De courts récits, parfois naïfs et tendres, d'autres fois cruels, violents ou choquants, qui peuvent se lire sans aucun ordre particulier : les traces entrecroisées de simples moments humains particuliers. Les personnages qui reviennent le plus souvent sont ceux qui composent la famille Erwaal : Jens Erwaal, architecte naval et ancien officier, son épouse Winka Erwaal et leurs deux jeunes garçons Wems et Serg. La famille Erwaal vit dans l'État du Skeerwan (Confédération d'Ostwand), vers le milieu du XXe siècle. La Confédération d'Ostwand est un État totalitaire, violent et raciste.
Ces récits retracent un univers global et cohérent, où l'enfance et l'adolescence, le sexe, la beauté, les ch?timents corporels, la culpabilité, la guerre, la violence, la mort, le meurtre, la vie en internat scolaire, l'amour et la famille, les destins croisés forment un réseau d'obsessions qui constitue peu à peu une réalité à part entière, autonome, fascinante. Chaque texte évoque des moments précis de cette réalité, séparés par plusieurs années, plusieurs mois, parfois quelques jours voire quelques heures seulement.

L'auteur qui se cache derrière le pseudonyme d'Éric Meije publie ici pour la première fois.

Extrait

En sortant de ce collège vous étiez un jeune homme de grande valeur aux yeux de tous en Ostwand, bien plus qu'un étudiant : un aspirant-officier. Vous étiez ce que vous aviez toujours voulu devenir, et surtout pas l'un de ces garçons efféminés, futurs pédérastes, intellectuels pervertis ou contestataires. Le sort qui attendait sans nul doute tous ces garçons de la côte ouest parce qu'ils n'avaient jamais connu de vraie discipline. Les parents le rappelaient souvent, donc ce devait être vrai : on leur faisait la vie bien trop facile dans des collèges médiocres. Au fond, malgré tout, vous aviez une sacrée chance d'être garçon en Ostwand et d'y recevoir cette éducation à la vaillance, à l'obéissance et à la loyauté. Toute cette force placée en vous, ce go?t du combat à mort, cela servirait forcément un jour. Et vous attendiez ce jour. ("Courage", p. 172.)