensemble de cette vaste catégorie.On parle ainsi de blogosphère littéraire, pour rassembler tous les blogs dont la ligne éditoriale consiste à promouvoir, chroniquer ou critiquer des livres.

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dimanche 24 janvier 2010

1233. Traité. 1. Blog.

Les membres des ELS ayant pratiquement tous leur blog (Florent Georgesco et Julia Curiel, Angie David, Laure Limongi), les auteurs et les lecteurs de M@nuscrits ayant aussi le leur, le blog des ELS va pouvoir devenir un peu plus celui de LS, le mien, même s'il continuera à servir de plateforme de promotion et de discussion pour l'ensemble des activités des ELS.

J'avais commencé avec la "bio" à laquelle je dois encore quelques billets, mais j'aimerais aussi l'utiliser pour mettre à jour un projet sur lequel j'ai pris pas mal de retard. Je m'étais engagé à écrire pour Librio (Flossie Felix, qui avait eu la gentillesse de reprendre mon Gilgamesh, ce qui lui a permis d'entrer dans le cursus de l'enseignement scolaire) un petit opuscule de 96 pages dans les "Inédits Librio" à 2 €, dont le titre de travail est : Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes blogueurs en hommage à celui de Vaneigem qui avait bercé une génération aujourd'hui à la retraite, la mienne. L'écriture de ce Traité a été retardée par des petits problèmes de santé qui ont eu pour effet de perturber mon champ de vision. Aujourd'hui, je me suis accoutumé à ce léger handicap, et retrouvé le désir d'avancer sur ce petit livre.

J'aimerais le faire à la manière de La Revue Littéraire, en temps réel, et avec tous ceux qui m'ont aidé ici à le concevoir, en mettant en ligne progressivement les mots-clefs, qui formeront la structure du Traité. Pour 96 pages, il y aura donc probablement 48 mots-clefs présentés sur deux pages. Pour chacun, d'une part, une double définition, (l'objective et la mienne), et, d'autre part, la réflexion sur les questions de "savoir vivre" que soulève l'émergence de la nouvelle réalité que recouvre ce mot-clef et, par conséquent, sur des règles que je proposerai à la communauté des blogueurs.

Dans chaque page consacrée à un mot, apparaitront d'autres mots-clefs qui devraient être mis en lien. Mais puisqu'il s'agit d'un ouvrage destiné à être imprimé, je n'utiliserai pas les liens hypertextes, même si toute la logique de sa composition relève, pour ce traité de ces lien. Ainsi, dans le premier billet, devraient être mis en lien : blogosphère, lien, Billet, fil des commentaires,modération, etc... Mais c'est justement sur cette structure que repose l'analyse et sur laquelle peuvent se former les commentaires qui m'intéressent. J'ajoute que pour faire ce travail, je m'appuie sur l'expérience de deux jeunes internautes qui est bien supérieure à la mienne et qui m'aident à comprendre le sujet traité.

Pour commencer, le mot BLOG.

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vendredi 22 janvier 2010

1230. Sacha Ramos par Anne-Françoise Kavauvea

L'article que je reproduis ci-dessous est paru sur le site De seuil en seuil. Vous pouvez lire une nouvelle de Sacha Ramos ici, et en savoir plus sur le roman là.

"Point de pasteur et un seul troupeau ! Tous veulent la même chose. Tous sont égaux : qui pense autrement va de son plein gré à l'asile de fous." (Nietzsche, Généalogie de la morale)

