Dans Télérama, cette semaine, nous avons le très grand plaisir d'avoir un article consacré à l'un des livres que nous publions.(1)

La touche Bessette.

Rencontrée, égarée, retrouvée...

La postérité - comme, de son vivant, la notoriété - d'Hélène Bessette (1918-2000) est changeante, mais cette auteur qui écrivit l'essentiel de son oeuvre dans les années 1950 et 1960 ne fut jamais totalement oubliée, suscitant l'admiration de plusieurs générations de lecteurs, aussi peu nombreux que fervents - ces « happy few » si chers à Stendhal.

Ce furent d'abord Leiris, Queneau, Paulhan, Arland, Sarraute, plus tard Duras qui voyait en elle, et elle seule, « la littérature vivante » de notre temps.

Depuis 2006, c'est dans une collection dédiée à la littérature la plus contemporaine, que dirige Laure Limongi chez Léo Scheer, qu'à titre posthume Hélène Bessette a trouvé refuge.

Patiemment rééditée, et nullement déplacée parmi ces plumes d'aujourd'hui, tant sa propre prose acérée et poétique n'est en rien obsolète ou datée. Au contraire.

En témoigne, après Le Bonheur de la nuit (2006) et Suite suisse (2008), ce N'avez-vous pas froid, roman du désamour, qui s'offre à lire sous forme d'une série de lettres adressées par un homme à la femme avec laquelle il est en train de rompre. D'elle on ne saura rien, si ce n'est son prénom, Dora, et les pensées que lui prête l'homme qui écrit - l'époux, maladroit, insidieux, perdu, égoïste, insultant, retors, tiraillé entre un nouvel amour et celui-ci, déjà défait.

Le tableau, sans décor ni figures, sans échappatoire, est infiniment cruel, saisissant d'?preté et de justesse.

Nathalie Crom, le 12 janvier 2011

(1) Il convient de signaler que la post-face de ce livre est signée Maylis de Kerangal, Prix Médicis 2010 et de préciser que les précédents titres de Bessette que LaureLi a publié sont :

- Le bonheur de la nuit.

- maternA.

- Suite Suisse.

- Ida ou le délire.

- La tour.

- Ainsi qu'une remarquable biographie d'Hélène Bessette par julien Doussinault, publiée aux ELS.