Le micro blogging a donc une rythmique différente de celle du récit. Il permet, par exemple, le témoignage, voir l'alerte par son instantanéité, se veut être un fil continu, une interrogation immédiate de l'autre (locuteur-interlocuteur), introduisant dans le blogging le concept de "lifestream" : (flux qui agrégent l'activité d'un individu et permettent de le suivre dans son quotidien numérique).

Son utilisation se place dans plusieurs dimensions temporelles :

- le temps de la programmation : le choix de ses "followers" et surtout de ceux que l'on "followe", de qui veut on se faire la "bouche d'écho".

- le temps d un contenu durable et structuré : la création de liste, les tags.

- le temps d un dialogue asynchrone : les fonctions "re-tweet" ou dialogue

- le temps réel qui est lié à la notion de statut.

- le temps de la trace qui correspond à celui d un fil de dialogue généralement inférieur à une journée.

- le temps long de la trace cultivée qui est celle d un flux communautaire actif sur un sujet.

Pour ces différentes utilisations du temps, les outils de micro blogging sont d'excellents outils de veille, particulièrement en terme de "digital curatoring", utilisé par les journalistes ou les marques,, qui ont une présence forte et managée sur les réseaux sociaux. Les outils de micro-blogging permettent en des temps courts de créer une communication many-to-many et de mieux saisir la granularité de l'information.

Ce format court nécessite une syntaxe qui lui est propre :

- @pseudo pour écrire directement publiquement.

- d pseudo pour écrire à un pseudo en privé.

- RT pour diffuser à des followers en indiquant sa source.

-# tag : permet de créer des flux, des alertes.

La capacité de diffusion de l'information peut s'évaluer ainsi : un Rtwitt par 5 personnes ayant chacune 500 followers, envoie donc sur la toile 7.500 signaux à partir d'un seul envoi initial.

Le format court a entrainé le développement d'outils connexes tels que l'affichage d' URL réduits (ex : bit.ly) où le seul fait que le lien émane des prescripteurs de l'utilisateur et sa participation à une "bouche d'écho" lui font consulter des liens à l'aveugle. Il s'agit en fait d'un outil paradigmatique d'une sorte de sérendipité primitive.

D'autres services connexes ont été développés pour Twitter dans le but de reconstruire du sens dans le récit : des groupes (twittergroup) des indices de popularité, des sujets d'acutalité, des tweetag, des twitpics (photo à partager), de la géolocalisation (brightkite), des annuaires de professionnels (Brands that twitt) .

Même si la pratique du micro-blogging n'a pas cannibalisé celle du blogging, elle permet un éclairage plus en prise avec le quotidien de la personnalité d'un bloggeur, le flux d'information continu réduit considérablement le niveau d'attention des followers qui sont l'obsession addictive de tout bon bloggeur, un peu comme celle de l'audimat à la télévision.

Cette activité chronophage de personnal branding repose sur l'importance du statut et la règle implicite du web des 2 /10 c'est-à-dire 2 actifs pour 10 followers. Son succès repose sur l'impression de contrôle total de ses publications. Mais elle demande un investissement minimum de temps et de recherche, pour procurer des liens directs vers des objets média pertinents. Or selon une étude HIIT, les messages sont relativement ennuyeux, utilisant majoritairement des termes comme « travail » « maison » « boulot » « déjeuner ». Il s'agit donc toujours et encore d'un travail d'e-reputation.