Fuir pour mieux se retrouver. Ecrire pour échapper à la folie. Le narrateur du Complot des apparences, Igor Ramirez, se sent happé au-delà des limites de l’acceptable. Après un coup de colère suscité par le caprice d’une petite fille, mais surtout par la bêtise stéréotypée de la réaction (ou de l’inertie) de ses parents, cédant à un mouvement irraisonné et déraisonnable, il quitte Rome, et surtout son fils, pour Barcelone, sa ville natale. Un retour à la source de son existence pourrait-il le sauver de lui-même ?
Ce roman à l’écriture dense, limpide, jouant de l’inattendu, de l’émotion qui s’insinue au détour de la farce, nous associe à cette tentative désespérée. Igor Ramirez – double de l’auteur ? – commence par s’enfermer avec lui-même, se forgeant les barreaux de la cellule d’Edmond Dantès auquel il s’identifie un moment, préparant contre le monde une vengeance éclatante. La sortie de cette chambre d’hôtel le conduit à une nouvelle prison : un logement minuscule, une grotte humide et sombre, situé dans l’entresol d’un immeuble proche du lieu où il a grandi. On espère ici une salutaire plongée dans le souvenir. Or, chez Sacha Ramos, c’est l’inattendu qui commande. Tout dans cette Å“uvre tente de déjouer chaque topos, chaque lieu commun, que ce soit dans la vision du monde qu’il transmet ou dans la manière subtile dont il détourne les clichés linguistiques.

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1232. Petit Dialogue jcm-ab sur L’Arbre d’Or de Hegel.

L'arbre d'Or de Hegel.. Comme le dit jcm, "c'est un envers de scène témoignant des vitesses, des improvisations entre travail, lecture, écriture tout azimut."

ab : Cher léo, un petit dialogue ou l'on voit que les échanges ne sont pas aussi simples qu'on l'imagine. Mon innocence (elle est vraie) ou ma naïveté (encore plus vraie) m'a joué un tour, ou a voulu me donner une leçon de comportement. J'ai cru que... ai-je poussé le bouchon trop loin... ai-je mal fait voulant être ici et là... je vous le dis, pourtant, je n'ai jamais pensé faire autre chose qu'un commentaire, ai-je voulu trop le montrer, c’est possible, alors je suis orgueilleux, présomptueux, et c’est très grave cela… peut-être faut-il plutôt la "boucler" parfois, car nos gestes, nos actions, nos pensées, nos écrits sont mal interprétés. J'ai besoin de votre avis, cher léo, “comme un frère”, n'est-ce pas, et d'un "conseil" pour la suite des choses quant à me comporter...

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1231. Hegel en Haïti (3) par Alain Baudemont

Sans titre, sans nom, je viens de Ayiti, c'est ma belle terre des hautes montagnes, mais je suis noir. Je n'ai jamais été libre, mon maître m'interdit de porter les armes, sauf pour la chasse. Si je désobéis, si je fuis, c'est mon désir de désobéir, c'est mon désir la fuite, mais que j'échoue à fuir, mon maître me coupe les oreilles et me marque au fer rouge; qu'importe mes oreilles, je suis sourd déjà, mais je suis obstiné; d'où me vient cette lumineuse obstination; ma deuxième fuite, je le sais d'avance, me fait perdre mon jarret, mon maître le coupe, beaucoup de mes soeurs et de mes frères ont perdu leurs jarrets; qu'importe encore mon jarret quand mon maître ne peut couper ma lucide obstination, elle me reste; La troisième fois, je fuis encore, mon maître me reprend, il me puni de mort; pendu, le vent de mes hautes montagnes vient, et me balance ni joyeux, ni libre, ni heureux, ni rien après mon infortuné désir, un grincement peut-être, la corde et le bois sûrement, un bruit quand même, un vent d'aucun paraclet me balance, je suis mort, je n'existe plus, mon maître aussi me perd.

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jeudi 21 janvier 2010

1229. Hegel en Haïti (2) par Jean-Clet Martin

Le billet de jcm dans Strass de la philosophie : Haïti depuis la fenêtre de Hegel.

