FICHE DE PRÉSENTATION

POUR LES LIBRAIRES

DOMINIQUE DUPART

PREMIER ROMAN

Titre: Myrha Tonic

Date de sortie: 7 septembre 2011

16,50 euros

142 pages

Collection Laureli

Avec ce premier roman percutant, Dominique Dupart raconte l'épopée de deux quartiers populaires du nord-est parisien : Ch?teau-Rouge ' près de Barbès, dans le XVIIIe arrondissement ' et le quartier des Orgues ' dans le XIXe arrondissement, près de Stalingrad à travers le regard et le parcours d'une jeune femme passionnée. Son héroïne étudiante se fraye un chemin dans ce Paris loin des clichés véhiculés par les syndicats d'initiative. Ici point de baguette de pain sous le bras, de béret ni d'accordéon, mais des kebabs pas cher, des cailloux de crack, des mariages blancs, des bagarres sanglantes, des deals en tous genres, des marchandises tombées du camion, de la drogue, de la prostitution... le tout rythmé par des descentes de police.
Pourtant, aucun misérabilisme ni voyeurisme. Un regard presque amoureux ' car il est aussi question d'amour dans Myrha Tonic ' dépeint ces quartiers à la mauvaise réputation et suit la ligne grise du métro aérien qui les relie, détaille les balafres et blessures de ses habitants, raconte leurs vies chaotiques. Dans ce roman d'initiation, les princes charmants s'appellent Choucri ou Barbaross ; la ville lumière est tissée de rues sombres ; la question politique est omniprésente.
Comme un Pierre Guyotat en son temps, Dominique Dupart invente une langue fière de ses métissages en se confrontant à la sonorité des mots. Elle en cisèle la matière dans un récit parfois diffracté dans lequel on se perd avec délice pour mieux jouir de Paris métamorphosé en paysage musical : car l'héroïne fuit aussi le blues des boulevards. Elle quitte la rue Myrha pour New York où elle découvre le Tonic, le célèbre club de jazz d'avant-garde situé dans Norfolk street (Lower east side) ayant notamment fait connaître le musicien John Zorn. Le Tonic, Archery,un album bruitiste des années 80, les albums Masada de John Zorn font résonner le Paris de l'auteur. Ils font entendre, de façon inédite, la partition identitaire qui se joue dans la ville lumière. Quand les batailles sanglantes des quartiers maudits deviennent des concerts rares, précieux.

DOMINIQUE DUPART signe avec Myrha Tonic son premier roman. Elle enseigne la littérature française à l'université de Lille III et vit entre Lille et Paris. Par ailleurs, elle écrit pour la revue Vacarme et le site fabula.org ; elle est membre du comité de rédaction des revues Vacarme et Écrire l'histoire.

EXTRAIT:

...Myrha Myrha. Des crèmes dans les vitrines. Des viandes dans les boucheries. Des bananes orange, noires, vertes. Elles patientent. Des tilapias. Des chinchards. Deux silhouettes contournent les at- troupements dans Suez, dans Panama. Les grappes sont serrées, concentrées contre les murs. Cravates. Ceintures. Montres. Parfums. Les maïs chauds destinés à la vente s'empilent dans de grands sacs-poubelle. Tout le monde est prêt à fuir, par commodité. Tout le monde fuit régulièrement. Entre deux mosquées, Myrha et Poissonniers, une église évangélique noire, une synagogue fermée. Eslem N'ioumré Djerba. Un restaurant de cuisine africaine. Des cantines arabes. Les brochettes y sont rangées dans des réfrigérateurs à vitres transparentes. Rue des Gardes. L'ancien Mont de Piété. Les livres vendus dans les épiceries arabes sont des livres sacrés. Les deux silhouettes descendent Léon. Elles s'écartent l'une de l'autre et entrent Chez Éphèse. Dans le restaurant, le garçon fait un geste à la fille. La fille s'assoit à une table.
Dans le fond du restaurant, un morceau de silhouette mouvante palpite. Un morceau d'homme, tronçonné à la nuque, au bassin, découpé par le passage des plats, tourne et se retourne dans une forge minuscule. L'homme souffle sur une poêle fumante, tendue à l'extrémité d'un bras de couleur noire. Son bras remue, touille la nourriture. Des éclairs de rose, sa main entrouverte, passent aussi l'ouverture. Quand la porte glisse en avant et en arrière, et laisse le passage à un serveur armé de plats vides, d'assiettes sales, la silhouette recule. Le garçon disparaît dans la forge de l'homme noir. Une assiette pleine est posée sur la table. La fille feuillette un prospectus de Fret cargo pour l'Afrique. Une buée parfumée, chaude monte. Elle attend.