Le flooding (dont j'ai découvert la notion récemment) et le trolling, auquel je suis confronté structurellement, comme tout blogueur, me semblent être les deux phénomènes les plus complexes et les plus riches dans l'expérience qui doit me conduire à mon projet de "Traité de savoir vivre". Si le mécanisme psycho-sociologique par lequel le troll réussit à détourner puis prendre le pouvoir est assez limpide, celui du flooding me semble plus obscur.

É l'origine, il s'agit d'une notion informatique, mais qui s'inscrit dans un cadre conflictuel, c'est presque un acte de guerre. Le flood consiste à noyer un adversaire sous une grande quantité d'informations ou de données inutiles. Le réseau visé dans cette action devient alors inutilisable, par saturation. Par extension, cette action d'inondation informatique a pris un sens plus large et on a vu apparaitre sur les forums et les blogs des floodeurs sachant flooder. Ce qui est très intéressant, c'est d'essayer de comprendre comment la saturation de signes finit par neutraliser le fonctionnement d'un réseau.

Le troll n'arrive jamais jusque là, car il est obligé, pour entretenir son détournement et sa prise de pouvoir, de garder "vivant" le fil qu'il est en train de parasiter. Dans ce but, il n'est pas en mesure de neutraliser le réseau, il est même souvent celui qui le réactive.

Le floodeur, lui, ne peut qu'aller jusqu'à la destruction complète par la saturation du sens. C'est ce dernier aspect qui me semble fascinant : comment fait-on pour saturer le sens dans un système ? Dans les années 70 c'était une question abstraite pour ceux qui observaient les structures de la société (Baudrillard) Aujourd'hui, sur le Net, c'est devenu une question tout à fait concrète et qui doit avoir des liens avec les mécanismes psychologiques (qu'il est facile d'observer) ou des processus peut-être propres au opérations neuro-biologiques du cerveau.