Hegel, assis dans l’étroit bureau encombré du journal qu’il dirige (La gazette de Bamberg) entend, au travers de fenêtres exigües, le borborygme strident des servantes au marché, au moment d'ouvrir la lettre de blâme dépêchée par les autorités en 1808 lui reprochant de répandre des informations contraires aux intérêts de l’Etat. Il sera convoqué demain devant ses juges. Lui le serviteur, le petit ouvrier des faits diverspour amuser le quotidien des grandes dames autour desquelles pavanent toute la ville et se pressent les jeunes filles en guenilles. Il n’aura donc été que serviteur ! Serviteur toujours ! Une impression que le brouhaha du marché et la couleur du ciel lui rappellent, le plongeant dans le souvenir de Berne où il avait été employé, logé en qualité de précepteur avec la racaille, la valetaille (Gesinde) pour partager ses repas, la table des maîtres lui étant interdite.

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mercredi 20 janvier 2010

1227. Hegel en Haïti.

Au moment où Flammarion publie le livre de Slavoj Zizek, "Après la tragédie, la farce ! ou Comment l'histoire se répète", (Traduit de l'anglais par Daniel Bismuth.), Hêtre de mediapart rappelle ce livre que les ELS ont publié en 2006 : Hegel en Haïti de Susan Buck-Morss qui analyse le rôle joué par l'histoire de Haïti dans la formation de la théorie du maître et de l'esclave chez Hegel.

D'irrépressibles possibles, ce caillou. Haïti / Slavoj Zizek et "la formule la plus succincte du communisme" Par hêtre

Comme Susan Buck-Morss l'a démontré dans son essai intitulé "Hegel et Haïti" (1), le soulèvement réussi des esclaves en Haïti, d'où résulta la république libre d'Haïti, fut pour Hegel le point de référence muet - et d'autant plus efficace pour cette raison - (ou bien la Cause absente) de sa dialectique du Maître et de l'Esclave, d'abord esquissée dans ses manuscrits d'Iéna puis développée dans sa "Phénoménologie de l'esprit". Par une assertion simple - "Il ne fait aucun doute que Hegel et Haïti vont de pair (2)" - Buck-Morss condense le résultat détonant du court-circuit entre ces deux termes hétérogènes. "Hegel et Haïti" - cela est aussi, peut-être, la formule la plus succincte du communisme.

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dimanche 17 janvier 2010

1226. Flooding vs Trolling

Le flooding (dont j'ai découvert la notion récemment) et le trolling, auquel je suis confronté structurellement, comme tout blogueur, me semblent être les deux phénomènes les plus complexes et les plus riches dans l'expérience qui doit me conduire à mon projet de "Traité de savoir vivre". Si le mécanisme psycho-sociologique par lequel le troll réussit à détourner puis prendre le pouvoir est assez limpide, celui du flooding me semble plus obscur.

À l'origine, il s'agit d'une notion informatique, mais qui s'inscrit dans un cadre conflictuel, c'est presque un acte de guerre. Le flood consiste à noyer un adversaire sous une grande quantité d'informations ou de données inutiles. Le réseau visé dans cette action devient alors inutilisable, par saturation. Par extension, cette action d'inondation informatique a pris un sens plus large et on a vu apparaitre sur les forums et les blogs des floodeurs sachant flooder. Ce qui est très intéressant, c'est d'essayer de comprendre comment la saturation de signes finit par neutraliser le fonctionnement d'un réseau.

Le troll n'arrive jamais jusque là, car il est obligé, pour entretenir son détournement et sa prise de pouvoir, de garder "vivant" le fil qu'il est en train de parasiter. Dans ce but, il n'est pas en mesure de neutraliser le réseau, il est même souvent celui qui le réactive.

