Sur le site de Psychologies.com la question de l'impact des images crues sur les jeunes est posée à Sarah Stern, auteure aux ELS des remarquables Chroniques d'un adultère. Cet impact, souvent présenté comme allant de soi, n'est pas démontré.

L'exposition des photographies de l'artiste américain Larry Clark au musée d'Art moderne de la ville de Paris (jusqu'au 2 janvier 2010) a été interdite aux mineurs. En cause : des clichés montrant des adolescents en pleins ébats sexuels. La pédopsychiatre Sarah Stern, auteure de Chroniques d'un adultère (Éditions Léo Scheer, 2010), revient sur l'effet des images ouvertement sexuelles sur les ados.

Propos recueillis par Hélène Devinck

Psychologies : Quel impact les images pornographiques peuvent-elles avoir sur la sexualité d'un adolescent ?

Sarah Stern : La plupart des ados regardent des films porno. É l'?ge de 14 ans, 85 % des garçons et 65 % des filles en ont déjà vu. Mais aucune étude n'a été en mesure de définir l'effet de ces images sur les jeunes. Les prises de positions idéologiques remplacent les constats scientifiques.

Dans ma pratique clinique, je constate que l'impact des images crues dépend de l'environnement. Elles sont perturbantes pour les jeunes isolés et élevés dans des milieux très prudes, parce qu'ils ne sont pas informés sur le sexe. Les autres ont conscience de l'aspect réducteur et du décalage avec la réalité de la vie sentimentale et sexuelle.

Psychologies : Pourquoi la sexualité adolescente nous fascine-t-elle autant ?

Sarah Stern : La sexualité adolescente est mythifiée parce qu'il y a des fantasmes autour de la première expérience, de la virginité. L'adolescent serait sans inhibition, innocent et plein de libido. Il incarnerait une sorte de sexualité « naturelle » qui, bien entendu, n'existe pas.