L'ordinateur et particulièrement le blog, permet l'écriture fugitive, la vérité de l'instant, alors que le post est pratiquement indestructible mémoriellement sur internet.  Chacun se voudra donc l »architecte électronique de sa propre existence » ( Graham Woodroff), en tenant  compte de la périodicité instantanée et illimitée ainsi que de la dissémination virtuelle mondiale et de l'éventuelle interactivité.

Mais qu'est ce qui est vraiment intime dans un blog ? On pourrait dire que le privé est ce qui nous appartient alors que l'intime est ce qui nous concerne.  Arraché à la contrainte normative de la tradition et sa conceptualisation en termes de vie privée, l'intime a pour caractéristique première un lien avec le concept d'authenticité. Il désigne l'existence d'un lien entre le sujet et sa vérité. Or sur un blog la transparence donnée en spectacle remplace l'authenticité d'un échange intime.

L'intime et le public partagent des structures et des normes communes qui les distinguent ensemble du privé et qui permettent les ponts qu'on voit dans les blogs. C'est ce que Giddens a appelé la démocratisation de l'intime.  Cette démocratisation de l'intime a pour conséquence un accès à ce que l'on appelle la « démocratie sensible «  c'est-à-dire les sentiments et la vulnérabilité qui protège contre l'intrusion du privé ou du social dans les identités ou les interactions humains.  Le blog n'est donc que l'apogée d'une tendance lourde de dissolution générale de l'intime dans une rationalité stratégique ( l'exemple en est le stoytelling politique ).

Comme l'a posé Philippe LEJEUNE : « L a question pourrait donc être : sur internet le moi est il un personnage virtuel . Et la réponse : ne l'est il pas toujours ? seule la manière change «