Le floodeur, lui, ne peut qu'aller jusqu'à la destruction complète par la saturation du sens. C'est ce dernier aspect qui me semble fascinant : comment fait-on pour saturer le sens dans un système ? Dans les années 70 c'était une question abstraite pour ceux qui observaient les structures de la société (Baudrillard) Aujourd'hui, sur le Net, c'est devenu une question tout à fait concrète et qui doit avoir des liens avec les mécanismes psychologiques (qu'il est facile d'observer) ou des processus peut-être propres au opérations neuro-biologiques du cerveau.

vendredi 15 janvier 2010

1225. Les Vies Lewis, de Louis-Henri de la Rochefoucauld par Florence Bouchy pour Le Monde des Livres

Comme le dit très bien Anne Crignon dans l'Obs, à propos de ce premier roman en librairie ce mercredi 12 janvier : "Une écriture sans affectation,sans complaisance d'esthète face au spleen, voici justifiée la rumeur flatteuse qui entoure déjà ces "Vies Lewis".

La mélancolie en héritage
par Florence Bouchy

Le héros du premier roman de Louis-Henri de la Rochefoucauld n'a que 20 ans, à peine moins que son auteur. Lorsqu'il se décrit, pourtant, c'est sa lassitude et son malaise qu'il met en avant : "Je sais que cette tristesse de vieillard est mon problème depuis toujours, mon pays natal, mais j'ignore pourquoi j'ai été si vite vaincu par la vie." A l'ouverture des Vies Lewis, il porte sa fatigue et son sac sur l'épaule, n'étant pas "sr d'avoir enfin trouvé (s)a place dans la vie".

Quoi de plus fréquent, dans un premier texte, que l'auteur cherche à interroger sa place, puisque c'est aussi son entrée en littérature qui se joue ? Quoi de plus risqué néanmoins, tant les chemins littéraires de la quête de soi ou du roman d'apprentissage sont balisés ? Louis-Henri de la Rochefoucauld contourne habilement tous les écueils du genre, et évite les facilités et les clichés qui y sont parfois attachés.

Sans doute ne pouvait-il pas, d'ailleurs, se laisser glisser sur des rails posés par d'autres que lui : Lewis, le grand-père du héros, que celui-ci considère comme un modèle, est né "dans la vieille noblesse comme une mauvaise herbe dans un jardin à la française. (...) Cette vie en marge, on la lisait encore sur son visage, dans sa dégaine de dandy clodo ou d'aristo de gouttière". Lui-même a tranché définitivement : "Un milieu, c'est forcément moyen, à mi-distance de la vérité. Il faut savoir en sortir vite."

Venu passer quelques jours chez Lewis, sous le vague prétexte de faire les vendanges dans le village voisin, le jeune homme essaye de percer les mystères de la vie de cet aïeul dont il se sent si proche. Le grand-père ne cesse évidemment de se dérober, préférant passer avec son petit-fils des soirées alcoolisées, et évacuer les questions par des boutades face auxquelles le héros s'avoue vaincu : "Mais même ses blagues les plus nulles me faisaient rire. Cet homme était indéfendable, pourtant je l'aimais plus que tous les gens irréprochables." Comment expliquer que cet homme au passé si libre et au mode de vie encore excentrique, soit par ailleurs si mélancolique ? Quel secret et quel regret cache-t-il ? Pourquoi, à l'approche de la quarantaine, est-il à peu près rentré dans le rang ? "Alors que sa famille, c'est tout ce qui l'a tué. Il se laissera aussi aller à se marier, et à prolonger cette histoire familiale. Il aura des enfants, et des réunions de parents d'élèves."

Venu renouer avec celui qui faisait office de figure paternelle pour lui, le héros découvre progressivement que Lewis, si flamboyant paraisse-t-il, lui a en fait légué le poison de la mélancolie, et s'est contenté de "céder toujours, tout en se cachant pour rêver sa vie". Le grand-père idéal tombe de son piédestal. Et c'est donc bien une renaissance qui couronnera cette découverte : "Je me suis convaincu qu'on n'a aucun besoin de père, mieux vaut se trouver quelques frères avec qui se serrer les coudes et tenir le coup."

Florence Bouchy le 14 janvier 2010.

