Yvonne Baby et Orson Welles

Qui est Yvonne Baby ?

Yvonne Baby a toujours vécu parmi des intellectuels et des artistes. Ses parents ont été politiquement engagés, antifascistes et résistants. Son père, Jean Baby, professeur d'histoire, a donné, dans les années de l'après-guerre, des cours de marxisme et d'économie politique à l'Institut des Sciences Politiques. Son beau-père, Georges Sadoul, a appartenu au mouvement surréaliste et il est l'auteur de l'Histoire Générale du Cinéma. Elle a deux fils musiciens.

Yvonne Baby entre, en 1957, au journal Le Monde où elle deviendra critique de cinéma (au Festival de Cannes 1983, elle a été la vice-présidente du jury auprès de William Styron, président). En 1970, Jacques Fauvet, le directeur du Monde, lui confie la création du service culturel qu'elle dirige jusqu'en 1986.

Romancière, Yvonne Baby a écrit notamment Oui, l'espoir (Prix Interallié 1967), Kilroy (1980), La Vie retrouvée (1992), puis, dans la collection l'Arpenteur, aux Éditions Gallimard, Gris Paradis (2003), La Femme du mur (2004) et, en avril 2008, Quinze hommes splendides.

Questionnaire de Marcel Proust

Le principal trait de mon caractère
L'innocence

La qualité que je désire chez un homme
La persévérance

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
La fidélité

Mon principal défaut
La gentillesse

Mon occupation préférée
Écrire

Mon rêve de bonheur
Pouvoir continuer à écrire

Quel serait mon plus grand malheur
La mort de mes proches

Ce que je voudrais être
Ce que je suis, en mieux

Le pays où je désirerais vivre
Paris

La couleur que je préfère
Le bleu profond

La fleur que j'aime
La pivoine

L'oiseau que je préfère
Le merle chanteur

'Mes auteurs favoris en prose
Stendhal, Faulkner, Scott Fitzgerald, Thomas Bernhard, J.JM, Coetzee

Mes poètes préférés
René Char, Paul Celan, Giuseppe Ungaretti, Marina Tsvetaeva, Anra Akhmatova, Vladimir Maïakovski

Mes héros favoris dans la fiction
Le prince André (La Guerre et la Paix) et le prince Mychkine (L'Idiot) chez Tolstoï. Simon (Les enfants Tanner ' Robert Walser), Gatsby (Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald) et Hamlet

Mes héroïnes favorites dans la fiction
Anna Karénine, Phoebe (L'embranchement de Mugby ' Charles Dickens), Bérénice

Mes compositeurs préférés
Bach, Mozart, Haydn, Beethoven, Mendelssohn, Debussy, Keith Jarrett, Théolonious Monk

Mes peintres favoris
Picasso, Bonnard, Braque, Malévitch, Rembrandt, Piero della Fancesca

Mes héros dans la vie réelle
Charles de Gaulle, Charlie Chaplin, Gleen Gould, Antonio Gramsci

Mes héroïnes dans l'Histoire
Simone Weil, Geneviève Antonioz-de Gaulle, Martha Gellhorn

Mes noms favoris
Claire, Nicolas, Olivier, Jean, Rébecca, Louise, Anna et Augustin

Ce que je déteste par dessus tout
La trahison

Caractères que je méprise le plus
Les délateurs et les vaniteux

Le fait militaire que j'estime le plus
La Résistance

La réforme que j'admire le plus
Le vote des femmes

Le don de la nature que je voudrais avoir
Avoir 20 ans de moins

Comment j'aimerais mourir
A cent ans, en bonne santé

Etat présent de mon esprit
Inquiet, avec curiosité

Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence
Le retard, le mensonge

Ma devise
Hélas ! Donc, en avant !

L'auteur parle de son livre

Mon premier roman avait pour titre Oui, l'espoir, et après toutes ces années, je découvre ses liens avec Le Troisième ciel. Il s'agit d'espoir, à nouveau, de cet espoir qui est un « devoir du sentiment » dit Pessoa.
Un espoir, né de ma propre expérience. Expérience de la guerre et de toutes ses conséquences, ce qui m'amène à penser aujourd'hui : la guerre est mon premier maître. J'étais une enfant, et cette époque a touché et meurtri mes proches : ma mère était juive, polonaise, elle a émigré et elle est devenue française par mariage, mais les siens mourront pendant l'insurrection du ghetto de Varsovie. Mon père était un historien marxiste, engagé politiquement, tous les deux seront des résistants.
Dans ma famille, comme dans ce roman, on rêve, on résiste, on vit de sentiments et d'utopie, on écoute de la musique ou on en fait, on lit, on partage, on écrit. Ainsi j'écris, imprégnée de ce qui a constitué mon histoire au sein de l'Histoire, avec, en tête, qu'il n'y a pas de mémoire sans passé.
Deux couples vont s'aimer dans Le Troisième ciel. Sonia et Augustin, qui auront vécu des temps malheureux jusqu'à leur rencontre après de grandes souffrances. Et jusqu'à ce que Sonia, dans un élan personnel et mystérieux, écrive La Seconde lumière, un conte survivant, dit-elle, parce qu'il se passe dans un Lager ' un camp de concentration et d'extermination. Là-bas, une très jeune fille, Anna, survit gr?ce à sa jeunesse, à sa beauté, à la protection secrète et inattendue d'un Allemand. Gr?ce surtout à son amour pour Jozef, un très jeune homme, son voisin dans le train qui va les déporter. L'amour qui les unit me rappelle ce qu'écrit Shakespeare dans Coriolan : Celui qui doit aime, aime à première vue. Mais sans l'amour d'Augustin, sans l'espoir d'Augustin, Sonia n'aurait pas pu écrire La Seconde lumière, un acte d'espérance, un acte de foi.
Quand j'étais jeune, nous nous disions avec mes amis : le roman, c'est le sentiment. Je le crois de plus en plus, et ce roman, une fiction pure, nourrie, bien s?ur, de tout ce que j'ai senti, appris, vécu, ce roman raconte dans le mouvement musical des vingt-quatre préludes et fugues de Bach, comment l'emporte le sentiment. Comment l'amour est capable de surmonter les pires malheurs et les pires barbaries.
Au bout du compte, la force de l'espoir, c'est la force de l'émotion, c'est, si je puis dire, la santé, la morale, la culture de l'amour. Une force, des forces qui ont à voir avec Le Troisième ciel : « où se meut l'esprit » dit Dante dans Le Paradis, avec le ciel dont Jean Genet a écrit qu'il est la plus haute région de nous-mêmes.

Ses autres livres :