Au moment où un deuxième numéro spécial de La Revue Littéraire est consacré aux M@nuscrits (N?44 mars 2010). Le premier, paru l'année dernière, (N?38 de février 2009) avait été suivi de plusieurs publications dans la collection M@nuscrits des ELS. Huit livres ont été publiés dans cette collection, un neuvième paraîtra en avril 2010, et cinq ou six autres devraient suivre d'ici la fin de l'année. (Deux auteurs de M@nuscrits seront par ailleurs publiés pour leur deuxième livre dans d'autres collections des ELS. M@nuscrits est en train de trouver son "régime de croisière" du côté de la rétro-publication et de sa version papier.

Du côté du numérique, un certain nombre d'opérations ont été menées à bien. Il y a d'abord eu le transfert (ou la suppression) de tous les fichiers de la première génération de M@nuscrits, (dite Alpha), dans l'interface entièrement automatisée (dite Beta). Aujourd'hui, tout le monde peut mettre en ligne le texte qu'il veut, le corriger, le modifier, le retirer sans avoir à passer par nous. M@nuscrits est désormais devenu un hébergeur de textes auto-publiés. Il y en a actuellement 610 en ligne pour 203 auteurs. Le principe de liberté absolue pour les auteurs fait qu'il y a un peu de tout n'importe comment. Si, sur cette page, vous cliquez sur "Les auteurs" ou sur "Les M@nuscrits" vous trouvez des textes de 1, 10 ou 100 pages, des auteurs avec 1, 10, 20 M@nuscrits.

Ne faudrait-il pas que la communauté des 200 auteurs se fixe des règles sur le minimum et le maximum approximatifs de ce qui devrait être mis en ligne? Je peux, là dessus donner mon point de vue, à la lumière de la première phase de l'expérience. Je pense que la taille "optimum" d'un M@nuscrit est d'une centaine de pages (entre la nouvelle et le roman, sauf s'il s'agit d'un recueil de nouvelles.) Pusieurs arguments vont dans ce sens tels que la capacité technique de mise en ligne, la capacité humaine de lecture en ligne, les conditions économiques et pratique de l'édition papier.

Ayant libéré le premier espace de M@nuscrits (Alpha) nous avons pu le dédier à l'édition numérique de M@nuscrits déjà maquettés, sous le label des ELS. Dans cet espace, où ne figurent, pour le moment, que deux textes (Jean-Clet Martin et Arthur Morneplaine, on a la possibilité de lire en ligne des fichiers de textes mis en pages comme des livres papier. Nous pouvons le développer ensemble : en améliorant la qualité de la présentation et du simulacre de vrai livre, en réalisant les maquettes de textes qui sont prêts à être édités, en donnant des conseils aux auteurs qui souhaitent réaliser eux même ou avec des amis leur travail éditorial et leur maquette. La collection M@nuscrits numérique des ELS pourrait ainsi devenir le centre de gravité de l'expérience et déboucher sur les textes, en édition numérique, qu'on pourra un jour acheter en ligne, ou sur des textes papier qu'on peut acheter en librairie.

Il me semble que si le Comité de Lecture Elargi se constitue à partir du Blog-M@n, ses premières décisions pourraient porter sur la publication dans cet espace de certains textes qu'il aura choisi et dont nous pourrons discuter entre le CLE et les ELS. Il pourrait y avoir, chaque semaine, sur le Blog-M@n, 1) les M@nuscrits de la semaine. 2) Les M@nuscrits sélectionnés par le CLE pour publication numérique. Pour cela, il faut que le CLE se constitue à partir de la communauté M@n selon des règles qui lui seraient propres, mettre en oeuvre des "cooptations", probablement définir une hiérarchie, une répartition des fonctions et une définition claire de ce qui permet de devenir E (Editeur) en plus de A,C, ou R, il faudra aussi, sans doute, désigner une personne pour rédiger cette liste hebdomadaire, qui peut être permanente ou changer chaque semaine. Le CLE peut assumer des fonctions d'édition : travail éditorial sur le texte, mise en page, maquette, corrections etc... Nous nous rapprocherions, dès lors, de ce que j'ai annoncé dans ma petite "présentation de l'éditeur" en préface de la Collection M@nuscrits des ELS.