1224. L'angoisse de konsstrukt.

Le numéro un est en ligne. 100 mo de textes, dessins, photos, musiques, vidéos : ici.

par : cindy cénobyte, daslook, olivier lelong, benjamin monti, morphée, the other colors (laurent chambert), jean-marc renault, christophe siébert/konsstrukt, soomiz, tobagas, andy vérol, thomas vinau, vincent vuong.

Le 22 janvier, pour la soirée à la société de curiosités :

20h-21h projections vidéos (j.-l. costes, o. lelong, etc.)
21h-22h lecture de la maison des morts par le konsstrukt big band : christophe siébert (voix), the other colors (musique), daslook (projections)
22h-23h tabagas : clarinette, étagère, ordinateur, machine à coudre
23h-00h projections vidéos (suite)

écrire à lasocietedecuriosites@gmail.com

leur site

jeudi 14 janvier 2010

1223. Silure & Sidération. Entretien avec Emmanuel Tugny

Retour en force de l'auteur de Mademoiselle de Biche, avec deux livres en trois mois, un roman, Le Silure, en librairie depuis une semaine, et un essai, ou plutôt un hybride d'essai, de traité philosophique, de conte, d'apologue, Sidération ! (début mars). Activité foisonnante, chargée comme une langue (vous comprendrez), qui nous a valu cette conversation pour moi passionnante sur la quête orphique, l'amour, la matière, l'être, l'étant, l'inutile (« Ce qui est digne de la condition d'homme, c'est le sentiment profond qu'il y a lieu que quelque chose d'inutile soit »), Dieu (qui est au bout de « l'immersion dans ce silence absolu que par souci asymptotique nous appelons l'ordre des choses »), et deux ou trois autres sujets.

1221. Jeune fille au balcon par Eva Luna.

Depuis que j'ai annoncé à tous ceux qui avaient mis en ligne un M@nuscrit qu'il leur faudrait transférer leur texte de la première version "Alpha" dans la nouvelle version automatique "Beta" avant le 1er mars 2010, j'ai reçu une trentaine de mails similaire à celui de eva luna. Je pense que cela démontre que nous avons dépassé le stade de la simple l'expérience et que M@nuscrits est devenu un outil efficace pour faire connaître des textes, des auteurs nouveaux, et leurs permettre d'être publiés. Voici le dernier :

Nom : eva luna
Email : .........@sfr.fr
Sujet : retirer mes manuscrits

Commentaires : Léo, pouvez-vous retirer tous mes manuscrits du site ( Alpha et Béta) car j'ai la joie de vous annoncer que je vais signer un contrat d'édition avec une maison d'édition espagnole ( où j'ai gagné leur concours littéraire) et je vais signer,comme c'est l'usage, un contrat d'exclusivité. Pouvez-vous d'ailleurs rendre visible ce mail car j'en profite pour remercier ceux qui m'ont lue et "critiquée " ( Marie Lebrun, Ludivine, Manuel Montero...) Il s'agit de mes manuscrits: jeune fille au balcon, La maison en sucre et hard discount stories ( pseudo; : Aranda). Le livre qui va être traduit et édité est "jeune fille au balcon".

mardi 12 janvier 2010

1220. Les cris, de Claire Castillon par Alain Baudemont.

Un noir geai des chênes danse dans ses yeux aussi parfaitement que dans ses cheveux il ouvre à la claire lumière, autant qu'elle est Claire, la jeune femme, en ces deux choses là, et Léo Scheer a raison, il faut noter, chez Claire Castillon, une réelle évolution dans son écriture depuis son premier roman, trouvant, de mieux en mieux, un chemin qui ne la mène pas vers nulle part mais vers le roman, "C'est plus long, plus intense, mais j'éprouve le besoin de travailler sur des thèmes qui se resserrent".

Insecte confirmait le talent, mais c'était des nouvelles. Entre le roman et les nouvelles, Claire Castillon préfère le roman, "j'essaie de descendre le plus profondément possible en recherchant les moments clés (...) où je peux "respirer" entre les thèmes".

