La question que nous avons soulevée à partir de l'expérience de l'anti-édition de Marc-Edouard Nabe au cours de notre entretien du 24 février publié dans La Revue Littéraire N? 44 de mars 2010, est en train de devenir à la mode. Ainsi Pierre Assouline l'évoque dans un billet du 19 mars : Ce qui ne va plus entre auteurs et éditeurs. Même Wrath, dans son billet du 20 mars, (une fois nest pas coutume) assez mesuré et intéressant : En quoi mon blog fait-il avancer les choses?.

La différence, avec Nabe, c'est que lorsqu'il évoque, lui, "le milieu hostile de l'édition", il sait de quoi il parle; c'est, pour lui, une chose bien réelle; ce qu'il en dit, c'est tout simplement la vérité, ce qu'il décrit, c'est ce qu'il a vécu, et ce qu'il fait, aujourd'hui, concrètement, avec l'anti-édition,c' est, pour le moment, la seule action véritable qui nous sort des bavardages, des ragots, des diffamations et nous permet d'aborder les enjeux réels.

Ce qui permet à Nabe de soulever cette question concrètement, (si on met de côté son profil particulier et son histoire personnelle), c'est la possibilité "technique" de vendre et de distribuer 3.000 ouvrages à 28 â?¬ en quelques semaines à partir de son propre site de vente. Ce qui le permet, condition nécessaire, même si elle n'est pas suffisante, c'est l'avènement de l'Internet comme instrument de distribution (concurrent des circuits classiques de la distribution), et c'est, en tout cas suffisant, pour qu'on s'interroge sérieusement sur le phénomène, ce que nous essayons de faire ici, depuis un bon moment.