Liée à la notion d'extime, l'identité numérique est une problématique de construction et de contrôle. La cyber-identité est avant tout appréciée par autrui via : la self-presentation, les traces numériques qualitatives et collaboratives, le statut et la e-réputation. Toutes les données relatives à une personne, même celles qui paraissent privées, comme l'historique de navigation, sont traçables. Toutes les informations que postées sur les profils, les posts, les traces de navigation constituent une identité numérique et peuvent permettre à un employeur, par exemple, de les utiliser pour mieux connaitre ses emplyés.

Il est donc nécessaire d'être vigilant dans la construction de cette identité (photos désobligeantes ou posts embarassants) et de tenir compte de l'évolution que l'on souhaite pour le futur. Toutes les traces laissées sur l'Internet, même celles qu'on pensait enfouies, comme dans des souvenirs effacés, peuvent être déterrées. Il existe même actuellement des entreprises spécialisées dans la gestion des profils et qui sont utilisées pour effacer les traces numériques (photo avec le bikini sur la tête datant de 1998 par exemple) .

Devant la prolifération des données personnelles, la gestion de l'identité sera d'autant plus pertinente qu'elle suivra les motivations de la présence sur la toile : mieux communiquer, céder à son narcissisme, ou capitaliser socialement. Des concepts tels que ceux de dataportability pourraient à terme assurer une permanence et une cohérence des informations personnelles.

Juridiquement, malgré les propositions de loi en ce sens, et le travail de la CNIL, l'identité numérique est un vide juridique et relève pénalement de la seule usurpation d'identité, dans le cadre d'un acte authentique ou dans un document administratif destiné à une autorité publique.

Les étapes de la vie « numérique » sur le Net peuvent se décliner en de nouvelles obligations ou tendances :

- Savoir s'informer via des RSS, des blogs, puis prendre la parole, puis intégrer des communautés actives.

- Vient ensuite la construction d' « un personal branding » qui consiste à manager son unicité, gérer son identité numérique nécessairement plus fluctuante que la réalité et entretenir sa notoriété. Il faut donc construire de la confiance, avec cohérence entre son identité numérique et ses followers.

- Certains pourtant choisissent de blogguer anonymement et ce pour plusieurs raisons non nécessairement concomittantes :
- Un contenu polémique qui nécessite une attention particulière du fait de la capacite de référencement et de mnémonique des moteurs de recherche.
- L'incompatibilité avec son statut , incitant à la discrétion.
- La timidité.
- La chronophagie.
- Ou le plaisir, avec ce que l'on appelle l'effet super-héros.



De la tension entre le réel et ce que l'on projette nait la simulation de soi, jouant sur les 5 composantes de celui-ci :

le soi matériel,
le soi personnel,
le soi adaptatif,
le soi social
et le soi non-soi.

Si l'on devait shématiser l'identité numérique, elle serait flottante sur des axes tels que l'identité civile, l'identité agissante, l'identité narrative et l'identité virtuelle.

Plusieurs formes de gestion de son identité apparaissent donc que l'on peut catégoriser ainsi ( en notant l'outil qui leur permet cette forme d'identité, sachant qu'elles sont cumulatives sur le web et non cannibalisantes), pour rendre la notion de mise en lumière de son identité :

- Le paravent : les utilisateurs sont visibles aux autres seulement à travers un moteur de recherche qui fonctionne sur des critères objectifs, ils restent cachés derrière des catégories qui les décrivent et ne se dévoilent qu'au cas par cas, en vérifiant les affinités dans le monde réel . L'exemple type en est Meetic

- Le clair-obscur : les utilisateurs rendent visibles leur intimité, leur quotidien, leur vie sociale mais ne s'adressent qu'à un réseau social de proches. L'exemple en est Frienster ou Skyblog.

- Le Phare : les utilisateurs rendent visibles certains traits de leur identité, go?ts, productions, accessibles à tous. Ils rencontrent une audience et en ont même une quête délibérée. L'exemple en est Flickr, Linkedin.

- Le Post-it : les utilisateurs rendent visible leur disponibilité, leur présence, multiplient les indices contextuels, mais avec un accès permis à un cercle relationnel restreint . L'exemple type en est Twitter ou Peuplade.

- La Lanterna Magica : l'utilisateur découple son identité réelle et sur la base d'un avatar personnalisé se crée un personnage. L'exemple est Second Life ou les jeux en ligne type World of Warcraft.

Mais avant tout, le point central de l'identité sur le web est d'être un utilisateur, un user, une mesure de référence d'audience, qui utilise des applications, plateformes, logiciels etc, sans en avoir, souvent, la maîtrise technique.