En vérité, je dis que chercher une respiration, c'est tout ce qui peut autoriser l'écrivain à demeurer au plus près d'elle, ainsi s'expliquerait la nécessité de l'alternance nouvelles-roman".

Les cris, (l'écrit) de Claire Castillon, (roman de la rentrée littéraire hiver 2010, paru aux Editions Fayard) c'est refuser que la moindre douleur soit l'organisatrice de l'émotion, (c'est nouveau, ça, "ou c'est un renouveau", et plein de fraîcheur, ce renversement) et l'utiliser (la douleur) à la construction positive d'un livre, je trouve, de mon point de vue de lecteur, que voilà quelque chose qui ressemble à une neuve montée en forme... anamorphose vers la vérité (...) ce qui ne veut pas dire fuir l'expérience de la douleur, car c'est en effet une douleur, de comprendre, soudainement, que l'homme avec qui vous vivez une relation-couple, l'inverse est idem, et de même sexe aussi bien, vous assène, et terriblement, et cela fait très mal, un jour comme un autre, vous assène " j'aime tout faire avec toi, mais je ne sais pas si je t'aime".

"Je ne sais pas si je t'aime", quelle douleur, mon dieu, dans un coeur si petit, (nous avons tous un coeur si petit) comme un coup d'épée, comme un meurtre, de ressentir que "Celui qui est aimé" ne tient pas la "promesse" de l'amour.

Ne tient rien d'autre que son jouir de l'autre.

À vivre l'échec, Claire Castillon nous dévoile que là pourrait bien se dissimuler, se tenir l'infernal, mais qu'à l'écrire, il est utile, car, au final, il risquera de nous mener vers une petite idée du...Spirituel; petite idée qui va son chemin, petite idée qui prend son envol et qui va s'inscrire, lentement, mais srement, dans la réalité, dans le réel, et que si ce n'est pas amusant, (cela peut l'être) c'est surtout vital... Vital pour renaître.

Je veux seulement dire qu'avec les Cris, de Claire Castillon, le lecteur (que je suis) lisant comme on marche longtemps sous la pluie, se lave, oui, se lave en connaissant clairement, si je puis dire, que la machine à laver est le magnifique mais délicat cerveau de la jeune femme, Claire Castillon, en train d'écrire...

Et le voilà lavé, dis-je, le lecteur, de pas mal de soupçons, pas de tous, évidemment, pas de tous, pour l'instant, mais d'autres livres vont venir à la vie...

...et Claire Castillon, de peaufiner la Chose...

lundi 11 janvier 2010

1219. Le Zaroff de Julien d'Abrigeon dans Le Matricule des Anges

Mises à mort

Julien d'Abrigeon met nos nerfs en pelote, et en tricote un deuxième ouvrage bizarre à souhait : la littérature française est rhabillée pour l'hiver.

