Si vous avez de 27 à 87 ans, bienvenue à Schnock, cette revue est pour vous. Elle a pour mission d'explorer la culture populaire, au sens le plus large et d'en faire revivre aussi bien les ?uvres les plus respectables (mais parfois oubliées) que les personnages les plus iconoclastes.

Pourquoi lancer pareille entreprise, à l'orée des années 2010'? Parce qu'on se sent tous un peu «schnock» sur les bords par moments. On a beau être ce fringant vingtenaire biberonné aux références de ses (grands'?) parents, ce quarantenaire soucieux de compléter ses souvenirs des années Bowie ou Raymond Barre ou encore ce baby-boomer décidé à se replonger une fois de plus dans sa folle jeunesse, une chose nous unit': l'envie d'échapper à l'hystérie de l'époque en faisant un pas de côté, histoire de revisiter le passé en prenant son temps. Sans être ni réactionnaires, ni rétrogrades (l'invention de la roue ET de l'Ipod furent de grandes avancées pour l'Humanité, nous l'admettons volontiers).

Avouons-le d'emblée : Nous aimons les «Schnocks». Nous discuterons donc longuement avec ces figures d'un autre temps': forts en gueule, élégants débraillés, r?leurs en boucle, maltraitant la bienséance et une certaine idée du «bon go?t», s'affranchissant des modes et de l'air du temps. Ce sont, à un moment où nous-mêmes commençons à subir les ravages du temps et à cultiver avec délice une certaine morgue à l'encontre des générations qui nous succèdent, nos «'résistants'» à nousâ?¦ A leur contact nous apprendrons à être «'dignified & old » comme le chantait Jonathan Richman en 1972 (19quoi ?). Et verrons s'il est possible ou non de tourner le dos au jeunisme qui nous entoure, sans devenir des vieux câ?¦ pour autant.

Christophe Ernault & Laurence Rémila, mai 2011.