É travers l'étude, dans l'?uvre aussi bien romanesque que poétique de Michel Houellebecq, de thèmes tels que le moralisme, la dépression, l'ironie, le désir du vide, la libération sexuelle, les schémas de la récompense, le messianisme technique, les utopies post-religieuses ou encore la vie éternelle, Aurélien Bellanger pose la thèse d'un Houellebecq romantique, dans la lignée d'un Baudelaire ou d'un Novalis.
Cet essai, à la fois très précis et de lecture très aisée, est aussi l'occasion de rendre hommage à l'un des écrivains français les plus visionnaires de notre époque.

Aurélien Bellanger est libraire et doctorant en philosophie. Ses recherches portent sur la métaphysique des mondes possibles. Cet essai est son premier livre.

Extrait (Introduction)

J'habitais alors en bordure d'une ville moyenne. Ma fenêtre donnait sur une vallée artificielle dont les arbres laissaient passer les lumières d'un parc commercial. C'était très beau, très triste, et un peu menaçant. Tard dans la nuit, entre trois et cinq heures, le bruit du périphérique s'espaçait ; je pouvais entendre chaque camion qui passait, sur un arc d'environ dix kilomètres. Parfois un bruit de dérapage m'obligeait à attendre le secours ambigu des sirènes. Je n'étais pas en sécurité dans ce monde.
J'avais 19 ans et j'étais en cristal.
En entendant Houellebecq, j'ai compris aussitôt qu'une révolution littéraire avait eu lieu. Je sentais que la littérature avait repris son avance sur le monde, et qu'il n'y avait pas de meilleure nouvelle.
Ce livre tentera de justifier ce sentiment.
Il essaiera aussi de montrer à quel point l'?uvre littéraire de Houellebecq est cohérente.