Il est traqueur, traqué, victime et bourreau, gibier et giboyeur. Il tue à coups de tout et de rien, opinel, schlass, bombe anti-crevaison, touillette de café empoisonnée. Il tue le scout, le comédien, le gendarme, l'intellectuel, le cycliste, le livreur de pizza. Tue sur commande, à la demande, mais sait aussi n'écouter que lui. Pour aller tuer, il emprunte des bretelles qui n'en finissent pas d'aboutir à des ronds-points qui débouchent sur des bretelles. Il se terre, enterre et s'enterre, revient se pencher sur les cadavres qu'il laisse derrière lui. Se réchauffe à sa propre froideur. S'attendrit. « Certains corps ne rappellent en rien les êtres qui les ont habités. Ils sont si plats. Ils sont si vides. Certains m'inspirent alors une certaine sympathie. Ils sont si calmes. Ils sont si calmes. Certains s'accrochent à moi, par mégarde, par accident, par un ongle cassé sur une maille de mon pull. » Il serait trop simple de prendre Le Zaroff pour ce qu'il n'est pas : le journal d'un tueur ficelé façon Marelle cortazarienne, épisodes numérotés et itinéraire de lecture conseillé en guise de préambule (« L'ordre imprimé n'est qu'une proposition »). Plus métonymique encore, assurément, puisque les va-et-vient de la lecture finissent par se calquer à la perfection sur ceux du tueur en cavale. Pourtant les faits et leur débitage névrotique, le spectacle de la violence et du calcul, et jusqu'à la perversion engendrée par le ton de la confidence – l'horreur, en somme, et le voyeurisme qui l'accompagne – ne sont qu'écrans de fumée. Obnubilé par la mise en scène et par ce que le propos, volontiers thétral, remue dans nos entrailles (mort violente, pulsions de meurtre, magnétisme obscène du fait divers), on en oublierait presque la supercherie magistralement littéraire qui est pourtant le cÅ“ur battant du Zaroff. Julien d'Abrigeon a l'écriture manipulatrice. Et pendant que nous pénétrons, fasciné, dans l'intimité d'un tueur à gages, lui s'amuse, s'aventure, musarde entre les lignes, bricole une langue à sa façon, taquine l'exercice de style. La mystification fonctionne à plein. Jusqu'à ce que, brutalement, au saut d'une page, jaillissant comme le prédateur sur sa proie, l'évidence nous prenne à la gorge : chacun des chapitres du Zaroff est, à lui seul, un poème – pour ne savoir nommer autrement ces morceaux qui se tiennent seuls et laissent tous une brlure différente. Et soudain, à la place du polar instantané façon polaroïd, on a entre les mains un vrai livre de poésie claquante et intriguée par la langue – la vraie, celle qui roule des pelles et sait goter à tout. « Certains ne pèsent rien sur l'instant, puis sont une trace. L'élimination d'un commissaire d'exposition, commission commandée, ne m'excite guère, cependant, toute commande s'exécute. Un court crime d'action à la commanditaire. Machinalement, il commande un café sucré à la machine à café qui, mécaniquement, déclenche une traînée de poudre de sucre et de café. La trappe des touillettes ayant été probablement bloquée à l'aide d'un chewing-gum, je lui propose la mienne, empoisonnée, et pars. J'intitule ça un crime déceptif. »

Lorsqu'un homme cherche à tuer avec autant d'acharnement, ça ne peut être que son propre désir dont il réclame la mort. Julien d'Abrigeon semble être un de ceux qui ne s'arrêteront pas d'écrire avant d'avoir tenté, par tous les moyens disponibles ou non, d'éliminer le désir dévorant de l'écriture. Il s'y efforce d'ailleurs en public : une petite visite sur le site T.A.P.I.N. (pour Toute Action de Poésie Inadmissible sur le Net – si ce n'est pas du racolage, ça...) donne une idée de l'arsenal dont il dispose et des multiples tentatives d'assassinat auxquelles il s'est déjà livré. En vain, peut-être, et tant mieux. Car mieux vaut la chasse, en l'amour et en l'art, que la prise ; souhaitons-la lui longue, donc, et la plus pénible possible.

