H.B. c'est Hugo Brown, il a lu le dernier N.R.

Entre religion, mysticisme, science et romance, ce livre est un des plus réussis de l'écrivain.

Tout avait commencé pour elle au Jardin des Oliviers, à Jérusalem, par une révélation mystique en forme de coup de foudre amoureux. Celui qui lui apparut était-il un homme ou un ange ? Cette question ne la quitta plus et devint une obsession. Elle devait le retrouver et le suivre. Cette quête la mena jusqu'à un ancien cloître, dans les environs d'Albi, où s'étaient installée une confrérie qui recueillait des enfants autistes. Celui qu'elle avait aperçu était bien là, mais il se dérobait. Parviendrait-elle à le rencontrer ? S'y trouvait également un couple venu des États-Unis, dont l'homme était un des principaux chercheurs sur le fonctionnement du cerveau. Sa femme l'assistait dans ses travaux. Ils étaient venus étudier les enfants autistes. Pourraient-ils l'aider à retrouver celui qu'elle cherchait et à comprendre la nature étrange de l'émotion qui l'avait conduite jusque-là ? S'agissait-il d'anges ou de démons ? Était-ce Dieu, était-ce le Christ qui la guidaient ?

A l'origine de ce nouveau roman, Nathalie Rheims explique qu'elle a d'abord créé le personnage du danseur, l'apparition qui bouleverse la narratrice. C'est en assistant aux concerts de son amie M. F. qu'elle ressent un choc en voyant la vidéo d'Alain Escalle qui accompagne la chanson Point de suture. Elle en témoigne : "On y voyait deux danseurs, et j'ai eu un coup de foudre pour l'un d'entre eux. C'était irrationnel. J'y ai vu un signe, comme si un ange descendait du ciel sur ces mots 'Et sur les blessures / Point de suture'. Ce danseur, peint en doré, est devenu le personnage de mon roman. D'ailleurs, elle emprunte une phrase de Point de suture dans son livre, quand la narratrice ressent un émoi très fort en voyant une vidéo du fameux danseur : "Mon sang chavire et tangue".

Nathalie Rheims aime les récits qui mélangent son ?me d'amoureuse et les mystères ésotériques. Que ce soit dans Le chemin des sortilèges ou L'ombre des Autres, elle décline ses obsessions romantiques et spirituelles, offrant aussi des témoignages autobiographiques comme Claude, hommage et lettre d'amour à Claude Berri dont elle fut la dernière compagne. Dans Car ceci est mon sang, l'auteur se crée une narratrice qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Cette femme tombe amoureuse d'une apparition sur le mont des Oliviers à Jérusalem. Cette apparition n'est pas un fantasme mais existe réellement et se prénomme Damien. Il est danseur et comédien, et s'occupe aussi d'enfants autistes dans un monastère près d'Albi, dernier bastion de la foi cathare. C'est dans cette communauté que tout va se jouer. Un couple de scientifiques américains sont venus s'installer pour des recherches révolutionnaires sur le cerveau. Deux journalistes que connaît la narratrice enquêtent sur ce scientifique qui va se retrouver face à un choix terrible, face à la mort. Et l'idylle entre l'héroïne et Damien verra-t-elle le jour ?

Avec ce nouveau livre, Nathalie Rheims offre un récit court et dense qui sonne comme une étape dans son deuil. Les morts, les "absents", ont toujours une grande importance dans son ?uvre, mais ici, il semble que l'écrivain se résume à cette phrase du roman : "Mon ?me est saisie de tristesse jusqu'à la mort". Thriller ésotérique et amoureux, Car ceci est mon sang se lit d'une traite, tant il saisit par sa vivacité et sa gr?ce.







...HB...