FICHE DE PRÉSENTATION

POUR LES LIBRAIRES

EMMANUEL RABU

Titre: Futur fleuve

Date sortie: 28 septembre 2011

Prix de vente provisoire:

160 pages

Collection Laureli

Une catastrophe nucléaire d'ampleur mondiale a lieu. L'humanité oublie ses prétentions pour être condamnée à la survie. Un groupe de personne décide de quitter leur ville détruite à la recherche d'un endroit plus vivable. Le livre est l'histoire de leur trajet et la description d'un monde apocalyptique. Il décrit les aventures de personnages attachants projetés dans une situation extraordinaire avec un bon sens du suspens, sachant aussi s'adonner à de passionnantes descriptions de paysages fascinants de désolation.
En parallèle est, entre autres, évoquée la question de la domestication animale ' les animaux ayant survécu réinvestissant le champ laissé vaquant par les hommes affaiblis. Pas de misérabilisme, pas de constat désespéré : la fin est ouverte, permettant d'imaginer comment réinventer la vie dans un monde menacé.
On songe à La Route de Cormac McCarthy, l'univers de J.G. Ballard... ; et côté cinéma : une démarche comparable à celle de Quentin Tarantino ou Robert Rodríguez : investir le champ de la série B. Emmanuel Rabu ne perdant par ailleurs rien de l'exigence de son écriture : le livre est, non pas un compromis mais une rencontre sincère entre littérature dite populaire et littérature dite exigeante.

EMMANUEL RABU est né à Nantes en 1971 et vit à Paris. Il a notamment publié Tryphon Tournesol & Isidore Isou (Le Seuil, Fiction & cie, 2007) et Cargo Culte (Dernier Té- légramme, 2007). Écrivain et poète sonore, il a créé et dirigé des festivals et événements autour de la poésie sonore et de la musique improvisée et réalise actuellement une programmation pour les librairies LibrEst dans le cadre d'une rési- dence octroyée par la région Ile-de- France. Il a également dirigé plusieurs revues et collectifs notamment la revue PlastiQ (éditions MeMo, 1999) revue papier + CD consacrée à la poésie et aux musique dites expérimentales, et Écrivains en séries (Laureli/Léo Scheer, deux volumes, 2009 et 2010), deux volumes collectifs faisant se rencontrer écrivains et séries télé.

EXTRAIT :

... É l'aube ils repoussaient la moustiquaire et descendaient des hamacs. Parfois, dans les mobil homes qui avoisinaient la piste, des générateurs continuaient d'alimenter des appareils électriques : réfrigérateurs, ventilateurs, télévisions, radios. Ils utilisaient ces résidus d'humanité dés- ormais absente (un hélicoptère, un obus récent) comme un calendrier des bombardements. Plus les cratères d'argile rouge, ocre, nus, nets, se multipliaient, plus Twen-Ch'Ang, Maïa et Ada se rappro- chaient des zones actuelles de combat ; pourtant aucun son ' propre à la guerre, ne leur parvenait encore. Les cartes ne servaient à rien, certaines n'étaient plus que des agglomérats de papier m?ché conservés dans les poches des sacs à dos. Ils avançaient articulant leur capacité encore à se déplacer et le chemin qu'ils traçaient. Leurs seuls repères étaient désormais les altérations de la jungle. Aucune boussole, aucun compteur Geiger, aucune constellation. Ils se défaisaient à mesure qu'ils progressaient des prothèses qui les avaient aidé à se maintenir en vie. Ils apercevaient des globes de verre abritant des rescapés mais s'en tenaient à distance. Ils restèrent plusieurs jours sans voir les chiens, les croyant noyés, abattus, malades. Et ils réapparurent des jours plus tard, les entourant à nouveau comme un filet ajouré. Comme des bouées légèrement mobiles. Ils contrevenaient parfois aux règles élémentaires qu'ils s'étaient fixés et auxquels ils étaient parvenus à se soumettre jusqu'alors.