Camille Décisier Le Matricule des Anges, janvier 2010

Photo de Julien d'Abrigeon © Le Plateau

vendredi 8 janvier 2010

1216. Sacha Ramos par Jacques de Guillebon

En quête d’un monde

par Jacques de Guillebon

La Nef n°211, janvier 2010

Ils sont trois. Ce ne sont donc pas les mousquetaires, ni les hussards qui comme chacun sait étaient quatre. Il faudra bien leur trouver un nom à ces trois lascars-là, mais pas de doute que le temps s’en chargera. Ils s’appellent Olivier Maulin, Pierre Chalmin et Sacha Ramos. Ils sont écrivains, nouvellistes et romanciers, ils ont à la louche entre 35 et 40 ans et surtout leur plume les révèle comme les protagonistes majeurs d’une nouvelle génération. On ne parlera pas d’une école, traître mot auquel aucune réalité jamais ne correspond, et d’ailleurs pour autant que nous sachions, ils ne se connaissent pas. Pourtant, ils ont la même ironie devant ce monde croulant, la même jovialité mélancolique dans le style, des dilections comparables pour le bon vin, la littérature déchirante et les jolies femmes qui permettent de les rassembler le temps d’un article. Mais ce ne sont pas tant leurs goûts qui les distinguent – après tout, nombreux sont les êtres humains dignes de ce nom qui peuvent encore les partager – que le talent inouï que les muses leur ont réparti pour, sinon leur donner un sens, animer ces goûts et en tirer une mouture délectable.

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jeudi 7 janvier 2010

1215. Nabe l’antiéditeur. Par Jérôme Dupuis.

Voici l'article, comme toujours excellent, de Jérôme Dupuis sur Nabe dans L'Express :

"L’enfant terrible des lettres parisiennes a décidé de se publier lui-même. Première salve avec un roman inédit. Il raconte à L’Express comment il en est arrivé là."

Légende de la photographie des stocks de livres de Nabe : "FÉROCE. Dans son dernier roman, Marc-Edouard Nabe allume tout ce que la France compte d’écrivains, d’éditeurs et de journalistes"

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mercredi 6 janvier 2010

1214. Entretien avec Sacha Ramos

Je me permets une brève incursion hors de mon territoire, pour vous présenter cette conversation avec Sacha Ramos, dont le premier roman, Le Complot des apparences, est depuis ce matin en librairie. Il est absolument inutile de vous recommander de vous précipiter sur lui ; je me contenterai de dire que j'aimerais être à la place de ceux qui s'apprêtent à le découvrir. De toute façon, j'y reviendrai : on ne se lasse pas de chanter les louanges d'une si belle révélation.

mardi 5 janvier 2010

1213. Tour de Babel pour Diogène.

Le nombre des commentaires, des pseudos, des sites où il les dépose, est tellement impressionnant, que je me demande parfois si ce n'est pas un programme informatique générateur de commentaires aléatoires. En ce moment il sévit sur la plupart des sites de ceux qui fréquentent ce blog. Afin d'essayer de les soulager je lui ouvre ici, comme déversoire psychique, une Tour de Babel, en hommage à Gilgamesh.

lundi 4 janvier 2010

1212. Pendant ce temps là, à Dubaï.



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dimanche 3 janvier 2010

1211. Jésus & Nietzsche. Interview par Luis de Miranda.

Je reçois de Luis de Miranda, la première vidéo d'une série, qu'il a baptisé Textostérone,"l'émission qui fertilise vos neurones" (réalisée par Luis de Miranda, David Cangardel et Marcus Kreiss). Ne manquez pas, la semaine prochaine le deuxième épisode : Bouddha et Napoléon. En attendant je vous propose, pour commencer comme il se doit cette nouvelle année, l'interview de Jésus et Nietzsche :


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vendredi 1 janvier 2010

1210. Faire-part de naissance.

En ce 1er janvier 2010, j'ai le plaisir de vous annoncer la naissance du nouveau site marcedouardnabe.com (que nous avions annoncé il y a 3 semaines), où vous trouverez tous les livres "introuvables" de Marc-Edouard Nabe. (sauf celui ci, qui est disponible dans toutes les bonnes librairies, et devient une sorte de catalogue.)
Bravo à MEN d'avoir réussi cet exploit et souhaitons lui le plus grand succès avec cette révolution du système.
Parmi les phrases citées sur ce nouveau site je retiens celle ci pour lui souhaiter une grande année 2010 :

« Nabe, c'est un anar individualiste ! » Daniel Cohn-Bendit, 1999.

Nous sommes impatients de découvrir son nouveau livre, qui sera diffusé et distribué de la même manière, et doit être "sous presse".

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