Un noir geai des chênes danse dans ses yeux aussi parfaitement que dans ses cheveux il ouvre à la claire lumière, autant qu'elle est Claire, la jeune femme, en ces deux choses là, et Léo Scheer a raison, il faut noter, chez Claire Castillon, une réelle évolution dans son écriture depuis son premier roman, trouvant, de mieux en mieux, un chemin qui ne la mène pas vers nulle part mais vers le roman, "C'est plus long, plus intense, mais j'éprouve le besoin de travailler sur des thèmes qui se resserrent".

Insecte confirmait le talent, mais c'était des nouvelles. Entre le roman et les nouvelles, Claire Castillon préfère le roman, "j'essaie de descendre le plus profondément possible en recherchant les moments clés (...) où je peux "respirer" entre les thèmes".

En vérité, je dis que chercher une respiration, c'est tout ce qui peut autoriser l'écrivain à demeurer au plus près d'elle, ainsi s'expliquerait la nécessité de l'alternance nouvelles-roman".

Les cris, (l'écrit) de Claire Castillon, (roman de la rentrée littéraire hiver 2010, paru aux Editions Fayard) c'est refuser que la moindre douleur soit l'organisatrice de l'émotion, (c'est nouveau, ça, "ou c'est un renouveau", et plein de fraîcheur, ce renversement) et l'utiliser (la douleur) à la construction positive d'un livre, je trouve, de mon point de vue de lecteur, que voilà quelque chose qui ressemble à une neuve montée en forme... anamorphose vers la vérité (...) ce qui ne veut pas dire fuir l'expérience de la douleur, car c'est en effet une douleur, de comprendre, soudainement, que l'homme avec qui vous vivez une relation-couple, l'inverse est idem, et de même sexe aussi bien, vous assène, et terriblement, et cela fait très mal, un jour comme un autre, vous assène " j'aime tout faire avec toi, mais je ne sais pas si je t'aime".

"Je ne sais pas si je t'aime", quelle douleur, mon dieu, dans un coeur si petit, (nous avons tous un coeur si petit) comme un coup d'épée, comme un meurtre, de ressentir que "Celui qui est aimé" ne tient pas la "promesse" de l'amour.

Ne tient rien d'autre que son jouir de l'autre.

É vivre l'échec, Claire Castillon nous dévoile que là pourrait bien se dissimuler, se tenir l'infernal, mais qu'à l'écrire, il est utile, car, au final, il risquera de nous mener vers une petite idée du...Spirituel; petite idée qui va son chemin, petite idée qui prend son envol et qui va s'inscrire, lentement, mais s?urement, dans la réalité, dans le réel, et que si ce n'est pas amusant, (cela peut l'être) c'est surtout vital... Vital pour renaître.

Je veux seulement dire qu'avec les Cris, de Claire Castillon, le lecteur (que je suis) lisant comme on marche longtemps sous la pluie, se lave, oui, se lave en connaissant clairement, si je puis dire, que la machine à laver est le magnifique mais délicat cerveau de la jeune femme, Claire Castillon, en train d'écrire...

Et le voilà lavé, dis-je, le lecteur, de pas mal de soupçons, pas de tous, évidemment, pas de tous, pour l'instant, mais d'autres livres vont venir à la vie...

...et Claire Castillon, de peaufiner la Chose...